Reconnaissance faciale dans Picasa 3.5

illustration2009102601.jpgCe n’est pas la première fois que je vous parle de Picasa, mais aujourd’hui, je tiens à vous relater mon expérience avec sa récente version 3.5 pour Mac OS X (pour l’instant en anglais seulement) sur laquelle, j’ai déversé exactement 1907 photos. Est-ce là chose extraordinaire ? Non. N’importe quel mariage compte désormais sur pas moins de trois photographes par quatre convives. Comme résultat, dans les deux mois qui suivent la cérémonie, il est devenu normal, en ces temps infiniment numérisés, de recevoir d’énormes fichiers par courriel ou encore des invitations à venir contempler des pages Flickr ou Facebook, sinon des CD, des DVD ou des cartes Flash gavées de scènes immortelles. Jamais dans l’histoire de l’humanité mariée n’a-t-elle été autant croquée et immortalisée ! Et je vous fais grâce de ces boomers dont les caméras vidéo se remémorent les débuts de Musique Plus !

illustration2009102619.jpgQuoi faire avec cette masse folle folle folle de sourires, de bécots, de groupes qui se tiennent bras dessus bras dessous, de mononcs qui pointent du pied, grisés par le rhum et la salsa, de matantes un peu phoquées qui regardent non pas le photographe, mais les quatre objectifs des quatre appareils entre les mains des quatre beaufs, nièces, copines en train de cadrer parfois tout croche ? Quoi faire, sinon stocker ces photos, essayer de les classer, de les rendre aptes à être consultées intelligemment ?

On a compris que la question « quoi faire » s’adressait à nous, visiteurs de Technaute, nous qui sommes perçus comme étant « cyberdémerdards » même si, normalement, nous n’en avons rien à cirer de ce cirque nuptial. Notre problème, c’est notre blonde adorée, elle-même une convive dont la carte flash s’est retrouvée gavée d’images essentielles. Bref, elle les veut toutes, ces foutues photos. Et c’est qui est le pauvre hère qui va se taper la corvée informatique ? Moi, vous, bref, nous ! Nous qui voulons prévenir toute fissure dans la félicité de notre couple.

Nous pourrions faire des piles. Ici, la cérémonie: 865 clichés de l’arrivée de la mariée devant le juge de paix, dont 432 de son sourire larmoyant sur fond de mascara, avec gros plan sur la robe, le voile et la traîne. Là, le repas de noces avec la coupe du gâteau, plus loin les discours des deux pères (dont l’un a déjà un coup dans le nez), ici le sourire béat du marié qui, pour la première fois de sa vie, danse dans une foule compacte sans ecstasy (MDMA), là l’habituel spectacle de la matante de Montréal qui, rose entre les dents, se prend pour Carmen dans l’opéra de Bizet. Heureusement, ce qui pourrait être un terrible casse-tête se retrouve grandement facilité. C’est que nous, nous sommes de petits malins et que nous avons recours à une fonction évoluée de Picasa 3.5, la reconnaissance faciale, fonction qui jusqu’ici, n’était accessible que dans le service Picasa Web Album.

illustration2009102602.jpgillustration2009102604.jpgVous allez m’objecter que ce n’est pas nouveau, que iPhoto d’Apple (cliquez sur la vignette de droite) l’offre déjà, voire même le récent Photoshop Element 8.0 d’Adobe. Et vous aurez raison (c’est ce qui fait que je suis probablement le chroniqueur le plus stressé de la Cyberpresse: mes lecteurs en savent autant, sinon plus, que moi). Par contre, vous conviendrez probablement avec moi que Picasa (cliquez sur la vignette de gauche) le fait mieux et, surtout, le fait gratuitement.

illustration2009102617.jpgJ’ai fait le test (le très long test) sur un Mac avec iPhoto et Picasa, ainsi que sur un PC avec Elements (cliquez sur la vignette ici à gauche). J’ai trouvé que ce dernier imitait assez fidèlement iPhoto, mais que Picasa abattait l’ouvrage deux fois plus vite (si ce n’est plus) que le logiciel d’Apple. Dans le contexte des 1907 photos, il a mis près de sept heures pour indexer les visages des 28 personnes que j’ai bien voulu lui identifier, de quoi méduser le plus chaud partisan de iPhoto. Je me suis ainsi retrouvé avec 1682 vignettes de type « photo passeport ». La différence entre 1907 et 1682 tient au fait que tous les clichés ne présentent pas des personnages identifiés (p. ex. ces gros plans sur le cadeau de noce ou sur les anneaux) et que d’autres sont en fait des photos de groupe qui offrent plusieurs visages recherchés par le système. Soit dit en passant, la cueillette a été plus abondante avec Picasa qu’avec iPhoto, ce dernier ne proposant ni ne reconnaissant de visages en profile. Il faut le forcer à chaque fois.

