Le joueur de lyre – Chapitre 1

Sous-titre: Un sous-sol à Nazareth
Date de l’action: Le lundi 18 juillet 2033
État: Version prête pour soumission

Voici la 9e version, celle du jeudi 22 janvier 2009, qui prend en compte les remarques et suggestions reçues du Chapitre 1 de ce roman-blogue intitulé Le joueur de lyre, un divertissement techno-littéraire que je publie en feuilleton à tous les vendredis et dont je vous ai expliqué l’essentiel ici même. Vous êtes conviés à contribuer activement en m’aidant à bonifier ce récit, à préciser certaines explications, à resserrer certains dialogues, à me proposer un meilleur titre, à m’interdire de faire mourir tel personnage, à hurler votre désaccord face à tel ou tel dénouement et ainsi de suite. De mon côté, je m’engage à tenir compte de toutes vos suggestions si elles sont réalistes et possibles. Je ne vous demande pas de modifier mon histoire fondamentalement, mais de contribuer à la rendre plus agréable, plausible et … publiable. Voilà ! Bonne lecture et, SVP, revenez-moi !


Galerie des personnages

Index

Préface
Chapitre 1: Un sous-sol à Nazareth, le lundi 18 juillet 2033
Chapitre 2: La loi du Gros Turcotte, le lundi 18 juillet 2033
Chapitre 3: L’âge du Nutrisuz, le lundi 18 juillet 2033
Chapitre 4: Trio pour clarinette, violon et … trombone, le 18 juillet 2033
Chapitre 5: Arnaque qui finit mal, le 6 septembre 2027
Chapitre 6: Du manger mou aux nouvelles, le 19 juillet 2033
Chapitre 7: Le sort frappe, le 20 juillet 2033
Chapitre 8: Déontologie à gogo, le 21 juillet 2033
Chapitre 9: Aussi bien invoquer Quetzalcoatl, du 22 au 24 juillet 2033
Chapitre 10: Marceline saute une coche, le vendredi 4 mai 1962
Chapitre 11: La théorie du docteur Robie, le lundi 25 juillet 2033
Chapitre 12: Sous le joug d’Ilsa la louve, du 25 au 26 juillet 2033
Chapitre 13: Les errements nyctalopes d’une grande folle, du 22 au 25 juillet 2033
Chapitre 14: Grande bouffe pour Dart Vader, le 26 juillet 2033
Chapitre 15: Timothée craque et remet ça ! le 27 juillet 2033
Chapitre 16: Sanglots sur une vie brisée, le 27 juillet 2033
Chapitre 17: Robespierre prend les commandes , le 28 juillet 2033
Chapitre 18: La fille sous la lanterne, le 29 juillet 2033
Chapitre 19: Lyre de lumière et de liberté, le lundi 10 juillet 2034
Postface


Chapitre 1: Un sous-sol à Nazareth
Le lundi 18 juillet 2033

Version 9.0, le jeudi 22 janvier 2009.

aucuns diraient qu’il fait chaud pour mourir, que c’est sale partout, que ça sent le vieux, que la bonne femme est due pour un bain et le bonhomme, pour un récurage à la brosse. Mais à quoi cela servirait-il de le penser. «D’aucuns» n’existent pas, personne, sauf le fils, ne vient ici. Personne ! Jamais ! Et il ne peut en être autrement; c’est la nature même du châtiment. Personne ne peut imaginer venir ici parce que personne ne peut imaginer qu’il y habite des gens, enfin des vieux qui ne sourient jamais et qui se parlent que très rarement.

À 82 ans, Marie Rioux est devenue «sec comme un balai» ; pas une once de graisse ne l’enrobe et son dos n’a pas encore commencé à voûter. «Rien à gruger su’ l’os», aurait dit son oncle Robert, autrefois plombier à Québec. Vêtue d’un vieux Levys foncé, ceux qu’elle préférait, et d’un antique coton ouaté commémorant la victoire de Barack Obama aux présidentielles américaines de 2008, elle s’occupe à faire luire le bois de son violoncelle. Autant le jeans que le chandail sont délavés, tout comme ses cheveux remontés en toque qui sont devenus blanc jaune. Ses pieds sont chaussés de bas de laine troués achetés, naguère, dans un surplus de l’armée. Ses mains sont longues, criblées de taches, bosselées par l’arthrite et ses ongles ne sont presque plus entretenus. D’ailleurs, pourquoi le ferait-elle? Pour qui ?

Son compagnon, cet être édenté, mal rasé, calé dans son lazy boy, les lèvres et la langue faisant «bleblebleblebleblebleble» à chaque respiration, se nomme Romain Tardif dit «le gelé». Il échappe la télécommande qui, sans bruit, choit sur le tapis moucheté de gris et de beige, un tissu fatigué dont la vocation est d’absorber poussières et petits détritus sur tous les planchers du sous-sol. L’homme se réveille en sursaut, convaincu d’avoir commis un impair majeur.

Assise juste à côté dans l’autre misérable fauteuil, la vieillarde le fixe de ses yeux superbes, des charbons qui n’ont pas vieilli, mais dont le potentiel de causticité, d’implacabilité et même de venimosité est demeuré aussi redoutable qu’il y a 53 ans. À ses pieds, la tête sur ses courtes pattes crochues, Gazou, un animal hargneux, mi-rat, mi-loulou obèse – ceux qui font “tic-tic-tic-tic” en marchant sur le prélart – une sale bête de chien jaune à poil ras et au nez brun avec, en tout temps, un croc saillant sur le museau, regarde avec haine la télécommande qui vient de le tirer de son sommeil. Sans rien dire, Marie reprend sa méticuleuse opération.

«Qu’elle était belle et séduisante», se remémore l’homme en s’étirant légèrement la jambe gauche, celle de son nerf sciatique. Puis, comme s’il eut voulu exaspérer davantage Marie et sa bête, il baille à s’arracher le maxillaire tout en son et lumière.

Étrangement, il a été épargné par la calvitie et sa tignasse blanche tout ébouriffée se termine en queue de cheval, laquelle date, selon toute apparence, du temps de sa moustache à la Frank Zappa, Sonny Bono ou Hulk Hogan. Le bonhomme est habillé d’un improbable short Nike, le modèle rouge à bandes noires sur les hanches, un short suspect taché d’on ne sait trop quoi, d’une camisole devenue jaune qui cache à peine ses chairs amollies, d’une paire de chaussettes bien étirées vers les mollets, des chaussettes ahurissantes à motifs de Schtroumpf, et de sandales avec semelles en retaille de pneu.

– Gajoo, rechte à côté de Maman, chinon, tu vas payer pour. Ta-tchu compris ?

Le chien jaune se replonge le mufle dans les pattes. De son œil hypocrite, il a vu que «Maman» ne blaguait pas et il se méfie de son archet.

