La méthode Dufraisier pour assainir les finances publiques

illustration2007072401.jpgAu moment où Bebitte, trois ans, renversait son verre de lait sur mon Journal de Montréal, que Punaise, onze ans, me brandissait sous le nez son cahier de français pour, soi-disant, se faire aider, que Gros Pit, treize ans, manœuvrait ratoureusement pour attraper la chatte devenue neurasthénique, que ma mère, le petit Gégé dans ses bras, réclamait son tortellini, que CHOM faisait concurrence à RDI dans le salon, que l’eau de mon thé bouillait à gros bouillon, que ma soeur m’expliquait au téléphone que j’avais passé l’âge d’avoir des enfants, tout cela au moment même où je récurais les chaudrons du souper, que ma conjointe (néanmoins mère de tous ces petits cons) lisait dans la salle à diner en ricanant (allez savoir pourquoi) et que ma vessie était en train de me rendre fou, le téléphone de mon bureau se mit à sonner.

Mais le vacarme domestique était tel que personne ne m’entendit crier j’suis là pour personne.

– Papa, c’est pour toi, ricana Gros Pit, la chatte à bout de bras.

– C’est qui?

– Sais pas. Il dit qu’il s’excuse mais que c’est important.

illustration2007072409.jpgEn cinq secondes, je me débarrassai de ma soeur, attrapai Gégé que ma mère était sur le point d’échapper par terre, grondai Bebitte, expédiai Punaise étudier sérieusement dans sa chambre, ratai une taloche derrière la tête de Gros Pit qui venait de goinfrer un restant de poulet, tentai un coup de pied vers la chatte, oubliai l’eau de mon thé, renversai un sac de poubelle, jurai, contemplai en passant l’impavide sérénité de ma blonde et arrivai à mon téléphone d’affaires.

– Allôôô!!!

Une voix polie, doucereuse, répondit à mon rugissement.

– Monsieur Dumais?

– Oui.

– Albert Dufraisier, président de Groupe Dufraisier International, je m’excuse de vous déranger.

– C’est pas vraiment grave, je ne faisais rien de particulier. En quoi puis-je vous aider?

– Je lis régulièrement vos chroniques informatiques dans Le Journal de Montréal et je voulais vous féliciter.

Je n’osai lui apprendre que j’étais passé chez la concurrence il y a deux ans.

– Vous êtes bien aimable.

– J’aurais quelque chose de révolutionnaire, d’unique au monde, à vous présenter. Un scoop !

Consterné, je demeurai néanmoins poli.

– Merci beaucoup, fis-je contenu.

– Monsieur Dumais, je suis un partisan de l’adage voulant qu’il faille battre le fer quand il est chaud. Auriez-vous un peu de temps ce soir ? C’est que je pars demain matin pour New York, une saucette de 36 heures avant Djakarta.

Je pris une grande respiration, mais avant même de pouvoir hurler mon indisposition générale et mon envie à ridiculiser les chutes Niagara, l’incroyable casse-pieds s’empressa d’ajouter:

– Pensez-vous que je pourrais passer dans quinze minutes?

– Pourquoi pas !

illustration2007072408.jpgPourquoi pas ? Manquerait plus que le beau-frère avec une caisse de bière, deux taupins de Revenu Québec et la voisine, une maso à la recherche de compagnie. En maugréant et cherchant noise à mes proches, je cavalai jusqu’au petit coin. Sauf que la cuvette était obstruée par le rouleau de papier tout gonflé, tout déchiqueté, que Bébitte y avait laissé choir. Accablé par la fatalité, je courus remettre Gégé sur ma mère et entrepris de dégager le bol. Mais, manque de pot, je ne pus me soulager; ladite Bébitte m’avisa qu’elle devait, toute chose cessante, produire son gros cadeau doré d’après souper. Or, Albert Dufraisier s’avéra très très ponctuel; il sonna sept minutes en avance.