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Pour identifier les visages, il faut aider le logiciel. Dans le cas de Picasa (vignette de gauche, ci-haut), on clique de la droite sur une photo et un menu contextuel nous aide à l’identifier. Par la suite, le logiciel apprend et ça se passe de mieux en mieux. En tout cas, il m’a semblé. Dans le cas de iPhoto (vignette centrale) et de Elements (vignette de droite), un petit carré avec mini fenêtre de saisie nous apparait sous chaque visage que le logiciel estime comme devant être identifié. Si c’est plus convivial, c’est un peu plus long à la longue; il faut souvent créer de nouveaux carrés de saisie. Au fur et à mesure qu’il apprend, le logiciel tente de nous économiser du temps en nous demandant de confirmer ses appréhensions. Dans e cas de Picasa (vignette de gauche ici en bas) on voit un petit crochet vert ou un x rouge au bas de certaines photos, ce qui permet de confirmer ou de rejeter. Dans le cas de iPhoto (au centre) et de Elements (à droite), un petit message demande de confirmer.

illustration2009102607.jpg illustration2009102608.jpg illustration2009102616.jpg

Incidemment, le mode de présentation « passeport » m’a plu grandement. Il permet de découvrir une mimique de visage qui nous aurait échappé autrement, par exemple dans le cas où le personnage qui nous intéresse est en arrière-plan. Cela peut s’avérer très intéressant si on décide de faire un diaporama à grand renfort d’effets Ken Burns (zoom et pan dans la photo). J’ai tenté de me prévaloir de cette option de présentation avec iPhoto, mais je n’ai pas trouvé le truc (s’il y en ait un). Mentionnons qu’il est aussi possible d’afficher les photos entières; il suffit de cliquer sur un bouton en haut à droite.

illustration2009102615.jpgPour mon classement, je me suis d’abord intéressé à la pile des 406 photos sur lesquelles apparaissait la mariée, ensemble que j’ai corroboré avec la pile de 338 particulière à son beau Roméo. Quinze minutes plus tard, j’avais la chronologie des épousailles et j’avais pu éliminer bon nombre de documents sans intérêt incluant la totalité des photos (un peu off et toujours mal cadrées) de la cousine de Matane ou celle vraiment navrante (pour cause de redondance sans imagination) du mononc de Québec. Puis, j’ai considéré les sections de Picasa propres aux parents des nouveaux mariés et j’ai recommencé mon travail critique. Et ainsi de suite avec les autres membres de la famille et avec les amis. Il en est résulté un «album intelligent» où les images étaient le fait de sept photographes différents.

illustration2009102614.jpg illustration2009102611.jpg illustration2009102613.jpg

Par « album intelligent », j’entends « base de photos indexées » avec lesquelles on peut faire ce que l’on veut: téléversement gratuit dans Picasa Web Album, ce qui s’appelle faire un pied de nez à Apple dont le service Mobile.Me avec iDisk coûte 100 $ par année (cliquez sur la vignette ci-haut à droite), présentation sur un blogue clé en main fait avec Blogger (vignette centrale), ajout de compléments géographiques grâce à Google Map (vignette de gauche), collage dont on change les images en cliquant sur un simple bouton « Scramble Collage » ou « Shuffle Pictures » (vignette de droite, ici en bas), petit film tout simple en un clic trois mouvements (on est loin ici des subtilités du « un-tit-peu instable » iMovie ‘09), etc.

illustration2009102609.jpgillustration2009102612.jpgFait amusant, comme j’ai testé Picasa 3.5 sur un Mac, il a ramassé les 1907 images dans iPhoto sans sourciller. Le problème, c’est qu’avant de pouvoir utiliser ses fonctions de retouche ou de transformation (fonctions passablement améliorées en comparaison avec les versions précédentes), le logiciel de Google nous oblige à faire une copie de la photo (cliquez sur la vignette de gauche), ce qui vient un peu compliquer la logique de classement.

Voilà ! Essayez-le, c’est gratuit et ça tourne sur Mac OS X, sur Windows, voire sur Linux.

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18 réflexions sur “Reconnaissance faciale dans Picasa 3.5

  1. Est-ce Picasa est moins gourmand que iPhoto sur le disque dur?
    Sans même avoir une grande quantité de photos, les Go montent rapidement…
    Si c’est le cas, Apple devra mettre les bouchés double dans iLife 10.

    avis pour Mobile Me : Utile seulement si on a besoin d’un hébergement web, autrement, Google offre le tout gratuitement et sans effort.

    Merci

  2. @phil_db

    pas d’accord avec toi pour mobile me, ça permet aussi de retrouver son iPhone sur une map grâce aux GPS, d’envoyer un signal sonore et même un message dessus pour faire tout ce qui est possible pour le récupérer.

    Cette fonction selon moi, vaut le 100$ ou 70$ à l’achat d’un nouveau mac.

    @ Nelson

    Je vais te rendre encore pus nerveux, dans ton article tu parle à plusieurs reprise de iMovie alors que je crois que tu voulais dire iPhoto. je te le dit , histoire de ne pas mêler les gens.

