Mise à l'essai de InDesign CS4

illustration2009021701.jpgEn octobre dernier, je vous parlais de quelques modules de la Creative Suite 4 d’Adobe, dont Photoshop et Camera Raw. Aujourd’hui, j’aimerais vous entretenir d’InDesign CS4, un logiciel d’éditique (PAO – publication assistée par ordinateur) vendu entre 200 $US (mise à niveau) et 700 $US (produit complet) dont je suis littéralement tombé sous le charme. J’ai beau m’en servir ces jours-ci pour préparer une brochure sur un héros de ma famille, je comprends, à lui jauger le potentiel, pourquoi tant de magazines professionnels l’utilisent pour leur mise en page. Ce produit Mac-Windows est une sorte de synthèse entre PageMaker (allô les anciens…), le vieux InDesign de 1999 et, côté interface, Photoshop. En prime, il s’intègre désormais à la techno Flash d’Adobe.


illustration2009021703.jpgIl a effectivement conservé l’esprit convivial de PageMaker; tout le monde a envie de s’y aventurer. Déclassé à l’époque par Xpress de Quark, du moins auprès des utilisateurs sérieux, PageMaker a été tué et ressuscité sous la forme de InDesign. Cinq versions plus tard, il n’a plus grand-chose à envier et continue d’être très agréable à utiliser. Tout ce dont on a besoin pour travailler est accessible d’un clic. Soit en haut, sous le menu principal, soit à gauche, comme dans Photoshop, soit à droite, dans des blocs amovibles. Fini, si on le veut, la mémorisation de jeux de touche complexes ou le bizounage dans les sous-menus. Mais, si on est habitué à certaines manipulations de Photoshop, p. ex. la combinaison « Ctrl + » ou « Ctrl – » pour agrandir ou réduire une image, on aimera pouvoir l’utiliser ici en lieu et place, sans pour autant les éliminer, les « Ctrl 0 », « Ctrl 2 », « Ctrl 5 », etc.

illustration2009021702.jpgLa caractéristique que le professionnel appréciera sûrement le plus est le « Live Preflighting », une sorte de filet de sécurité servant à débusquer les erreurs au fur et à mesure qu’elles se font, ce qui fait économiser beaucoup de temps, surtout si les délais de production sont serrés. Plus besoin d’attendre d’avoir fini l’œuvre d’art pour savoir si on a gaffé. En gros, le logiciel surveille constamment nos faits et gestes et, du moment que nous nous permettons une liberté ou une étourderie par rapport au profil de document établi (images à trop faible résolution, mauvaise police, trait trop large, texte non placé, etc.), il nous en informe, nous présentant un panneau pour les corriger. En ce sens, « Live Preflighting » est à la mise en page ce qu’Antidote est à l’écriture.

Dans la même logique, la fonction « Links » a été revue et corrigée, offrant plus d’information utile que jamais. Si vous cliquez sur la vignette ci-haut, à gauche, vous verrez qu’un JPG a été repéré comme étant problématique. En lisant les détails sous Link Info, on arrive rapidement à comprendre le problème et à le régler.

illustration2009021706.jpgillustration2009021707.jpgMais de loin, mon cri du cœur est cette possibilité de convertir le document InDesign en Flash. Ainsi, au lieu d’imprimer cette belle brochure que l’on prépare, on peut en faire un fichier électronique qui se consulte de façon très agréable; avec la souris, on tourne les pages, ce qui se fait en Flash avec d’élégance (sollicitez les deux vignettes ci-contre pour en avoir un certain aperçu). À cette enseigne, il y a deux possibilités : le nouveau format XFL ou le bon vieux SWF. Dans le premier cas, l’ouverture se fait dans Adobe Flash Pro où le fichier peut être bidouillé. Dans l’autre, il en résulte deux documents, un SWF et un HTML. Si on clique sur ce dernier, on obtient la belle animation 3D dont je vous parle. On peut déposer ces fichiers sur un serveur local ou les téléverser, par FTP, sur un serveur Web. Il y a bien sûr des limites. Pour l’instant le SWF ne comprend pas les clips vidéo qu’on pourrait vouloir ajouter dans nos pages. Mais, dit-on, Adobe y travaille. En attendant, cliquez ici pour voir le dernier chapitre du roman-blogue Le joueur de lyre monté en Flash avec InDesign. Amusez-vous à tourner les pages du bout de la souris.

