Un produit québécois à connaître: WIZZsoft

illLire un article comme celui-ci sur WIZZsoft (1), un service Web québécois pour travailleurs autonomes ou pour petites entreprises, implique un préalable important. Il faut pouvoir retirer de ses repaires cérébraux certains gratuiciels disponibles sur le Nuage (2), les Google Docs et autres Office Live Web Apps, et s’en tenir à une gamme de logiciels de gestion finement intégrés, celle des FreshBooks, Zoho, Invocera, et, bien entendu, du champion toutes catégories es choses ennuagées, SalesForce.

Après, il faudra prendre le temps d’aller visiter les sites de ces fournisseurs de solutions SaaS (3) et voir s’il y a des offres d’essai gratuit. Rien de tel que d’essayer avant de choisir le service Web avec lequel on entend faire évoluer sa microentreprise dans les années à venir. On est ainsi capable d’évaluer les avantages et les inconvénients, ce qui, à partir d’une perspective québécoise, fait ressortir la pertinence de WIZZsoft, et ce qui, en regard de sa très grande convivialité, ne peut que plaire aux technos hostiles et aux cybernuls.

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Je vous parle d’un système qui intègre cinq opérations essentielles : la gestion du temps, le suivi des honoraires et des frais, la facturation, l’archivage et la production de rapports. « Pas besoin d’acheter plusieurs services, soutient Denis Robert (photo un peu plus bas), un entrepreneur qui préside EleASoft, la boîte de Piémont (Nord de Montréal) derrière WIZZsoft. Un seul suffit ! » On y retrouve en outre deux petits modules bureautiques dont les interfaces rappellent Word (2e prise d’écran ci-après) et Excel. On ne parle pas ici de produits ayant la sophistication de ceux de Microsoft, mais d’utilitaires permettant de mieux bourlinguer à l’intérieur (sans avoir à sortir) de WIZZsoft.

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Que l’on soit sous Windows ou Mac OS X (4), quelle que soit la devise utilisée, que l’on veuille communiquer en français, en anglais ou, bientôt, en espagnol, le service Web d’EleAsoft s’adapte aux systèmes de taxe des régions où le travail est fait et s’acquitte du fardeau gestionnaire sans ruiner ses abonnés : selon le nombre de licences et de services, le coût mensuel oscille entre 9,99 $ et 49,99 $ par mois. Cela ne tient pas compte d’un module Mobilité qui apparaîtra sous peu et qui permettra d’intervenir dans son compte à partir d’un téléphone intelligent.

illLe P.D.G. Denis Robert se targue d’avoir été travailleur autonome pendant 25 ans. Il sait ce que signifie être seul pour produire et pour s’occuper de la logistique afférente. En plus de livrer le bien ou le service commandé, il faut savoir aménager un bureau, entretenir un système informatique, vaquer au développement des affaires, être disponible pour le perfectionnement, écrire sans faute, etc., sans oublier, au premier chef, se gérer. Cela signifie être au fait de sa performance, connaître sa situation, suivre l’historique de ses clients, savoir comment générer des statistiques essentielles à la gestion, savoir quoi dire au directeur de la banque et ainsi de suite, un niveau de connaissances dont bien des pigistes sont très mal nantis. Il sait également que le marché est très important et il cite des données de Deloite (illustration ci-après).

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Pour illustrer, prenons le cas d’une de mes copines qui est officiellement journaliste polyvalente, mais qui fait aussi dans la traduction de communiqués de presse, dans l’entretien d’un site Web et dans la réécriture de documents techniques (j’oublie volontairement ses pots de confiture). Autant de produits, autant de modalités, pour satisfaire sa base plus ou moins fluctuante de trente clients, dont cinq réguliers.

Comme dans une vie antérieure, elle devait être préposée aux écritures chez un usurier tortionnaire sorti tout droit d’un conte de Charles Dickens, elle tripe avec Simple Comptable et évolue dans un univers de paperasse très impressionnante. Elle en aime même la senteur. De mémoire elle a, au moins, deux meubles classeurs pleins à craquer. Sans parler des caisses empilées dans une sorte de garde-robe-lingerie. Tout cela pour dire que WIZZsoft n’est pas pour elle. Pour que ça le devienne, il lui faudrait passer au feu, ce qui l’obligerait à repartir à zéro avec son système de gestion. Alors, par écœurement, elle opterait peut-être pour un service en ligne complet.

