Contrôle de qualité versus Marketing !

Mon chialage de ce matin a pour déclencheur un logiciel très populaire en giron Mac, iMovie ‘09. Le problème qu’il soulève est l’impact négatif sur le consommateur de la résultante de deux forces antagoniques, à savoir « contrôle de qualité » et « marketing« . Les faits ? iMovie ‘09 est un produit très beau, très intuitif et très puissant, mais qui plante trop souvent à mon goût ! Et si on s’en plaint, p. ex. dans les forums ou les blogues, on se fait répondre qu’on est un cas isolé, que c’est quand même mieux que n’importe quoi sous Windows, que notre ordi n’est pas au point, n’est pas assez puissant ou souffre de corruption, qu’il faut aller faire un gros ménage dans « bibliothèque/préférences », qu’un plugiciel hostile, p. ex. celui de QuickTime, vient foutre le bordel dans iLife ‘09 (le navire amiral de iMovie) et ainsi de suite. Moi, je dis simplement, sans aucune hostilité et avec des gants blancs blancs blancs, que ce logiciel est bogué et qu’il crashe !

Portez attention aux trois prises d’écran qui suivent ce paragraphe. La première vous montre un projet de sept clips HD produits dernièrement et qui m’ont permis de réaliser un DVD avec le logiciel complémentaire iDVD. La taille ? Au total, ces clips emplissent mon DVD; c’est donc du costaud en terme d’exigence quant aux ressources système. Avant d’en déduire que c’est trop pour ma machine, zieutez attentivement la deuxième prise. Vous pouvez lire, à gauche, que j’utilise Snow Leopard, le Mac OS X 10.6.1, que cet ordinateur est un quadricoeur double, c.-à-d. deux Xeon de 3,2 GHz, et que la RAM DDR2 est de 8 Go. Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est une machine puissante. Quant à iMovie, vous constatez, à droite, qu’il s’agit de la toute dernière version, la 807. À preuve, la troisième prise qui indique qu’aucune mise à jour de logiciel n’est disponible. Pourtant, iMovie plante, replante et rereplante ! Quid ?

Puisque ce puissant Macintosh est optimisé sur une base régulière, puisque je ne suis pas ce qu’on peut considérer comme un utilisateur néophyte de iMovie (je m’en sers depuis la toute première version), force m’est de conclure que je n’incarne pas un « code 18 » (le problème est à 18 pouces de l’écran, soit l’utilisateur lui-même). Et puisque le Net semble regorger de commentaires sur le fait que iMovie serait instable, des commentaires parfois mal fondés, dois-je préciser, j’en déduis ne pas être le seul à voir iMovie planter de temps à autre (heureusement, le système de sauvegarde automatique fait qu’on ne perd presque rien et que, d’un crash à l’autre, on devient de plus en plus habile pour retourner là où on était…).

J’en déduis que le produit est bogué, mais que son fabricant ne l’admet pas. On vend un Mac tout garni à M. ou Mme Tout le Monde (des gens qui ne veulent pas faire de l’informatique), on leur ajoute une merveille de convivialité et de créativité appelée iLife ‘09 et iWorks ‘09 et on se croise les doigts, sachant que le lot du débutant est de ne pouvoir comprendre et se faire comprendre quand survient un problème. Ainsi, qu’ils se plaignent ou non du fait qu’iMovie soit apparemment bogué, ils sont convaincus que c’est de leur faute, qu’ils entretiennent mal leur ordi, qu’ils utilisent mal le logiciel, etc. Ce n’est certainement pas de la faute à la firme californienne qui a fabriqué ce miracle synergique de créativité qu’est la panoplie Mac, Mac OS X et iLife.

