De la rivière des Outaouais à Oxford

illustration2008062301.jpgSi vous lisez cette chronique, il est plus que probable que vous connaissiez la britannique Sophos, une fabricante de logiciels de sécurité destinés aux entreprises. Par contre, je parie ma chemise que vous ne savez pas qu’entre cette transnationale de 1200 quelques employés dont le siège social est à Abingdon, région d’Oxford, et la Saint-Jean, notre merveilleuse fête nationale qui va me permettre de prendre congé demain, il y a un lien. Un lien humain en provenance de l’Outaouais qui implique une employée cadre de Sophos, Mme Carole Thériault.

illustration2008062302.jpgC’est que la semaine dernière, en me documentant dans le cadre d’un article sur le pourriel, j’ai pris connaissance d’un texte européen fort sérieux où l’on citait une experte de Sophos dont le nom avait des consonances acadiano-québécoises. Intrigué, j’ai remonté la filière Web et j’ai pu découvrir que « Carole Thériault », fière diplômée de l’Université de Waterloo, était conseillère principale en sécurité (Senior Security Consultant) en poste à Abingdon et, qui plus est, porte-parole auprès des médias pour « le Royaume Uni et le monde » (Press contact for the UK and Worldwide). Rien de moins.

L’Université de Waterloo étant une pépinière de professionnel dans les TI, notamment chez Microsoft à Redmond, je n’ai pas été étonné d’en retrouver une lauréate chez Sophos. Mais ce qui m’a vraiment incité à vouloir en savoir plus a été le fait qu’elle était ma compatriote et que, depuis 10 ans, elle faisait carrière en techno chez les British (c’est d’ailleurs un thème que j’aborde occasionnellement – quand l’occasion se présente – et je cherchais justement un tel personnage dans le cadre de la Saint-Jean). Évidemment, en voyant sa photo, celle d’une jolie rouquine, j’ai craqué (Seigneur, faites que ma Blonde ne lise pas cette chronique !). J’ignore si vous avez déjà interviewé des experts en sécurité informatique, mais moi si et je dois vous préciser que j’en n’ai pas encore rencontrés qui avaient ce « look ».

Tant et si bien que j’ai communiqué avec Mme Thériault et elle a répondu à mes questions. En prime, elle m’a parlé de cybercriminalité.

illustration2008062303.jpgIssue d’une famille bilingue (père médecin québécois, mère anglo-ontarienne), la future cadre de Sophos a grandi dans la région du Parc Carillon, à travers les arbres, sur le bord de la rivière des Outaouais. Bonne à l’école, elle a été admise au Séminaire du Sacré-Cœur (Pointe-au-Chêne) et elle s’est adonnée à la natation du genre compétition. Admise à McGill et à Waterloo, elle a opté pour la seconde malgré son adoration pour Montréal. L’idée était de quitter le noyau familial, de commencer à voler de ses propres ailes. Chez les Ontariens, elle va étudier l’éloquence, la rédaction professionnelle et l’informatique.

Puis, en 1995, diplôme en poche, elle traverse en Irlande du Nord où elle poursuit ses études avant d’atterrir en Angleterre. Là, boom ! c’est le coup de foudre envers une culture, envers un mode de communication unique. Sans hésiter, elle y installe ses pénates et se procure un visa de travail.

On connaît le cliché « être au bon endroit au bon moment ». À l’époque, Sophos est à la recherche de quelqu’un pour gérer son service de documentation et de traduction; Mme Thériault décroche l’emploi. C’était en 1998. Depuis, elle a gravi des échelons. De la gestion d’un service, elle est passée à la gestion de projet (développement et lancement d’un logiciel de sécurité), puis, en 2002, est arrivée aux communications corpo en tant que porte-parole en sécurité informatique. À ce titre, elle travaille avec Graham Cluley, un expert reconnu mondialement.

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La région d’Oxford a beau être aussi onéreuse que celle de Londres (tout est au moins deux fois plus cher que chez nous), qu’à cela ne tienne, Carole Thériault trouve son boulot très stimulant, un boulot qu’elle doit constamment accomplir à vitesse Grand V. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle se retrouve très loin du calme particulier au Parc Carillon !