Dans ce modeste logement de Nazareth, quartier s’étirant de Sacré-Cœur à la rivière Rimouski, on ne retrouve aucune photo sur les rares espaces que le rayonnage irrégulier de livres n’a pas volé aux murs. Ni de ces deux vieux assis la mâchoire pendante devant la télé, une antique HD aux couleurs déphasées, ni d’enfants potelés laissant paraître une dent au travers de leur sourire habituellement qualifié d’angélique, ni de scènes du «bon vieux temps d’avant le sida» alors que tout était si «désormais» facile, si «définitivement» cool, ni de fumeurs de cigarettes, oncles ou cousines depuis longtemps disparus, croqués en noir et blanc dans leurs vies de misère à la merci de la damnation éternelle, ni de guitaristes rock drapés dans le très pop Star-Spangled Banner. On ne retrouve aucune photo, pas plus qu’on ne remarque de reproductions de Toulouse-Lautrec, de nature morte peinte par la tante Hermance, cette vieille chipie de chez les Tardif, d’horloge Molson Export volée dans un hôtel de saint en arrière, d’écran plasma sans fil au récepteur défectueux, de feuilles de «pot» séchées et vernies, de poster du Che, de Dalida ou de Bob Dylan.

Plutôt, ici et là, une partition musicale imprimée sur du papier jauni, un calendrier de 1980 émis par le garage Rhéo Lavoie Auto Body enr. où une fillette sourit à côté de son chien Collie dans une Chevy rouge décapotable de 1955, un document laminé signifiant son congé de l’Hôpital St-Joseph de Rimouski à une patiente dénommée Marie Rioux et une lettre ravagée par le temps où apparaît clairement la signature inesthétique d’une enflure locale, régionale et nationale appelée Sylvain Turcotte.

Mais l’attention est surtout portée vers une fenêtre panoramique violemment éclairée par le fleuve, son ciel au bleu si particulier, ses îles, la Canuel vers l’ouest et la Saint-Barnabé juste en face, cette dernière se substituant à la ligne d’horizon où on devrait deviner la ligne très fine de la Côte-Nord, contrée aux si pénibles souvenirs. En s’étirant le cou vers la droite, on peut quasiment apercevoir Pointe-au-Père tel un mauvais rendu de Google Map. Un store vénitien à lames en bois franc poussiéreuses a été tiré vers le haut afin que rien de ce décor ne soit perdu. Comme s’il fallait vraiment expier. Et, la cruelle lumière de cet après-midi d’été met bien en relief la grasse saleté encollée aux vitres et, surtout, les poussières de toutes tailles et de toutes «origines» qui flottent dans l’air surchauffé de l’appartement. Le thermostat électronique indique en effet 29 degrés Celsius et toute entrée d’air semble bloquée. À dessein !

À la gauche de cette fenêtre, un exerciseur de marche au tapis usé à la corde obstrue une partie du passage menant à la cuisinette. Acheté il y a six ans dans une vente-débarras, l’appareil n’arrive plus à communiquer avec l’émetteur personnel (micro carte à puce) des utilisateurs, ce qui rend impossibles les mises à jour cardio-vasculaires. Par contre, sa fonction principale consistant à simuler la randonnée pédestre selon différents scénarios de difficultés, fonctionne encore très bien.

À la droite, on remarque une sortie de secours dont la porte est tellement étroite que l’on doit se mettre de côté pour la franchir. Mais si on le fait, on aboutit, tout émerveillé, sur une petite cour d’environ quatre mètres de large par quinze de long, une terrasse naturelle apparue dans un des replis rocheux de cet escarpement côtier où ont fini par pousser des feuillus rabougris. En bas, le chemin de fer et la grève boueuse. Sur la gauche, quelqu’un a bricolé un clapier et l’a revêtu d’un solide grillage; des renards et des martes ont été vus. On y a placé trois cages où deux femelles albinos y vivent au rythme de leurs entrailles, tandis qu’un énorme mâle noir et blanc espère la main secourable qui voudra bien le saisir par le gras du cou afin de le déposer, beding! bedang!, sur une de ses proies. Sur la droite, on a aménagé un poulailler, lui aussi renforcé de grillage, où trois poules et un coq, tous des Leghorn, attendent bêtement que la hache ne leur signifie, schlack!, le début de l’automne.

Devant soi, un garde-fou, plus d’apparat que d’utilité. Il était déjà brinquebalant il y a six ans quant le couple de vieux s’est installé dans l’appartement. Sans s’y agripper, ce qui pourrait être dangereux, on peut alors se retourner «lentement» pour faire face à la maison, «lentement» car on a la surprise d’éprouver une vive sensation de vertige, tellement l’immeuble semble haut. On réalise ainsi se trouver sur une toute petite terrasse permettant à Gazou d’affirmer sa bête autorité sur la mini basse-cour, malgré les regards mortels que lui adresse le coq. En fait, on est sur un péristyle naturel, une galerie attenante à la cave d’un cottage construit à même le cap et dont, tout en haut, le rez-de-chaussée arrive exactement au niveau de la rue sans avoir besoin d’escalier. Mais, pour le sous-sol, il y en a un escalier, celui de l’intérieur qui grimpe (euphémisme) vers l’appartement du haut, là où habite Timothée, le fils.

Tant et si bien que si, de la rue, on regarde la vieille maison toute blanche avec ses volets noirs, une imitation de cottage lourdement raboudinée avec les années, on ne peut imaginer qu’un sous-sol y offre une vue aussi spectaculaire du Fleuve et des îles rimouskoises.

Marie Rioux, la Maririou comme elle fut surnommée à l’époque de sa deuxième vie active, est fébrile, comme si elle cherchait la bagarre.

– Tu devrais aller ramacher les jœufs dans le poulailler, chi tu veux qu’on choupe, chuinte-elle dans ses prothèses dentaires dues pour être remplacées depuis des lustres. P’is chort donc le chac à vidanche, il pue ! Gajou, va avec Papa !

Sans rouspéter, tous deux se lèvent, le bonhomme ouvre la porte de secours et, sac vert en main, disparaissent quelques instants sur la terrasse où l’air presque salin fait oublier les effluves d’ordures. Le temps d’entendre des caquètements et des aboiements de fausset, il réapparaît et, lentement, place trois œufs blancs sur le comptoir. Après avoir bruyamment éternué, ce qui fait grogner le chien-rat, il revient s’écraser dans son fauteuil. D’expérience, il sait que l’orage gronde. Mais, encore une fois, il saura y faire face, il saura «parer au grain», pour prendre ses mots.

– Que ch’est qu’il fait, chelui-là ? siffle-t-elle, le ton enfiellé.

