Le phénomène québécois du jeu vidéo

illustration2007110101.jpgAu Canada, le jeu vidéo, celui des PC, des Wii, des PS2 et autres Xbox, a maintenant son salon, Arcadia, un festival dont la troisième édition se déroulera du 9 au 11 novembre prochain à Montréal. Pour mieux comprendre cette section en effervescence de notre industrie informatique, pour mieux en saisir toute l’importance économique, j’ai rencontré François Décarie, le producteur instigateur (photo ci-après à gauche), et Cédric Orvoine, le chef relationniste chez Ubisoft (photo ci-après à droite).

illustration2007110102.jpgillustration2007110103.jpgOn se complait souvent à dire que le jeu vidéo est au Québec, ce que l’automobile est à l’Ontario, mais en plus prometteur. Effectivement, le pays de Discreet Logic, Softimage, Ubisoft et Kutoka, une pépinière de passionnés créatifs, à ce que l’on dit, compterait plus de 7 000 emplois directement liés au jeu vidéo. Mais ce serait là un seuil déjà franchi ou en voie de l’être, tellement la croissance est frénétique. « Personne n’en voit le bout », affirme François Décarie.

illustration2007110104.jpgQuels que soient les chiffres que l’on utilise, ils sont effarants. Il y a les conservateurs comme ceux de la firme de recherche DFC Intelligence qui prévoit qu’en 2009, le chiffre d’affaires mondial de cette industrie sera de 47 G$, alors qu’il était de 33 G$ en 2006. Mais il y ceux, plus emballants, que cite Cédric Orvoine, où on prévoit qu’en Amérique du Nord, « les ventes atteindront 60 G$ d’ici 2010 ».

illustration2007110105.jpgOn dit également que lesdits revenus dépassent ceux du cinéma. Par exemple, le célébrissime jeu Halo 3 a généré 170 M$ dans les sept jours suivant son lancement, dont 100 M$ au cours des premiers 24 heures. « C’est deux fois plus que le film à succès Spiderman », précise M. Orvoine. Autre exemple, « Ubisoft distribue ses produits dans 55 pays. Aucun film français ou québécois ne peut songer à connaître un tel rayonnement ». Et on ne parle pas des artistes qui ont été propulsés par des jeux, tel le groupe rock les Fall Out Boys (FOB) avec Tony Hawk, un jeu de skateboard. Si tel est le cas, se demande M. Décarie, « Pourquoi Téléfilm Canada verse-t-il 400 M$ aux gens de la télé et du cinéma, contre seulement 15 M$ à ceux des nouveaux médias ? »

illustration2007110106.jpgDe plus, on dit que les emplois y sont de qualité. Prenons le cas d’Ubisoft, une firme dont les conditions de travail sont assez représentatives de l’ensemble. Comme l’explique Cédric Orvoine, on y comptait 600 employés en 2002, il y en a maintenant 1 800 et la prévision est de 3 000 d’ici 2016. La moyenne d’âge ? 30 ans. Le taux de roulement ? Moins de 10 %. La provenance ? 85 % sont du Québec. On y emploie des ingénieurs de toute farine, des artistes 3D et des designers, des jeunes qui, selon leur qualification, gagneront entre 35 K$ et 60 K$ dès la première année. On ne parle pas ici des testeurs, des employés moins bien rémunérés dont le taux de roulement est assez élevé…

illustration2007110109.jpg« C’est cela qu’il nous faut expliquer aux jeunes du secondaire », poursuit le relationniste d’Ubisoft qui parle d’une ribambelle de moyens mis en place pour passer le message, dont des sites Web comme tropdimagination.ca ou macarriereenjeux.com. On leur parle de jobs permanentes et d’un secteur économique où le plein emploi est la norme. « Pour être chômeur, dit-il, faut vraiment que tu soies mauvais ».

