Nuage: impartition, évolution et confusion

ill(Las Vegas) – En prenant pour acquis que les nuages sont fait d’eau évaporée, peut-on parler de «vaporware» (boulechit-iciel) quand on réfère au Cloud Computing ? La question a beau être irrévérencieuse, la réponse est loin d’être simple. Grosso modo, le «nuage» est là. Microsoft l’a même nanti d’un système d’exploitation, Windows Azure. Des fournisseurs s’en font les protagonistes et des observateurs s’émeuvent de ses répercussions. Pourtant, trop de clients ne semblent ni savoir, ni comprendre, de quoi il en retourne.

Ce matin, par exemple, j’ai demandé à Jimmy Fulton (photo un peu plus bas), numéro un canadien chez CA Technologies (1), de me fournir quelques exemples de déploiement bien de chez nous obéissant aux principes du nuage. Il n’en avait pas. «Je ne vois pas encore de mouvement de masse vers un «nuage public», m’a-t-il répondu, mais j’aimerais bien que cela se produise avant cinq ans.»

ill«Nuage public» ? C’est simple. Si le nuage est installé à l’intérieur du coupe-feu de l’entreprise, on dit qu’il est «privé». La fourniture de certains logiciels dans certains département s’en retrouve ainsi simplifiée. Pourquoi en effet dédier un serveur à cette tâche, un serveur qui dormira les deux tiers de sa vie utile, alors qu’on peut l’optimiser pour qu’il serve à 80 % de son temps ? Par la magie du virtuel, on peut lui confier la fourniture d’applications multiples, chacune ronronnant à l’intérieur d’une machine virtuelle, cela pour le bénéfice de plusieurs départements, sans que personne ne s’en retrouve pénalisé ou ne le remarque.

Si par contre, le nuage est installé à l’extérieur du pare-feu de l’entreprise, il est alors qualifié de «public». Un bel exemple est celui du fournisseur de logiciels sur demande (SaaS). qui permet à une firme cliente d’utiliser tel ou tel logiciel pendant une période déterminée par elle pour laquelle elle est facturée. Évidemment, il pourra arriver que l’on retrouve les deux cas, «privé» et «public», chez une même entreprise. Par exemple, elle fournira des services sur demande, mais elle gérera son parc bureautique sous forme d’utilisation SaaS. Dans de tels cas, on dit que le nuage est «hybride».

«Oui, mais c’est de l’impartition évoluée», dis-je aux gens de CA. Il y a belle lurette que l’on peut se louer de l’espace de stockage, p.ex. chez Amazon, et ce n’est pas d’hier que des entreprises confient certaines tâches à l’externe; pensons, par exemple, à la paye qui semble pratique courante de confier à une firme spécialisée. Jusqu’ici, ça s’est appelé «impartition» («outsourcing»). L’entreprise cliente et l’entreprise fournisseur se connectent, l’une envoie les données, l’autre les traite et les retourne dans le format voulu. Ça marche et c’est simple. Pourtant, ce n’est pas vraiment cela le nuage.

illSupposons maintenant que le fournisseur ait décidé de rentabiliser ses équipements. Il a constaté que 75 % de ses clients lui acheminaient l’essentiel de leurs données dans la deuxième et quatrième semaine du mois, ce qui occasionnait presque deux semaines de sous-utilisation des serveurs. En créant des machines virtuelles, il réussit à concentrer dans un même serveur beaucoup plus de clients. Pour faire la paye du client X, il n’a qu’à démarrer la machine virtuelle le concernant. Auquel cas, on conclut que la simple impartition est passée à l’ère du nuage.

Bref, on continue de faire un peu comme avant, mais on a ajouté de la flexibilité, on s’est débarrassé de contraintes et on s’est mis en position de bien rentabiliser ses équipements informatiques. Si vous m’avez suivi avec l’exemple précédent, vous comprenez que le nuage n’est plus qu’une évolution de la bonne vieille pratique de l’impartition. Et on pourrait en dire autant de l’approche Client/Serveur.