– Y est pas encore quatre heures, il a pas encore fini son shift, répond l’homme qui, de sa télécommande, commence à chercher un canal pouvant lui convenir encore quelques temps.

– Cha te tenterait pas d’enlever le chon ?

Le bonhomme s’exécute et s’ajuste un écouteur sans fil sur l’oreille.

En plus du salon, le logement compte deux petites chambres à coucher où le sui generis prend au nez, une cuisinette encombrée de vaisselle sale, La Maririou ne s’intéressant plus à l’hygiène ou à l’apparence de propreté depuis un an ou deux, et une salle de bain où les cultures bactériennes prospèrent en toute impunité. Tous les meubles sont en mélamine et datent des années 80; en ce sens, ils sont totalement invendables; même un huissier n’en voudrait pas. À l’instar du salon, les murs sont gavés de rayonnage. Incidemment, puisque presque plus personne ne garde de livres chez lui, la consommation littéraire s’assumant désormais par électronique, le fils en ramène des caisses de temps à autre, des caisses qu’on lui donne en le prenant pour un chiffonnier. Sur réception, sa mère en fait rapidement le tri et jette ce qu’elle n’entend pas lire, soit, en temps ordinaire, plus de 90 % de ce qu’elle y trouve. Sinon, elle aurait déjà soixante exemplaires des mémoires de George W. Bush et trente-deux de celle de l’ancien premier ministre Charest. Sans parler de ces polars, de ces ouvrages de science-fiction, de ces livres de voyage, de recettes, de croissance personnelle et autres traités de jovialisme ou de rigolothérapie qu’elle déteste.

– Te rends-tchu compte que cha fait chix-ans qu’on est enfermé ichi ? Chix ans, maudit ! J’chuis plus capable ! P’us ca-pa-b ! T’entends Romain ?

Le silence suit. Ce serait un silence aussi lourd que les roches de la falaise, mais un bref geignement, celui de la mauvaise bête au poil ras, se faufile jusque dans les écouteurs du bonhomme qui, habitué, continue de zapper.

– P’us capable ! P’us capable !

Elle se lève et, Gazou à ses côtés, s’approche de l’escalier qui mène tout en haut. Vers la rue. Vers le soleil. Vers la vie.

– J’vais aller prendre une marche.

Romain se déleste alors de son appareillage audio.

– En plein jour ? Et s’ils t’attrapent ? On va tous y passer ! Toi, moi et Timothée. C’est ça que tu veux ? Reste donc tranquille.

En six ans, la Maririou est sortie «prendre une marche», comme elle le dit, peut-être une cinquantaine de fois. Toujours le soir, le plus tard possible. Parfois avec son chien-rat, parfois sans. Mais, depuis le dernier hiver, plus jamais. Fini ! Comme si sa démarche était devenue trop lourde. Il lui a fallu «faire acheter» un collier GPS pour que Gazou puisse aller s’aérer tout seul. Et pas n’importe quel collier, un Bernard Prince, s’il vous plaît ! Ainsi, tous les soirs libres d’intempéries, la sale bête suit un parcours programmé : de la rue au cimetière, du cimetière au terrain des Sœurs, puis, quelques pipi plus tard, retour à la maison en ligne droite. «Donne les papattes Gajou que Maman les échuie». Si, d’aventure, le misérable cabot s’écarte de son parcours – une rencontre fortuite, une senteur extraordinaire, une velléité exploratrice ou un humain à aller mordre – une légère décharge électrique le ramène à l’ordre. Zzzzzot !

Quand elle sortait, la vieille dame se cachait les cheveux dans un foulard de soie verte, glissait de grands verres fumés sur ses yeux cernés, se vissait les mains ravagées dans les poches d’imper et, ses Levys embarquant par-dessus ses bottillons de marche, elle partait longer le fleuve jusqu’à la fin de la promenade fluviale qui traverse la ville en direction de Rimouski-Est. Puis, gavée d’effluves salins, elle revenait presque revigorée, prête pour une nouvelle période de réclusion. De dos, même de face puisqu’elle déambulait la tête baissée, on lui aurait donné 65 ans, guère plus, tant sa démarche était encore alerte. On aurait dit une de ces rares rentières fortunées, une «légale» capable d’assurer officiellement sa subsistance au su et au vu de tous.

Il est vrai qu’elle aurait pu se faire demander vingt fois une INI (induction numérique d’identité), opération de routine qui requiert d’avoir sur soi un dispositif personnel polyvalent (DPP). Popularisé au cours des années 20, ce gadget combo qui épouse souvent la forme d’une boucle d’oreille, sert d’émetteur- récepteur, d’accès à des répertoires, de caméra et de téléphone. Heureusement, les coupures budgétaires étant ce qu’elles sont, les flics du Bureau des affaires gériatriques (BAG) étaient de moins en moins présents le soir. Heureusement ! Par contre, dans les premiers temps, il y avait les autres, les vrais mauvais garçons, ces affreux de 2027. Six ans déjà !

Marie se souvient aussi de ce soir de printemps, il était près de minuit, deux jeunes vauriens assis sur un des bancs de la promenade s’étaient avisés d’être insolents et vulgaires à son endroit. Vive comme un goéland ayant aperçu une frite égarée, elle s’était retournée pour les dévisager.

– Qui t’as montré à rouler un joint comme ça, p’tit sacripant ? avait-elle demandé à celui des deux qui était en train de taponner misérablement un pétard.

– Ma grand-mère ! avait-il ricané.

– Donne-moi ça, lui avait-elle intimé d’un ton si autoritaire que, marijuana aidant, les drôles étaient demeurés figés. Je vais te montrer comment on roule, moi. Je roulais des joints quand ta grand-mère apprenait à téter son biberon ! Regarde-moi attentivement, tu vas peut-être comprendre quelque chose si t’es pas trop gelé.

Et La Maririou, aînée «illégale» en cavale nocturne, une «sans papier» incapable d’INI, avait instruit, ce soir-là, deux sales gamins possiblement dangereux, sur l’art séculaire de rouler du pot. Puis, elle le leur avait tendu, mais, subitement, avait changé d’idée et l’avait enfoui dans sa poche.

– Vous êtres vraiment trop cons, je file !

Et, sourire aux lèvres, comme s’ils venaient de passer un moment mémorable, les voyous avaient regardé la vieille dame partir, hautement impressionnés.

Dans son sous-sol surchauffé, elle fait demi-tour, la rage dans le sang.

– C’est quand même pas de ma faute si on est pris dans c’te maudite cave qui pue, gronde alors le bonhomme.

Des flammes de dragon sortent des yeux de sa compagne.

– Chi tu l’avais pas foiré, ton coup, on n’aurait pas été obligés de che cacher ichi. Pis on aurait eu achez d’argent pour vivre dans notre maijon de Chaint-Anaclet. Au pire, on aurait pu aller r’joindre cheux qui squattent sur l’île d’Anticoshti. Dans un cas comme dans l’autre, on aurait échappé à la loi à Turcotte !