– Papa, y’a quelqu’un pour toi, me cria Punaise qui, heureuse d’être distraite de ses devoirs, s’était dépêchée d’ouvrir la porte.

J’entrepris d’essuyer Bebitte qui n’avait probablement pas terminé, lui remontai les culottes, fis partir l’eau non sans quelque inquiétude, oubliai de me laver les mains, contins ma terrible envie et me dirigeai vers l’entrée, tandis que Gros Pit se dépêchait d’avaler deux egg rolls froids. En passant, j’entrevis ma conjointe, toute souriante, concentrée sur son bouquin.

– Monsieur Dumais, s’exclama le Dufraisier, un petit vieillard chauve et bedonnant d’environs trente ans.

Une fois dans mon bureau, il se débarrassa de la chatte qui ne cessait de se frotter sur son pantalon et me tendit une boîte encellophannée de type produit informatique tablette sur laquelle on pouvait lire Daddy Bigbuck Ultimate (DBU), Vista Edition: Frenetic Business in a Virtual Mode. Je vous jure.

– J’vous présente mon bébé, fit-il. Ouvrez-le, je vais vous expliquer comment ça marche…

– Ça fait quoi ?

– Essentiellement, DBU vous fait passer pour quelqu’un de très important.

Dieu qui me voyez, pourquoi ne puis-je pisser comme tout le monde ? Que vous ai-je fait de si terrible ?

illustration2007072403.jpgJe laissai quand même le père Dufraisier me présenter sa merveille, une clé USB-2 et un logiciel développé en C#. Une fois l’installation complétée et le PC dûment branché au système téléphonique de la maison ou du bureau, DBU arrivait à nous faire passer pour quelqu’un de très occupé. illustration2007072405.jpgOn pouvait, par exemple, le programmer pour que, disons, à toutes les deux minutes, le téléphone sonne, pour qu’à toutes les trois minutes, le télécopieur prétende recevoir une communication, pour qu’à toutes les cinq minutes, un message surgisse à l’écran pour nous informer de la réception d’un nouveau courriel, pour qu’en tout temps, un graphique dynamique mime la fluctuation de quelques titres du NASDAQ, etc.

– Autrement dit, pour 99,95 $, je vous vends un nécessaire pour impressionner vos clients visiteurs. Qu’en dites-vous? Vous voulez l’essayer pour en faire une évaluation ?

N’eut été l’état de ma vessie, je serais probablement parti d’un très grand rire. Mais je me contentai de le remercier et, en plaçant sa boîte sur les 72 autres que je n’avais pas encore eu le temps d’ouvrir, je lui promis d’essayer de faire mon possible. Clac, le Dufraisier s’en fut aussi vite qu’il était venu.

illustration2007072406.jpgEn courant jusqu’aux toilettes, juste avant que je ne m’enfarge dans la tondeuse à gazon Fisher-Price de Bébitte, ce qui fit paniquer la chatte, hurler Gégé et râler ma mère (sans que ça n’incommode ma blonde), je songeai à l’aspect plutôt incongru, surréaliste, de DBU. Tout m’incitait à l’essayer.

illustration2007072407.jpgC’est ce qui explique qu’une demi-heure plus tard – alors que Gros Pit bâfrait le tortellini de ma mère – mon PC n’arrêtait plus de faire comme si j’étais le journaliste le plus occupé de la planète. Le téléphone sonnait sans cesse, ce qui amenait Bebitte à crier, Punaise-la-studieuse à se plaindre, Gros Pit à fuir le violent courroux de ma mère jusqu’à la ruelle, Gégé à se tordre de rage sur le plancher de la cuisine et la chatte à grimper dans un philodendron. Sans compter que je ne cessais d’accueillir des télécopies bidons, que Outlook était devenu fou tellement je recevais de messages et que j’étais en train de devenir milliardaire avec mes placements fantaisistes au NASDAQ. Bref, je tenais de quoi écrire le papier le plus cynique, le plus méchant, le plus drôle de ma carrière. Ce que je fis dans le cahier Affaires de La Presse.

