Mise à l'essai du Centro de Palm

illustration2009022301.jpgSi je vous parle de téléphones intelligents et de technologie 3G, tout de suite vous allez avoir à l’esprit le iPhone ou le Blackberry. Ce sont des icônes outrageusement médiatisées que leurs utilisateurs aiment brandir avec ostentation, à plus forte raison qu’elles représentent généralement des paiements mensuels de plus de 100 $, sans parler de frais de plus de 200 $ à l’achat. Mais, c’est connu, l’alternative « classe économique » est répandue et une de ses personnifications vraiment beau bon pas cher est le petit Centro de Palm.

Et oui, Palm, ce bon vieux bidule de la deuxième moitié des années 90 qui s’appelait alors « PDA » et dont l’ennemi était le PocketPC popularisé par Microsoft et Compaq (p. ex. les iPaq). Depuis, l’eau a coulé sous les ponts, les « PDA » ont été remplacés dans la ferveur populaire par des téléphones intelligents, RIM a chamboulé l’ordre des choses avec ses Blackberries et Apple a saccagé l’ordre établi avec son iPhone. Mais le Palm/OS est demeuré le Palm/OS sans trop de modifications à l’interface. On dirait une valeur éprouvée sur laquelle Palm, le roi de la route en 1997, s’est assis sans voir que tout ses concurrents le dépassaient à vive allure sans plus s’en soucier.

illustration2009022305.jpgToujours est-il que la semaine dernière, j’ai commencé à mettre le petit Centro à l’essai. Je vous parle d’un appareil CDMA, 3G,plein de petits logiciels permettant de prendre des notes, de calculer, d’inscrire des contacts, de consulter son agenda, de scruter des cartes géographiques, de prendre des photos, de filmer, d’écouter de la musique, de voir des clips vidéos, de téléphoner, et, comme toujours, de se synchroniser avec un PC, notamment dans Outlook. Le système d’exploitation est la version 5.4.9 du Palm/OS, sa mémoire de stockage flash est de 64 Mo (faut donc prévoir ajouter une carte auxiliaire de type microSD), son affichage de 2,2 pouces (320 x 320), son poids est de 4,2 onces et sa taille de 4,2 x 2,1 x 0,7. Il ne dispose pas de la techno Wifi, mais jouit par contre de la Bluetooth 1.2. Son CD d’accompagnement permet notamment d’installer une application Windows, Palm DeskTop (Access), un produit suranné qui en est rendu à sa version 6.2 et qui imite in peu Outlook (prise d’écran ci-contre). Autre mention digne d’être relevée, il peut servir de truchement entre un PC portable et le réseau Internet, perspective hautement intéressante que je n’ai pu tester.

À taponner avec ce bidule, je suis arrivé à un constat : ceux dont la description suit doivent absolument s’abstenir d’utiliser le Centro de Palm :

1- toute personne pour qui la patience est une vertu inconnue;
2- toute personne qui a besoin de lunettes de lecture;
3- toute personne pour qui une belle interface de présentation est importante;
4- toute personne qui déteste devoir utiliser un petit stylet facile à perdre pour naviguer;
5- toute personne dont le bout des doigts ressemble à un marteau de débosseleur;
6- toute personne qui n’aime pas la techno.

En revanche, les gens dont la vision est capable de défricher le très petit, qui aiment dompter un gadget rétif, pour qui avoir l’air « cool » est un « must » et qui n’aiment pas payer trop cher pour être « branchés », aimeront s’en servir. Ce serait le cas de certains médecins grands utilisateurs d’une application d’agenda médicale conçue pour le Palm/OS.

illustration2009022304.jpgSi je compare le Centro au iPhone, j’ai l’impression de changer de planète. Idem, si je le compare au Blackberry, sauf qu’ici, la courbe d’apprentissage est assez semblable. C’est que, de prime abord, si beaucoup est évident dans le Centro, rien ne va vraiment de soi et, pour vous transmettre mon impression première, tout ce qui peut se compliquer se complique. Mais, ai-je pu lire sur le Net, quand on finit par savoir, on cesse de stresser et ça fonctionne. Encore faut-il finir par savoir.

