Google en remet avec Google Health

illustration2008052601.jpgDans la série « Devenir maître du monde », parlons aujourd’hui de Google Health, le dernier née de la troïka Page, Brin et Schmidt, ces milliardaires philanthropes de Mountain View, Californie. Lancé la semaine dernière en partenariat avec une vingtaine de compagnies et d’institutions spécialisés, ce service Web (beta) dont l’idée qui n’est pas nouvelle, permet de se créer un dossier santé particulièrement bien documenté et de le garder constamment à jour. Simple, pratique et gratuit, le service devrait séduire des millions d’États-uniens, clientèle à qui il est exclusif. Pourtant, déplore la presse de l’Oncle Sam (par exemple, ou ou encore), le vrai bénéficiaire pourrait ne pas être Mr ou Mrs John Doe, mais Google, dont le nouveau service n’est pas couvert par la HIPAA (« Health Insurance Portability and Accountability Act »), une loi fédérale américaine de 1996 relative à la confidentialité des dossiers médicaux.

illustration2008052607.jpgN’ayant pas cette obligation de confidentialité, Google pourrait vouloir rentabiliser l’information de santé, soupçonne-t-on. À tout le moins, elle pourrait ne rien faire pour empêcher les gouvernements, les employeurs, voire n’importe qui, de colliger des renseignements sur l’état de santé de quelqu’un. Sans compter que ce service ne requérant qu’une adresse gmail pour y accéder pourrait être facile à hacker. J’exagère ? Lisez ce qui suit, c’est un copié-collé du « Google Health terms of service » qu’il faut accepter pour pouvoir bénéficier du service :

“When you provide your information through Google Health, you give Google a license to use and distribute it in connection with Google Health and other Google services. However, Google may only use health information you provide as permitted by the Google Health Privacy Policy, your Sharing Authorization, and applicable law. Google is not a « covered entity » under the Health Insurance Portability and Accountability Act of 1996 and the regulations promulgated thereunder (« HIPAA »). As a result, HIPAA does not apply to the transmission of health information by Google to any third party. (…)

illustration2008052604.jpgGoogle may make third-party services available through Google Health. In order to use a specific service, you may choose to allow the third-party service provider to retrieve, provide, and/or modify health and other information in your account or otherwise share your information with the service provider. Once you enable a specific third-party service provider to access your account, the service provider may continue to access your account until you affirmatively disable access. Third-party service providers include both health care providers and other entities. It is your sole responsibility to review and approve each such third-party service before sharing your information through or otherwise accessing it.”

Cela va beaucoup plus loin que Microsoft HealthVault où, d’entrée de jeu, on affirme ceci :

« We do not use your health information for commercial purposes unless we ask and you clearly tell us we may. »

Pour le moins, cela va plus loin que Revolutionhealth où des relents de souffre ont déjà été signalés. Par exemple, on peut y lire :

illustration2008052603.jpg« We will not rent, sell or share personal information about you with third parties except to provide you with a product or service you request or under certain circumstances as described below. In all other cases, we will ask for your permission before we disclose your personal information. (…) We may release personal information to third parties: (1) to comply with valid legal requirements such as a law, regulation, search warrant, subpoena or court order; or (2) in special cases, such as a physical threat to you or others, a threat to homeland security, a threat to our system or network, or cases in which we believe it is reasonably necessary to investigate or prevent harm, fraud, abuse, or illegal conduct. In the event that we are legally compelled to disclose your personal information to a third party, we will make reasonable efforts to notify you unless doing so would violate the law or court order. »

illustration2008052605.jpgInquiétant ? Vrai pas vrai ? Paranoïa ? Disons que ça s’additionne à d’autres faits, d’autres soupçons. Résultat, Goggle a de plus en plus de détracteurs. Par exemple l’informaticien américain Daniel Leslie Brandt entretient Google Watch, un site ouvertement anti. On y retrouve notamment un serveur mandataire (« proxy ») polyglotte appelé Scroogle (screw Google) qui arrive à priver le vrai Google des données de traçage nécessaires au jeu publicitaire. Comme résultat, aucune pub ne se retrouve affichée.

