Novell bien vivante et en bonne santé

illustration20070912011.jpgHier, je rencontrais les gens de Novell Canada, dont la présidente Katie McAuliff, laquelle a bien voulu répondre à toutes mes questions. Le prétexte était un lancement de produit, soit la version amélioré de ZENworks, un système universel de gestion des actifs matériels et logiciels. Vous comprendrez que mes questions étaient celles d’un vieux de la vieille ayant perdu cette entreprise de vue depuis belle lurette. M’a-t-on donné l’heure juste ? Je crois que oui. Voici donc, en résumé, ce que j’ai compris.

illustration2007091211.jpgD’entrée de jeu, je vous rappelle qu’entre 1982 à 1994, Novell, une firme dont le quartier général était à Provost, dans le Utah (en plein pays mormon), est devenue une force incontournable à l’échelle mondiale, cela grâce à son système d’exploitation de réseau Netware (incluant le fameux Novell Directory Service – NDS), C’était une boîte polyglotte dont le code avant-gardiste se retrouvait dans la plupart des réseaux importants, en tout cas ceux que ne contrôlait pas IBM. En moins de dix ans, cette réalité lui avait conféré le fameux syndrome Big Blue, c’est-à-dire que personne ne pouvait se faire congédier pour en avoir proposé la solution. En un mot, Novell, c’était du solide, du prometteur et du … gentil (en tout cas, dans mes souvenirs).

illustration2007091212.jpgMais un jour, de l’autre côté des Rocheuses, un challenger à la dent bien effilée lança Windows NT (avec son NT Directory Service – NTDS – alias Active Directory) dont le code, lui aussi propriétaire, était antagonique. À Provost, ce fut le branle-bas de combat; partout retentit le tocsin. Et pour mieux ressembler à son attaquant sur le champ de bataille, Novell acheta la moribonde WordPerfect, compagnie sœur établie dans la ville voisine (Orem, Utah) qui, elle aussi, avait dû guerroyer contre Microsoft. Ainsi, pour un temps, Novell devint non seulement la compagnie de Netware, mais celle de Groupwise, un collecticiel développé par les gens de WP, et WordPerfect (ou Borland) Office, le coffret bureautique qui devait contrer Microsoft Office.

Hélas, rien n’y fit. On peut même parler d’une sérieuse déconfiture. Dans les dix années qui suivirent, WordPerfect (sans Groupwise) fut vendu à Corel, Netware fut mis sous respirateur et, finalement, débranché, le siège social fut déménagé en banlieue de Boston et la vision propriétaire qui caractérisait le code de Novell fut remplacée par celle de l’Open Source. Reste que Novell mit énormément de temps avant de comprendre qu’à l’ère du Net, les clients ne voulaient plus de solutions fermées. Elles en avaient bien assez avec Microsoft. De plus en plus, elles recherchaient l’interconnectivité (interopérabilité).

illustration2007091209.jpgCe qui fit qu’à l’automne 2003, l’entreprise acheta la société allemande SuSE (Software und System-Entwicklung) pour 10 M$. Cette boîte également implantée en Amérique, s’occupait d’une saveur de Linux très prisée des amateurs (dont, apparemment, Linus Torvalds lui-même). Le produit fut rebaptisé SUSE Linux et, un an et demie plus tard, un pendant communautaire fut lancé sous le nom d’openSUSE. L’objectif de Novell ? Réussir un second début, autrement dit, tout faire pour reprendre une partie de la place qu’elle occupait naguère, ce qui signifiait devenir au moins aussi fort que ne l’était devenue Red Hat Linux avec son bras communautaire Fedora.

illustration2007091208.jpgOr, si on en croit la nouvelle présidente de Novell Canada, la chicagoise Katie McAuliff (photo ci-contre – Mme McAuliff remplace Don Chapman depuis le début de l’année), Novell aurait recommencé à faire de l’argent, notamment au Québec, son marché institutionnel le plus important au Canada. On parle non seulement de Groupwise (30 % des ventes), mais de produits de sécurité, de ZENworks et de SuSE en versions client et serveur (32 et 64 bits). Soulignons ici que SuSE pourrait très bientôt être la première saveur Linux à détenir une certification de l’Office québécois de la langue française. Les experts en seraient présentement aux dernières vérifications.