Côté sécurité, c’est comme avant, sinon mieux, me jure-t-on. Si on était capable, hier, de procéder à un achat au Apple Store ou chez Amazon sans se faire truander, il est possible, aujourd’hui, de transférer des données dans un serveur éloigné, un serveur redondant, les autre étant situés aux antipodes, et de dormir en paix. Le nuage n’est pas un facteur pouvant aggraver ou gommer le danger cybercriminel.

illHier, un humoriste professionnel est venu réveiller les troupes avant une conférence. Son intention était de nous faire rire du nuage et il n’a pas raté son coup. Notamment, il nous a fait jouer une vidéo tournée plus tôt où il demandait aux gens, tous des participants du CA World 2010, de lui expliquer ce qu’était le «Cloud». La nature désopilante de la plupart des réponses nous a indiqué que pas grand monde ne le savait.

En soirée, j’ai parlé longuement avec un représentant d’une agence fédérale du gouvernement américain. Le gars s’est dit convaincu que les logiciels de CA avaient grandement aidé son organisation à connaître un très beau bilan annuel, un des plus enviable à Washington, m’a-t-il juré. Pourtant, Mike (appelons-le ainsi), ne comprenait pas le sens de l’expression «Cloud Computing». Pour lui c’était un mauvais buzzword destiné à être remplacé par un terme plus signifiant d’ici un an ou deux.

Tout à l’heure, en visitant le salon, je suis tombé sur le stand de Nexio, une firme conseil de Montréal qui, pour le tiers de son chiffre d’affaires, sous-traite des contrats CA auprès d’entreprises bien établies (CityBank, Visa, Mastercard, etc.), la plupart étant aux États-Unis. On s’y dit convaincu de la qualité des produits de CA, des logiciels très répandus en moyenne et grande entreprise.

illÀ ma question «c’est quoi le nuage», j’ai eu droit à un mini débat tout en nuances entre deux représentants. J’ai compris que le concept n’était pas clair. Pourtant, une des spécialités de Nexio est d’installer et configurer NXBridge, un connecticiel qui joue au truchement entre ordinateurs centraux et des applications clients à la sauce Web moderne. Ainsi, il est possible d’utiliser dans SalesForce.com (un beau spécimen de SaaS, donc d’application nuage), des données reposant dans un gros tombeau IBM, données qu’arrive alors à consulter un PDG à partir de son Blackberry ou de son iPhone. Pas pire, non ?

«Les gens ne nous demandent pas de les aider à s’en aller sur le nuage, m’explique François Dansereau, VP exécutif de l’entreprise partenaire de CA. Ils veulent qu’on leur facilite l’accès aux données d’entreprise. » Ce qui signifie, si je comprends bien, que des boîtes se retrouvent en mode «nuage» sans le savoir. Mais qu’en est-il pour eux, se considèrent-ils sur le nuage ? Leur réponse est non équivoque: ils me parlent de buzzword, de truc marketing, de sémantique sans vraiment d’importance fondamentale. «Une vue de l’esprit, quoi ?», fais-je. «Disons que Bill McCracken a beurré un peu épais quand il a parlé de changement de paradigme.» Hum !

illÉvaluation que me confirme, peu après, le vice-président principal, «Cloud Products Line», David Hodgson. «Les entreprises s’approchent de ce mode de fonctionnement sans trop le savoir», me soutient-il. Y a-t-il confusion ? Croit-on vraiment que le nuage est un truc en soi très différent de ce qui a été mis en place avant que l’on se mette à en parler ? Probablement. «Nuage, c’est un beau mot, mais c’est aussi un terme ambiguë», reconnaît le directeur général de CA pour le Canada, Jimmy Fulton.

On verra ce qui en arrivera. Chose certaine, il y a consensus sur le fait que la techno sous-jacente au terme est là pour demeurer.
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(1) CA Technologies est le nouveau nom de la multinationale new-yorkaise, tel qu’annoncé avant-hier. Quoi qu’il en soit, c’est elle qui paie mes dépenses professionnelles dans le cadre de cette série d’articles sur le CA World 2010.