Par ailleurs, des articles peu flatteurs sont publiés en nombre croissant, des blogues et des webzines hostiles sont à l’œuvre (p. ex. Fuckedgoogle ou Valleywag. Tout s’y dit. Et, parfois, c’est la presse sérieuse qui s’en mêle (par exemple). Et que dire du webzine Wired qui, l’automne dernier, attribuait à la VP de Google Marissa Mayer (cible de choix pour les médias), une liste amusante de caractéristiques que l’on retrouverait dans Google Health dont:

– l’expiration des cookies Google est maintenant basée sur votre propre date d’expiration;
– on y retrouve un bouton « I’m Feeling Yucky » (je me sens « tout croche »);
– le pourriel Viagra n’atteint désormais que les gens qui en ont vraiment besoin ».

Reste que le pire semble venir d’organismes aussi crédibles que la Electronic Frontier Foundation ou Privacy International, qui soupçonnent Google de « big-brotherisme ». Certains soulèvent le fait qu’elle a déjà collaboré avec le FBI (remise de 50 000 adresses), qu’elle est soumise aux dispositions du Patriot Act et qu’elle a collaboré avec les autorités chinoises dans des histoires de censure. Il est effectivement édifiant de comparer les résultats obtenus dans Google China avec ceux dans Google.com, après avoir tapé le mot « Tiananmen » et avoir demandé des images.

illustration2008052602.jpgIl faut se rappeler le plan de match. Google entend fournir aux Internautes tout ce qu’ils ont besoin pour écrire, calculer, dessiner, communiquer, échanger, partager, classer, collectionner, admirer, acheter, vendre, lire, écouter, « crouser », socialiser ou apprendre. Elle entend leur fournir ce dont la pertinence est apparue, au cours des neuf dernières années, dans les requêtes soumises aux moteurs de recherche. Les gens veulent cela? Donnons-le-leur !

Un bel exemple est le Google Pack. On y retrouve quelques logiciels maison, soit Google Earth, Google Desktop, Picasa et la barre d’outils pour IE, mais aussi StarOffice, Skype, Firefox, Norton Security Scan, Spyware Doctor, Adobe Reader et RealPlayer. Avec cette panoplie de produits, nul n’est besoin d’acheter (ou de pirater) de produits Microsoft autres que le système d’exploitation. Mais il y a également de nombreux produits à la carte, dont YouTube, Gmail, Google Documents et Blogger. Si on en consult la liste simplifiée, on retrouve une dizaine de produits de recherche ou d’aide à la recherche, et autant de gratuiciels permettant de communiquer, publier et partager.

illustration2008052606.jpgD’autres produits apparaissent également chez Google Research, des produits en gestation dont Google Transit, où on retrouve, notamment, les trains de banlieue de l’AMT (Montréal). Mentionnons enfin ces outils de gestion des données de trafic Web comme Google Analytics, de ces produits publicitaires comme Google AdWords et Google AdSense? Grâce à eux, c’est Google, et non pas Microsoft, qui devient l’incontournable norme sur le Web.

De là à dire que Google mène la charge du « Utility Computing » (informatique à la demande ???), il n’y a qu’un pas à franchir, ce que je fais sans hésitation. On parle ici d’accéder au logiciel, que l’on soit au bureau, sur la route ou à la maison, par le truchement d’un dispensateur de service public tel ceux qui livrent l’électricité, le téléphone, l’eau ou le câble. Et, écrit le journaliste Nicholas Carr (Harvard Business Review) dans son livre « The Big Switch », la transition entre le mode actuel et celui du « Utility Computing » est même commencée. Or justement, un des joueurs clé, sinon LE joueur clé, est Google. D’ici 10 à 15 ans, prévoit l’auteur, les entreprises auront migré à ce modèle.

illustration2008052609.jpgEt pourquoi la firme de Mountain View et non pas celle de Redmond qui fonce pourtant à coups de milliards en cette nébuleuse direction ? Parce que l’une n’a présentement que le Web comme source de revenus et comme soucis, tandis que l’autre, en plus d’avoir à se bulldozer un espace en ligne, dépend encore de ses ventes de logiciels, des produits destinés à des serveurs locaux ou à des ordinateurs personnels.