Grand V ? Oh que si ! L’environnement du Net est désormais « difficile et dangereux ». Les malfaiteurs se servent de moyens sophistiqués et complexes pour mener leurs attaques, cela, dans un contexte où la coopération internationale entre les autorités, bien que meilleure que jamais, en est encore en ses premiers balbutiements. Ironiquement, le fait que ce ne soit que l’argent qui motive les malfaiteurs a attiré l’attention des banques, ce qui, conséquemment, a permis de sensibiliser les gouvernements. « D’où l’éventualité de meilleures lois et de financement accru envers les programmes de lutte contre la cybercriminalité ».

illustration2008062305.jpgEngranger des sous de façon cybercriminelle est une opération complexe dont une des étapes essentielles est le vol de données. « À ce sujet, nous entendons des histoires d’horreur en nombre croissant, poursuit Carole Thériault. Des entreprises, des hôpitaux, des ministères « perdent » des données confidentielles qui sur leurs clients, qui leur patients, qui leur contribuables. Les médias en parlent de plus en plus, du moins ici en GB. Le réveil semble brutal, mais il va peut-être amener les organisations à traiter leurs données comme s’il s’agissait des bijoux de la couronne. »

Reste que l’usager moyen ne dispose pas des connaissances lui permettant d’agir en expert sur les questions de sécurité. Il aura parfois tendance à blâmer les fabricants de logiciel de sécurité quand il se fait avoir, quand il se fait hacker, quand un rootkit n’est pas bloqué, quand il se fait infester.  » En réalité, fait-elle remarquer, ce sont aux bandits auxquels il faudrait s’en prendre. Faut-il blâmer le vitrier parce qu’un cambrioleur a fracassé une fenêtre pour s’introduire chez nous ? » Évidemment, cela s’explique par le fait que « le malfaiteur étant une entité sans visage », il est plus simple de jeter le blâme sur un logiciel qu’on a touché de ses mains pour l’installer soi-même dans son ordi.

illustration2008062307.jpgDe nos jours, pour l’usager mal protégé (antivirus pas à jour, pas de pare-feu, etc.), la pire menace est la prolifération de pages Web infectées de code malicieux. « On en trouve une nouvelle à toutes les cinq secondes ». Les cybermalfaiteurs recherchent des sites Web mal protégés et mal gérés où ils camouflent le nécessaire pour rediriger le visiteur vers un piège. En même temps, ils vont privilégier le pollupostage (pourriel), phénomène de plus en plus utilisé pour proposer aux plus naïfs parmi nous, des hyperliens vers des sites malicieux. Souvent, les malfrats vont tirer profit de l’actualité en lançant de fausses nouvelles par courriel (p. ex. « Un nouveau tremblement de terre secoue la Chine, les jeux de Beijing sont compromis »), tout cela pour tromper, dérouter, frauder !

illustration2008062304.jpgLes gens ne peuvent plus jouer à l’autruche, conclut la porte-parole de Sophos. Ils doivent se montrer plus vigilants que jamais, utiliser leur gros bon sens. Les temps sont dangereux ! Les internautes doivent s’assurer d’être bien protégé, surtout s’ils utilisent Windows, le système d’exploitation le plus ciblé. Ils doivent faire le ménage dans leur PC, n’y rien garder d’inutile et ainsi de suite. Rappelons-nous qu’à chaque usager irresponsable cliquant béatement à hue et à dia, les criminels héritent d’une nouvelle machine zombie à intégrer dans un « botnet ».

« Bis repetita placet » ? Cette fois, la énième, c’est pas moi qui le dit, c’est notre voisine d’en haut de la rivière des Outaouais.

Merci Mme Thériault et bonne Saint-Jean !

À vous tous, estimés visiteurs de Technaute, bonne Saint-Jean!

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24 réflexions sur “De la rivière des Outaouais à Oxford

  1. Je crois bien que c’est la chronique où j’aurai le plus espéré que le tech de technaute installe un plugin comme lightbox dans votre wordpress afin de voir cette beauté en un format plus acceptable 😉

  2. @largowin

    Que oui! Moi, les rouquine aux yeux bleus, je craque!

    @Nelson

    Je peux vous confirmer que Carillon et son parc sont des endroits très calmes et bucoliques, de surcroit. (J’ai travaillé à Lachute est faisait le détour par Carillon pour aller acheter du vin en Ontario lors de la dernière grève de la SAQ. Très joli coin de pays le long de la rivière des Outaouais!)