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illustration2007091207.jpgNon seulement Novell s’est-elle positionné comme intégrateur en environnement mixte (méditez sur les deux pubs ci-haut que j’ai copiées sur lesite de Novell), mais, en novembre dernier, son P.D.G. Ron Hovsepian signait une entente quinquennale à cet effet avec Steve Ballmer, son homologue microsoftien. On y parle essentiellement d’amélioration de l’interopérabilité entre SuSE (ouvert/libre) et Windows (fermé/propriétaire), une licence réciproque quant à l’utilisation des brevets et un accord sur la commercialisation et la promotion des deux solutions; Microsoft peut vendre du SuSE et Novell du Windows. De plus, Novell s’est engagée à développer le plugin Office Open XML (format proprio Microsoft) pour OpenOffice.org et a promis de le mettra à la disposition de la communauté OO.o.

illustration2007091206.jpgDisons que cette nouvelle n’a pas fait consensus dans le milieu. Si certains voient en Novell une marionnette que manipule Redmond pour mieux écraser Red Hat Linux (voir la caricature de Clubic, ci-après), d’autres y voient un excellent moyen pour rassurer la clientèle d’affaire: « si Microsoft appui SuSE, qui peut maintenant en contester la légalité du code ? Donc, installons SuSE ! » Pour les uns, Novell vient de mordre à la technique EEE de Microsoft : « embrace, extend and exterminate ». Pour les autres, Ballmer ne saurait plus à quels saints se vouer pour rester puissant à l’étage des serveurs. Quoi qu’il en soit, cette entente aurait fait avancer Novell, du moins sur le plan croissance à Wall Street. C’est Mme McAuliff qui le dit.

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Hier, je soulignais les difficultés pour la communauté OO.o d’en arriver à une véritable alternative à Microsoft Outlook. Or, me dit-on, Novell disposerait d’une solution complète, le logiciel Evolution, un produit dont elle a hérité en 2003 en achetant Ximian. C’est un outil GNOME capable de se connecter à Exchange (Microsoft) et qui inclut des gestionnaires de courriel, d’agenda, de contacts et de tâches. Evolution ne fonctionne pour l’instant que sous Linux.

Que reste-t-il finalement de cette Novell que j’ai fréquentée avant 1994 ? Peu de choses mis à part le nom. L’entreprise dispose néanmoins de bons outils et d’une base de clientèle quand même appréciable. On me parle, par exemple, de 50 000 licences de Groupwise au Canada, d’un réseau d’une quarantaine de partenaires Novell au Québec seulement, de gros sites SuSE Linux de par le monde faisant tourner SAP, du fait qu’Intel et AMD utilisent cette saveur de Linux dans certains de leurs centres, que Dell et Lenovo la fournissent avec certains modèles de blocs-notes et ainsi de suite. Bravo Novell ! Mais, bon … ça concerne pas mal plus SuSE Linux que Novell, tout cela… Évidemment, SuSE est devenu Novell … Oui, mais, bof …

illustration2007091210.jpgQuoi qu’il en soit, Ross Chevalier, le responsable technologique pour Novell Canada, m’enverra cette semaine, un exemplaire de SuSE Linux. Il tient à ce que je l’installe dans un PC pour vous en parler en ces pages. Je lui ai promis de le faire. Apparemment, m’a juré cet informaticien chevronné, je prendrai mon pied, tous mes périphériques (je dis bien TOUS) seront pris en charge et je pourrai m’amuser avec Compiz-fusion, un gestionnaire de fenêtre dont SuSE serait à l’origine.

Restez à l’écoute, j’ai bien hâte de voir.

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12 réflexions sur “Novell bien vivante et en bonne santé

  1. Je viens lire à tous les jours la section TECHNAUTE.COM même si je ne réponds pas très souvent.

    J’ai lu ce blogue avec un grand plaisir cet après-midi, passion pour l’histoire oblige. Il fût un temps où Lotus, WordPerfect, et Novell étaient des leaders.

    Bravo Nelson pour tes EXCELLENTS articles!

    Martin
    Inconditionnel utilisateur de Firefox

  2. Juste souligner pour ceux qui seraient confus, que Compiz-fusion n’est en fait que la nouvelle version de Beryl, apres la fusion entre les equipes derriere Compiz et Beryl.