Autrement dit, l’une, expression ultime du Dot.Com, consacre 100 % de ses budgets de R&D au Web et aux applications Web, l’autre qui se dit Dot.Net, doit mettre l’essentiel de ses efforts à faire évoluer Windows, SQL Server, Exchange, Office et tutti quanti, en conformité avec une mission fignolée dans les années 1980. On dirait une course entre deux olympiens superbement entraînés, dont l’un, malheureusement, aurait un poids énorme harnaché au dos.

illustration2008052608.jpgJ’ignore s’il faut, entre Google et Microsoft, choisir son camp et je ne suis pas du genre à haïr l’un pour aimer l’autre. En fait, les apprentis maître du monde m’ont toujours semblés dignes du huitième art, la BD. Tellement que je préfère laisser le mot de la fin au capitaine Haddock dans L’Affaire Tournesol:

– Lequel des deux a la plus vilaine bobine, rétorque-t-il à Tintin ? Pour moi c’est kif-kif !

Publicités

18 réflexions sur “Google en remet avec Google Health

  1. @Nelson

    Je ne crois pas que nous devions choisir l’une ou l’aute. Je considère simplement qu’il faut appliquer la même grille d’analyse à l’une et à l’autre.

    Ce que vous faîtes très bien dans cet article d’ailleurs.

    Remarques que je crois très bien deviner pourquoi plusieurs, pas tous car il y a sûrement aussi d’autres raisons, sont si sympathiques à Google.

  2. Pour ce qui est de la sauvegarde de renseignements confidentiels de ce type la, je suis certain que je n’aurais pas vraiment envie de les confier a qui que ce soit. Malheureusement il faudra bien un jour passer par un genre de système centralisé de l’information médicale, que ce soit intra-provincial ou mondial.

    Pourquoi ne pas avoir le tout dans une carte a puce, il existe milles façons de sécuriser le tout, surtout si c’est encodé avec une clef biométrique du patient, met la carte dans le lecteur, appuie le doigt ici, etc.

    Quant a aller mettre mes petits secrets chez Google (Que j’aime bien soit dit en passant) il existe une fracture irréconciliable. C’est comme d’entrer ses données bancaires en ligne dans un site de sauvegarde de données. Si certains y voient un avantage, moi j’y vois simplement un risque.

    Non merci, Google, Microsoft ou n’importe qui, la méthode n’est pas la bonne. A quand le plugiciel pour Google Earth que je sache quelle région éviter pour la grippe? 😉

  3. Pour ma part, l’un nous a fait abondamment suer au cours des 20 dernières années. L’autre se donne les moyens pour qu’un jour nous puissions le détester abondamment.

    Dans la grande entreprise, si tu as un formulaire générique à développer en premier tu exposes ton idée au service juridique interne qui te ponde un document édifiant pour toute personne qui aurrait à le signer, après moulte discussion avec eux tu arrives à un compromis intéressant. Le tout est soumis à cabinet d’avocat spécialisé externe, qui corrige le document et la discussion est à recommencer. D’après vous de qui entre le cabinet spécialisé et le directeur de projet qui a le dernier mot?

    Le tout reste de savoir si Google va utiliser ces informations à mauvais escient? De plus pouvons-nous rendre responsable Google du Patriot Act ou du système communiste Chinois? Quoique qu’OpenBSD est Canadien pour s’assurer de ne pas tomber sur juridiction Américaine…

    RemiNet

  4. C’est de l’information sensible, il va sans dire.

    Pour l’instant, Google s’est créé un empire grâce à la publicité. M’est d’avis que les dossiers médicaux, tout comme les courriels de Gmail, ou les recherches sur le Net, vont servir encore à la publicité mais médicale.