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Or, dans son cas, incluant le service mobile prévu pour bientôt, il pourrait lui en coûter quelque 25 $ par mois, ce qui est moins cher que le câble ou qu’un abonnement cellulaire. À ce prix, elle pourrait compter sur un système de gestion adapté à ses besoins et sur un système d’archivage bâti selon les règles de l’art. Cela signifie que les clients canadiens de WIZZsoft ont leurs données chiffrées en 128 bits et archivées au Canada (en l’occurrence chez Bell Hypertec, photo ci-haut), ceux des États-Unis chez l’Oncle Barack, idem pour les administrés de Sarko. On connaît tous les subtilités de la loi américaine en ce qui a trait aux données hébergées aux États-Unis. Chez EleASoft, on parle « d’un environnement tier 4, un environnement d’hébergement sûr et éprouvé, respectant les plus hauts standards de sécurité en infonuagique ».

illDans mon cas à moi, le triste mot pathétique me vient immédiatement à l’esprit. Denis Robert a eu beau me présenter son service Web et me parler de sa vision, mon statut de pigiste immémorial a eu beau me faire flairer tout l’intérêt de pouvoir jouir d’un tel produit dans mon quotidien, ma propension à la bordélisation et à l’indiscipline est trop forte pour que j’en devienne un adepte. On s’entend sur le fait que je suis l’exemple à ne pas suivre : je me gère en effet dans Word, dans Excel et, ultimement, chez mon ami Nabil dans Simple Comptable. Mais, bon ! Il y a quand même de grands plaisirs à vivre de façon bordélisée…

Paradoxalement, je ne serais pas si tant malheureux que cela si je décidais de confier ma gestion à WIZZsoft. J’en connais déjà la logique. En fait, elle ressemble à ce que je faisais naguère avec FileMaker Pro, rarement pour moi, généralement pour des copains, ce qui va de soi… Je leur montais une structure de gestion avec toutes les étapes bien intégrées. Tout était basé sur l’appel d’un client ou d’un nouveau client. Puisqu’il avait préalablement été possible de créer une structure des produits ou services offerts, des tarifs tenant compte de ceci et de cela, ainsi qu’une structure de clients avec particularités géographiques, fiscales et autres, la commande se prenait en quelques clics et, dès lors, la facture finale (document arborant un look adapté avec le bon logo) se retrouvait en voie de fabrication. Ne restait plus qu’à faire le travail requis dans les délais convenus. Et si, d’aventure, le client appelait et jasait vingt-trois minutes, c’était automatiquement noté et facturé, euh … si on le souhaitait. La fois suivante, il y pensait à deux fois.

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C’est la logique de WIZZsoft. Tout ce que l’on veut peut être pris en compte; rien ne sera oublié. On peut même choisir de reporter un élément facturable à plus tard. Il en résulte un dossier qui s’ajoute aux autres, dossier qui vient modifier le tableau du chiffre d’affaires, ce qui ne peut que rassurer le banquier qui a approuvé la marge de crédit.

illPour l’instant, les données (ventes, taxes, recettes et G/L) peuvent être exportées de façon sommaire dans Simple Comptable. Ce logiciel doit toutefois être informé que le détail se retrouve stocké chez WIZZsoft, ce qui peut satisfaire aux exigences de la plupart des vérificateurs. Mais il est à prévoir que dans une prochaine version, les mécanismes d’exportation vers les plus importants logiciels comptables (il y en a plus de 250) utilisés sur le territoire desservi par EleASoft (Canada, États-Unis et France) seront offerts.

Voilà pour ce produit qui se présente accompagné de 21 tutoriels animés. Allez faire un tour sur le site du fabricant, celui d’une entreprise bien de chez nous, et si vous croyez que j’ai eu tort d’en faire état avec une telle longueur en ces pages, faites-le-moi savoir.
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(1) Il faut savoir que WIZZsoft a reçu le Nihil Obstat de l’Institut des comptables agréés du Canada, d’Investissement Québec, de la Fédération des caisses Desjardins et de l’Association des Travailleurs autonomes du Québec.
(2) Pour ceux qui ne le savent pas, Nuage vient de Cloud Computing, un synonyme de service Web, d’applications infonuagiques ou d’applications en ligne.
(3) SaaS : Software as a Service. D’autres entreprises préfèrent l’acronyme SAS
(4) Pourquoi Windows ou Mac O SX ? C’est qu’il faut une interface locale pour accéder aux applications en ligne. On ne peut y aller pas simple fureteur. Pour l’instant, seuls les deux systèmes d’exploitation les plus utilisés ont été privilégiés.

Avis : j’utilise personnellement des machines sous Windows, Mac OS X et Linux et je n’ai aucune préférence; en fait j’ai une relation d’amour-haine avec chacune. Si vous croyez que j’aie un parti-pris envers l’une ou l’autre de ces plates-formes, je vous soumets respectueusement que vous avez tort et ne peux vous recommander que de consulter mes chroniques antérieures.
Pourquoi commenter cet article : Pour dépasser ou préciser mon propos, pour le nuancer, l’illustrer, le compléter avec des adresses, pour débattre du sujet. Il en ressort un “produit d’information” (mon article + les commentaires) beaucoup plus intéressant et utile qu’un simple article de journaliste. D’où les demandes régulières de la part de participants pour que jesévisse quant aux trolls ou aux propos vexatoires et inutilement agressifs. On n’est pas ici pour s’enguirlander à qui mieux mieux, mais pour partager de l’information utile.
Nelson Dumais

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12 réflexions sur “Un produit québécois à connaître: WIZZsoft

  1. Wow !

    C’est vraiement impressionnant, beaucoup de solutions à beaucoup de problêmes dans un seul « package deal » modulaire et pas trop cher.

    J’ai un ou deux copains travailleurs autonomes que ça pourraît intéresser.