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Avis : j’utilise personnellement des machines sous Windows, Mac OS X et Linux et je n’ai aucune préférence; en fait j’ai une relation d’amour-haine avec chacune. Si vous croyez que je suis parti-pris envers l’une ou l’autre de ces plates-formes, je vous soumets respectueusement que vous avez tort et ne peux vous recommander que de consulter mes chroniques antérieures.
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43 réflexions sur “Nuage: impartition, évolution et confusion

  1. Mouhahahahaha! Excellent Nelson! Excellent! Super bon job de journaliste! À quelle adresse j’envoie ta médaille en chocolat?

    Un nuage, en résumé, c’est quelque chose de nébuleux… Et ça sert à collecter des fonds pour les pépinières d’entreprises.

  2. Voilà le gros problème avec les paradigmes. Quelques remarques:

    1. Un paradigme informatique n’est ni une technologie, ni un ensemble de protocoles ou de couches applicatives. Il s’agit d’un usage volontaire et structuré d’un ensemble de technologie, bref, de la manière dont on matérialise des possibilités.

    2. Un paradigme informatique n’est pas entièrement couvert par un copyright et n’est pas dépendant d’un logiciel en particulier. Il s’agit, en gros, d’une manière de faire, dans un cadre technologique bien défini.

    3. Le paradigme n’est pas inventé lorsqu’on lui attribue un nom. En général, il s’agit de l’émergence d’un ensemble de tentatives (réussites et échecs) ayant des buts similaires ou tentant de résoudre un problème commun. Souvent, c’est un gourou ou un expert fin renard qui détermine que « quelque chose se passe » et qui tente d’en faire la synthèse. Les courants technologiques existent souvent depuis des mois, voir des années, mais quelqu’un décide de faire le point et d’esquisser un tableau, de formaliser — voir par exemple AJAX.

    4. Un paradigme informatique est souvent flou, mouvant; il évolue rapidement, tout comme les technologies sous-jacentes.

    5. Le paradigme stimule, consolide et formalise le développement informatique, sans quoi il ne sert à rien.

  3. Les premièrs services de type nuage qui seront populaires sont de type courriels et suite bureautique pour les entreprises. Inlcus avec ces services seront les archives et disque en ligne comme serveur de fichiers pour des échanges entre employés.

    La majorité des internautes actuel utilisent déjà des services comme GMail, HotMail, Yahoo Mail, Facebook, etc à la maison pour ces services. Certain ne connaissent pas autre chose. Donc la vision des fournisseurs de logiciels de ce type forceront leurs clients entreprise vers une solution du type internet avec des prix extrêment bas en comparaison avec un installation et support complet dans les PME. Déjà Google Office et Microsoft offrent ce type de service depuis plus d’un an.

    Ceci est un début. Les autres grosses applications financières et autres suiveront d’ici 4-5 ans maximum.

    Il restera toujours des PME avec leurs serveurs locaux comme certains seront encore sur mainframe dans 5 ans. Donc la vague sera partagé 50-50 avec une tendance forte pour les services SaaS.

    CA est un de ceux qui participe à la vague…

    Pour les questions de fiabilité, null besoin de vous dire qu’ils ont plus d’un centre répartie dans le monde et que les système et logiciel de relève sont encore en développement pour atteindre 99.999% de disponibilité d’ici 2 ans maximum. Google et quelques autres sont proche ou dépasse cela présentement.

    Pour ceux qui ne savent pas 99.999% de disponibilité veux dire 6.05 secondes par semaine, 25.9 secondes par mois, 5.26 minutes par année.

  4. @visiotech:

    Pourrais-tu expliquer ce que tu entends par disponibilité/fiabilité à 6.05 secondes par semaine? J’aimerais comprendre. Merci.

  5. @hdufort,

    j’en conclus qu’un paradigme ça ne sert à rien en bout de ligne, sinon bien paraître dans les réunions exécutives. Mais, je n’invente rien là, Dilbert l’avait découvert bien avant moi.

    IBM, bien avant le Cloud Computing avait introduit le principe de Computing On-Demand. C’est pas mal la même chose, sauf que comme ça émanait d’un fournisseur en particulier, ça ne pouvait devenir un paradigme. Et le Computing On-Demand, c’était quelque chose à l’intérieur de l’entreprise.