Si M. Mme Tout le Monde étaient avec un PC sous Windows et que la même histoire se produisait, des quantités affolantes de Jos-Connaissants leur diraient que c’est de la faute à Windows, Microsoft étant l’Empire du mal où seul le fric compte. Mais en giron Apple, c’est différent. Il y sévit une religion où la critique est périlleuse. On ne peut écrire qu’iMovie est bogué sans subir les foudres de certains adeptes, sans se faire dire que notre « bibliothèque/préférences » est jammée dans la graisse de binne et qu’il ne faut que nous en prendre à nous-mêmes. Allez expliquer à M. Mme Tout le Monde qu’il leur faut aller nettoyer des merdouilles dans les fichiers système. Seigneur ! « Allô, I’m a Mac, je n’ai pas de base de registre à dératiser ! – Allô, I’m a PC, je n’ai pas de bibliothèque/préférence à désinfecter ! »

Moi, être Apple (ou tout autre fabricant de logiciels qui vend au grand public), je dirais ceci: « Monsieur, madame, notre logiciel a été fait au meilleur de nos connaissances et de notre expérience. Mais c’est de l’informatique et il se peut que lorsque certaines conditions sont réunies, il connaisse un problème de stabilité. Nous le savons aussi bien que vous et nous y travaillons. C’est une réalité que connaissaient tous les logiciels du monde; ils ont en commun le fait, qu’à l’occasion, ils plantent ou ils gèlent ou ils divaguent, entraînant dans les pires cas, la perte de votre travail récent. Il en a toujours été ainsi et il le sera toujours. Nous en sommes désolés, mais nous estimons qu’il a été de notre devoir de vous dire la vérité. »

Évidemment, une telle affirmation ne passe pas la rampe du bureau à droite en entrant, celui du marketing. Vous imaginez la colère des mercaticiens ninja. « Êtes-vous tombé sur la tête, gang de caves ? Vous voulez nous acculer à la faillite ? Vous voulez voir notre titre dégringoler au NASDAQ ? »

Fait que iMovie ‘09 plante, replante et rereplante. Un jour, j’ignore quand, une de ces mises à jour à ne plus finir contiendra une rustine pour réparer cette misère dans iMovie. Et ça se fera sans excuses du fabricant du genre: « Non vous n’êtes pas nuls M. Mme Tout le Monde ! Tout ce temps, c’était de notre faute ! ». Mais en même temps, un correctif apporté au Mac OS X ou à QuickTime ou à iTunes ou à Safari fera en sorte que iDVD ou iPhotos ou Pages redeviendra instable et on remettra ça pour un tour. C’est la vie !

On se trouve à acheter des produits pas vraiment au point pour de bon, des « work-in-progres-itiels » qu’on se fait « patcher » de temps en temps, mais personne ne nous le dit. Moi qui sais que c’est ainsi que ça se passe, j’en prends mon parti et je me la ferme.

Pour réaliser le projet de sept clips dont je vous ai parlé plus haut, j’ai mis, peut-être en tout et pour tout, une vingtaine d’heures. Pendant cette durée, iMovie a planté peut-être trente fois. À chaque fois, j’ai possiblement perdu une soixantaine de secondes de mon précieux temps, soit un total plausible d’une trentaine de minutes. Choquant ? « Indeed » ! Inacceptable ? Possiblement, mais pas pour moi qui estime avoir quand même sauvé du temps en utilisant iMovie au lieu de Premiere Element d’Adobe sur mon PC, un autre logiciel, soit dit en passant, à qui il arrive de geler (sans méchancetés) sur ma machine Vista 64 (je ne l’ai pas encore testé sur Win 7).

Avec le temps, j’ai fini par avoir la sagesse d’accepter cet état de fait. Je trouve seulement dommage que l’industrie informatique au complet continue de ne rien dire et d’agir comme si les gens étaient toujours les seuls responsables des problèmes qu’ils rencontraient.

Fin de ma montée de lait !

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59 réflexions sur “Contrôle de qualité versus Marketing !

  1. @ toogreen

    C’est le laptop de mon épouse qui lui fait des petites misères occasionelles, pas son ordi de bureau. Celui-là, depuis sa mise sous tension initiale il y a plus de 6 mois, n’a JAMAIS éructé le moindre petit rot d’inconfort et turbine depuis des mois sans histoire. Faut dire que le matériel de ce desktop est une apologie de compatibilité: carte mère ASUS, processeur et carte vidéo Intel, etc.