Le vieillard remonte le son du téléviseur, ravale une dose de stress et, comme avec fatalité, rétorque:

– Si tu ne m’avais pas poussé ton Jérôme dans les pattes, un crosseur que tu trouvais bien charmant, mais qui a fini le ventre en l’air en d’sour du Pont de Québec, si t’avais pas si tant insisté, je me serais jamais mis le nez là-dedans, jamais de la vie ! Une fois pour toutes, c’est pas moi qui ai foiré, c’est toi. Le 150 000 $, c’était du vent, de la boulechite! Et même si c’avait été vrai, ça n’aurait pas été assez pour vivre bien longtemps à l’abri des problèmes d’argent; le gros Turcotte, le garçon de ta copine Mimi Turcotte, y aurait fini par nous avoir quand même, à Saint-Anaclet comme sur Anticosti ! Fait que, achale-moi p’us avec ça !

– Arrête ! Je voulais juchte que tu rentres un peu de chous !

Et la voilà repartie sur l’inutilité économique de Romain qui, depuis sa retraite, n’avait pas levé le petit doigt pour trouver une façon d’engranger des crédits. Il aurait pu, dans le temps de Saint-Anaclet, essayer de faire comme Réjean D’Astou ? Au moins essayer, «bout d’viarge» !

Et, pour la dix millième fois, cette prouesse accomplie en 2010 par leur troisième voisin de l’époque revient sur la sellette. Un jour qu’il s’était donné un tour de rein en pelletant de la neige molle, le futé quinquagénaire avait eu l’idée de produire un livre électronique en anglais, un opuscule de 45 pages illustrées sur l’art de pelleter de la neige sans se faire mal, tout en faisant travailler les muscles de ses bras, de ses jambes et de son dos. En bidouillant sur Internet, il l’avait mis en vente à 24,99 $US payable par PayPal. Au bout d’un an, des milliers de Texans enragés, de Floridiens écœurés, de Louisianais incrédules, de New-yorkais transis, de Virginiens déprimés et ou de Georgiens épouvantés, tous aux prises avec d’improbables bordées de neige, avaient acheté son eBook. Tant et si bien que D’Astou avait récidivé, cette fois en produisant quatre clips vidéo vendus 9,99 $US chacun: neige molle, neige glacée, neige poudreuse, neige ordinaire. En 2012, il était devenu officiellement millionnaire.

– B’en oui, p’is y est mort gras comme un voleur dans les années 20, ton génie. Y avait même pas 70 ans.

– Au moins, il a pas obligé cha femme à vivre cachée dans un maudit chous-chol qui chent la piche.

Cette fois, d’un coup de manette, Romain enlève complètement le son, se tourne et regarde La Maririou droit dans les yeux.

– Je vais te dire d’autre chose qui va me faire du bien. Tu penses toujours rien qu’à toi; à toi p’is à ton maudit chien, une bête tellement lette qu’on y rendrait service de la jeter en bas du cap après lui avoir tordu le cou avec son maudit collier GPS. Tu penses jamais aux autres, jamais à moi, jamais à Timothée. T’es la seule femme au monde qui affiche sur son mur, non pas le certificat de naissance de son fils ou sa photo des premières heures, mais le papier qu’ils t’ont signé après l’accouchement, pour que tu retournes à la maison te reposer.

Et, comme pour faire suivre un geste devenu essentiel à de tels propos, Romain lève un doigt d’honneur.

– K’in, toi !

Index

Préface
Chapitre 1: Un sous-sol à Nazareth, le lundi 18 juillet 2033
Chapitre 2: La loi du Gros Turcotte, le lundi 18 juillet 2033
Chapitre 3: L’âge du Nutrisuz, le lundi 18 juillet 2033
Chapitre 4: Trio pour clarinette, violon et … trombone, le 18 juillet 2033
Chapitre 5: Arnaque qui finit mal, le 6 septembre 2027
Chapitre 6: Du manger mou aux nouvelles, le 19 juillet 2033
Chapitre 7: Le sort frappe, le 20 juillet 2033
Chapitre 8: Déontologie à gogo, le 21 juillet 2033
Chapitre 9: Aussi bien invoquer Quetzalcoatl, du 22 au 24 juillet 2033
Chapitre 10: Marceline saute une coche, le vendredi 4 mai 1962
Chapitre 11: La théorie du docteur Robie, le lundi 25 juillet 2033
Chapitre 12: Sous le joug d’Ilsa la louve, du 25 au 26 juillet 2033
Chapitre 13: Les errements nyctalopes d’une grande folle, du 22 au 25 juillet 2033
Chapitre 14: Grande bouffe pour Dart Vader, le 26 juillet 2033
Chapitre 15: Timothée craque et remet ça ! le 27 juillet 2033
Chapitre 16: Sanglots sur une vie brisée, le 27 juillet 2033
Chapitre 17: Robespierre prend les commandes , le 28 juillet 2033
Chapitre 18: La fille sous la lanterne, le 29 juillet 2033
Chapitre 19: Lyre de lumière et de liberté, le lundi 10 juillet 2034
Postface

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40 réflexions sur “Le joueur de lyre – Chapitre 1

  1. Humble suggestion, partie 2

    À la fin du 1er paragraphe, vous dites : «…un calendrier de 1980 émis par le garage Rhéo Lavoie enr. où une fillette joue dans les blés avec un chien Collie»

    Dans la plupart des garages que j’ai fréquentés à cette époque, ce n’était pas une image aussi bucolique qu’on retrouvait sur les calendriers, si vous voyez ce que je veux dire (rires).

    Je vous laisse le soin, si vous le désirez, ainsi qu’à vos passionnés lecteurs, d’en faire une description un peu plus réaliste. Ce que vous saurez sans doute mieux faire que moi 😉

  2. Bonjour Nelson,

    Je vous propose, bien humblement, des coupures et aménagements, de façon à rendre le texte plus dynamique, et qu’on découvre les personnages plus rapidement. Certaines descriptions m’ont paru, à ce stade du récit, superflues. Mais il n’est pas dit que vous ne devriez pas les conserver pour la suite, au contraire.

    Vous en faites ce que vous voulez. 🙂

    D’autres diraient «qu’il fait chaud pour mourir, que c’est sale partout, que ça sent le vieux, que la bonne femme est due pour un bain et le bonhomme, pour un récurage à la brosse.» Mais à quoi cela servirait-il de le penser. «D’autres» n’existent pas, personne, sauf le fils, ne vient ici. Personne ! Jamais ! Et il ne peut en être autrement; c’est la nature même du châtiment. Personne ne peut imaginer venir ici parce que personne ne peut imaginer qu’il y habite des gens, enfin des vieux qui ne se lavent pas tous les jours, qui sont généralement mal peignés et dont les caleçons ne sont pas toujours frais.