    Bref, tout ça n’est rien d’autre que la volonté de maximiser les ressources informatiques en rupture avec l’époque où des serveurs physiques dédiés pour chaque tâche se trouvaient à se tourner les pouces, qui 20% du temps, l’autre 80% du temps, etc. La virtualisation n’est qu’une façon de gérer l’ensemble des ressources sur une plateforme, comme le faisait un système d’exploitation de type «mainframe» avec ses classes d’exécution, etc. Où, vu le prix de la plateforme, l’entreprise voulait tirer le maximum de jus de la machine avant d’acheter un upgrade à prix d’or.

  6. Pour moi, le ‘cloud computing’ c’est essentiellement de l’informatique distribuée ou répartie sur un réseau (Internet ou intranets). C’est un domaine de recherche (et d’application commerciales) qui existe depuis quelques décennies, rien de nouveau la-dedans. Aussi, l’utilisation de machines virtuelles (aussi un ‘vieux’ concept) n’est pas un prérequis pour le cloud computing.

  7. cloud-computing :
    fourniture en temps reel et au besoin de ressources materielles decentralisees aux ressources logicielles offrant de facon transparente au besoin d’affaire une disponibiliteee et accessibilite totale et complete
    depuis quand CA fait dans la virtualisation d’OS et d’applications ce qui est au coeur du cloud computing ?

  8. ah et en passant mon clone qui run apache + tomcat + mysql tout seul dans son coin fait du SAAS , mais definitivement pas de cloud

  9. @visiotech Je n’aurais pas pu mieux décrire le « cloud computing ».

    Peronnellement, une des meilleures application que j’en ai vu était dans un centre d’appel qui dont les postes de travail était toutes sur VMware. Un retour aux station de travail de type terminal.

    S’était beaucoup plus simple de faire la gestion d’un seul serveur que de 100 stations.

  10. Arghhh ! Il a encore frappé. « Boulechit-iciel » pour vaporware.

    Fort intéressant le débat autour de ce qu’est le « Nuage ». Existe-t-il ou pas, sera-t-il ? Et sera-t-il comme les experts espèrent qu’il sera ?!?

    Bien nébuleux* tout ça.

    Alex

    * de nebula = brouillard.

  11. @dcsavard,
    Idéalement un paradigme sert à orienter les développeurs, à leur donner une impulsion vers des nouvelles possibilités. Dans la réalité, cela sert trop souvent à exciter les gestionnaires, qui gobent les buzzwords comme s’il s’agissait de dragées. Ainsi, j’ai déjà vu un projet auquel je participais mourir d’inanition après plusieurs changements de paradigme: architecture, mode de développement, manière de sérialiser les données, structure des classes, interopérabilité (IIOP, etc), cycle de développement, gestion des versions et des branches, etc. Les directeurs souffraient de « paradigmite en phase terminale », un cancer qui ronge les efforts de développement et qui cause la gangrène du livrable.

    Les paradigmes peuvent être féconds, surtout lorsqu’ils mène à une norme ouverte ou à une architecture générale (voir les bases de données relationnelles, UML, AJAX, la programmation orientée objet, les documents balisés à la SGML, etc). Mais lorsque les paradigmes sont récupérés et transformés en créature monstrueuse (IIOP/CORBA), en produit commercial fermé (le paradigme d’écran tactile « détecteur de mouvement » est otage d’Apple), ou en jungle quasi impossible à normaliser (bXML).

  12. @ruisseauchene

    Les entreprises utilisent parfois deux fournisseurs de service internet indépendant (câble physique, router etc). Donc si un flanche l’autre est disponible. Les fournisseurs internet aussi sont pas mal plus à tolérence de panne maintenant.

    Même mon service à la maison est pas mal bon depuis plusieurs années dans mon secteur. Je n’ai pas deux services en continu mes mon iPhone peux servir en cas de panne en quelques minutes maximum. Donc pas si mal comme haute disponibilité. Bien sûr j’ai deux services (Rogers, Videotron) dans ce cas aussi.