    Et le laptop, depuis dimanche, se tient peinard – pas de crisette, rien… Suite au prochain numéro, j’imagine… 😉

    @ Nelson

    Bof! Un petit mail de gillesgilles aux ingénieurs de Cupertino et ça va se régler! « Pas de sweat! » 😉

  2. Bonjour Monsieur Dumais,

    Lorsque j’utilisais iMovie 6 sur Léopard, il perturbait tout mon système et le réparateur Utilitaire disc a travaillé parfois jusqu’à dix heures pour tout réparer… Je me suis donc décidé à jeter iMovie 6 que je trouvais superbe et j’ai même fouillé dans les préférences et applications support pour m’assurer qu’il ne restait aucune trace de ce iMovie.

    Je me suis habitué sans trop de joie à travailler avec iMovie 09 qui est déjà beaucoup mieux que le iMovie 08, et je n’ai pas connu à ce jour les épisodes déplaisants que vous avez relatés.

    J’ai eu un problème de corruption cet été avec le nouveau Safari 4, personne chez MAC n’avait trouvé la réponse qui se trouvait dans dossier InputManagers situé dans le HD Mac-biblio- input… Ce n’est pas votre route de réparation, mais disons qu’il faut chercher sur les blogues…

    Paul Carrière
    P.-S. Honnn… Pester contre Apple…

  3. @bongar

    Propriétaire d’un Mac, je n’ai aucune difficulté à admettre qu’Apple n’est pas parfaite, bien au contraire. Ce que j’encaisse plutôt mal toutefois, ce sont ces commentaires redondants et qui reposent sur du vide qualifiant ceux et celles qui possèdent un Mac de péteux de broue. Plein le postérieur de ces petits préjugés mesquins.

    Merci Nelson de chroniquer sur Windows, sur Mac, sur Linux et d’élargir chaque fois nos horizons.

  4. @ sergeBrrrr

    Le fait est que la majorité de windozeux n’a jamais essayé de Mac ou de Linux alors que la quasi totalité des Macqueux et Linuxiens connaissent bien le monde Windows et souvent l’utilisent quotidiennement. Comme moi.

    Faque la valeur du jugement des premiers est souvent bien faible. Tout le monde reprend le lieu commun qu’un Mac coûte cher ; sur la durée de vie d’un ordinateur il est clair pour moi qu’il est plus économique, en étant plus agréable et performant à utiliser.

    Ceci dit, le bon côté du monopole de Windows c’est que ça oblige Apple à toujours être un pas en avant. On ne s’en plaindra pas.

    Alerx.

  5. @alexanticosti
    « la valeur du jugement des premiers est souvent bien faible ».

    Tout à fait d’accord avec toi. C’est surtout la répétition ad nauseam de ces commentaires qui devient fatigante à la longue.

    P.-S. Pas mal du tout la révision de mon pseudo. 😉

  6. Au moins ça peut se corriger. Ce qui me choque c’est quand on achète un jeu de baseball pour PlayStation et qu’il y a un bogue qui se répète toujours au même endroit.

    J’ai pas de PS3 donc je ne sais pas s’il est maintenant possible de « patcher » ça, mais sinon c’est très choquant parce qu’on ne peut pas retourner les jeux.

  7. J’utilise IMovie depuis 4 ans. De Imovie04 à Imovie09. Jusqu’à maintenant, IMovie n’a jamais planté. J’utilise MepegStreamClip pour toutes les conversions de fichiers video ou audio. Je ne fais jamais de gros montages sinon de les séparer en 2 ou 3 sous-projets. Mon seul problème est le son. Vient un moment oû il y a perte de contrôle dans le module audio des pistes. Que l’on mette le contrôle à 100% ou 37%, le son reste au même niveau: 100%. Et ne changez pas le nom du dossier source de vos fichiers audio. Toutes les pistes audio dans IMOvie qui proviennent de ce dossier source afficheront un triangle jaune. Il faut alors retransférer ces pistes audio dans IMovie. IMOvie reste au bon logiciel pour des projets simples. Quant à ma configuration d’ordi, elle semble être la même que celle utilisée par M. Dumais.

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