    Google a (eu) une bonne image pour plusieurs raisons. Sa simplicité, son efficacité, sa rapidité. Son penchant à appuyer les logiciels comme Firefox. Bien des observateurs ont été surpris lorsque Google a offert la suite de SunSystem au lieu de OpenOffice. Mais ce n’était que le prolongement des Adobe Reader, Norton et cie. Google est allé pour le fric, alors qu’ils auraient pu y aller pour le logiciel libre.

    Personnellement, j’ai remarqué dernièrement que Google était moins efficace que Yahoo dans mes recherches. Ce dernier débusquait plus d’informations difficiles à trouver. Google serait-il devenu si gros qu’il ne suffit plus à la demande?

    En tout cas, cet article fait réfléchir. Moi qui utilise surtout Gmail… trop simple, trop pratique. Devrais-je revenir sous Vidéotron? Mes informations qui transitent par courriel sont-elles vraiment plus protégées, moins exposées?

    Sur Firefox, il existe un plugin nommé CustomizeGoogle qui rend le cookie de Google anonyme, selon les dires du programmeur. Il bloque aussi toutes les publicités de Google, et rend l’accès aux services Google plus sécurisé avec une connexion h t t p s.

  5. Est-ce qu’il y a encore quelqu’un qui fait confiance au Net depuis 1995 qu’il s’est répandue. Toutes choses numériques misent sur le Net sont ouvertes d’une manière ou l’autre.

    Prenons l’exemple véridique, d’un prof d’univ. BC, de 62 ans qui essaya de traverser aux States l’année passée. Il fut refoulé (à vie) parce que les officiers américains ont découvert qu’il avait utilisé du LSD au cours de ses recherches dans les années 70. Comment ont-ils su qu’il avait de la drogue, tout simplement en tapant son nom sur google et ils se sont aperçu qu’il avait avoué ce fait sur un texte lors d’une conférence qui évidemment s’est retrouvée sur le Net. Refoulé et banni des Etats-Unis à moins de produire un WAIVER etc etc.

    Autre exemple tout aussi véridique, je dois passer un entrevue pour un contrat je demande le nom de l’interviewer, je googlelise son nom et stupeur je tombe sur des photos du sieur en question presqu’en petite tenue au cours d’une fête qui semblait plus ressembler à trip d’échange de couples. Avec date lieu et tutti frutti.

    Vous vous dites paranoïaques non, la réalité est déjà là et cela fait longtemps qu’elle a dépassé la fiction.

    Vous voulez utiliser le Net en toute sécurité, prenez des logiciels spécifiques qui camouflent vos IP et svp cryptez et recryptez pas avec du DES mais quelque chose de plus puissant (RSA 1024 par exemple) évidemment si vous avez besoin de cette confidentialité. Tout ce que vous mettrez sur le Net (ex.facebook) peut, pourra, est ou sera utilié contre vous à moment donné.

  6. @ claude_c et @ tous les utilisateurs de Gmail

    dans le domaine de la confidentialité de l’information et du respect de la vie privée, Google n’est pas un ange depuis longtemps. Voyez cet article: http://pages.globetrotter.net/ffaguy/Les_tiques_et_les_puces_066.htm et lisez les accord de licences, ils réservent bien des surprises.

    @ Nelson

    merci pour le lien vers Scroogle, je saurai en faire un usage judicieux.

