Signe des temps, CA parie sur le Software as a Service (SaaS)

illustration2008111701.jpg(Las Vegas) Le phénomène en croissance du « logiciel sur demande », autrement dit le SaaS (Software as a Service), a suscité hier la première grosse nouvelle du CA World ’08, cette kermesse informatique annuelle (plus de 6 000 participants dont quelques dizaines du Québec) arborant les couleurs de la fabricante de logiciels CA. Par la voix de son PDG John Swainson, un ancien dirigeant d’IBM particulièrement associé à la plateforme Websphere, la multinationale newyorkaise a annoncé la création d’une division qui se consacrera exclusivement au SaaS, ce que Microsoft et les gens de Windows Azure appellent, depuis peu, S+S (Software Plus Service).

illustration2008111705.jpgPlacée sous la houlette du vice-président principal Jules Ehrlich (photo de droite), un expert comptable d’origine sud-africaine, la nouvelle structure entend offrir trois outils de gestion informatique (« IT Management »), de gros logiciels que CA se contentait de vendre jusqu’ici, soit Clarity PPM, GRC Manager et Instant Recovery. Par la suite, d’autres produits pourront de rajouter.

Je vous rappelle que CA (autrefois « Computer Associates ») est une fabricante d’utilitaires pour grands systèmes qui permettent aux vizirs informatiques (CIO – « Chief Information Officier »), ceux qui gèrent déjà des produits majeurs signés SAP, Oracle ou Microsoft, cela dans un contexte souvent hybride (UNIX, Linux, Windows, etc.) de bien administrer leur parc et de pouvoir fournir, sans délai aucun, des réponses précises à leur PDG ou à son grand argentier. Or, plus l’entreprise est vieille, m’explique Jimmy Fulton, directeur général de CA Canada, plus les traces de technologies anciennes et successives sont visibles. « À chaque innovation, on modernise, mais on tourne souvent les coins un peu rond ». Pensez à ces valeureux AS-400 qui sont encore en service… En ce sens, des produits comme Clarity peuvent être essentiels.

Depuis quelques années, notamment depuis sa dramatique restructuration de 2005, CA s’est débarrassée de tous les produits qui ne convenaient pas à cette vision. En ce sens, m’explique Jeff Hayward, VP marketing chez CA Canada, « elle ressemble désormais, en taille et chiffre d’affaires, aux divisions IT Management d’IBM et de Hewlett-Packard ». Son marché est en expansion et fait mal paraître ces « Jos Connaissants » des années 90 qui avaient prédit la disparition prochaine des ordinateurs centraux. En 2008, la quasi totalité des grandes entreprises en ont et les utilisent plus que jamais.

illustration2008111702.jpgLe premier produit à être offert en mode SaaS, Clarity PPM, permet de gérer les projets et les investissements informatiques (PPM – « Project and Portfolio Management ») et est utilisé présentement par plus de 900 entreprises de plus de 5 000 employés. Le second, Governance, Risk and Compliance Manager, permet à la société de gérer globalement ses TI, de tenir particulièrement compte de leurs éléments de risque et de s’assurer de leur conformité avec les normes, les réglementations et les lois. Le troisième, Instant Recovery, permet au système informatique d’une PME ou d’une grande corporation d’être entièrement opérationnel la seconde qui suit un crash majeur.

Grosso modo, au lieu d’avoir à acheter ces énormes logiciels, de les installer et de former les utilisateurs, ce qui peut prendre plusieurs semaines et coûter très cher, il est maintenant possible de s’y abonner. En moins de 24 heures, tout est en place sans avoir eu à débourser quoi que ce soit. En fonction du nombre d’utilisateurs et de la sophistication requise, il pourra alors en coûter mensuellement entre 18 $ et 100 $ par siège. La beauté de ces produits, jure-t-on ici, c’est qu’ils permettraient non seulement de réaliser de très grandes économies, mais de mieux arrimer les TI à la mission principale de l’entreprise.

