Vinyle essentiel sauvegardé sur CD

illustration2006092501.jpgVous savez comment c’est la vie. Il arrive qu’on se lève, un bon matin, avec un air dans la caboche et il n’y a rien à faire, la foutue musique reste collée. Un jour, deux jours, trois jours. Dans mon cas, il s’agissait du « Pacifique Canadien », une pièce satirico-politico-country enregistrée par André Lejeune sur le long-jeu Québékiss. Excédé (je déteste le country), je décide d’en finir, bref, de l’écouter. Mais j’ai beau fouiller dans ma piles de vinyles, je ne la trouve pas. Disparu, ce long-jeu, comme bien d’autres, du reste (on m’a cambriolé quand j’habitais sur le Plateau…). Quelle perte ! Québékiss, un produit sans prétention fignolé il y a 35 ans par l’écrivaine Marie Savard, cela dans la foulée des Événements d’Octobre 1970, est une œuvre où émotion, tristesse, humour, colère et tendresse viennent pointer vers les chemins de la liberté.


illustration2006092503v.jpgillustration2006092506v.jpgPuisque sur Internet, je ne trouvai aucune trace de ce document important pour comprendre la société québécoise du début des années 70, je décidai de l’emprunter. Mais à qui ? Qui, en 2006, pouvait encore posséder Québékiss ? Poser la question, c’était y répondre. D’où mon courriel à Fernand Foisy, un vieux militant qui, un clic plus tard, me confirma l’avoir, ajoutant qu’il me le laisserait chez moi en passant. Ne me resterait plus qu’à le copier et le graver sur CD (cliquez sur les deux vignettes, ci-haut). Oui, mais Marie Savard, une créatrice québécoise à l’origine de cette œuvre essentielle, n’est pas Elton, REM ou les Red Hot Chili Peppers. Cela me semblait un peu plus immoral, dans ce cas précis, de m’adonner à la piraterie. Voilà pourquoi j’osai lui demander la permission par le truchement de l’Union des écrivaines et des écrivains du Québec, ce qu’elle m’accorda gentiment par courriel.

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Voici donc comment j’ai procédé, sans rien acheter, pour transformer le long-jeu de Madame Savard en 10 fichiers AIF, lesquels furent convertis en AAC et en MP3. Je sais, il se vend des bidules (cliquez ici pour en voir un exemple) qui permettent d’y arriver sans douleur, mais j’ai préféré simplement raccorder ce que j’avais à ma disposition, ici chez moi.

Commençons par l’équipement requis, soit un amplificateur (cela parce que le tourne-disque n’est pas assez puissant pour être branché directement à l’ordinateur, il faut amplifier son signal), un tourne-disque (platine) bien dépoussiérée (très important), un ordinateur (un MacBook Pro dans mon cas) et deux enceintes (haut-parleurs). Note importante : avant de commencer, vérifiez que l’aiguille magnétique de la platine soit en bonne santé et que ses prises femelles (phono) n’aient pas de jeu dans leurs soudures (c’est un des problèmes qui surgit avec le vieillissement des équipements audio – j’ai acheté ma table Technics en 1986). Ajoutons à cela deux (ou trois) câbles en Y (fiches phono d’un côté, fiche stéréo combinée mâle de l’autre côté), un câble phono ordinaire (fiches phono aux deux extrémités) et un câble USB (voir photos ci-haut).

illustration2006092505v.jpgillustration2006092504v.jpgLes photos qui apparaissent si on clique sur les deux vignettes qui encadrent ce paragraphe, nous permettent de bien comprendre la façon de raccorder les câbles. Si vous avez fait de l’acide en écoutant Pink Floyd au début des années 70, cela peut vous paraître simple. Mais pour certains, probablement les plus jeunes parmi nous, il se peut que tout cela soit un casse-tête. Alors, voici :

  • le câble phono sert à raccorder la platine à l’ampli, sous l’indication PHONO;
  • illustration2006092511.jpg

  • un premier Y sert à raccorder l’ordinateur à l’ampli sous l’indication LINE; sur l’ordi, il se branche à la prise casque d’écoute ou Audio Out;
  • un deuxième Y sert à acheminer le signal de l’ampli vers l’ordinateur; il part de Tape/Line Out ou Tape/Rec dans le cas de mon ampli Pioneer et aboutit dans Line-in ou Mic, sur le côté de l’ordinateur;
  • un troisième Y (facultatif) sert à raccorder un petit syntoniseur FM (photo à droite) dans l’ampli sous l’indication TUNER, initiative fort pratique pour faire des tests de son;
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  • enfin, le câble USB sert à raccorder un disque externe à l’ordi. Imaginons que vous décidez de profiter de l’encombrante installation pour transférer plusieurs vinyles, la présence d’un disque externe (un petit Targus de 40 gigs tel qu’illustré sur la photo) pourra s’avérer fort pratique dans l’éventualité où il faille transvaser les pièces numérisées dans un autre ordi pour libérer le bloc-notes. Reste que vous pouvez suivre cette recette en raccordant directement l’ampli à votre gros PC de table, si vous ne voulez pas passer par l’étape du bloc-notes ou que vous n’en ayez simplement pas un à votre disposition.