    @rodhot

    En TI la disponibilité est mesuré quand le service est disponible aux usagers par semaine, mois et année. 100% implique aucune panne. Impossible dans le meilleur des mondes actuel. Chaque perte de service aux usagers est donc calculé par seconde.

    Pour plus de détail voici Wikipedia sur le sujet
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Haute_disponibilit%C3%A9

  13. @patthebrat

    J’ai travaillé sur des terminaux IBM 3270 en 1982-1997 rattaché aux mainframes de mes clients. Les mainframes existe encore et pas égalé encore dans le monde Unix (IBM zOS). Sur Sun Ray et Citrix depuis leur début jusqu’en 2009. Donc les terminaux ne sont pas jeune.

    Comme j’ai déjà dit sur ce blog, les Thin Clients ou terminaux Unix et Windows ne sont pas 100% bon pour le moment. Il manque encore de maturité avec les codecs vidéos et audios. Bon pour 95% des besoins mais pas pour ceux qui utilisent les multimédias.

  14. C’est de la matière a « ogues » tout ça , c’est bon pour les intellos des techno et pour les business man de l’informatique .
    Dans une reflexion binaire , logique et posé avec TOUT les paramètres le cloud ne s’adresse qu’à un nombre restreint d’individu , d’entreprise ou plus précisément de service .

    Gmail , Hotmail etc du Nuage bien sur .
    Mais entre une suite bureautique personnel sur le quelle « Internet » n’à pas à être présent et un compte courriel qui lui sans internet n’à aucune raison d’exister ……

    Question pratico pratique …. Les limites de bande passante sur mon MSword ? ou encore mes performance sur les backup de l’entreprise quand il y a des fluctuations de réseau ou autre perturbation ?
    Le cloud va seulement faire exploser la demande sur la bande et engorger tout les réseaux et tout ça pour des services qui n’ont pas à être partagés comme voir MES propres photos sur un MON ordinateur car le logiciel de Photo sera en ligne et probablement le stockage des photo aussi .
    Juste au niveau des infrastructures le CLoud n’est même pas pour demain ( de façon réellement performante , on est même pas capable de streamer la TV de façon convenable ) et créera un nombres complètement débile de problème de toutes sortes et la je ne parle même pas de la sécurité ou encore de la compétence de l’entreprise qui soutiendra le services car des morrons et des incompétents il s’en glissent partout …..

    Un morron avec un accès sur vos données personnel ou critique pour l’entreprise vous en faite quoi ?

    Na un Cloud a l’interne dans in intranet fermer oui ça passe mais grand publique ou WIde service je n’y crois pas 2 sec .

  15. Je lis avec intérêt vos aventures dans le nuage depuis le début de la semaine puisque je suis justement au beau milieu de la rédaction d’un projet de recherche sur l’impact du nuage sur le computer forensics.

    J’ai lu beaucoup d’articles et de blogues et interrogé plusieurs experts sur la question à Montréal, et il y a certaines questions qui demeurent sans réponse pleine et entière. Notamment en ce qui concerne certains risques liés au nuage.

    Ainsi, qu’en est-il de la localisation des données ? Le concept même du nuage veut qu’elles soient délocalisées, mais dans le cas, par exemple, d’une enquête ou d’une vérification quelconque, il deviendra nécessaire de savoir où résident les informations pour en prendre copie. Comment les promoteurs du nuage répondent-ils à cette problématique ? Pense-t-on à des logs d’accès, de l’archivage de certains processus, d’images des données prises à des moments différents ? Est-ce que ces solutions sont offertes dans les produits « nuageux » qu’ils présentent ?

    (J’ai lu pratiquement tout ce qui se trouve sur le site de Windows Azure et je n’ai rien vu sur cette question…).