Résultat? Le père Dufraisier fut inondé d’appels. Future Shop acheta dix mille boîtes de DBU. Bureau en Gros, Costco et La Source en firent autant. C’était un succès.

Cependant, les ventes les plus importantes furent faites au Gouvernement. Des milliers de fonctionnaires devinrent soudainement les employés les plus occupés au monde. Il ne devint plus possible d’obtenir d’eux le service auquel on était en droit de s’attendre puisqu’ils étaient toujours en sessions de télécommunications.

Moi qui vous parle, avoir eu la chance de faire fortune avec une idée aussi farfelue, j’aurais pompé tous les sous que je pouvais et aurais fui quelque part dans les Antilles. Pour toujours ! Sans blonde lectrice, sans mère, sans enfants, sans chatte.

illustration2007072404.jpgPas Dufraisier. Lui, il est revenu me voir hier soir. Cette fois, il tenait un rapport d’utilisation me concernant. Au total, j’avais activé DBU à seize reprises pour un total de quatorze minutes vingt-trois secondes. Il m’expliqua qu’à chaque fois que son système était sollicité, soit pour faire croire à un appel téléphonique, soit à la réception d’une télécopie, un petit chapelet de bits filait par le circuit téléphonique et allait moucharder l’utilisateur dans un ordinateur spécialisé du Groupe Dufraisier International. Se livrer ensuite à des compilations irréfutables était un jeu d’enfant.

– Voyez-vous, si je fais un total pour la Ville de Montréal où plus de douze cent systèmes ont été installés par des fonctionnaires, j’arrive à un total d’environs 78 000 heures ainsi gaspillées, preuves à l’appui. En moins d’un mois ! Pour le Gouvernement fédéral, ça monte à 113 456 heures et le Gouvernement du Québec, à 89 899 heures.

– …

– Pourquoi j’ai fait cela ? Pour assainir les finances publiques Monsieur.

– …

– Quand ça se saura, il faudra donner un vigoureux coup de barre dans le système. Dans une société où des policières racolent les clients pour les accuser d’avoir sollicité de la prostitution, où les agents font des deals de coke pour accuser leurs acheteurs de complot en vue de faire du trafic, moi je piège les tire-au-flanc, les feignants, les parasites et les inutiles.

illustration2007072402.jpgJe restai bouche bée. Le bonhomme me remit son rapport, me recommanda de voir à le faire publier dans La Presse et disparut. Il me fallut moins de trois heures pour écrire l’article et le refiler au Pupitre.

illustration2007072410.jpgIl fera la UNE demain matin. Dès lors, ma tête sera mise à prix. Des dizaines de milliers de fonctionnaires menteurs m’en voudront à mort. Je dis bien « à mort ». J’ai peur ! Plus exactement, j’ai une frousse bleue.

Le problème, c’est que je n’arrive pas à rejoindre les flics pour obtenir d’être protégé. C’est comme si leur téléphone était toujours occupé …

À l’aide !

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16 réflexions sur “La méthode Dufraisier pour assainir les finances publiques

  1. «Il me fallut moins de trois heures pour écrire l’article et le refiler au Pupitre.»

    Nelson, si vous n’aviez pas passé la moitié de votre article à nous parler de votre vessie et de votre bordel domestique, l’article aurait été écrit en moins de temps, et plus efficace. Chacun sa façon de procrastiner… 😉

  2. Wow, quel article, vous vous surpassez !

    Assise seule devant un écran et incapable d’arrêter de rire, jamais je n’aurais cru que ça m’arriverait ! On est loin du FreeCell qu’on minimisait en vitesse pour laisser apparaître un tableau Excel à moitié rempli…

    J’adore les photos que vous joiginez à vos textes. Celle du chat noir et blanc m’a fait m’écrouler de rire tellement elle représente bien ce que pourrait être un intérieur anarchique ! 🙂

    Et si tout cela était vrai, je suggérerais à votre M. Dufraisier de se dépêcher de faire parvenir ce logiciel en copie complimentaire à Bill Gates afin qu’il goûte à sa propre médecine…

  3. Je me souviens dans les années 80 de logiciels de strip poker qui avaient des boutons de panique si quelqu’un passait, il faisait apparaitre un écran qui ressemblait à du travail.