D’expliquer M. Ehrlich, il devient ainsi possible de toujours disposer du meilleur outil sans avoir à payer des fortunes, d’où le leitmotiv « Buy once and buy best ». Que le client soit en démarrage ou en état de maturité, il pourra accéder en toute simplicité aux fonctions du logiciel dont il a besoin. Il n’aura pas à s’aventurer dans de sournois méandres technologiques, laissant ce soucis à CA, et pourra se concentrer aux aspects critiques de ses affaires. De fil en aiguille, en fonction de sa croissance, il pourra ajouter et ajuster ses modalités d’abonnement (« Pay as you Go »).

illustration2008111704.jpgDans un contexte économique particulièrement épouvantable (il faut en voir les effets ici à Las Vegas où on voit de plus en plus de croupiers désœuvrés), l’offre de produits de CA arriverait à « un moment très propice », m’a affirmé Jules Ehrlich. Même message du côté de Jimmy Fulton, le bras canadien de CA: « SaaS is a concept whose time has come » (le temps du SaaS est arrivé). Et même son de cloche chez Carlo Govia (photo à droite), patron du système de santé de la Ville de Chicago. En des temps aussi incertains, m’a expliqué cet expert, alors que toutes les grandes administrations coupent dans les budgets d’investissement et sabrent dans les dépenses quotidienne, le SaaS lui permet de continuer son vaste projet de réforme socio-sanitaire, comme si de rien n’était.

illustration2008111703.jpgPour vous dire jusqu’à quel point la conjoncture inquiète, le PDG Swainson, dans son discours d’ouverture (« key note ») d’hier en début de soirée, a admis être en train de diriger son bateau dans des courants plutôt tumultueux et que, probablement, il se retrouverait bientôt en « terra incognita » (« We’re gonna find ourselves in uncharted territories »). Des entreprises disparaîtront, d’autres survivront. Mais la sienne, CA, non seulement passera-t-elle au travers de la tourmente, mais elle en sortira renforcée, cela en aidant sa clientèle « non seulement à survivre, mais à prospérer ».

Ce bel acte de foi qui devait absolument être fait, n’a pas semblé avoir grand effet sur le titre au Nasdaq qui ce matin, était légèrement dans le rouge. Mais, faut-il le rappeler, il n’était pas le seul.

Au Canada ? Jimmy Fulton se veut rassurant. De sa lorgnette, il n’a pas commencé à voir de ralentissement, de projets abandonnés, de contrats remis aux calendes grecques. Rien ne lui indique, à Toronto, que des gens ont commencé à ramasser la misère à la pelle de l’autre côté de son grand lac. « Pour le moins, ça n’affecte pas CA Canada. Nous connaissons même une bonne année. »

Au Québec ? La progression est intéressante, me soutient Renée Lalonde, vice-présidente aux ventes de CA Canada, en soulignant qu’il s’agit d’un marché en avance sur le reste du Canada, côté sécurité et infrastructure. « Nous sommes présents dans les ministères du gouvernement québécois, à la Ville de Montréal, chez Bombardier, dans les banques, etc. » Soulignons que CA compte des bureaux de vente à Québec et à Montréal, lesquels emploient une bonne trentaine d’employés.

illustration2008111707.jpgJimmy Fulton s’attend même à certaines améliorations. Il avoue être en négociation avec les CGI, Bell et autres Telus pour que, d’ici peu, son entreprise soit nantie d’un centre de données situé en sol canadien, peut-être à Montréal. C’est connu, peu d’entités gouvernementales voulant bénéficier de l’avenue SaaS, accepteront que leurs données soient traitées aux États-Unis. Pour l’instant, CA exploite en mode 24/7 trois méga centres de données sur la planète, des centres équipés de tout le personnel nécessaire et, soutient le VP principal Jules Ehrlich, capables de faire face à toute éventualité.

Que vous dire d’autres, sinon que les gens de CA ont tous l’air convaincus et convaincants et que j’aurais tendance à leur donner le Bon Dieu sans confession. Surtout qu’ils semblent avoir en commun le fait de bien répondre aux questions, sans prendre les journalistes pour des demeurés pouvant se contenter de poncifs marketing.

Tout cela, comme je vous l’ai mentionné plus haut, dans un contexte où les effets de la récession sont très visibles, ici, en cette ville artificielle où l’argent, dans une démesure surréaliste, a été hissée au sommet de toutes les valeurs pour être déifiée et idolâtrée.