  2. Peut-être bien mais ils auraient pu trouver une dénomination de la chose avec une couleur un peu plus francophone.WIZZsoft pourrait provenir de n’importe quel pays germanique ou anglophone.
    Il me semblerai préférable qu’un produit Québécois porte un nom  »plus français »c’est encore de l’agenouillement devant les Anglos.
    Le cirque du soleil ne s’appelle pas le Sun circus???

  3. @gillesmenard:
    C’est vraiment emmerdant tes remarques sur la langue… La majorité de tes interventions sont reliées à la langue. Il y a un super blogue sur la langue qu’un dénommé Roux maintient sur cyberpresse. Je me répètes : vivre et laisser vivre!

    Désolé, mais il fallait que je l’écrive.

  4. @nbourre,

    ça fait au-delà d’un an que ce blogue sur la langue n’est plus actif, son auteur ne pouvant se consacrer à plusieurs blogues à la fois, il a décidé de le laisser tomber. Il faudra trouver autre chose.

    Sur le sujet, cet ensemble d’applications est intéressant. Il est d’autant plus intéressant que finalement nous voyons surgir ce genre d’environnement entièrement chez-nous plutôt que chez le voisin. Par contre, le fait qu’il ne soit ciblé que pour WIndows et OS/X le rend inutilisable pour moi, mais il aurait été possible de le rendre disponible sur tous les environnements sans écrire des clients spécifiques pour chacun, ou du moins réutiliser des portions significatives de code.

    Meilleure chance la prochaine fois.

    • Au sujet de la qualité linguistique

      Ceux qui soutiennent qu’il est de mise de traiter du français ici en ces pages technos ont bien raison.

      Le français n’est pas une activité circonscrite en des endroits balisés, mais une culture, un mode d’expression, un code de communication, une façon de se faire comprendre, une langue commune, une manifestation de notre spécificité, qui a sa place partout, incluant en ces pages-ci de la Cyberpresse.

      Personne n’est obligé de publier des commentaires sans faute. Mais tout le monde devrait avoir des réserves avant de houspiller ceux qui relèvent des fautes, incluant ceux qui me font la leçon, moi dont c’est pourtant le métier de présenter des textes de qualité.

      S.V.P., un peu de tolérance. Un commentaire peut déplaire, mais s’il n’exprime pas de fausseté, pourquoi ne pas remettre l’envoi d’une réponse sèche à un peu plus tard ?

  5. À « nbourre » :

    Faudrait peut-être actualiser vos connaissances…
    Le blogue « Les amoureux du français » de monsieur Paul Roux n’existe plus depuis bien longtemps. Hélas !

    Pour ma part, j’appuie totalement « gillesmenard ».
    À lire certains commentaires, on se demande si leurs auteurs ont quelques souvenirs de leur passage à l’école…

    En passant, « je me répète » ne prend pas de « s » final…

  6. Ce que je voulais faire comprendre, c’est que si on remontre les billets de M. Dumais et qu’on y retrouve les commentaires de M. Ménard, on constate avec aisance que ce qui le préoccupe le plus est le français et non le sujet même du billet.

    Il peut en effet, y avoir des erreurs dans mes commentaires, mais je ne passerai pas au peigne fin tous mes commentaires comme si cela était une dissertation d’école. Idéalement, permettre la mise à jour de nos commentaires serait une bonne option.

    Fin de mon intervention concernant la langue

  7. Bonjour
    Article très intéressant comme tous vos articles d’ailleurs. C’est toujours un plaisir de vous lire, même quand vous êtes plus sérieux…
    Juste une petite note en passant, Piedmont s’écrit avec un « d » et non pas un accent aigu.

  8. @gillesmenard

    Bah… C’est un produit montréalais, dirigé par un francophone qui ne se cache pas de l’être. En ayant un nom à connotation dite « internationale », je crois qu’il ouvre la porte à une visibilité accrue à l’extérieur du Québec et pourra alors nous représenter dignement. Ceci dit, je suis d’accord avec vous sur le point qu’il faut prendre les mesures nécéssaires afin de préserver un français de qualité au Québec pour les générations futures. Par contre, je crois fermement que pour ce faire, il faut aller à la source et s’assurer que le français ET l’histoire du Québec soient enseignés correctement et rigoureusement. Après quoi nous pourront nous attaquer aux autres problèmes.

  9. 5 modules c’est bien, mais 705 c’est mieux, et tout aussi Québécois ! Saviez-vous qu’activeMedia était un des joueurs principaux du monde du SaaS ? C’est une suite de gestion d’entreprise COMPLETE et SaaS pure depuis 2001. Avec plus de 300,000 utilisateurs dans 22 domaines d’activités distincts, la suite couvre du travailleur autonome à 7.45$ par mois à la grande entreprise… Par contre c’est bien de voir pousser d’autres joueurs SaaS au Québec (quoiqu’avec une partie installée localement se n’est pas du SaaS pur), lâchez pas messieurs.

  10. Dans les news du site d’ActiveMedia, c’est inscrit que GFI Solutions en a fait l’acquisition. Cette dernière a aussi acquise Bell Business Solutions. Ce qui semble indiquer que cette compagnie québécoise joue dans la cours des grands.

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