Et, autre bonne nouvelle, la formation spécialisée ne coûte plus un bras. Elle est devenue accessible et gratuite depuis qu’à l’exemple du cégep de Matane, le secteur public a développé des programmes de formation spécifiques. Reste que le privé ne connaît pas d’accalmie lui non plus. « Au Campus Ubisoft, ajoute M. Orvoine, nous recevons 1 200 demandes pour 100 places disponibles. »

illustration2007110107.jpgD’où un festival comme Arcadia. On a beau le présenter comme une « plate-forme de rassemblement pour passionnés et ceux qui n’ont pas encore goûté à ces passions », comme la « célébration du jeu vidéo dans son ensemble ». Son véritable objectif est de faire connaître les entreprises fabricantes, de recruter du personnel, de chercher de nouveaux talents, tout cela, insiste M. Décarie, « pour qu’on cesse de piger dans les autres entreprises ».

Bref, que l’on soit élève du secondaire ou ingénieur mis à pied chez … Nortel, l’industrie québécoise du jeu vidéo offre présentement de sérieuses possibilités de carrière. Le seul critère vraiment essentiel pour peu que l’on ait du talent : savoir se passionner.

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Voici quelques statistiques complémentaires: (source:l’Entertainment Software Association. Merci à Catherine Masson de chez Ubisoft.)

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Console pour les jeunes et PC pour les vieux ?

  • Jeux PC :
    • 30 % des joueurs fréquents ont moins de 18 ans.
    • 26 % ont entre 18 et 35 ans.
    • 44 % ont plus de 35 ans.
  • Jeux consoles :
    • 40 % des joueurs fréquents ont moins de 18 ans.
    • 35 % ont entre 18 et 35 ans.
    • 25 % ont plus de 35 ans.

Les femmes :

  • 38 % des joueurs sont des femmes. (Source : l’Entertainment Software Association)
  • 66% des joueurs sur Nintendo DS sont des filles. (Source : Étude Ubisoft Opinion Way 2007)
  • 1 jeu vendu sur 5 s’adresse aux filles. (Source : GFK – Analyse Ubisoft)

L’âge :

  • L’âge moyen des joueurs aux États-Unis est de 33 ans. (Source : l’Entertainment Software Association)
  • En 2007, 24 % des joueurs étaient âgés de plus de 50 ans. (Source : l’Entertainment Software Association)

La provenance sociale des gamers :

  • 50 % des joueurs sont impliqués dans des activités créatives (peinture, écriture, musique). (Source : l’Entertainment Software Association)
  • De plus les joueurs adultes ont démontré un intérêt marqué pour l’actualité. (Source : l’Entertainment Software Association)
  • 79 % des joueurs, peu importe leur âge, disent pratiquer un sport en moyenne 20 heures par mois. (Source : l’Entertainment Software Association)

(D’autres statistiques sont également disponibles ici.

Les shooters en baisse et les jeux d’apprentissage en hausse :

  • Jeux consoles (en 2006) :
    • 27,5 % jeux d’action
    • 17 % jeux de sports
    • 10,8 % jeux de course automobile
    • 10,6 % shooter
  • Jeux PC (en 2006) :
    • 35,4 % jeux de stratégie
    • 17,0 % divertissement familial

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30 réflexions sur “Le phénomène québécois du jeu vidéo

  1. Enfin, je vais pouvoir dire à ma blonde… « ah ! chérie… tu vois je ne suis pas trop jeune mentalement… comme tu le dis… je suis en plein dans les statistique !!!! 35 ans ! » LOL

  2. Il y a presque 10 ans je me suis exilé aux États-Unis afin de poursuivre la carrière de mes rêves: programmeur de jeux vidéo. À l’époque, le Québec était un désert dans cet industrie.

    Je suis content de voir que ma terre natale est devenu, en quelques années, un des joueurs important de l’industrie. Chapeau!

  3. 44 % ont plus de 35 ans.
    Ça, ça m’a surpris, donc je ne suis pas le seul à 53 ans à jouer MYST ou OBLIVION sur mon PC. C’est un univers fantastique et je suis fier qu’ils soit créés ici.
    Bravo

  4. Ahh oui…

    Les pires détracteurs de jeux vidéo… Ceux qui ne jouent pas, parce que « trop peur d’essayer cette machine à piton »… Mais ce n’est pas rare d’entendre parler que finalement « j’ai pogné ma blonde ou mon chum à jouer, il (elle) est devenu encore plus accro que moi ». Oui, j’ai déjà « pogné » ma blonde à continuer mon « save » de Silent Hill, il y a un bout de temps, elle avait même pris le temps de fouiller les astuces « cheats » et de finir le jeu, haha. Depuis ce temps, à chaque jeux d’aventure, je me fais « mettre de côté » à mon tour… Surtout avec Fable, Morrowind ou bien Jade Empire… impossible qu’elle décroche, Impossible !