    Je suis sûr que beaucoup de gens trichent, c’est l’évidence… le seul moyen d’éviter cela est de travailler en équipe.

    Mais encore là… j’ai fait une plainte un jour car les gens du ministère de la justice faisait des concours de bataille d’avion de papier pendant que notre équipe de consultant essayait de travailler.. ils ont ensuite fait des batailles d’élastique… la goûte qui a fait déborder le vase vu que j’en reçoive un en plein visage.

    Alors.. un peu plus, un peu moins…

    Ça c’est que la pointe de l’iceberg de ce que j’ai vu!

  4. J’en reviens pas ! Article génial , inventeur génial, conclusions ahurissantes, ça doit être une « joke » ?

    1 er Avril, j’y crois pas trop, on est quand même à Noël (du campeur j’entends).

    Tu veux vraiment nous empêcher d’aller jouer dehors….

  5. À Spotnick.

    C’était donc vous l’un des fraudeurs agissants comme consultant sans être officiellement classé de la bonne façons et qui furent expulser du ministère !
    Belle méthode de vangeance…
    En fait ses exactement ce que je déteste de ce genre d’article qui ne fait qu’augmenter la haine entre individus.
    Car justement la procrastination est de nature humaine et tout les humains normaux* en sont porteur…
    *(Les workcooliques eux meurent bien avant les autres)

    Ciao
    Un journaliste tannés.

  6. MORT DE RIRE , c’est tu possible d’avoir des noms et des # de carte de credit afin de bebusquer les utilisateurs ? on pourrais egalement faire un recourt collectif en tant que citoyens , ca fait longtemps que je crois que la syndicalisation devrais etre interdite dans la fonction publique (pcq ca reviens a etre un groupe de pression qui a VRAIMENT beaucoups trops de poid et aucun politicien n’oserais etre suicidaire au point de mettre ses cullottes dans ce dossier) , et que tout ces « services » inateniables devraient etre privatisé avec des indicateurs de perf minimum stipulés en gros dans les contracts

  7. M. Dumais, vraiment excellent. J’ai bien aime le post sur la radio, mais celui-ci etait genial.

    Etes vous vraiment serieux ? Je suis trop loin (Calgary) pour lire votre article papier. Remarquez que les conclusions ne m’etonnent pas du tout. Tout le monde savent que dans la machine publique la grande majorite des gens n’ont presque rien a faire, et sont recompense par des salaires faramineux et des avantages sociaux que la population, ceux qui paient leur salaire en bout de compte, n’ont pas.

    Fonction publique = parasites

    Je vous laisse sur la definition de parasitisme de wikipedia… pensez s’y !

    « Le parasitisme est une relation symbiotique dont le symbiote (parasite) tire profit aux dépens de l’hôte, en vivant soit à l’intérieur de l’hôte (endoparasite), soit à l’extérieur de l’hôte (ectoparasite). On peut considérer le parasitisme comme un cas particulier de la prédation (le parasite se nourrit aux dépens de son hôte). Cependant, le parasite n’est pas vraiment un prédateur car il n’a pas pour but de tuer l’hôte. La sélection naturelle favorise les parasites les plus habiles à repérer et à consommer leur nourriture. La sélection naturelle favorise aussi l’apparition de moyens de défense chez les hôtes. »

    Tellement a propos…

  8. À stephanst et re3e.
    Deux beaux imbéciles heureux.
    Et c’est exactement ce je j’écrivait plus haut…
    En pasant les deux niouf !
    Certains parasites aides au bon fonctionnement de votre corps.
    Cependant, ils ne remplacerons pas vos neuronnes perdus.

