HyperV vu d'une lorgnette montréalaise

illustration20080618011.jpgQue l’on soit pro ou anti Redmond, une chose est certaine, quand vient le temps de parler grands systèmes, Microsoft est un joueur majeur. Elle y dispose d’un incommensurable bazar propre à l’environnement de développement Dot-Net, un bazar omniprésent sur la planète et en effervescence sur le marché asiatique. Il fait des gains, vole des parts de marché et semble garantir à l’Empire un avenir doré. On n’a qu’à survoler cet univers fricogène pour réaliser que dans la boite du père Ballmer il y a autre chose que Vista le mal-aimé, le Zune, le OOXML ou la Xbox. Et, dans le sérieux de nos salles climatisées, on s’aperçoit que l’assourdissant tohu-bohu provient surtout de machines sifflantes et poussantes bien inféodées au « Microsoft Way of Life ».

illustration20080618041.jpgVous ne me croyez pas ? De rapport IDC en analyses Gartner, les chiffres sont constants au point tel que l’élément surprise n’y est plus. Prenez les dernières données d’IDC. On y apprend que la période de janvier-mars 2008 constituait le huitième trimestre d’affilé où, avec 2 M d’unités vendus, il y avait eu croissance dans la livraison d’ordinateurs serveurs, des machines utilisant, 4 fois sur 10, une version de Microsoft Windows Server :

Microsoft Windows Server : 39,2 % du marché, gain de 4,2 %
Unix : 30,6 % du marché, perte de 0,8 %
Linux : 13,7 % du marché, gain de 8,4 %
IBM System z : 8,4 % du marché, gain de 10,4 %
Autres : 8,1 % du marché, gain de 2.5 %

Même du côté Web. Cliquez sur ce lien-ci, vous serez étonnés de voir l’importance relative de Microsoft par rapport à Apache dans les infrastructures Web. Vous y verrez un tableau qui en présente une évolution entre août 1995 et mai 2008. Si Apache domine, Microsoft suit de près.

illustration2008061805.jpgComme me l’a expliqué plus tôt cette semaine, Jacques Charland (photo ici à gauche), DG des services professionnels chez SQLiaison (firme montréalaise qui fait dans l’intelligence d’affaires), « Microsoft investit massivement en haut lieu. Avec ses logiciels, on peut maintenant héberger des entrepôts de données de plusieurs téras, cela de façon viable. Un bel exemple est SSIS (SQL Server 2005 Integration Services), un outil qui permet l’intégration de données hautement performantes ».

C’est une tendance claire, une tendance qui se précise en entreprise depuis l’apparition de Windows Server 2005. En gros, Microsoft continue à faire des gains, Linux semble ralentir depuis qu’il a fini de gruger ce qu’il pouvait du marché UNIX, IBM reste maître dans son univers culturel, idem pour Sun Microsystems dans l’univers non X86. Quant au Mac (Xserve, XRAID, etc.), IDC et Gartner n’en parlent à peu près pas. Bref, les PC serveurs se vendent comme des petits pains chauds (lisez cet article de eWeek.com).

illustration20080618021.jpgCela alors que la virtualisation marche comme jamais, alors que vous et moi n’avons que VMware ou Parallels à la bouche. C’est un segment de marché où Microsoft ne fait pas vraiment figure de championne. Par exemple, à l’automne dernier, IDC n’accordait à Microsoft Virtual Server 2005 qu’une part de marché de 7 %. Mais tout cela vient d’entrer dans une mouvance certaine. C’est qu’inclus dans Windows Server 2008, il y a un système de virtualisation haut de gamme appelé HyperV. Pour le moins, ce logiciel pourrait protéger la part de marché dont jouit Microsoft à l’étage des grands systèmes (cliquez ici pour une vidéo).