    Je suis bien heureux qu’elle aie compris ça, comme ça en tant que gamer occasionnel, moins droit à des « chicanes » pour rien.

    C’est vrai que quand on s’achète une nouvelle console ou on ordi, on reste souvent accro, mais ça lâche après un bout…

    Je crois que c’est juste l’abus qui est en cause. Et je connais beaucoup de gamers débiles, surtout les accros de Warcraft, je connais un type dont je connais exactement si il a perdu sa « game » de WC la veille juste en y voyant l’air… haha… Drôle et triste en même temps.

  5. C’est pas tout rose non plus. L’emploi dans les jeux vidéo peut-être très exigeant avec des semaines intenses de temps supplémentaires lorsqu’on se rapproche des sorties de jeu. (Généralement pour l’automne), et dieu sait qu’Ubisoft est une compagnie qui fait beaucoup de jeux qui sont des produits promotionnels qui doivent être lancé en même temps qu’un film par exemple.

  6. @ remington

    Tout-à fait d’accord. J’ai travaillé sur une dizaine de titre dans les dernières années et parfois ça peux ressembler à 1 mois sans week-end et tout les soirs. Pendant ce mois, t’es un zombie qui se lève pour aller travailler, et qui reviens le soir à minuit pour se coucher, sans jours de repos. Après un mois, t’as décroché un peu de la réalité.

    Le fait est qu’un programmeur par exemple, et souvent plus talentueux qu’un programmeur dans d’autres domaines. Il travaille plus. Et est moins bien payé. Oui, il faut êtres complètement fou pour faire ce métier. Moi je préfère appeler ça une passion 😉

  7. J’ai fondé à Granby avec deux autre de mes amis un LAN Party il y a de ça déjà 4 ans et il tourne toujours. Au début c’était marginal, et maintenant on attire 60 à 80 personnes par évènement. Et encore, c’est peu connu. Jouer au jeux vidéo est devenu beaucoup plus commun et « acceptable ». Ce n’est plus considéré comme réserver au jeune. La preuve, on reçoit des gens de 40 ans.

    D’ailleurs s’il y a du monde que ça intéresse, la prochaine édition du No Man’Z LAN se tient du 9 au 11 Novembre à la cafétérie du cégep de Granby. 20$ l’entrée. Pour plus d’info http://www.nomanzlan.qc.ca

  8. Moi, ce qui me plait, c’est que cet univers attire de plus en plus la gente feminine, les gameuses! J’trouve ca bien que ca attire les demoiselles aussi! J’espere en rencontrer une un jour: Etant plutot gamer moi-meme, elle risquerait de s’ennuyer avec moi si elle ne l’etait pas! MDR

    Anyway, le Quebec semble prendre sa place dans cet univers, et c’est tant mieux! Le jeu video devient un loisir pour tout le monde, et non marginal!

    Au fait, pour « 79 % des joueurs, peu importe leur âge, disent pratiquer un sport en moyenne 20 heures par mois. », est-ce que Dance Dance Revolution compte la-dedans! loool

  9. Ah, la job de relationiste… Se faire payer pour mentir ou embellir les choses. « Savoir se passionner » ici n’est qu’un euphémisme pour « Vouloir travailler jusqu’à en devenir malade ».

    Irvine: Je dirais que DDR peut devenir un sport. J’y ai joué intensivement pendant des années à raison d’une à trois heures tous les deux jours. Depuis que j’ai arrêté, je me sens beaucoup moins en forme.

  10. >79 % des joueurs, peu importe leur âge, disent pratiquer un sport en moyenne 20 heures par mois.

    Suis-je seul à faire la patate de divan? Je trouve ça fort un peu.

  11. Si l’industrie du jeu vidéo plantait demain, ce que je doute fort, Rodhot n’aurait peut-être pas tort. Nintendo a les plateformes les plus profitables. La compagnie ne vend pas les DS et Wii à perte. En plus, ces deux consoles dominent le marché et elles coutent moins cher aux développeurs.