illustration2009021705.jpgillustration2009021708.jpgCe qui m’amène à une autre « nouvelle possibilité » d’InDesign. Il est possible d’exporter vers Dreamweaver, l’éditeur HTML d’Adobe (vignette ci-contre). Il en résulte un document XHTML que l’on peut retravailler et ajouter à son site Web. Mais ici, il me faut être honnête. J’y suis arrivé, mais je n’ai jamais réussi à sauvegarder la mise en format. J’y ai même investi presque une heure sans succès. Il y a sûrement un truc, mais dans les délais impartis pour cet article, je ne l’ai pas trouvé. Sauf que ça se fait, m’a-t-on juré ! La vignette de gauche démontre qu’on peut effectivement exporter en HTML et celle de droite, toute relative à Dreamweaver soit-elle, illustre ma malhonnêteté. intellectuelle. Elle est relative au code Flash dont je vous ai parlé au paragraphe précédent.

Une autre nouveauté digne de mention est ce petit bonheur appelé « Smart Guides » qui nous parvient directement d’Illustrator CS3. Si on bouge ou dépose un objet, des guides en vert apparaissent pour nous signifier qu’on est à l’équerre, qu’on est bien aligné, par rapport aux autres objets. Si on en place plusieurs côte à côte, cette fonction nous indiquera si l’espace entre chaque est égal. En observant la prise d’écran qui suit, vous voyez une ligne verte qui témoigne du fait que l’image de droite en train d’être glissée est parfaitement alignée sur celle du milieu. Au bas des créneaux entre les trois objets, vous apercevez des flèches vertes à deux pointes qui certifient que la distance est égale partout.

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Et il y en a bien d’autres. Le seul véritable désagrément que j’ai rencontré jusqu’ici est relatif à Microsoft Word (Mac et Windows). Son code particulier tend, pas souvent, mais ça arrive, à faire planter InDesign. Le truc pour contrer cette difficulté est d’utiliser NotePad ou n’importe quel petit éditeur de texte, comme tampon entre les deux logiciels. Évidemment, la mise en format ne passe pas. Par contre, InDesign gère parfaitement bien les styles. Il suffit de créer ceux dont on a besoin et, clouc, tout finit pas baigner !

Si vous en avez le goût, vous pouvez vous télécharger une version d’essai de ce produit; vous aurez un mois pour vous faire une idée.

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22 réflexions sur “Mise à l'essai de InDesign CS4

  1. Nelson, je suis intrigué par comment ça fonctionne afin de réaliser un genre de brochure ou de livre à consulter en tournant les pages en Flash. Est-ce une fonction disponible que dans la version CS4 ? Est-ce possible dans les versions précédentes, comme la CS3 ? Est-ce qu’on peut seulement ouvrir un fichier .doc ou .pdf et le convertir en brochure aux pages tournantes, ou si on doit créer tout le fichier dans InDesign?

  2. À l’époque où j’étais sur Mac, j’avais comme beaucoup d’usagers Mac, une version disons, hum… «grise» de PageMaker. Je l’utilisais pour la réalisation de… mon CV!

    Dans le marché, est-ce qu’InDesign a pris le dessus sur QuarkXPress? Je suppose que la formidable intégration des produits Adobe doit être un écrasant avantage.

    Sur une autre note, il serait intéressant que vous fassiez une chronique sur l’alternative libre et multiplateforme Scribus, qui est évidemment loin encore du niveau des logiciels de PAO professionnelle.

  3. @ claude_c

    L’intégration Flash est une nouveauté avec CS4. Mais InDesign ouvre quand même pas mal de formats et les fait sien. Ensuite, il devient possible de le porter en Flash. Un exemple ? Pas plus tard que tantôt, j’ai ouvert un fichier PageMaker 7 Mac sans rien bizouner. L’info y était, le texte etc., mais le formatage en avait pris un bon coup, Ensuite, j’ai tenté ma chance avec un fichier PM4 Windows. J’ai eu un message comme quoi il me fallait une rustine apparemment disponible chez Adobe.