  3. Incroyable commentaires sexistes. J’arrive pas encore à croire qu’en 2008 on peut faire des commentaires de la sorte. Désolé Mme Thériault.

  4. Oui, l’Université de Waterloo est une formidable usine à geeks – et pas seulement des boutonneux timides! C’est aussi la région où RIM, le manufacturier des Blackberry a élu résidence. Pas trop loin, il y a aussi ATI (maintenant AMD). Pour des francophones parfaitement bilingues travaillant dans les TI, c’est un choix extrèmement judicieux – et payant – de venir faire ses études dans cet établissement!!! Sans compter tous les sièges sociaux de compagnies comme Apple Canada, HP Canada, etc… Bref, les Québécois, vous devriez peut-être sortir un peu de chez vous!!! 🙂

  5. @slomo (Tu porte bien ton nom)

    Il n’y a rien de sexiste là-dedans! J’ai juste dit qu’elle est jolie. 🙄

    Quant à largowin, je le laisse se dépêtrer avec son lightbox. Mais tout de même, pour sa défense, je crois que nous verrions juste Madame Thériault en format agrandi, rien de plus. 😐

  6. Chapeau, Mme Thériault, comme quoi le bilinguisme mène beaucoup plus loin que l’unilinguisme, étant moi-même tri-lingue, aucune frontière ne nous résiste. Aux constipés de la culture et de la langue, de voir où ils sont encarcanés!!!!!!!!!!! Merci.

  7. @Gallop

    « Aux constipés de la culture et de la langue, de voir où ils sont encarcanés! »

    Moi aussi je parle trois langues, la mienne, l’anglais et l’espagnol.

    Quand je vais au Mexique je parle espagnol, aux États-Unis l’anglais et chez-moi au Québec le français.

    Je trouve curieux que pour certains ête trilingue signifie surtout parler celles des autres au détriment de la sienne que l’on déprécie en plus.

    Les constipés ne sont pas toujours ceux que l’on pense…

  8. J’ai beau lire et relire, je ne vois pas le lien avec la Saint-Jean. Mme Thériault n’est quand même pas la première québécoise à travailler à l’étranger. Quelque chose doit m’échapper…

    Et cette chronique me rend perplexe. Le parcours de Mme Thériault est intéressant, mais est-il si extraordinaire pour en faire un article? Pas sûre que si cette dame n’avait pas eu «ce look» comme dit M. Dumais, elle aurait eu droit à un tel traitement. Et puis, deux photos d’elle dans le même article, il y a de quoi se questionner… Remarquez que ça change des «pichous» des Ti de Microsoft! 😉

    Bon, tentative bien maladroite d’en rire… pour me consoler du goût amer que me laisse cette chronique… 😦

  9. @slomo Faudrait que tu m’expliques en quoi vouloir voir une belle fille en plus gros plan est sexiste?!?!!

    @flipper_21 @slomo (Tu porte bien ton nom) 100% d’accord avec toi

    @Gallop

    Vous faites la preuve hélas que même en étant capable de parler 3 langues, on peut être complètement borné ou, si vous préférez, « constipé du cerveau »…

  10. Pauvre Slomo. Ne sais-tu pas qu’il est fini le temps où certaines « militantes » voulaient nous faire croire qu’apprécier et commenter la beauté d’une femme était un péché mortel ? Elle est plus que belle cette rouquine, elle est splendide. Merci Nelson !

  11. C’est pas la première fois que Nelson nous montre une des photos des personnes dont il parle, c’est même la coutume. C’est l’histoire toute simple d’une jeune femme intelligente qui réussie à l’étranger pour le compte d’une compagnie informatique qui réussie bien dans son champ d’activité, y a pas de péché mortel à dire qu’elle est jolie… même les féministes purs et durs aiment ce faire dire qu’elles sont jolies… alors pourquoi en faire un plat…

    En ce qui concerne les produits Sophos, j’ai pas les moyens de me payer leurs services…

  12. @Bibelot

    Il faut dire que, quiconque écrit des articles DOIT utiliser le thème de la Saint-Jean… Remarquez qu’à la fin, Nelson nous souhaite aussi, à tous, une bonne Saint-Jean! Moi, j’aime bien me rappeller que, St-Jean-Baptiste, en tant que patron des Québécois, a passé la majeure partie de sa vie professionnelle à prêcher dans le désert et a fini décapité avec sa tête sur un plateau!!