  12. Le crash de 1983/84 ne se reproduira pas. À cette époque, l’industrie était à ses premier balbutiements, et le crash a causé presque l’entier bassin d’investisseurs à se retirer. La conclusion étant: le jeu vidéo n’était qu’un « fad », une mode qui a finis par passer et qu’on n’en reparlera plus. On croyait, à tords, qu’il n’y avait aucun future dans ce médium.

    Or, l’industrie a progressé depuis sa « résurrection » avec le NES de Nintendo. Elle est maintenant considéré comme une industrie de pointe et très profitable (quoique avec son lot de risque). Un crash va probablement se produire, comme toutes industries sujets à « bubbles » (ballounes). Ce qui est saint en fait, ce qui permet de ramener les pieds sur terre. Mais il s’agira donc que d’un réajustement sur les méthodes de productions.

    Ce ne sera pas un écroulement total comme nous avons assisté en 83/84. À savoir si seulement Nintendo s’en sortira, rien n’est moins sûr. Ses deux concurrents sont de grosses machines financières qui peuvent se permettre des pertes. Sony est le plus fragile, car le reste de la société traverse une crise, et s’ils continuent à êtres dernier en jeu vidéo, le CEO peux prendre des mesures drastiques.

    Mais ne comptez pas sur le retrait de Microsoft de sitôt. Ils sont capable de traverser BEAUCOUP de déserts avant d’éprouver la soif. Sans compter que la 360 est un très bon succès qui, bien franchement, complète la Wii plutôt que la compétitionne,

  13. Je trouve amusant qu’ils font mention des testeurs comme des employés moins bien rémunéré avec un taux de roulement élevé.

    S’ils étaient mieux payé, peut-être que le taux de roulement serait acceptable?

  14. @stevevallee:

    Comparons les joueurs de 1984 et ceux de 2007:

    Microsoft peuvent perdre des milliards car ils ont une vache à lait (Windows) comme Mattel (Intellivision) a sa vache à lait: Barbie.

    Sony comme Coleco perdent de partout et peuvent être durement malmenés.

    Le seul qui fait de l’argent: Nintendo a des consoles de faible puissance et dominent le marché… comme Atari.

    Magnavox (Odyssee 2), Vectrex, LeisureVision sont comme Sega… bye bye!

    Tandis que les jeux sur ordi restent des jeux sur ordi… comme dans le temps.

    Microsoft est là simplement pour empêcher l’effritement de sa base de joueurs sous Windows et il serait bien content que le marché s’effondre pour rapatrier tout ce beau monde sous Windows. C’est probablement son but inavoué…

  15. @ rodhot

    Merci de partager ces comparaisons, mais bien franchement, je doit dire que je ne vois aucun lien logique entre chacun d’elles. Comparer le bassin économique entre Microsoft et Mattel n’as aucun sens, on parle de deux mondes en terme de grosseur. Je ne comprends pas le lien entre Coleco (une compagnie de cuir qui n’avait rien à voir avec l’électronique et donc le jeu vidéo n’étais qu’une tentative « on-the-side ») et Sony qui est un compagnie spécialement électronique, sa propre raison d’êtres.

    La pire comparaison c’est Nintendo et Atari. Atari est LA raison de la crise de 83/84. La trop grande publication de jeux de piètre qualité qui a complètement effrité la confiance du marché en l’inondant de mer–. Le jeu E.T. pour Atari est même devenu le symble de ce crash.

    Pour les jeux d’ordi, il y aura le même impact que les consoles, car lorsqu’un crash va se produire, c’est avant tout les éditeurs qui seront affectés (ce qui touche donc autant les consoles que les jeux d’ordi). On risque peut-êtres de voir une diminution des budgets. Deux ou trois étidteurs mineurs comme Capcom ou Konami vont fermer ou se faire absorber par un majeur comme EA, UBI Soft ou Sega.