  4. @ gemnoc

    Je n’ai pas vérifié de parts de marché et je n’ai pas de chiffres. Mais des observateurs de l’industrie m’ont dit que Xpress n’était plus dominant en entreprise et que, de plus en plus. c’était InDesign.

  5. Je peut vous dire que QuarkXpress perd beaucoup de terrains, dans les années 90 et début 2000, Quark fut dominant outrageusement.

    Maintenant, je dirais que c’est 50/50 avec une tendance lourde vers inDesign.
    Alors si ça continue comme ça, Quark sera anéantie dans quelques années.

    Pour quelqu’un comme moi qui ai travaillé avec Quark une bonne partie de sa carrière c’est un peu triste, car je n’utilise plus de logiciel de PAO ma carrière aillant bifurqué quelque peu. alors jen’ai pas la chance d’explorer inDesign aussi profondément que je l’ai fait avec inDesign. je veux dire dans un contexte de production avec des délais de fou.

    Quand un projet doit sortir et tu as un problème, tu te dois de trouver la solution.

    Mais je savais pas que pagemaker étais l’ancêtre de inDesign. Mais je me souviens maintenant que Macromédia (éditeur de pagemaker) fut racheté par Adobe ah bin coudon

    Dans mon temps, on pestais quand quelqu’un nous arrivait avec pagemaker c’était un logiciel a problèmes pour quelqu’un qui devait faire la pré-presse. Ce qui n’est pas le cas avec inDesign maintenant.

  6. Pour répondre un peu mieux à claude_c : « Est-ce qu’on peut seulement ouvrir un fichier .doc ou .pdf et le convertir en brochure aux pages tournantes, ou si on doit créer tout le fichier dans InDesign? »
    InDesign est un logiciel de mise-en-page. On ouvre avec InDesign que des documents de montage (InDesign versions précédentes, PageMaker 6,5 et +, et merveilleusement bien les documents XPress). Pour les .doc ou .pdf, il faut les « placer » dans un document de montage. Il te faut donc en premier déterminer la taille du document ainsi que les marges. Pour les documents .doc de Word, il est préférable d’utiliser la fonction Copier-Coller au lieu de placer (importer) le document lui-même.

  7. En réponse à gillesgilles. PageMaker a toujours été un produit Adobe. Macromedia produisait FreeHand qui a disparu lors de la fusion Adobe-Macromedia (Illustrator a remporté le duel). Concernant PageMaker, c’est LE logiciel responsable de la jeune popularité des ordinateurs Apple. À sa sortie, c’était un logiciel tout à faire révolutionnaire permettant à tous et chacun de faire de la mise-en-page sur des ordinateurs personnels. Il a fait vendre des millions d’ordinateurs Macintosh (car PM était disponible que sur cette plate-forme). Quark XPress a pris le dessus sur PageMaker alors que ses versions 4 et 5 étaient boguées au niveau des imprimeurs. Aujourd’hui, plusieurs imprimeurs exportent les documents Quark en EPS et les place dans un document InDesign…

  8. Les alternatifs au coûteux InDesign (plate-forme Mac) :
    – Swift Publisher, à partir de 45$
    – Scribus Open Source Desktop Publishing, gratuit !
    Il y a également Pages (iWork d’Apple) qui est intéressant avec ses gabaritst tous prêts, mais limité concernant la mise-en-page d’un document volumineux.

  9. @ gillesgilles
    PageMaker par Macromedia? Ce n’est pas plutôt Aldus qui l’avait inventé? Adobe a acheté Aldus en 1994.

    @ pierredo
    J’ai mentionné Scribus, qui est un logiciel libre (donc gratuit). Il s’inspire dit-on de QuarkXPress. Il est disponible pour Linux, Windows et Mac. Voici le site principal: http://www.scribus.net/ À noter cependant qu’il y aurait quelques incompatibilités avec Vista.

  10. @genmoc

    inDesign est beaucoup plus simple, rapide et flexible que QuarkXpress. Réduire son succès à la simple intégration des produits Adobe serait taire tout ce que le logiciel a pu apporté.