    À 82 ans, Marie Rioux est devenue «sec comme un balai» ; pas une once de graisse ne l’enrobe et son dos n’a pas encore commencé à vouter. «Rien à gruger su’ l’os», aurait dit son oncle Fernand. Elle somnole vêtue d’un vieux Levys foncé, ceux qu’elle préférait, et d’un coton ouaté prédisant la victoire de Barack Obama aux présidentielles américaines de 2008. Autant le jeans que le chandail sont délavés, tout comme ses cheveux remontés en toque qui sont devenus blancs jaunes. Ses pieds sont chaussés de bas de laine troués achetés, naguère, chez Latulippe à Québec. Ses mains sont longues, criblées de tâches, bosselées par l’arthrite et ses ongles ne sont presque plus entretenus. D’ailleurs, pourquoi le ferait-elle? Pour qui ?

    Son compagnon, cet être édenté, mal rasé, calé dans son lazy boy, les lèvres et la langue faisant «bleblebleblebleble» à chaque respiration, se nomme Romain Tardif dit le Gelé. Il échappe la télécommande qui, presque sans bruit, choit sur le tapis moucheté de gris et de beige, un tissu fatigué dont l’apostolat consiste à absorber poussières et petits détritus sur tous les planchers du sous-sol. Romain le Gelé se réveille en sursaut, convaincu d’avoir commis un impair majeur.

    Marie, assise juste à côté dans l’autre misérable fauteuil, est déjà en train de le regarder avec ses beaux grands yeux aussi méchants qu’ils l’étaient il y a 53 ans. Près d’elle, sur pied et près à servir, un violoncelle semble attendre la compagnie.

    «Qu’elle était belle et séduisante», se remémore le vieillard en s’étirant légèrement la jambe gauche, celle de son nerf sciatique. Puis il baille, ce qui exaspère davantage sa compagne.

    Étrangement, il a été épargné par la calvitie et sa tignasse blanche toute ébouriffée se termine en queue de cheval, laquelle date, selon toute apparence, du temps de sa moustache à la Frank Zappa, Sonny Bono ou Hulk Hogan. Le bonhomme est habillé d’un improbable short Nike (blanc à bandes noires sur les hanches), un short suspect taché d’on ne sait trop quoi, d’une camisole devenue jaune qui lui cache à peine ses chaires amollies, d’une paire de chaussettes bien étirées vers les mollets, des chaussettes ahurissantes à motifs de Schtroumf, et de sandales avec semelles en retaille de pneu.

    Dans ce modeste logement de Nazareth, quartier s’étirant de Sacré-Cœur à la rivière Rimouski, on ne retrouve aucune photo. Ni de ces deux vieux assis en train de somnoler, la mâchoire pendante devant la télé, une antique HD aux couleurs déphasées, ni d’enfants potelés laissant paraître une dent au travers de leur sourire habituellement qualifié d’angélique, ni de scènes du «bon vieux temps d’avant le sida» alors que tout était si «désormais» facile, si «définitivement» cool, ni de fumeurs de cigarettes, oncles ou tantes depuis longtemps disparus, croquée en noir et blanc dans leurs vies de misère à la merci de la damnation éternelle, ni de guitaristes rock drapés dans le très pop Star-Spangled Banner. On ne retrouve aucune photo, pas plus qu’on ne remarque de reproductions de Toulouse-Lautrec, de nature morte peinte par la tante Hermance, cette vieille chipie, d’horloge Molson Export volée dans un hôtel de saint-en-arrière, d’écran plasma sans fil au récepteur défectueux, de feuilles de «pot» séchées et vernies (ou passées au Spray Net ?), de poster du Che, de Dalida ou de Bob Dylan.

    Marie Rioux, La Maririou du temps de sa vie active, est fébrile, comme si elle cherchait la bagarre.

    – Te rends-tchu compte que cha fait chix-ans qu’on est enfermé ichi ? Chix ans, maudit ! J’chuis plus capable ! P’us ca-pa-b ! T’entends Romain ?

    Le silence se fait. Un silence lourd comme les roches de la falaise. Le bonhomme continue de zapper.

    – P’us capable ! P’us capable !
    Elle se lève et s’approche de l’escalier qui mène tout en haut. Vers la rue. Vers le soleil. Vers la vie.
    – J’vais aller prendre une marche.

    Romain enlève alors son écouteur.

    – En plein jour ? Et s’ils t’attrapent ? On va tous y passer ! Toi, moi et Timothée. C’est ça que tu veux ? Reste donc tranquille.

    En six ans, la Maririou est sortie «prendre une marche», comme elle le dit, peut-être une cinquantaine de fois. Toujours le soir, le plus tard possible. Mais, avec le dernier hiver, plus jamais. Fini ! Comme si sa démarche était devenue trop lourde. À chaque fois, elle se cachait les cheveux dans un foulard de soie verte, glissait de grands verres fumés sur ses yeux de vieille, se vissait les mains ravagées dans les poches d’imper et, ses Levys embarquant par-dessus ses bottillons de marche, elle partait longer le fleuve jusqu’à la fin de la promenade fluviale qui traverse la ville en direction de Rimouski-Est. Puis, gavée d’effluves salins, elle revenait presque revigorée, prête pour une nouvelle période de réclusion. De dos, même de face puisqu’elle déambulait la tête baissée, on lui aurait donné 65 ans, guère plus, tant sa démarche était encore alerte. On aurait dit une de ces rares rentières fortunées, une «légale» capable d’assurer officiellement sa subsistance au sus et au vu de tous. Il est vrai qu’elle aurait pu se faire demander 20 fois une INI (induction numérique d’identité). Heureusement, les coupures budgétaires étant ce qu’elles sont, les flics du BAG (Bureau des affaires gériatriques) étaient de moins en moins présents le soir. Heureusement ! Mais, dans les premiers temps, il y avait aussi les autres, les vrais mauvais garçons ! Ceux de cette histoire sur la Côte-Nord.

    Elle se souvient de ce soir de printemps, il était près de minuit, deux jeunes vauriens assis sur un des bancs de la promenade, s’étaient avisés d’être insolents et vulgaires à son endroit. Vive comme un goéland ayant aperçu une frite égarée, elle s’était retournée pour les dévisager.

    – Qui t’as montré à rouler un joint comme ça, p’tit sacripant ? fit-elle à celui des deux qui était en train de taponner misérablement un pétard.
    – Ma grand-mère ! trouva-t-il amusant de répondre.
    – Donne-moi ça, lui intima-t-elle d’un ton si autoritaire que, marijuana aidant, les drôles demeurèrent figés. Je vais te montrer comment on roule, moi. Regarde-moi attentivement, tu vas peut-être comprendre quelque chose si t’es pas trop gelé. Je roulais déjà, moi, quand ta grand-mère apprenait à téter son biberon !