    Cela amène aussi la question de l’extra-territorialité. Qu’advient-il des données qui passent d’un pays à l’autre — donc d’un cadre législatif à un autre ? Des données canadiennes qui passent dans le nuage (par exemple, par Amazon EC2/S3) et se retrouvent aux É.-U. sont soudainement soumises au « Patriot Act » (elles deviennent saisissables et « espionable » par le Homeland Security Department). Autre exemple : il est strictement interdit en Union européenne d’envoyer des données dans des pays qui ne respectent pas le cadre de protection des renseignements personnels propre à l’Union. Alors si les données passent en Russie pour revenir en Europe, vlan !, on est dans l’illégalité…

    (Là aussi, des outils comme WindowsAzure, DropBox, Amazon EC2/S3, etc. sont essentiellement muets sur le sujet)

    Bref, le changement de paradigme, la définition, les possibilités du nuage sont largement sujets à débat — et pas mal documentés. Mais mes lectures me poussent à la conclusion que les aspects de gestion des risques pour les entreprises qui font affaire avec le nuage ne sont pas beaucoup pris en considération par les « gars d’informatique » qui présentent le nuage. Les avocats, les gestionnaires, etc., en parlent un peu, mais tant que le sujet n’aura pas touché les gens qui peuvent apporter une solution technique à ces questions, j’ai l’impression que le bon vieux mode d’impartition par contrat, avec un paquet de clauses restrictives, restera en vogue (quite à encadrer un nuage privé, mais on sera loin du nuage public).

    D’ailleurs, selon Gartner, on serait dans la pente ascendante du « hype ». Ce qui veut dire qu’une fois que l’industrie aura pris connaissance des risques associés au modèle, on verra une chute de popularité du nuage, jusqu’à ce que la gestion de ces risques soit intégrée dans le modèle. On verra alors une petite remontée dans l’utilisation et une stabilisation…

    Je me disais donc que ces questions pourraient alimenter vos discussions cette semaine avec des gens qui auraient peut-être des réponses intéressantes à donner. Et, qui sait, cela pourrait alimenter mes recherches …

  16. @simon-c,

    je ne pense pas que ce soit au «gars de l’informatique» de penser à la question de la sécurité, de l’extra-territorialité, etc. Ces questions et les exigences qui en découlent doivent venir du marketing, puisque c’est ce qui détermine si un produit peu ou non se vendre et à quel prix, donc, l’effort de développement vaut-il la dépense? Il y a souvent une tendance à en mettre pas mal sur le dos du fameux «gars de l’informatique», mais la plupart du temps, ce gars-là fait face à des spécifications remplies de lacunes et mal définies quand elles le sont.

    Nous parlons d’un modèle d’affaire construit autour de possibilités. Mais, il reste bien des trous et compte tenu des discussions que Nelson a eu avec les représentants de compagnies qui prétendent envahir ce marché, même eux ne savent même pas de quoi ils parlent, ce qu’ils veulent et où ils s’en vont. Bon, ils veulent du fric, ça nous l’avons compris, mais encore…

  17. M. Dumais,
    Si vous vous ennuyez quelques minutes et que vous avez une p’tite fringale, allez au Bellagio. Il y a la chocolaterie Philippe où se trouve une fontaine de chocolat conçue par un Français mais ajustée par un Québécois de St-Mathias, je crois. Pour me remercier, ramenez-moi donc du châcâlât… 😉

  18. Pour les amoureux du français, deux trouvailles de l’OLF pour la francisation du terme « cloud computing » : l’informatique nuagière et l’infonuagique. Cré Office!

    Dans un autre ordre d’idées, question de meubler les loisirs du futur jury, voici une suggestion pour la chronique du vendredi : Les échos de la forêt du Grand méchant loup.

  19. @Bibelot
    Hahaha. Dans OLF, le premier mot est « Office ». Ca me rappelle une suite logiciel dont la dernière version se fait souvent chialer après !!!

    Comment s’appelait l’idée d’avoir des pc/terminaux sans disques, il y a environ 15 ans ? C’était le début du nuage. Et il n’y a jamais eu la condensation nécessaire pour qu’il se forme.

    @dcsavard
    Les marketeux rêvent de vendre beaucoup de leurs produits. Ce sont les avocats qui ramènent les gens sur terre en pètant la balounne (un nuage de gaz plus léger ou pas, circonscrit par un film de caoutchouc)

    Un nuage peut être formé de fumée. C’est peut-être encore une fumisterie ?