    @pierredo

    En effet, c’est un logiciel destiné aux pros. Il n’y a qu’à voir le vocabulaire utilisé pour tous les réglages et outils. Scribus est une alternative gratuite qui devrait satisfaire tous les besoins d’un amateur avancé.

  11. Ceux, comme moi et gillesgilles, qui ont travaillé pas mal avec QuarkXpress vont trouver Scribus très familier, qui est en plus tout-à-fait gratuit. Comme disait gemnoc c’est encore en développement mais ça risque de devenir une bonne alternative pour ceux qui s’ennuient de QuarkXpress…

  12. Je suis graphiste depuis 20 ans. Ai travaillé avec QXP jusqu’à la version 7, puis mutation définitive vers INDD. Je m’ennuie de la palette d’outils réduite de QXP, il y avait moins de bébelles et surtout moins d’options d’affichage des outils. Tout était complémentaire plutôt que redondant comme chez Adobe. La souplesse d’affichage c’est bien, mais en faut-il vraiment autant?
    Pour INDD surtout: la similarité d’environnement et de « logistique structurelle » avec les autres logiciels Adobe. Moins l’impression d’avoir deux têtes, quoi…
    Chez les imprimeurs, on prend les deux types de documents (QXP et INDD) mais effectivement la mutation vers INDD est claire et semble lourde. Se dessine aussi une possibilité d’enrichissement des focntionnalités d’Acrobat qui en feraient peut-être un jour le remplaçant d’INDD? À suivre…

  13. J’ai longtemps travaillé avec QXP et ne jurais que par ce logiciel mais quand j’ai découvert la suite Adobe depuis la version 1, je me suis complètement converti. Un aspect anondin mais tellement génial : Pouvoir faire du copier-coller, surtout pour les éléments vectoriels, d’un logiciel à l’autre, que ce soit Flash, Illustrator ou Photoshop (smart object). J’ai bien hâte de découvrir la version 4…

  14. Merci magedelimage.

    Comme Nelson, je suis séduit par la fonction qui permet de créer des documents dont on peut tourner les pages. J’ai déjà vu le même principe sur certains sites internet. C’est la seule chose qui m’intéresse. S’il y avait un logiciel pas cher qui pouvait accomplir la même chose, je serais preneur. L’idée étant de mettre des pages de texte à consulter sur une page web, un peu comme si on consultait un livre.

  15. Réponse à Bill_Inquiétude : les palettes d’outils dans InDesign sont très polyvalentes. Elles peuvent être réduites à leur minimum. De plus, vous pouvez créer vos propres onglets avec vos outils préférés et ensuite sauvegarder cette configuration. Selon vos travaux, vous pouvez créer diverses possibilités d’outillage. Les onglets d’outils peuvent être positionnés à peu près n’importe où à l’écran (sur les bords ou flottants). Vous pouvez également installer la barre d’outils nommée « PageMaker » qui est aussi simple que celle de XPress.

  16. @ THX1138
    Il n’y a pas seulement le Copier-Coller qui est génial, mais le Cliquer-Glisser-Déposer entre les applications Adobe. Une fonction des plus pratiques d’InDesign est d’accepter les documents Photoshop (.psd). Ce qui signifie Placer des documents image qui possèdent des calques (layers). C’est tout particulièrement génial concernant des images avec de la transparence.

  17. Oh! que vous me donnez envie de retourner sur le marché du travail. Ai travaillé je ne sais combien d’années avec PageMaker (de PC en plus). J’ai monté des dizaines de livres et des centaines d’hebdomaires!!! Comme c’était le premier, bien sûr je l’ai défendu tant que j’ai pu. Sous la pression des imprimeurs, j’ai passé à QuarkX (passeport) que je n’ai jamais aussi bien maîtrisé. Dès que j’ai pu fournir des fichiers PDF je suis retourné à mon bien aimé Page Maker. Ai connu une année seulement avec IN Design. Je travaillais parallèlement avec Corel Draw, j’ai commencé avec la version 2 et suis encore avec la version 11.
    Le nouveau In design fera le bonheur de ceux qui veulent s’en aller vers les livres numériques… Je serais heureuse de connaître la lourdeur d’un fichier, disons avec couverture et une trentaine d’images couleurs à l’intérieur?

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