    @ vernonk

    « Tout ce que vous mettrez sur le Net (ex.facebook) peut, pourra, est ou sera utilié contre vous à moment donné. »

    Un bon petit rappel à l’ordre ça fait toujours du bien…

  7. Ouais, c’est « Orwellien » pas mal toutes ces histoires…

    Sans compter Equifax qui comptabilise notre crédit à la cenne près, et le SCRS qui a probablement les dernières photos de mes vacances, et la GRC qui connaît ma marque de bobette préférée, et Microsoft qui sait le nom de mes minous et Google qui se réjouit de me savoir linuxien… Qui sait? je suis peut-être intéressant? Ma femme est Syrienne, mes beaux-parents sont en Arabie Saoudite… et je suis un « convert »… heille… Allo les boys!, vous lisez-tu le blogue de Nelson??? Alhamdulillah (Dieu merci)!!! 🙂

    En fait, c’est une bonne affaire que notre gouvernement n’aie pas les coudées franches, parce que j’ai bien l’impression que P. Manning aimerait bien nous en calquer un, de « Patriot Act », ici au Canada!!! Et il est là, le vrai danger… Google, Microsoft à côté de ça, c’est de la petite bière!!!

    Et justement, peut-être que Bernier, là, il aurait dû la « googler », la « Julie » avant de poursuivre cette amourette… 😉 Ou demander à ses chums du SCRS ou de la GRC de faire un petit « Check Fern »… !

    Mais bon, pour ce qui est d’étaler les états d’âme de ma prostate (masha’Allah! plaise à Dieu qu’elle reste telle qu’elle est!!!) sur Google, … heu… I don’t think so!!! 😦

    Il y a aussi qu’on vit une époque d’ « exhibitionisme moral » où tout un chacun, que ce soit sur Facebook, MySpace, blogues et autres, livrent leurs états d’âmes intimes, leurs penchants et travers, goûts et dégoûts, idées politiques, etc. à tire-larigot – sans compter ceux qui se livrent à des vendettas ou tentent de se faire justice eux-mêmes via le Net… Bref, une mine d’or pour ceux ou celles qui veulent colliger des renseignements de toute sorte sur M. ou Mme Toutlemonde…

    Mine d’or aussi pour toutes ces petites entreprises de « sécurité » qui fleurissent un peu partout, tentacules extra-policières dans un état déjà policé au max, bref, les amis, tenez-vous les fesses serrées, on vous « watche »!

    Mais ne vous en faites pas, il y a probablement des sites où on peut confesser nos « péchés » en ligne et obtenir l’absolution via un « alert » en javascript… Sinon, ben coudon, va falloir l’inventer! 🙂

  8. Rien de nouveau sous le soleil.

    Que ce soit Google, Microsoft, facebook et compagnie sur l’internet, ou alors votre cellulaire avec GPS qui transmet en permanence votre position à votre fournisseur de service, ou encore mieux votre banque qui vous donnes des airmiles gratuit quand vous payez avec votre carte de débit. Toutes les entreprises sans exception veulent connaître la moindre de vos habitudes afin de mieux vous videz les poches quand l’occasion se présentera.

    Si vous êtiez des petits pauvres, vous n’auriez aucun service gratuit car les entreprises n’auraient rien à gagner à long terme.

  9. @alain_from_west

    « Si vous êtiez des petits pauvres, vous n’auriez aucun service gratuit car les entreprises n’auraient rien à gagner à long terme. »

    Bien dit !! D’ailleurs les anglophones ont une expression judicieuse pour décrire la situation quand on se fait inviter pour un lunch d’affaires par un fournisseur :

    « There ain’t no such thing as a free lunch »

  10. C’est fou comment les idées faites perdurent. Parce qu’ils sont derrière un écran, les gens se croient invisibles et parfois invincibles. Prenez cet exemple du jeune de St-Jean-Sur-Richelieu qui a proféré des menaces contre le cégep du Vieux-Montréal, oû les policiers du Québec ont été alertés par ceux des États-Unis. Malgré la gravité de la chose, je ne peux m’empêcher d’en rire ironiquement et de me dire: «Tiens, encore un p’tit kid qui s’est pensé plus fin que tout le monde…»

    Je pense aussi à ces personnes qui étalent leur vie sur le Net dans les moindres détails, sans aucune pudeur, à raconter toutes sortes de choses qu’elles ne diraient probablement même pas à un inconnu sur la rue… C’est assez paradoxal.