    La plus grosse vague pourrais venir du retrait d’un des trois dans la course au Hardware. Nintendo est là pour rester. Et le marché à démontré qu’il y avait de la place pour deux consoles (une cucu familliale comem la Wii et une avec un thème plus mature). C’est pas clair lequel par contre. Microsoft est une force économique titanesque, avec le support du marché nord américain. Sony a une plus longue tradition, et avec le support du marché japonnais et asiatique.

    De plus n’oublie pas le point le plus important: l’industrie est IMMENSÉMENTplus mature, solide et implanté aujourd’hui qu’en 1983, c’est pour cette raison qu’il n’y aura pas de crash comme dans le temps.

  16. @ mokursal

    « S’ils étaient mieux payé, peut-être que le taux de roulement serait acceptable? »

    C’est normal, la plus grosse richesse d’une compagnie c’est avant tout ses programmeurs et ses artistes. C’est eux qui sont difficile à obtenir en qualité, et à garder chez soi.

    Un testeur, presque n’importe qui avec un intérêt de jeu vidéo peux faire la job. Y en a des meilleurs que d’autres, mais c’est pas aussi critique que pour les programmeurs ou artistes.

    Du coup, la compagnie sauve de l’argent en sous-payant les testeurs car facilement remplaçable. Et c’est pas les aspirants qui font la file à la porte qui manque.

  17. Il faudrait quand même pas mélanger l’amélioration de l’univers québécois des jeux vidéo avec l’événement Arcadia, ça n’a rien à voir.

  18. Cependant, oui on a une industrie de plus en plus viable au niveau économique au Québec. Mais en tant que tel on a seulement des grosses machines de dévelloppement qui sont vraiment dans une optique de profit avec la créativité au second plan (pas nécessairement toujours absent, mais jamais de réel audace). UbiSoft et EA, oui c’est l’fun qu’ils soient à Montréal, mais reste qu’on a pas de studio qui ont la volonté de faire avancer le jeu vidéo en tant que médium créatif, qui vont miser sur la qualité avant la qualité et pas avoir peur de remettre un jeu parce qu’il n’est pas encore à la hauteur.

    C’est sur qu’en amérique ces dévelloppeurs là sont pas légions (Au japon il y en a un peu plus), mais ca serait intéressant que le Québec devienne aussi importante au niveau culturel et pas seulement au niveau économique comme présentement.

    Peut-être qu’à force de former plein de jeunes pour l’industrie du jeu, peut-être qu’éventuellement certains vont se tanner d’avoir à travailler sur la version DS de King Kong ou bien Splinter Cell 5 et vont vouloir se mettre à créer et s’amuser avec le médium et avoir la volonté d’innover.

  19. @ remington

    Ce n’est pas tant une question de volonté qui manque aux gros studios plus que la réalité du marché. Si tu parle de produire des jeux différents et plus recherchés mais avec les mêmes budgets des grosses productions actuelles, oublie-ça. La réalité est qu’un gros jeu qui coûte des dizaines de millions de $ à produire, l’argent viens d’investisseurs qui veulent un retour profitable, ce qui est normal. La vrai innovation viens dans les petits jeux indépendant, underground.

    L’industrie ressemble énormément au cinéma. D’un côté tu as Hollywood qui produit des films à coup de centaines de millions avec toujours la même recette, les mêmes stars, la même formule. Car c’est ce qui rapporte le plus au guichet. Par contre tu as tout le cinéma indépendant, en parallèle, qui fonctionne sur des miettes, mais qui produisent les vrai chef-d’oeuvres artistiques, les visions uniques et différentes, et qui osent.

    Depuis plusieurs années le jeu vidéo est ainsi. Beaucoup des meilleurs jeux proviennent de mini groupe de programmeurs et d’artistes qui font de petits jeux absolument fabuleux. Faut juste prendre le temps et l’énergie pour les chercher, car ils ne sont pas toujours aussi visibles que les boîtes de gros jeux sur les tablettes.

    Ces dernières années, malgré que j’ai joué à plusieurs « grosse » productions (Half Life 2, Heroes of Might and Magic, Oblivion) que je trouve excellentes, les deux jeux qui m’ont le plus absorbés ont été Weird World (fait par deux gars dans leur appart) et Space Rangers 2 (par une petite compagnie en Russie).