    Et La Maririou, aînée «illégale» en cavale nocturne, une «sans papier» incapable d’INI, instruisit, ce soir-là, deux sales gamins possiblement dangereux, sur l’art séculaire de rouler du pot. Quant il fut terminé, le joint, elle le leur tendit, mais, subitement, changea d’idée et l’enfouit dans sa poche.

    – Vous êtres vraiment trop cons, je file !

    Et, sourire aux lèvres, comme s’ils venaient de passer un moment mémorable, les voyous regardèrent la vieille dame partir, hautement impressionnés.

    Dans son sous-sol surchauffé, elle fait demi-tour, la rage dans le sang.

    – C’est quand même pas de ma faute si on est pris dans c’te maudite cave qui pue, gronde alors son compagnon.

    Des flammes de dragon sortent des yeux de la vieille dame.

    – Chi tu l’avais pas foiré, ton coup, on n’aurait pas été obligés de che cacher ichi. Pis on aurait eu achez d’argent pour vivre dans notre maijon de Chaint-Anaclet. On aurait échappé à la loi du gros Turcotte !

    Le vieillard remonte le son du téléviseur, ravale une dose de stress et, comme avec fatalité, rétorque:

    – Si tu ne m’avais pas poussé ton Jérôme dans les pattes, un crosseur que tu trouvais bien charmant, mais qui a fini le ventre en l’air en d’sour du Pont de Québec, si t’avais pas si tant insisté, je me serais jamais mis le nez là-dedans, jamais de la vie ! Une fois pour toutes, c’est pas moi qui ai foiré, c’est toi. Le 150 000 $, c’était du vent. Et même si c’avait été vrai, ça n’aurait pas été assez pour vivre bien longtemps à l’abri des problèmes d’argent; le gros Turcotte, ton copain le gros Turcotte, y aurait fini par nous avoir quand même ! Fait que, achale-moi p’us avec ça !
    – Arrête ! Je me chouviens que cha faijait bien ton affaire que ma grande chum c’était Mimi Turcotte ! Charrie pas !
    Cette fois, d’un coup de manette, Romain enlève complètement le son, se tourne et regarde La Maririou droit dans les yeux.
    – Tant qu’à y être, je vais te dire d’autre chose, ça va me faire du bien. Tu penses toujours rien qu’à toi; jamais aux autres, jamais à moi, jamais à Timothée. T’es la seule femme au monde qui affiche sur son mur, non pas le certificat de naissance de son fils ou une photo de l’accouchement, mais le papier qu’ils t’ont signé après l’accouchement, pour que tu retournes à la maison te reposer.

    Et, comme pour faire suivre un geste devenu essentiel à de tels propos, Romain lève un doigt d’honneur.

    – K’in, sti !

  3. Calendrier.

    Les calendrier des garages avec demoiselles plus ou moins dévêtue étaient surtout distribués par des fournisseurs (outils ou autre et destinés au garagistes). Le calendrier ici correspond au calendrier que le garage destine à sa clientèle d’où la scène bucolique.

  4. 🙂

    Ce projet cyber-littéraire OpenÉcriture me plaît bien…

    @ Nelson

    J’ai une question…

    Le personnage de « Romain Tardif dit le Gelé » m’inspire… Est-ce qu’une contribution iconographique est permise? En d’autres termes, si je fais une illustration du personnage en question, est-ce une contribution acceptable aussi….?

    Tu me dis ce que tu en penses…

    Au plaisir!

  5. Bravo… En ce qui me concerne la table est mise… Le premier chapitre est vraiment accrocheur… et la Maririou de sa leçon de roulage dans le parc m’a vraiment conquis… Vivement vendredi prochain.

  6. @ claude_c

    Votre structure est plus intéressante que la mienne, ça paraît que vous avez du métier. Je l’adopte.

    Toutefois, vous avez gommé quelques paragraphes qui ne sont pas innocents dans la trame de mon histoire et que je me dois de conserver. Les lecteurs pourront dire « Ah, c’était donc pour ça qu’il nous avait mis ça en intro ! »

    J’ai donc remonté ce chapitre avec votre structure et presque tout mon matériel. Et, à la relecture, il me semble que ça se tient.

    Rafraichissez votre fureteur et vous pourrez constater le résultat.

    Merci !

  7. @ Marcofsky

    Tout un honneur ! Ça pourrait être très intéressant.

    J’avais cependant décidé de dessiner mes personnages, comme je l’ai fait ce matin avec la vieille Marie.

    Mais que cela n’empêche pas la réalisation d’une si généreuse contribution ! Mieux il sera illustré, plus le projet sera intéressant.

    Le personnage de Romain est important dans cette histoire et il sera le héros de quelques chapitres à venir.

    Merci beaucoup !

  8. De rien, Nelson. L’important est que cela vous procure du plaisir. 🙂

    Je comprends que vous ayez besoin des informations contenues dans certains gros blocs de description. Ce pourrait être une bonne idée de distribuer cette information, de disséminer ces lignes dans le texte. Sinon, je trouve que les descriptions en bloc ralentissent l’action. Personnellement, je préfère dramatiser l’information, la découvrir en action. Mais c’est à vous de voir. Vous connaissez la suite, et pas moi.

    Bonne continuation!

  9. @ Nelson

    Je ne voudrais pas te priver du plaisir de faire tes propres illustrations… bref, te « damer le pion », quoi…

    Alors, voilà ce que je propose, si on veut rester « in sync »: Je vais attendre quelques temps, histoire de laisser les personnages et les situations s’étoffer un peu… et aussi te laisser le temps de nous présenter ta « vision » de ces personnages (comme celle de Marie sur cette page).

    Par la suite, à la lumière de ces représentations, je pourrais « proposer » un croquis de temps en temps, lesquels, une fois « approuvés », pourraient servir à créer un produit final. Comme ça, malgré une différence dans le « style », on pourrait « harmoniser » le « look » des personnages…

    sounds good…?

    🙂

  10. Ha! Ha! Ha! Très drôle tout ça, Quelle imagination tu as! La seule chose c’est qu’une tite vieille qui pue des «T’sou’r» pis qui vie avec un ti vieux en camisole pleine de taches de swing ne peut pas être réelle sans avoir en plus, dans le merdier grouillant qui lui sert d’appartement, un petit chien jappeux, pisseux, mauvais et «laite» à pleurer qui n’aspire qu’à se soulager sur les pantalons du monde et attaquer les petits enfants! Voilà!