    M’enfin, tout ça pour dire que l’anonymat sur Internet, ça n’a jamais existé!

    @ marcofsky

    Commentaire truculent. J’adore! Et longue vie à ta prostate. 😉

    @ alain_from_west

    Bien d’accord. Toutes ces cartes de fidélisation de la clientèle (Air Miles, Club Zellers, Optimum de Pharmaprix et tutti quanti) me puent au nez. Je n’en ai pas pis je n’en veux pas, c’est-tu clair? Arrêtez de me le demander à toutes les fois que je veux acheter quelque chose! 😈

  11. Il est effectivement édifiant de comparer les résultats obtenus dans Google China avec ceux dans Google.com, après avoir tapé le mot “Tiananmen” et avoir demandé des images

    Si vous tapez “Tiananmen tank » dans Google.cn ou .com, vous arrivez presque aux mêmes résultats. Je ne vois pas où il y a censure.

  12. C’est quand même quelque chose! On a de la misère à savoir la provenance de ce que l’on mange, s’il y a des OGM ou non, si les aliments sont irradiés ou non, etc. mais on peut vous dire que vous avez acheté une boîte de tampons chez le Jean Coutu le 24 janvier 2004 à 21h23!

  13. Webcam personnelle, caméra de surveillance, email, Facebook, Visa, carte de débit, RAMQ, Hotmail, etc., circuler dans la rue ou le virtuel, c’est s’exposer, donc devenir un sujet d’observations… pour constituer un «dossier» personnel. Même sur cette chronique, un analyste patient pourrait relever le profil (social, culturel, professionnel, financier, voire la localisation précise dans l’espace réel) des «réguliers» de ce blog. Semble que deux milliards de «branchés» sur la planète aient choisi ce «risque». À une conférence de nature sociologique – ou est-ce dans un livre – un intello disait être impressionné par la grande capacité adaptative de l’être humain. Est-ce là le problème? Pour l’heure, je ne suis pas encore fiché à la douane de George Double U. Et que nous réservent les nano-bidules et l’informatique quantique? Le Chroniqueur a de quoi user son clavier «à la corde».

  14. Très intéressant de constater moins de 20 commentaires sur ce sujet. Il suffit de mentionner Linux/Microsoft/Apple et ça en génère 100. Ou les FAI (tous des crottés) pour en avoir 200…

    Et pourtant, dieu sait (n’importe lequel. Puisqu’il n’existe pas, aussi bien être ouvert, il me le rendra…) que c’est saprement plus important. Et que les impacts sur nos vies sont et seront immensément plus graves que le ralentissement de la bande passante à 17:00 heures ou le pilote d’imprimante manquant.

    Possiblement que plusieurs habitués de ce blogue sont prudents et méfiants envers le mélange web / vie privée. Mais l’utilisateur moyen non. D’accord avec bibelot et marcofsky sur la légèreté avec laquelle beaucoup abordent la toile. Confortablement installé chez soi ; rien à craindre !?! Amazing indeed !

    Si on ne s’occupe pas de la politique, elle s’occupera de nous. On pourra bientôt l’appliquer à google. Il me semble en effet que le monde « virtuel », qui l’est de moins en moins, prendra de plus en plus de place, et de pouvoir, dans nos vies de riches occidentaux. Ça remplace quoi cet ersatz ? On doit avoir un vide terrible à combler.

    – Qu’avez-vous à déclarer ?
    – J’ai faim.
    – Qu’avez-vous là ?
    – Un creux !

  15. @ alexanticosti

    En effet, moi aussi je suis surpris par le nombre restreint de commentaires…

    Pourtant, c’est pas le « jus » qui manque dans ce sujet, c’est clair!!! Et tu as saprément raison lorsque tu dis « Si on ne s’occupe pas de la politique, elle s’occupera de nous. »!