    J’aime bien iPhoto, j’ai environ 16 000 photos dedans mais je vais tester Picasa aussi pour le fun

  3. ha oui dans iPhoto on peut publier sur Flickr et facebook aussi. Si quelqu’un tag la photo dans facebook elle sera automatiquement tagger aussi dans iPhoto et vice versa, je sais pas si Picasa fait ça? surement!

  4. @phil_db

    Je ne comprends pas ta première question concernant la gourmandise. Comment la quantité de Go prise par les photos sur un disque peut-elle varier en fonction du produit utilisé?

  5. la raison pour laquelle Picasa vous demande de faire une copie c’est parce que vos photo sont dans iPhoto qui lui construit une base de donnée contenant toute vos photos. Comme picasa n’a pas d’accès d’écriture dans ce fichier, il doit faire une copie « locale ».

    Ce gros fichier de iPhoto est la principale raison pourquoi je ne l’utilise pas. Pas moyen de classé ses photos soi-même il est même difficile d’en extraire une photo ou bien synchroniser vos photos sur plus d’un ordinateur.

    Aussi, il existe des plugin pour picasa permettant de mettre vos photo sur facebook, flickr et autre site de photo.

    En passant, il y a aussi Adobe Lightroom qui est très bien pour faire le classement de photo.

  6. @ruisseauchene:

    L’indexation des photos peut prendre beaucoup d’espace. D’où la variation entre les différents produits dépendemment de la méthode et de ce qui est indexé.

  7. @draeron

    mais pourquoi utiliser un classeur de photo si tu veux que iPhoto fasse pas de gros fichier tout classé?

    Justement iPhoto et Picasa sont faites pour les classer dans le logiciel avec tout les avantages que ça comporte au lieu d’y aller comme dans les années 90 dans le navigateur du système d’exploitation

  8. @Draeron

    Pour ouvrir la bibliothèque iPhoto, sans ouvrir iPhoto faut simplement ouvrir le paquet
    Menu (CRTL-Clik) ou menu contextuel pour ceux qui ont une souris à deux pitons et on fait « afficher le contenu du paquet  » tu y retrouveras tes originaux et tes versions modifier classer par date de prise de la photo .

    Ce qui m’intrigue de Picassa …. Est-ce que Google s,ouvre une porte dans notre système via Picassa ? …. Simple question .

  9. Bonjour
    J’ai cru déceler une petite faute au début de votre texte. Il est question d’un pauvre ère, mais je pense qu’on devrait plutôt dire pauvre hère : homme pitoyable. ( D’après Antidote et d’après moi aussi…) J’adore quand même lire toutes vos chroniques!

  10. @nbourre

    Merci pour l’explication!

    J’aimerais bien avoir quelques chiffres pour me donner une idée de l’ordre de grandeur de cet  » overhead « . Mon expérience des index se situe plus dans le monde des BD relationnelles du genre Oracle.

  11. Ha! ha! ha! Ta description de la noce était tellement drole que ca ne me tentait meme plus d’écouter ta description des logiciels, tellement que j’aurai voulu la suite de tes personnages de noces. LOL

  12. @ Alex donc faire!!!

    T’as-tu lu le néologisme? cyberdémerdards?!?

    Ouf!!! ‘est bonne… Pis à se place bien dans la conversation autour de la cafetière au bureau:

    « Mon cher _______________, vous fûtes un cyberdémardard de première… Si si, vous avez flair et doigté! Je vous lève mon châââpeau et cette tââââsse…. Cherrriooooooo!!! »

    Donc, le lecto-rats (hu hu hu!) de MIsteur Dumais se scinde ainsi en deux:

    Les cyberdémerdards et les cyboirenmerdeurs…

    Je te laisse choisir le bord de clôture du Gros Poisson… Mais que tu l’trouve, genre…. comme! Ou on va checker sur les pintes de lait, au dépanneur….

    Adedon!

  13. « Nous qui voulons prévenir toute fissure dans la félicité de notre couple. »

    Que c’est bien balancée, celle-là, M’sieur Dumais. Votre prose continue de vous singulariser de la masse morne, insipide, sans saveur et sans couleur des autres auteurs dits technologiques… J’exige que vos émoulements soient augmentés dare-dare. Faut être généreux, avec l’argent des riches…. mon côté Robin-des-bois, quoi… Les collants en moins, il va de soi….

  14. Superbe prose menèm !

    Pauvre Nelson ! Super tchecké sur le fond, la forme et la marque… Dure vie que la tienne. Ton lectorat applique le « qui aime bien châtie bien » Nous n’en laisserons passer aucune ; No passaran !

    Ça c’est du test. Je n’ose toujours pas confier mes dizaines de milliers d’images à un classement automatique. Mais là tu me titilles la curiosité, j’essaierai p’têt ben ça cet hiver. P’têt ben qu’oui, p’têt ben qu’non, je file normand.

    Dubeau ; On l’aime pour ça Dumais, nous balancer des néologismes à pleine page. Pis y est pas redondant comme la Bombardier à part ça !

    Alex

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