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7 réflexions sur “Signe des temps, CA parie sur le Software as a Service (SaaS)

  1. Ne pas trop se laisser amadouer .
    CA , une belle initiative ou plutôt une belle entreprise qui pour l’instant jouis de la conjoncture économique mais comme le mot l’indique c’est une conjoncture et non pas un état de fais permanent .

    l’Idée n’est pas neuve et reprise par certain poids lourd mais il demeure encore becoup de résistance . EN ce moment la clientèles est petite et leur ressources est énormes mais SI a metont ils ( eu CA ) remportent un gros succès et que la clientèle dépasse les ressources de leur fameux système que ce passera t’Il est-ce que mon entreprise perdra une partie de son services dans LAG que la congestion provoquera ?

    En cas de bris de système , Présentement le réseau que je me réfères est interconnecter avec UPS et donc le crash d’un système et l’autre prend le relais mais avec (CA) si un verglas atteint ma ligne et j’ai un down sur ma connexion comment mon entreprise pourra opérer ?

    Les outils d’un entreprise informatisé compte dans l’entreprise même et savoir ces outils a la merci d’un réseau sur le quelle j’ai aucun pouvoir d’action m’inquiète un peut .

    Dans ma modeste vision des choses je ne vois qu’une seul façon de diminuer mes couts de réseau et d’outillages , il est dans le libre le programme libre supporté par des programmes proprio sur le quelle j’ai une assurance de fonctionnement ou bien une garantis de support

    Pour l’instant l’économie joue en faveur de CA mais la lancé fait par nombreuse entreprise Linux et les avancements fait par Apple et Microsoft vont donné du fil à retordre a CA quand l’économie reprendra .

    Simple question de demeurer autonome dans son entreprise , être le moins dépendant possible .

  2. CA a tendance à acheter des compagnies qui offrent des produits intéressants et à les rendres moins intéressants. C’est le cas de Clarity, anciennement Niku Workbench, anciennement Project Workbench. Même chose avec Arcserve qui est devenu au fil du temps CA Brighstore.

    Je n’ose même pas penser à ce qu’ils peuvent offrir comme « service »…

  3. Sans leur donner le bon dieux sans confession à chaque fois que j’ai eu à travailler avec CA, ce fut un plaisirs.

    Sur le marché de gestion de parc informatique hétéroclythe ses uniques concurrents sont IBM et HP. Sii tu veux d’une console unique géré un Tandem (maintenant HP Non-Stop) pour les files de transactions, Open VMS (anciennement VAX) pour la bd inventaire, un mainframe pour le transactionnel, du Sun pour tes serveurs Web et Windows pour la bureautique. Disons que très peu joueurs peuvent adresser le tout.

    Merci de la précision sur le fait que CA se soit départie de plusieurs divisions qui ne correspondait pas à la vision, ça explique qu’il se soit séparé de Simple Comptable.

    C’est bien beau le principe de louer ou payer à l’utilisation mais j’y crois pas. Tout les fameux deals proposées (à noter que j’ai pas vu ceux de CA) ne permettait pas vraiment d’économiser. La grande majorité ne dépasse pas l’étape de faisabilité.

    Remi.Net

  4. Eh ben, je vais me coucher moins toto, je croyais que leur Internet Security Suite était un gros morceau. J’espère qu’ils vont en profiter pour laisser tomber j’ai rarement été aussi content qu’une licence se termine.

  5. @reminet
    J’espère que tu ne viens pas seulement d’apprendre cela …

    Lors du lancement de Vista il y a eu nombres de débats sur cela et même avec XP a l’époque je me rappelle d’une fameuse déclaration de chez microsoft qui indiquais que les recommandations minimales de XP permettaient à ce qu’il s’installe mais ne fonctionnerais probablement pas et nombre d’ordinateur XP ready sont sorti avec un OS handicapé de plusieurs fonction ce qui été corrigé par la suite et la ont es en 2000 .
    Plus tard Vista sort sur le marcher avec tout ce que l’ont sais … comme la version basic de Vista qui est une merde réel .

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