    Je disais, avec humour, que P. Manning aimerait bien nous la faire, la « run » du « Patriot Act » ici au Canada, mais que son parti, étant minoritaire, n’avait pas les coudées franches pour ce faire. Le pire, c’est que ça me fout réellement les jetons!!!

    Ces mecs-là, Mannning en tête, ce sont des partisants vraiment très « hardcore » du « Law & Order » et pour eux, le Canada a plus besoin de polices que de médecins ou d’ingénieurs! Je n’aimerais vraiment pas voir mon pays glisser dans les excès de l’ère post-911 américaine, où, si tu es un peu brun, un peu Muslim, un peu à gauche (ou, qu’à la limite, tu utilises Ubuntu!), t’es suspect! Quand des lois donnent aux services de renseignements et de police des pouvoirs comme ceux que leurs donne le Patriot Act, les dérapages sont presque garantis! (juste un mot: Guantanamo!)

    Que Google, Facebook, MySpace ou Microsoft possèdent de l’information personelle sur tout un chacun, à la limite, c’est préoccupant, mais qu’ils soient tenus pas la Loi de les divulguer sur demande, ce l’est encore plus!

    Et il ne faut pas faire l’erreur de croire que le petit founisseur d’accès Internet local est à l’abri du Patriot Act, il l’est tout autant que Google, Facebook et cie!!!

    Et il ne faudrait pas croire non plus qu’étant au Canada, on est tous à l’abri! Le gouvernement au pouvoir actuellement non seulement « collabore » (ou « veut » collaborer) avec les américains sur presque tous les fronts, mais ils souhaitent mettre – ou ont déjà mis – en place des ententes avec tous les services de renseignements et de police américains en ce qui a trait à des demandes de renseignements sur des citoyens canadiens… Et, à l’heure de l’Internet, ça déménage, les informations!!! Surtotu que ces services-là, leur fournisseurs, c’est pas des bozos de castors!!!

    Pour conclure, ce bijou de dialogue à la fin de ton commentaire – je sais qu’il vient d’un album d’Astérix, mais je ne me souviens plus exactement lequel… Tu serais gentil de me rafraichir la mémoire! 🙂

  16. @ marcofsky

    En traversant la frontière Helvétique. Ensuite ils se retrouvent dans un coffre, dans une cave, à manger des trous ; pas terrible pour remplir un creux…

    Toujours la même chose; on se sert d’une couple d’événements violents pour démontrer qu’on a besoin de plus de forces de police, alors que la criminalité au Canada a baissé depuis 10 ans.

    Ou on garde prisonniers des centaines d’accusés sans procès parce que ce sont des terroristes. Wow, dans une démocratie ce n’est pas supposé être un juge qui décide de la culpabilité, pas les policiers ou les soldats ?

    On a l’air fin à vouloir exporter notre société de droit, alors qu’on n’est pas foutus de les respecter ces mêmes droits. C’est certain que ce sont rien que des bazanés qui se nomment Amhed ou Abdullah, mais quand même. Il ne s’agit pas du p’tit monstre du sheik là.

    Peur tu dis. Glaçant. Je redoute le gros bon sens comme la peste. Les gens qui arrivent avec des solutions simples aux problèmes complexes peuvent être très dangereux : Vous êtes avec nous ou contre nous.

    Je me souviens d’un reportage de Foglia au Proche-Orient. Il rapportait les propos d’un père qui disait élever ses fils dans la haine des Américains. Il n’y a aucun bouclier, aucune arme efficace pour se protéger contre une personne prête à mourrir pour son dieu ou sa patrie. Un simple cutter suffit pour faire très mal à la plus grande puissance militaire…

    C’est difficile de ne pas s’endormir sur la switch, mais le pluss beau pays du monde peut bien ne pas le demeurer éternellement.

    Ça doit être pour ça qu’on aime s’astiner sur les SE, c’est moins dérangeant.

    Alex.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s