    Ciao
    Une locuste.

  9. @ audiovue

    On est assez loin de l’aspect premier de ce blogue, soit l’informatique en general. Mais je ne suis pas de ceux qui laissent tomber facilement alors…

    Mon cher parasite audiovue. Le Quebec est dans le trou. 60% des depenses du gouv du Qc sont des salaires. Il faut couper pour assainir le Qc, d’ou le post original. Le logiciel de M. Dufraisier illustre avec des faits concrets ce que tous savent mais ne peuvent prouver avec certitude. Les 3 palliers de gouvernement (federal, provincial et municipal) sont parasites par des individus hyper-syndiques avec une productivite egale a celui d’un paresseux (l’animal) en plein jour. A moins qu’il ne se fasse deranger, il reste accroche a son arbre et ne bouge pas.

    Le Quebec n’avancera pas avec des ferme d’esprit, et des pro statut-quo comme toi. Il faut innover, avancer et progresser. Le statut quo est intenable.

    Suis-je imbecile ? peut-etre… Mais heureux, ca oui ! Je travaille loin du Quebec dans le secteur prive !

    Pour terminer M. Dumais, mes excuses pour les propos hors sujet du theme de votre blog. Continuez votre travail j’apprecie votre approche difference de la techno.
    Je me rappelle de mon ex-voisin, un fon-fon informaticien, ou un de mes amis au Min Peches et Ocean, ou encore mon bon ami actuellement au Ministere du chomage (je ne me rappelle plus le nom exact). Tous m’ont affirme que leur journees etaient plutot light et qu’ils etaient au gouv pour la paye et les avantages sociaux.

  10. Encore moi…

    @ audiovue tu sais la definition de locuste ?

    Les locustes sont des criquets grégariaptes appartenant à l’ordre des orthoptères. Contrairement aux sauteriaux, ils se transforment complètement lorsque leur population atteint un certain seuil de densité.

    Ces espèces peuvent se multiplier rapidement sous des conditions favorables et devenir grégaires et migratrices. Leurs nymphes forment des bandes larvaires et les adultes forment des essaims qui se déplacent sur des longues distances en ravageant les champs de cultures et réduisant leur rendement. Ce qui aggrave cette situation, est que les locustes s’adaptent à se nourrir de presque chaque espèce végétale.

    Au gouvernement on est rendu a l’etape de se multiplier rapidement et se deplacer pour ravager tout les aspects de la vie. Esperont que la migration arrivera sous peu.

    Drole la vie n’est-ce-pas ? Comment un commentaire a le tour de nous retourner dans la face

  11. À stephanst,

    Crois-tu sincèrement que j’ai signé Locuste sans le vouloir…
    Une partie du problème viens effectivement d’une surpopulation de travailleur syndiqués.
    Donc si je comprend votre raisonnement (Là je suis gentil) éliminont les syndicats et abolissons les lois protègeant les travailleurs.
    Vive le retour du Népotisme etles enfants retournants confectionner des chaussures pour les plus riches.
    Je crois que votre passage comme consultant vous à traumatisé au plus haut point.
    Le doc Mailloux venez en aide à ce sbire dépravé.
    Wow !
    Moi je lache prise car avec vos commentaires aucun êtres humain normal ne peut vous comprendre.

  12. Bon, les garçons, on arrête de se jeter des désagréabilité sur le nez et on redevient copain-copain. Sinon Mon’onc Nelson y va sortir sa strappe.

  13. Mon’onc Nelson a sorti sa strappe ce matin ? Je n’ai pas ete capable d’ouvrir le blog avant 4hre…

    @ audiovue, faudrait se parler sur un site de politique je crois. La difference des opinions a toujours ete la source de progres.

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