  20. @simon-c

    « Microsoft abides by the Safe Harbor framework as set forth by the U.S. Department of Commerce regarding the collection, use, and retention of data from the European Union, the European Economic Area, and Switzerland. This Safe Harbor framework has been approved by the European Union. You can learn more about the Safe Harbor framework here: http://www.export.gov/safeharbor/eg_main_018236.asp « 

  21. Je trouve que l’OLFQ fait son boulot. Elle est pas mal plus proactive que ne l’est l’Académie Française et qu’on le veuille ou non, il est important de faire évoluer la langue avec son époque. C’est ce que font les Américains, non? En quoi est-ce plus ridicule de faire la même chose vs parler un jargon moitié français moitié anglais?

    D’ailleurs, l’OLFQ a pondu le terme courriel qui s’utilise très bien et dénote exactement l’idée, les Français eux sont pris avec mél à la place et ça l’air pas mal plus non quant à moi.

  22. Nelson,

    je pense que le site de Direction informatique est parti dans les nuages, impossible d’y accéder pour l’instant. 🙂

  23. bla bla bla …
    Le cloud computing, ce n’est rien, une application asp.net sur godaddy est-il un nuage? saleforce.com ? dropbox n’est-il pas qu’un simple 2gb gratuit avec un ftp client. Une cie roule a 100% sur des bases de données relationnelle + sharepoint au autre pour la communication. Les gens qui parlent du CLOUD ne comprennent rien a l’informatique.

  24. Après avoir lus les propos de @Simon-C
    L’informatique en nuage
    Comporte d’énormes problèmes de
    -Structure physique (limite réseau)
    -structure logique (sécurité & autres)
    -Structure légal ( questionnement de simon-c)
    -structure de service ( garantis et le support )

    Maintenant à lire l’article de Nelson ou plutôt les articles sur le sujet , les points soulever ici sur le blogue par nombre d’usagés , ne trouvent jamais de réponse convenable .
    Fort probablement par ce que il n’y a aucune réponse à donner encore pour le moment .

    Un jour il y aura un « cloud computing  » généraliser fiable et planétaire pour les usagers et un jour on trouvera aussi la solution à plusieurs maladie comme le Cancer .

  25. Juste pour la petite histoire.

    Sur la question de la virtualisation des serveurs:

    À l’origine, sur les gros systèmes (mainframes), il existait des classes d’exécution permettant de prioriser les ressources et de décider de l’allocation de celles-ci, parce que la mémoire, le CPU (MIPS) et disques (DASD) coûtaient cher, très cher, excessivement cher et que l’on ne voulait pas laisser n’importe quel usager gaspiller des ressources importantes pendant les heures de pointes et critiques pour d’autres applications (transactionnel bancaire typiquement).

    Lorsque sont apparus les systèmes intermédiaires, la plupart n’avaient pas ce cloisonnement à l’intérieur du OS, le concept existait de façon très lâche dans Unix par exemple avec les commandes nice et renice permettant de donner un certain poids à des tâches, par contre, c’était toujours le scheduler qui avait le dernier mot.

    Plus tard, sont apparus des systèmes de gestion de travaux en lot, Condor dans l’Open Source, LoadLeveler chez IBM comme système commercial. Ces logiciels avaient pour objectifs de rationnaliser l’exécution sur un seul serveur pour une file de travaux donnés avec leurs caractéristiques propres. Une espèce d’imitation du principe des classes d’exécution sur mainframe pour travaux en lot (batch). Entre temps, IBM et autres fournisseurs de mainframes avaient depuis longtemps inventé le partitionnement de leurs mainframes pour créer quelque chose de très près du serveur virtuel d’aujourd’hui. Il était possible de segmenter les ressources d’un seul serveur et de les allouer de façon statique à des patitions. Un peu plus tard, c’est devenu dynamique, changements on-the-fly.

    Ce genre de systèmes a alors été implanté sur les systèmes intermédiaires avec l’arrivée de nouvelles puces modifiées pour gérer le partitionnement.