    Donc Nelson pour ton test je te suggere d’installer Suse sur le meme ordi qui a ete capable de rouler Beryl, sinon tu pourrais etre decu! En passant j’ai tout juste lu un « P/Rreview » de compiz-beryl, ca semble prometteur:

    http://lunapark6.com/compiz-fusion-052-preview.html

  3. J’ai essyé de l’intallé sur un 300 céleron avec un disque de 2 G et il n’a pas réussi son installation. Plus grosse machine peu-ètre ? Ou bien erreur dans les copie des disques venant du site ? Ou autre …

  4. He bien, si vous faites le test, et que vous avez une carte tv du genre tv@anywhere et une webcam du genre logitech, j’aimerais bien savoir si tous les périphériques fonctionnent correctement. Ok, j’entends ici tous les linuxivores me dire qu’il y a des solutions a ca. Ouais….

  5. @khibou:

    Est-ce que ta question concerne seulement Suse? Car sous Ubuntu, ma webcam logitech 3000 fonctionne parfaitement bien, sans avoir configuré quoi que ce soit ni avoir eu à installer de pilotes…

    Peut-etre que c’est juste parce que je suis linuxivore… 😛

  6. @ togreen
    je mentionnais une carte tv@nywhere et une webcam logitech pro 5000. Ca concerne aussi Ubuntu car j’ai essaye a maintes reprises. Il faut que les 2 composantes soient dans l’ordi. Ubuntu choisit la carte tv et omet la webcam. Il faut faire des tours de passe passe mais dans mon cas, ca n’a jamais fonctionne et ce, avec Ubuntu, Suse, PcOsLinux etc…. Je suis un adepte de linux mais je ne suis pas de ceux qui jurent que tout fonctionne. Le fait est que si y a pas trop de peripheriques, Ubuntu fait bien son boulot… Dans le cas prrecis que je mentionne, ca n’a jamais fonctionne.

  7. @khibou:

    Ok je comprends mieux, en effet j’ai déjà eu un problème semblable moi aussi, il semblerait qu’Ubuntu ne supporte qu’un seul périphérique de capture vidéo à la fois… Le même problème existe encore aussi pour les écrans… Par exemple si l’on veut connecter 2 écrans à la fois ca se fait mais faut aller jouer dans les fichiers de configurations… heureusement ce problème sera réglé dès le 18 octobre car le nouvel Ubuntu va alors inclure un outil de configuration graphique pour écran multiples.

    Espérons que la même chose s’en vient pour la capture vidéo!

  8. En parlant d’Ubuntu, j’ai essayé Bubuntu, une version Ubuntu qui ressemble plus à Windoz, et ça fonctionne très bien. Mais je n’ai pas fini mes tests (imprimante, scanners, appareils photos, multi-moniteur, etc..)

    Pensez-vous que les versions Ubuntu on des chances de devenir populaire ?

    À mon humble avis, il y a bien trop de versions de Linux. Faudrait que les programmeurs s’entendent sur 2 ou 3 versions. Genre; une version de base, une versions avec un lots de logiciel et une version Serveur. Combien il y en a des Linux ? 100, 200, 500 ? C’est complètement fou !

    On jase là… 🙂

    Si Google en sortirait une version, avec leur popularité, peut-être que Linux pourrait devenir populaire. (???)

    Désolé de m’éloigné du sujet…

  9. @mnm1969:

    À mon avis Ubuntu est sur la bonne voie pour ce qui est de devenir LA distribution Linux de référence. Je sais, certains diront qu’il y a mieux, que PCLinuxOS est mieux pour les débutants, ou que Linux est poche et que les BSD sont mieux, mais qu’on ne le veuille ou non, c’est Ubuntu que Dell a choisi d’incorporer dans ses ordinateurs. Et il semblerait que d’autres vendeurs soient aussi sur le point de faire de même prochainement. De plus, Ubuntu fait beaucoup jaser dans la presse internationale depuis quelques temps déjà, et pas juste dans les chroniques informatiques! Donc bref si les créateurs de pilotes doivent s’entendent pour supporter UNE distribution de Linux, d’après moi ca sera sûrement Ubuntu.

    Tant qu’à moi c’est MA distribution de choix parce qu’elle réponds parfaitement à mes besoins. Sur le serveur je préfère Debian pur et dur, et ce sont ces deux-là que je préfère, surtout à cause du merveilleux système de synchronisation/installation de paquets et de la facilité de mise à jour lors de la sortie d’une nouvelle version. C’est juste trop génial de démarrer la mise à jour avant d’aller se coucher, et de se réveiller le lendemain avec un OS tout neuf, sans rien avoir perdu de nos données personnelles ou de nos configurations préférés. 🙂

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