    Ça fait pas très winner… Je pense qu’on aurait eu intérêt à trouver mieux, comme patron! Au moins, un dont sa fête tombe au mois de juillet, pour qu’on ait de meilleures chances d’avoir du soleil!!

  13. @ Bibelot

    Zenn, ci-haut, résume bien mon intention et mom propos.

    Quant à la Saint-Jean, je répète que je recherchais l’un ou l’une des nôtres en train de filer une belle carrière dans les TI à l’étranger pour en parler, question de souligner que nous ne sommes pas toujours un peuple de « Tite Vie », que si nous le voulons, nous sommes capables de faire de fort belles choses. J’étais simplement dans l’esprit de la Saint-Jean. Au bête niveau des émotions.

    Quant au « sexisme » dont certains ont parlé, je m’inscris en faux. J’ai passé ma vie à admirer les femmes, à les aimer, à m’en entourer. J’avoue que c’est une « faune » qui me convient parfaitement bien. Et si j’en vois une qui me semble « jolie et rouquine », je le dis. C’est un plaisir de la vie. Gratuit, sain, tonique.

    Dans le cas présent, une fois cette galanterie écrite, je suis passé au vif du sujet et n’en ai pas débordé. J’ai traité des habiletés professionnelles de Mme Thériault, point à la ligne.

    Il ne faut pas chercher des puces où il n’y en a pas et je ne dis pas cela pour vous, Bibelot.

  14. @ Nelson
    On a une jolie rouquine au travaille qui se dit intelligente.

    Elle m’a déjà dit : le dictionnaire c’est LAROUSSE, non ?

    Et j’opine !

    Bonne St-jean à tous

  15. A propos… Julie Couillard… Elle a pas déjà travaillé pour un des hauts dirigeants de Microsoft Canada?

    Une question comme ça…

  16. @nelson

    Le sexisme tel que je l’entends consiste à avoir une attitude discriminatoire basée sur le sexe. Je ne vois pas en quoi trouver une femme jolie et l’écrire est discriminatoire.

    En cette époque du « politiquement correct » les gens confondent tout. On ne peut plus appeler un chat un chat. Les pressions sociales se font parfois si fortes que nous versons dans l’autocensure.

    Il existe de nos jours des rectitudes de pensées concernant les relations entre les sexes opposés, la politique et l’économie, et l’environnement et la santé. Oser défier ou seulement s’interroger au nom de la vérité sur la pertinence en tout ou en partie de ces rectitudes nous fait immédiatement subir les foudres et l’opprobre de l’opinion publique galvanisée par les Grands Prêtres de la rectitude.

    Je me souviendrai toujours de cet homme de 81 ans couché sur un lit d’hôpital pour une phlébite à qui un docteur de garde anonyme rendait visite :

    – Quel âge avez-vous?
    – 81 ans docteur.
    – Souffrez-vous d’autres maladies?
    – Non docteur
    – Fumez-vous?
    – Oui Docteur.
    – Ce à quoi le docteur rétorqua sur un ton moralisateur et impertinent : et vous fumez en plus !!!

    L’homme couché dans le lit, regarda le docteur droit dans les yeux attendit quelques secondes et rétorqua calmement mais sur un ton dérisoire :

    – Dites-moi docteur, lorsque tous les gens auront cessé de fumer soit par choix soit par obligation, pourrons-nous finalement fermer les hôpitaux?

    En sortant de la chambre, je me suis dis : Voilà les paroles d’un homme libre. Libre de sa pensée, de ses choix et de sa destiné.

    http://www.conseil-constitutionnel.fr/textes/d1789.htm

    Alors je confirme, Madame est jolie.

  17. Si je dis de Harold qu’en plus d’être bon cinéaste animalier, il est beau mec, est-ce sexiste ? Je pense que c’est réaliste.

    Je ne me gêne jamais de dire qu’un gars est beau quand il l’est, je en vois pas pourquoi je ne le ferais pas pour une fille.

    Alex

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