Ainsi, je n’ai pas trouvé le truc pour envoyer du courriel. J’ai eu beau suivre les instructions à la lettre, configurer, reconfigurer et « rereconfigurer » différents comptes, POP et IMAP, je n’ai pu arriver à ce que ça fonctionne. En conséquence, je n’ai pas été à même de vérifier sur mon PC, faute d’avoir pu me servir du courriel, la qualité des photos prises avec la caméra de 1,3 mégapixel incluse dans le Centro.

Dans le cas des autres appareils 3G que j’ai testés dans le passé, je n’ai jamais mis plus d’une journée pour vérifier leurs différentes fonctions et produire un article en conséquence. Or, dans les mêmes délais, non seulement je n’ai pas encore compris comment envoyer un courriel, mais je ne suis toujours pas arrivé à synchroniser l’appareil dans Outlook par le truchement de sa fonction Hotsync. Je reçois constamment un message comme quoi il s’avère impossible d’établir la connexion. Pourtant, n’importe quoi d’autre se connecte sur ce PC.

Je ne vous dis pas que ça ne fonctionne pas. Plein de journalistes semblent y être parvenus si je me fie à ce que j’ai pu lire sur le Net. L’avoir payé, le Centro, être abonné au service, je m’acharnerais, je tenterais d’obtenir de l’aide, je passerais au travers de son absence d’ergonomie, je réussirais à tout faire marcher et je serais fier. Mais dans le cas présent, ça va faire plus huit heures que je bizoune, j’arrête. Il me faut maintenant écrire mon article et faire état aussi bien de ce que j’ai réussi à faire, que de ce à quoi je ne suis pas parvenu. Si je veux rester honnête !

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Ce que j’ai réussi ? Je suis allé sur le Web en mode 3G, j’ai utilisé la fonction téléphonique, je me suis amusé un peu dans Google Map, j’ai regardé quelques clips dans YouTube, j’ai tapé des notes, j’ai essayé de l’utiliser pour aller dans la console de WordPress afin de modérer un de vos commentaires, mais j’ai manqué de patience. Dans mon cas. C’est essentiellement un problème de clavier. Les micros touches ont beau être arrondies et rétroéclairées, je gaffe constamment, je suis jeté dehors de l’application, je m’énerve et je profane les noms de certains Saints du Ciel. Tant et si bien que je dois souvent avoir recours au clavier virtuel, un vestige des débuts du Palm/OS.

Par ailleurs, j’ai tenté de savoir combien ça coûtait par mois. Ouh-là ! Sur le site Web de Bell, je n’ai pas trop compris (c’est quasiment aussi pire que sur celui de Rogers) et j’ai tenté de parler à quelqu’un de chez Bell Mobilité. Ce fut impossible, me butant à des robots, à des systèmes électroniques et à des messages. Un instant, je me suis mis à ressembler à Elvis Gratton avec ses béquilles en train de hurler de rage dans un téléphone public. Finalement, grâce à mon cellulaire Telus, j’ai pu avoir le numéro d’une boutique Bell, une où des gens réels répondaient au téléphone. Un représentant fort gentil et très poli ma fourni toutes les explications que je voulais.

illustration2009022302.jpgEn gros, m’a-t-il affirmé, le Centro coûtera quelque 60 $ par mois sans compter une soixantaine de dollars lors de la signature d’un contrat de trois ans. À ce prix, on a l’appareil, on a 200 minutes de placoting mensuel, on a le courriel, le SMS-texto et la navigation Web illimitée. Advenant que je doive m’en servir aux EU, il suffit d’activer un service à 40 $ par mois où tout devient possible chez nos voisins du sud. Le gars m’a tout ventilé ces chiffres, mais je n’ai rien retrouvé de correspondant sur le site Web de Bell Mobilité. Pas plus que je n’ai réussi à me faire confirmer le tout pas les hautes autorités.