    Comme au cinéma, les gros « majors » sont là pour rester. Mais au lieu de s’en plaindre, il faut plutôt encourager les indépendants et les petits artistes, ça, ça fait une différence! 🙂

  20. Interessant le dernier commentaire de Steve. J’ai aussi remarque que la qualite des jeux Open Source s’est grandement amelioree aussi. Je ne parle pas necessairement au niveau de l’innovation, car ca ressemble souvent a des copies de Quake ou d’Unreal tournament, mais quand meme on est bien loin des petits jeux plates en 2D qu’on avait avant!! Le « gameplay » comme on dit, est excellent, surtout avec des jeux comme Open Arena… Enfin moi je m’amuse comme un petit fou ces jours-ci avec ces jeux 🙂

  21. @steve

    Je parle pas simplement de petits jeux indépendant. C’est plutôt dans l’attitude par rapport à la qualité.

    Exemple, Valve (Half-Life2) est le genre de dévelloppeur qui est capable de prendre le temps qu’il faut pour que la suite de son jeu soit réellement de qualité et apporte quelque chose de plus. Ils ont mis beaucoup de temps pour faire la suite de Half-Life, et le résultat vaut véritablement le coup, et je suis pas mal certain qu’en définitive le fait d’avoir mis du temps à produire Half-Life 2 a rapporté à l’entreprise, bien plus qu’un jeu plus ou moins ordinaire qui serait sorti quelques années avant et qui aurait pas tellement été si « une coche au dessus des autres ». Blizzard est un autre bon exemple de cette philosophie là. Lorsqu’ils ont fait StarCraft, à un certain point ils ont arrêté complètement et recommencé, le jeu a pris une éternité à sortir, mais quand il est sortit, le jeu est devenu un standard pour son genre. La suite se fait encore attendre mais elle s’annonce pour être tout aussi importante que le premier.

    Le problème c’est que des compagnies comme Ubisoft veulent jamais prendre ce risque, même si ce risque va probablement faire la différence entre un jeu qui va se vendre bien mais sans plus par rapport à un jeu qui va vraiment vendre des millions. Ubi et EA vont toujours chercher à faire plein de suites rapidement comme pour surfer sur une vague sans jamais chercher à véritablement prendre le temps pour créer une vague bien plus immense encore, suffit qu’on y mette le temps.

    C’est sur que quelque part ils veulent entrer dans leur argent, mais à un certain moment, il faut qu’une entreprise pour vraiment se démarquer prennent certains risques. Et ce n’est pas comme s’il n’y avait pas de studio de dévelloppement qui le fait, il y en a et ca fonctionne. C’est un mythe de croire qu’il faut absolument qu’un jeu sorte dans le temps des fêtes pour entrer dans son argent. Si on remet le jeu au printemps pour améliorer le produit, en bout de ligne il va se vendre plus et sur une bien plus longue période.

  22. @Steve:

    Pour avoir travaillé 6 ans dans une entreprise de jeu à Montréal, je peux te dire que si la richesse d’une entreprise sont les programmeurs, les artistes et les autres emplois de la prod, ils sont eux aussi facilement remplacable.

    Les testeurs ont malheureusement hérité de ce dédain un peu mal placé puisque les entreprises en ont fait des moutons noirs sur lesquels il est important de blamer la compétence et les formations dans tout les post mortem.

    De plus, les LDs, LAs, GDs les plus compétent sur le plancher sont souvent des anciens testeurs 🙂

  23. Là, on parle de système d’opération pour Macintosh.
    Fort bien, c’est vendu le même prix au Canada qu’aux états-unis.
    Encore là, fort bien (129 $)

    Mais quand on regarde le prix des ordinateurs Apple, vendus aux USA
    et les mêmes vendus en Canada, là il n’y a pas d’ajustement visible,
    ce qui rend l’achat prohibitif, d’autant plus que la monnaie canadienne
    vaut bien plus que l’américaine,
    Ex iMac Petit modèle vendu 1299 au Canada et 1199 aux USA.
    Avec le taux de change, ça revient à 1389,93 en monnaie américaine.