  11. @ Madgab et @ gilas

    Je vais voir ce que je peux faire pour le clébard. La seule complication, c’est de trouver un truc pour le promener au moins une fois par jour dehors. Il peuvent quand même pas l’envoyer dans le cap ou l.enfermer avec les poules ou les lapines. Les vieux ne peuvent pas le promener, ils sont cachés. Peut-être leur fils, mais il va falloir que je fasse du bricolage. Reste que l’idée est bonne.

  12. Promener le chien?

    Pourquoi?

    Ils ouvrent la porte et le laisse sortir. Le chien jappe pour rentrer. Il pourrait même être une source de rebondissements et conflits providentiels. Imaginez les trucs que ce chien, au sale caractère et la caboche remplie de mauvais coups, peut faire dans la région. Une idée comme ça.

  13. Une vraie salle bête de chien , le genre à faire « tic-tic-tic-tic » en marchant sur le prélart, toujours hargneux, une sorte de gros rat jaune au poil ras, obèse, le nez brun, avec toujours un croc de sorti sur le bord du museau. Il pourrait faire ses petits besoins entre le clapier et le poulailler, ce qui lui permettrait de faire un trip d’ego en se prenant pour l’animal dominant.

    Mais parfois, le fils lui ouvrirait la porte et il irait japper après le voisin.

    Une erreur de la nature, une infection !

    Amusant ! Je vais l’ajouter cette semaine.

  14. Peut-être que ça pourrait servir d’inspiration concernant la relation de cette future bête avec leurs heureux propriétaires. Portrait totalement véridique (mais plutôt pathétique) de mes voisins d’en face, un couple de personnes âgées.

    Elle, c’est Mariette. Son niveau de langage m’indique qu’elle a tout juste terminé le primaire. (Oui, je sais, ce n’est pas de sa faute, mais bon, c’est la réalité). Elle parle d’une voix tonitruante.

    Faut dire que son Jean-Guy est à moitié sourd. Je le soupçonne même de ne pas porter son appareil auditif le 3/4 du temps parce que tanné d’entendre la bonne femme.

    La bête, c’est Gazoo. Une espèce d’hybride de vadrouille et de shiz-tsu, qui jappe après tout ce qui bouge, une boule de poils hirsutes dont tout ce qu’on arrive à percevoir sont les dents de la mâchoire inférieure qui semblent toujours en compétition avec son museau.

    Mariette, lorsque qu’elle sort Gazoo, passe son temps à lui parler (entendre ici crier) ou à lui radoter (entendre ici crier aussi) la même rengaine dans un language enfantin, en lui faisant des discours plus débiles les uns comme les autres, comme si elle s’attendait à ce que cette chère bête lui réponde.

    Exemples entendus (bien malgré moi) lorsqu’elle passe sur le trottoir devant chez moi. Prononcez les e comme des i ou des è , selon les mots utilisés et ajoutez des r là où il en manque et n’oubliez pas la voix tout droit sortie d’une caverne :

    Gazoo! Tu sais que maman veut pas que t’eilles là. Viens ici! Tu suite. Gazoo, tu sais ce que maman vient de dire. Enwoye! Enwoye donc!

    Gazoo! Attends avant de rentrer dans la meson, maman va t’essuyer les pa-pattes. Bin oui, Gazoo s’est toute sali en machant dans la grosse pluie. Ah cé donc pas drôle, pôvre Gazoo…

    Gazoo, va voir papa, passe que Gazoo a été gentil aujoud’hui, papa va te donner un bescuit.

    Ah ben là, Gazoo écoute pas, il écoute pas ce que maman a dit. Gazoo? GAZOO! Si tu continues de pas écouter, maman va ête obligée d’aller te poter à la SPA.

    Ainsi de suite.

    Tout ça pour dire combien on peut devenir gaga envers son animal de compagnie. J’ai déjà dit à mon tendre : «Si jamais tu vois que je m’en viens de même, c’est moi que tu iras porter à la SPA». :mrgreen:

  15. Une nouvelle aventure qui sera exigente pour son auteur, un public sans merci qui a la réplique facile, surtout sous le couvert de l’anonymat.

    Bonne chance Nelson.

    J’ai lu le chapitre 1 sans trop de conviction, quelque chose d’essentiel semblait manquer à l’appel. Au mieux c’était une description « juste » d’une certaine réalité de la vieilesse, au pire c’était une caricature froide (terne) de cette même réalité. Bref je me demandais sérieusement si j’allais continuer à suivre cette histoire.

    Puis, finalement le miracle se produit, La proposition de madgab vient sauver les meubles. J’ai réalisé que la nature humaine dans toute sa candeur n’était pas au rendez-vous. Selon la situation de départ, C’est une évidence que cette femme n’a pas de confident (sûrement pas son mari, ni son fils selon toute probabilité). En gros, je crois que le chien est indispensable comme « le confident » la courroi qui va permettre à l’auteur de tranmettre les états d’âme de la dame et ainsi tranmettre la partie humaine de cette femme pour le plus grand plaisir de ses lecteurs.

    Au plaisir de lire votre prochaine épisode

    Alain Naud, Edmonton, Alberta, Canada, La Terre.

  16. Du détail dans l’ambiance de la baraque , les odeurs , la lumiere jaune d’une ampoule a bas prix un plancher craquand , les odeurs des poubelles du lendemain ou de la vaisselles pas terminée etc etc un peut d’ambiance ca aiderais à rendres les 2 personnages encore plus moches .

  17. @ Nelson

    Je verrais bien un jeune cousin, qui, à chaque fois qu’il arrive chez les vieux, se mette en frais de torturer cet affreux cabot (Gazoo) au point que, de visites en visites, le chien développe un traumatisme et tente de se cacher… sans succès, bien sûr! Faudra ajouter une notice au début pour mentionner qu’aucun animal n’a souffert lors de la rédaction de cette oeuvre…

  18. … naturellement, le jeune cousin en question pourrait refiler ses Ritalins au Cabot… ce qui lui conférerait des propriétés plutôt étranges!! The Sky is the limit… Bien qu’accessoire à l’intrigue, cet élément permet des diversions rigolotes…

  19. Ouarpppffffff, trop bon!

    Le chien? Une évidence dans cette histoire. L’apport de madgab et les quelques détails rajoutés par bibelot nourrisent cette évidence. Elle aura de quoi gueuler, la Maririou…

    Et çe chien me ramène en tête une anecdote concernant feu mon grand-père paternel. Lorsqu’on arrivait chez-lui, ma famille et moi, il disait toujours: «Entrez, entrez! L’chien va chier pis on va faire d’la tire!» Ça m’a toujours bien fait rigoler, c’te phrase.