Ma conclusion ? Si pour 60 $ par mois, on peut avoir tous les services dont on a besoin, si, pour les utiliser on a les yeux suffisamment précis et les doigts de la taille nécessaire, si on prend le temps de bien configurer cet appareil et de se faire aider par le représentant d’Espace Bell où sont revendus les Centro, il se peut que l’on soit heureux avec cet appareil. Sinon, on peut payer le double, si on le veut, et se balader avec un iPhone ou un Blackberry. C’est ça le Boomer Power !

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6 réflexions sur “Mise à l'essai du Centro de Palm

  1. Cher, cher, cher, mais c’est si cher! J’ai beau être fanatique des gadgets, je me refuse toujours à sombrer dans la dépenses de ces appareils intelligents. Oui, ils sont bien beaux et bien attrayants. Par contre, les mensualités sont rapidement hors de prix!!!

    – J –
    http://boulesamites.com/

  2. J’ai eu un Palm au milieu des années 90 et eu bien du plaisir à l’utiliser. J’étais devenu le roi de l’écriture au stylet. Écriture avec un alphabet un peu spécial, mais pas trop compliqué, quand même ! J’étais abonné à différents (plusieurs) services très intéressants (je pense, entre autres, à Avantgo qui me donnait les grands titres et quelques articles de Radio-Canada, Newsweek, etc.) Je réussissais même à synchroniser mes courriel, adresses, jeux et applications de toutes sortes. Mais, comme le dit Nelson, la patience était de mise.

    À la défense de Palm, à ce moment-là, le Bluetooth n’existait pas (ou en était à ses balbutiements) et le WiFi, me souviens plus ! Bref, je n’en avais pas vraiment besoin et c’était le dernier de mes soucis. Le matin, en prenant le café, je plaçais mon petit appareil sur son socle et synchronisait tous mes abonnements, agendas, courriels, etc. Qu’est-ce que j’en avais du plaisir à montrer ça aux collègues et leur faire lire quelques fraîches dépêches ! Si tout ce qui peut se compliquer se complique (dixit Nelson), une fois le tout maîtrisé (incluant le service de synchronisation de courriels que j’ai apprivoisé rapidement), ce bidule était hyper-pratique, dans mon cas. Même avec seulement 8 Mo de mémoire ! (Pas assez de sous pour une carte SD dont le prix était mirobolant dans ces années-là.)

    Finalement, à ce que je remarque, le PalmDesktop n’a pas changé, ou très peu (j’ai encore la version 4.0.1 sur mon PC !) Ce logiciel me permettait de faire ce que j’avais à faire sans trop de soucis, à ma souvenance.

    Le bon vieux temps…

    Le Dauphin terface

  3. À quand les téléphones roulant le Google Android au Canada? J’utilise un de ces appareils depuis à peu près un mois et je dois dire que je trippe pas mal. Bien que j’ai possédé un Palm PDA dans le passé et que j’aimais bien (dans le temps), je ne changerais certainement pas mon appareil pour le bidule de ce billet! Cependant il ne faut pas oublier que Palm a maintenant un tout nouvel OS basé sur Linux qui fait toutes les éloges des sites technos, le Palm Pre… J’aimerais bien jouer avec ce bidule pour voir ce qu’il en est…

    Donc les Palm Pre et Google Android, c’est pour bientôt au Canada?? Pourquoi est-ce si long avant qu’on puisse jouir des nouvelles technos dans le monde de la mobilité?

  4. bien d’accord avec xunil et toogreen, le Centro est dépassé. L’avenir chez Palm c’est le PRE, à plusieurs aspects il semble supérieur au iPhone.

  5. @ toogreen et xunil

    J’allais le dire. Ce Centro a un système d’exploitation complètement dépassé. Palm, consciente de ce fait, offre depuis quelques années des appareils avec… Windows Mobile! Cela faisait des années que le successeur du PalmOS était attendu. Ce système, appelé webOS, est maintenant sur le Palm Pre.

    J’ai vu une vidéo du Palm Pre en action. L’écran tactile n’est pas multitouch (il semble qu’il y ait un brevet d’Apple sur cette interface), mais j’ai trouvé très pratique le basculement entre les applications à l’aide du pouce.

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