Il s’avère que SQLiaison est une des premières entreprises canadiennes à utiliser Windows Server 2008, principalement à cause de HyperV. Pour pouvoir développer des applications d’intelligence d’affaires spécifique à ses clients, cela en agissant comme étant sur le site même, il fallait d’abord pouvoir répliquer l’architecture informatique exacte dudit client. Or, au lieu d’investir dans des serveurs à ne plus finir, l’entreprise opta pour le virtuel et s’en remit à HyperV, produit flambant neuf, quoi qu’ « inspiré » du Xen Hypervisor de Citrix, qui rend (notamment) possible l’installation de logiciels serveurs.

illustration2008061806.jpgAinsi, m’a expliqué M. Charland, chaque PC serveur, des gros Xeon plein de « cœurs », hébergent 4 serveurs virtuels. Les économies (machine, entretien, électricité, climatisation, etc.) sont pour le moins appréciables, cela dans un contexte où aucune dégradation de performance n’a été remarquée.  » HyperV n’a pas encore la maturité de VMware, reconnaît le porte-parole de SQLiaison, mais il est beaucoup plus près du matériel. »

Je vous précise ici que cette boîte montréalaise n’est pas une « shop Microsoft »; Jacques Charland la définit même comme étant « Technology Agnostic ». À peine 30 % de sa plateforme est embrigadée sous les couleurs de Redmond. « La majorité de nos clients sont sous Oracle et DB2 d’IBM ». Intéressant !

illustration20080618031.jpgFinalement, si le marché des serveurs va si bien, si les outils de virtualisation se vendent aussi bien, c’est un peu la preuve d’un certain retour vers une forme de centralisation informatique. On parle en effet de clients légers, d’applicatifs Web, de SaaS (« Software as a Service »), etc. Et là-dedans, il y a plein de menaces pour une fabricante de logiciels dont la vache à lait, Microsoft Office, pourrait se retrouver maigre à faire peur.

Par contre, si Redmond se retrouve en situation dominante en ce qui a trait à la plateforme serveurs et si elle y associe une solution de virtualisation respectée, elle se dote d’une excellente police d’assurance anti perte de revenus. Elle se retrouve en situation de pouvoir fournir tout ce qui est nécessaire, cela dans l’environnement familier du Dot-Net.

Est-ce moi qui fabule où ai-je quelque part raison de penser ainsi ?

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16 réflexions sur “HyperV vu d'une lorgnette montréalaise

  1. Bonjour M. Dumais,
    Il y a déjà un bon moment que Microsoft a commencé à délaisser la forteresse du disque dur. Exchange, Sharepoint, Dynamics CRM & Office sont maintenant offert en version HOSTING aux FSI. Bien sur que de plus en plus les applications auront une architecture Client/Serveur et l’espace disque seras disponible en ligne (c’est déjà fait). En ce qui concerne HyperV je ne suis pas surpris qu’il soi calcé de XEN. Une bonne partie de « terminal server » a été développé au début par Citrix. SI vous avec encore en main une version de Windows 98 vous pourrez y trouver dans les ajouts le client « terminal server » de citrix.

  2. Microsoft est en retard dans le domaine de la virtualisation. Xen existe depuis belle lurette dans le monde Linux (c’était disponible pour Fedora depuis FC4, il y a trois ans au moins) et VMware domine le marché.

    D’une part, je ne vois pas l’avantage d’utiliser le produit de Microsoft quand la technologie est dérivée directement de quelque chose qui existe depuis belle lurette dans le monde du libre.

    D’autre part, le problème avec les produits de Microsoft pour un datacenter virtualisé sont au niveau des coûts. Si quelqu’un doit gérer une banque de 20 ou 50 serveurs (physiques ou virtuels), les coûts de licence des produits Microsoft deviennent astronomiques. Ce n’est pas pour rien que Google avec ses 4500 serveurs utilise le pingouin!

  3. @nelson

    Je viens de faire ma petite enquête sur le site de la compagnie pour laquelle je travaille et ça donne ceci :

    Serveurs :
    Windows: 425 serveurs
    Unix: 125 serveurs

    Ordinateurs :
    Bureau: 5,455 unités sur XP bientôt sur Vista
    Portable : 4,239 unités sur XP bientôt sur Vista

    L’Empire repose encore sur des bases solides…

  4. a ce que je sais H-V est disponible que dans la version 64b de w2k8 ? j’aimerais bien voir un comparatif H-V vs vmware infrastructure server (boot time to virtual , utilisation de ressources a vide etc ) H-V se base sur windows 2k8 normale ou sur la version server core ? est til dispo sur core server ?