    Une différence de 190 $ pour un achat de 1300 $ environ 15 %
    Pour le Mac pro, c’est encore mieux, on passe de 2499 à 2799
    au taux de change ça donne 2994.93, presque 500 $ de différence
    pour environ 16,5 % plus cher,

    Apple a-t-elle tellement besoin de faire subventionner les ordinateurs US
    par les consommateurs des autres pays. C’est quasiment du taxage

    La marche est un peu raide je trouve.

    Est-ce que l’américain est devenu un ami-requin ?

  24. @ mokursal

    Tout dépends tu contexte j’imagine. J’ai pas de misère à croire que, lorsque UBI Soft sont débarqué à Montréal (et étant pratiquement les seuls à cet époque), ils avaient le gros bout du bâton, avec un gros bassin de travailleurs potentiels pour seulement quelques postes à combler.

    Je peux t’assurer qu’ici à Seattle la réalité est différente. On a une TONNE de compagnies de jeux vidéos, pour une ville pas mal plus petite que Montréal. Du coup le programmeur et l’artiste ont le gros bout du bâton. Je passe pas une semaine sans recevoir un appel ou un email d’un chasseur de tête. Et je n’ai jamais vu un programmeur ou un artiste se faire congédier sans une raison extrême (genre à problème pendant 2 ans et refus de se corriger malgré une tonne d’avertissements).

    Les testeurs pourtant, c’est encore le bas de l’échellon, car ils sont facile à remplacer.

    « De plus, les LDs, LAs, GDs les plus compétent sur le plancher sont souvent des anciens testeurs »

    Pas d’accords, ça arrive mais c’est vraiment l’exception plutôt que la règle. Un exemple frappant dans ma compagnie c’est un testeur qui en seulement 7 ans a fait: testeur, puis level designer, puis programmeur, puis lead programmeur, puis technical director. WOW. Mais des exemples comme ça ne cours pas les rues.

    C’est plus commun de voir genre testeur devenir level designer, ou associate producer, ce qui est super bien quand même. Mais encore là, c’est l’exception plutôt que la règle. Et ça prends un testeur qui fait beaucoup d’apprentissage par lui-même chez lui.

  25. @ remington

    Je comprends parfaitement ton point. Et je suis bien d’accord. Mais le problème viens vraiment du publique qui paye pour des jeux qui n’en valent pas la peine. Tant que des compagnies vont faire des profits avec des jeux de qualités moyennes, ils vont continuer à en faire.

    C’est à nous la responsabilité de sortir notre portefeuille que pour les jeux de haute qualité.

    Ceci, UBI Soft publie quand même plusieurs jeux de grande qualité à mon avis. J’ai beaucoup aimé leur reprise de la license « Heroes of Might and Magic » et Assassin Creed qui s’en viens a l’air fabuleux et innovateur à certains niveaux.

    Leur HoM&M n’as absolument rien d’innovant, mais ce n’est pas un critère obligatoire à tout jeu. Parfois une formule fonctionne vraiment bien, et en tant que joueur on veux seulement plus de matériel sur la même méchanique. Tant que le jeu est bien fait et qu’il me fait passer un bon moment … 😉

  26. @ alexpert

    Même si votre message est hors-sujet (c’est un fil sur le jeu vidéo ici) je vais quand même commenter. Vous êtes dans le champs à pointer les américains. Le problème présentement dans tout le Canada, c’est les DÉTAILLANTS qui ne repassent pas la valeur du dollars à leur clientèle.

    Les détaillants font des profits records car ils achètent à bas prix (oui oui, incluant les fournisseurs américains) mais revendent à gros prix. Il commence tranquillement à y avoir des détaillants qui font la bonne action de baisser les prix, mais c’est à pas de tortue.

    Apple Store Canada n’est qu’un parmis tous les autres détaillants, à part le fait qu’ils ne peuvent pas vendre moins cher leur produit qu’un de leur détaillant indépendant, pour ne pas concurrencer (et brimer) leur distributeurs.

    Avant d’accuser les américains sans raisons ( et sans logique), regardez dans votre cours. Ce sont les détaillants canadiens et québecois qui s’en mettent plein les poches en ce moment, pas le fournisseur américain (qui lui vends en $ américain, et donc ses prix n’ont rien à voir avec ce que vaux le $ canadien ou non).

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