    Le calendrier. Une mignone scènette ou une pitoune Castrol, Penzoil, Husqvarna ou Stihl? En 1980, la tendance est plutôt à la 2e option, non? L’appariteur en science de l’école où j’ai débuté dans l’enseignement (milieu 90) en avait même un. Sans oublier les calendriers scouts. Mais, ils sont plates, je sais! lol

    Question: si McCain gagne aux prochaines américaines, est-ce que le chandail d’Obama est toujours de rigueur? Les ouatés «têtes de loup» ou «tête de cerf de Virginie» (alexanticosti?!?) où apparaît l’inscription Val d’Or, Québec, St-Félicien, Québec ou encore Mont-Laurier, Québec sont toujours aussi… Euh… présents. J’allais oublier Sept-Îles, Québec! Ça implique un redessinage, par contre. Un ouaté Expos ou Canadien de Montréal (hum!) seraient assez « 2008 » aussi.

    Romain Tardif, dit le Gelé. Ouin, je vois le portrait… Très inspirant, comme le dit marcovski. J’ai hâte de voir de quoi il est capable, celui-là!

    Le dauphin temporel

    P.S.: on écrit: schtroumpf. Avec le «p».

  20. @ Tous

    Je viens de publier la 3e version, celle qui tient compte de vos remarques et suggestions reçues depuis hier, une version de loin supérieure à celle que j’ai mise en ligne hier matin. Merci à vous tous ! En passant, l’idée d’ajouter un chien était importante. Longue vie à Gazoo, un personnage essentiel qui pourrait finir sous les pinceaux de notre ami Marcovsky ! Merci à Madgab, à Gilas, à claude_c, à alain_from_west et, bien sûr, à Bibelot, sans oublier dennis_dubeau et le dauphin temporel.

    Merci également à stvc pour les … odeurs et à flipper-dit-le dauphin pour le calendrier !

    J’adore le processus que l’on vient d’enclencher. Je ne croyais pas, au départ, en tirer autant de satisfaction et de plaisir. Je pense vraiment que nous tenons une formule « littéraire » gagnante.

    Au plaisir de vous relire !

    PS- @ claude_c: Vous avez raison, je ferai la belle part à la techno …

  21. «J’adore le processus que l’on vient d’enclencher. Je ne croyais pas, au départ, en tirer autant de satisfaction et de plaisir. Je pense vraiment que nous tenons une formule “littéraire” gagnante.»

    @Nelson

    Tu parles! De plus, on remarque que la satisfaction et le plaisir sont partagés.

    @claude_c

    Je tiens à souligner la très grande qualité de tes propositions. Le récit en bénéficiera (même s’il plaçait déjà la barre haute).

    Le Dauphin scriptible

  22. Nelson, tu as réussi à faire une très bonne récupération de toutes les propositions de tes lecteurs.

    Les phrase que j’ai aimé:

    # – Gajoo, rechte à côté de Maman, chinon, tu vas payer pour. Ta-tchu compris ?#

    Comme l’avais indiqué notre ami « Bibelot », c’est exactement dans le style du personnage.

    # regarde avec haine la télécommande qui vient de le réveiller.#
    # De son œil hypocrite, il a vu que «Maman» ne blaguait pas et il se méfie de son archet.#

    Vraiment bien, le chien qui est maintenant presque humain par cette description.

    # Tu penses toujours rien qu’à toi; à toi p’is à ton maudit chien, une bête tellement lette qu’on y rendrait service de la jeter en bas du cap.#

    Excellent, cela rend notre ami plus humain dans son exaspération. C’est une réaction assez typique dans un contexte similaire.

    Alain Naud, Edmonton, Alberta, Canada, La Terre.

  23. … oh que je vois notre ami Romain, en train de ronfler dans sa chaise berçante, dégoulinant de bave… dont ladite chaise d’approche dangereusement de la queue de ce cher cabot… et la réaction de celui-ci, sous l’effet des psychotropes…

  24. on pourrait d’ailleurs y voir notre ami Romain en train de regarder une reprise des Bougons dans laquelle, Junior s’amuse avec un furet et qui regarde ce cher Gazoo en alternance… ce qui aurait pour effet de terroriser celui-ci… avec sa queue fraîchement plâtrée!!

  25. le vieux regarde la TV et ….. vois un reportage aux nouvelles sur les gens du 3iemmes age qui sont sur des commaunauté en ligne .. le vieux pourrais y voir la .. une façon de faire quelque chose D,interessent et une manièere d,avoir l paix de sa vieille et socabiliser ..

    et la qu’est-ce que le vendeur lui proposera . MAC , WIN , Linux et voila repartis pour un autre tour mdrrrr

  26. Hé hé….ceci risque d,être tres intéressant.
    Je me revois visiter un vieil oncle et «matante » une veille de Noêl. C’était une visite de courtoisie seulement avant de passer à de choses plus divertissantes, mettons.
    Étions tous assi dans la petite pièce qui servait de salon, moi , ma femme et les 2 vieux aisi que Bijou, le vieux pitou qui leur tenait compagnie depuis toujours quand soudainnement il est apparu une odeur nauséabonde dans la pièce. D’un trait, ma tante de réagir et dire « BIJOU…….tu viens de lâcher une vesse (pet) encore……va jouer là bas mon puant ». Cependant, moi et ma femme avions bien entendu mon oncle qui venait de se soulager 🙂 Ha ha ha , me demande combien de fois Bijou a du payer pour l’estomac actif de mon oncle :-))

  27. En 2033, il existera sûrement des colliers à GPS permettant de promener les chiens tous seuls! Une bébelle qui envoie des impulsions électriques dans le cou chaque fois qu’il s’éloigne de son tracé…

    Remarquez que ça pourrait aussi servir aux vieux qui perdent la mémoire!

  28. @Bernardprince

    C’est une bonne idée. Je vais l’intégrer ici et là, mais d’abord dans le Chapitre UN. Allez lire le paragraphe, un peu avant la fin, qui commence par « En six ans, la Maririou est sortie prendre une marche … « , ainsi que la dernière grande réplique du bonhomme qui commence par « Tant qu’à y être, je vais te dire d’autre chose… »

    Merci !

  29. @ Tous

    J’ai ajouté trois photos prises hier, sur le site même de l’action. Comme quoi tout ne sort pas de mon imagination débridée ! C’est en plein milieu du Chapitre UN.

  30. @ Du mais où et donc car ni or…

    Ben sûr… Personne ne doute de l’ancrage dans la réalité. Juste à regarder le sourire narquois d’Alessandro… Un aveugle voit ça avec sa canne…

  31. @ Bernardprince

    En révisant, j’ai réalisé avoir omis de donner à César ce qui appartenait à César. Je viens donc d’ajouter à votre idée de collier à GPS (Chapitre un), la phrase suivante:

    « Et pas n’importe quel collier, un Bernard Prince, s’il vous plaît !  »

    Désolé d’avoir été étourdi.

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