  5. Comme le dit bouchecl, Xen existe depuis belle lurette et à ma connaissance, c’est du code source ouvert et libre. Maintenant, le HyperV de Microsoft est sûrement fermé. S’il s’inspire de Xen contient-il du code libre? On ne peut pas savoir parce qu’on n’a pas le droit d’aller voir. S’il contient du libre, il ne respecte pas la licence GPL.

    Est-ce que Stevie B. va bientôt accuser les gens de Xen de violer les brevets de Microsoft? (Du calme, viva_zapata)

  6. Que je hais le terme « intelligence d’affaires ». En français le mot « intelligence » n’a pas le sens de « renseignement », comme en anglais. Bientôt on va parler avec des mots français avec une signification et une structure anglaises.

    Me semble que « veille économique » fait plus français.

  7. Ça ne m’étonne pas trop. Si on regarde la courbe de Netcraft, on voit que les serveurs Windows ont commencé à devenir populaire pas longtemps après l’arrivé de ASP.NET 2.0 et du Service Pack 1 de Windows Server 2003, deux produits qui m’ont agréablement surpris.Moi qui était plutôt du genre Linux / Apache / PHP / MySQL. Note que je le suis encore pas mal d’ailleurs, même si revenir à une ligne de commande et des IDE sans vérification de code fait toujours un peu mal. Visual Studio, ça rend paresseux 😛 .

  8. @nbourre

    Sans parler des radiations cosmiques et d’une possible attaque nucléaire! 🙂

    UPS, ce n’est pas simplement un service de livraison de courrier…

  9. @nbourre

    VMware propose HA et VMotion. Les machines virtuelles peuvent être transférées d’un serveur physique à un autre selon les besoins. Bien sur en cas de panne mais aussi pour équilibrer les charges et augmenter la fiabilité du aux arrêts provoqué par les cas de maintenance physique.

    EN ce qui concerne les pannes électrique elles ne sont pas à craindre lorsque le serveur est hébergé dans une salle de coloc de qualité. Il y a des unités d’alimentation de secours à batterie en première ligne (UPS) et un groupe diesel (génératrice) en cas de panne prolongé.

  10. @microetcetera

    Parlant de salle de coloc de première qualité, vous vous souvenez peut-être du tech qui bloguait à partir de la salle des serveurs dont il avait la garde à la Nouvelle-Orléans pendant toute la crise de l’ouragan Katrina. Le gars a tenu bon jusqu’à ce que la police et l’armée réouvre la ville deux semaines plus tard.

  11. @bouchecl
    « Microsoft est en retard dans le domaine de la virtualisation. Xen existe depuis belle lurette dans le monde Linux (c’était disponible pour Fedora depuis FC4, il y a trois ans au moins) et VMware domine le marché.  »

    Vmware domine effectivement le marché en ce moment. On utilisait Vmware ESX 1.0 il y a 5 ans maintenant.
    Aujourd’hui nous sommes en train de migrer toute notre environnement virtuel vers Hyper-V (qui est en RC1)
    La raison est bien simple: les couts.
    Hyper-V est incluse dans Windows 2008, comparativement a ESX qui coute assez cher, sans oublier VMotion et les couts pour la licence SMP.

    Pour l’instant je vous dirai que les performnce de Hyper-V se compare assez bien à Vmware ESX.
    En plus qu’il supporte maintenant quelques distro de linux et MacOS.

    L’avenir semble prometteur pour Hyper-V. Microsoft était peut-être en retard mais semble déterminé à combler se retard…

  12. @ zeek:
    « Mais est ce que MS va pouvoir simplement s’apparenter a ce que VMware fait en version serveur …hmmm j’en doute »

    Ils ont déjà commencé :-). Déjà Virtual Server 2005 était un excellent produit….plus axé pour un environnement de développement.
    Maintenant avec Hyper-V, ils sont en train de prendre les part de marché de Vmware.

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