    Une fois devenue dynamiques, les partitions sont devenues aussi microscopiques, il devenait possible de ne plus allouer de façon statique et de créer des toutes petites partitions en terme de ressources et de laisser fluctuer ces ressources-là, si elles n’étaient pas utilisées et le faire selon une certaine priorisation. Le dernier pas était de permettre la migration des machines virtuelles entre des serveurs physiques séparés au besoin.

    Mais, ce n’est pas ça le nuage. L’infonuagique n’est pas la virtualisation, la virtualisation fait
    partie de l’infonuagique parce qu’elle fait déjà partie de l’informatique traditionnelle depuis quelques années, c’est juste le territoire qui s’étend en terme de plateformes. Il ne suffit pas d’installer VMware, Xen ou whatever sur son PC pour proclamer au monde entier que nous faisons de l’infonuagique. Parce que si c’est ça, CA Tech est en retard en maudit sur tout le monde.

    La virtualisation, c’est un peu la vapeur d’eau. La vapeur d’eau à elle seule ne forme pas un nuage, il y en a en permanence en suspension dans l’air, mais nous ne sommes pas constamment dans le brouillard. Il faut d’autres conditions pour que le nuage se forme ou le brouillard, c’est selon.

    Maintenant, est-ce que CA Tech s’est lancé dans le Fog Computing?

  26. @dcsavard

    Tout à fait d’accord avec toi pour l’OQLF. J’ai jamais compris cet acharnement qu’on certains à critiquer l’OQLF, qui fait globalement un très bon travail.

    Jean Émard

  27. @username123

    Le cloud n’est pas un logiciel ou un site web, c’est un concept. Comme le web 2 est un concept. Un paradigme est un ensemble de référence qui permettent de comprendre un concept.

    @steve72

    Tu as raison. Un jour il y aura un cloud planétaire a partir du moment ou on nous aura fait avaler que c’est sécuritaire. D’un côté, Nelson rencontre des gens de Mcafee qui nous disent que l’on a jamais autant menacé, de l’autre, on essaie de vendre l’idée que le cloud est sécure.

  28. @ dcsavard et ramses2.1

    Vous vous méprenez sur mes intentions. Tous les habitués ici auront compris l’humour au second degré de mon commentaire et ils connaissent le respect que je porte à l’Office, que j’ai défendu à quelques reprises d’ailleurs.

    Ma remarque se voulait simplement un p’tit clin d’oeil affectueux face à certaines de leurs suggestions que je trouve parfois plutôt… farfelues. Rien de plus. Ne la prenons pas au pied de la lettre, quoi! 🙂

  29. infonuagique, paradigme, les fumeux de pot devraient s’en tenir aux poemes…

    Maybe I’m an idiot, but I have no idea what anyone is talking about. What is it? It’s complete gibberish. It’s insane. When is this idiocy going to stop?

    Larry Ellison

  30. Microsoft embarque de manière enthousiaste dans le « cloud computing ». Ça fait plus de 5 ans qu’ils cherchent un modèle de logiciel avec licence d’utilisation ou de « pay as you use » (facturation au compteur). Ils ont trouvé dans le « hype » actuel une impulsion inespérée pour leur stratagème. Il pourront ainsi du même coup contrôler les licences et fonctionnalités offertes, réduire le piratage, et facturer leurs logiciels en continu, les revendant au final beaucoup plus cher que s’ils avaient été achetés dans une boîte et installés localement pour une utilisation locale.

  31. @bibelot,

    je ne vise personne en particulier, même si je reprenais ce que vous aviez amené. Je trouvais simplement que le fait d’en parler était justement l’occasion de sensibiliser les gens au boulot que fait l’OLFQ. Tout le monde sait pour avoir lu des revues françaises d’informatique que les textes font pitié au cube dans ces revues d’outre-Atlantique, ils sont truffés d’anglicismes parfois totalement inutiles. Parfois, avant que la terminologie passe dans la pratique, quand elle passe dans la pratique, il est compréhensible de trouver la terminologie anglaise, mais ces gens qui font de la communication devraient aussi faire un effort pour publier la terminologie correcte, autrement, parlons anglais carrément.

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