Après avoir vérifié tous les raccordements, après s’être assuré que les longs jeux devant être copiées sont exempts de poussière, après avoir fait des tests de son avec le logiciel de captation musicale, on est prêt à commencer. L’objectif est de transformer le signal stéréo en fichiers WAV ou AIF (en s’assurant au préalable d’avoir assez d’espace de stockage ; une simple plage de 3 minutes peut facilement occuper un espace de 35 Mo). La plupart de ces logiciels disposent d’une fonction permettant la diffusion de la source musicale dans les enceintes de l’ordi.

illustration2006092513.jpgSi on utilise un PC, il ne faut pas se fier au petit magnétophone fourni avec Windows. À moins de savoir comment le bricoler, cet utilitaire s’arrête au bout d’une minute. Il faut plutôt aller se télécharger de petits partagiciels qui n’ont pas cette limite ou d’utiliser Audition d’Adobe (illustration ci-contre), anciennement CoolEdit Pro. Dans mon cas, j’ai mis une dizaine de partagiciels à l’essai (Polterbits, Advanced Sound Recorder, Audio MP3/WMA Recorder, Andacity, GoldWave, etc., tant du côté Mac que PC, et en ai finalement conservé deux en raison de leur allure générale et de leur convivialité, soit Amadeus II et
WireTap Pro (que j’ai acheté 19 $US), deux logiciels spécifique au MacOS X. Quant à Audition, j’étais habitué à la version 1.5. Malheureusement, le printemps dernier j’ai commis l’étourderie de la remplacer par la version 2, une version qui a rendu ce magnifique logiciel beaucoup trop compliqué pour ma petite tête. Et comme je me suis débarrassé de la 1.5, j’ai maintenant l’air con. D’où le fait que j’ai préféré utiliser un Mac.

illustration2006092515.jpgPour enregistrer, il est préférable d’y aller une pièce à la fois; on écoute le résultat et on procède aux corrections qui s’imposent: ajustement des hautes, des basses et du volume d’enregistrement. On recommence jusqu’à ce que le produit final soit acceptable et on continue. Certains logiciels séparent les pièces en autant de fichiers. D’autres considèrent la surface au complet comme étant un seul document. Il se peut que l’on ait ensuite à nettoyer ses fichiers en appliquant des filtres. La plupart des logiciels cités plus haut y arrivent, certains mieux que d’autres. Je me servais naguère d’Audition 1.5, un logiciel avec qui il m’est arrivé de faire des miracles.

illustration2006092516.jpgSi le logiciel utilisé permet la compression WMA, MP3 ou AAC, on peut avoir choisi ce format. Mais il se peut qu’on ait préféré obtenir fichiers non compressé, des WAV ou des AIFF, auquel cas, on peut en stocker une quinzaine sur un CD vierge (via, p. ex. Nero Burning ROM). On obtient ainsi un CD que l’on peut faire jouer dans le système de son du salon. Mais si les fichiers sont pour être joués dans un ordi, il est préférable de les comprimer. Il existe de nombreux logiciels permettant d’y arriver dont (dans mon cas) iTunes (illustration ci-après).

illustration2006092517v.jpgCe produit Windows et Mac est facile à configurer et permet de faire de nombreuses conversions. Cliquez sur la vignette ici à droite et vous en aurez une illustration. Bref, je suis de nouveau en possession de Québékiss (merci encore, Madame Savard), sans risque, cette fois, qu’on ne me le vole ou qu’il devienne inaudible. Vive la techno !

Toute cette histoire pour vous dire que ce matin, j’ai été le premier utilisateur du Métro de Montréal à écouter André Lejeune chanter « Pacifique Canadien » dans un baladeur JM53 de LG. D’après vous, si je signale ce précédent à la Société de Transport, vont-ils m’accorder une réduction ?

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8 réflexions sur “Vinyle essentiel sauvegardé sur CD

  1. Réponse à Yvon LacosteParce que SoundForge est cher et qu’il appartient à Sony. Or du côté de Sony, je n’ai jamais rien pu avoir comme prêt d’équipement ou de logiciel pour pouvoir en parler. Quand un produit se vend moins de 30 $, je l’achète; c’est à peu près le prix d’une caisse de bière. Mais en haut de ça, je communique avec le fabricant et tente d’en avoir un exemplaire en service de presse. Ce à quoi Sony ne se prête pas. Fait que …

  2. J’ai souvent à jouer avec des fichiers de son.. J’aime bien Goldwave: logiciel très léger, peut-être d’apparence complexe aux premières approches à cause de son immense nombre commandes, mais très efficace. De plus, c’est un produit canadien! Mieux encore, jusqu’à maintenant, les mises à jours ont toujours été gratuites.

  3. Note à Gilles SavardMadame Savard m’a autorisé à faire deux copies de son oeuvre: une pour moi, une pour le propriétaire du long jeu 33 tours. Puisque Québékiss est sa propriété intellectuelle, je vais lui demander si elle veut que j’en fasse d’autres. Peut-être que pour un Savard …

  4. hahaha merci Nelson de te donner la peine. Dis lui que Savard c’est un très beau nom et que ma grand -mère s’appelait marie savard aussi ;-P

  5. Bonjour,

    J’avais cet album en 33 tours. Je l’ai mis sur cassette quand il a commencé à être trop «scratché». J’ai encore cette cassette mais j’aimerais avoir une copie CD de cet album, surtout si la copie que vous avez utilisée est moins scratchée que la mienne.

    Je me rappelle très bien, sans même sortir ma cassette, de ces quelques pièces d’Anthologie :

    – Ça fait que là, là… où André Lejeune jouait de la cuillère !

    – On rentre chez-nous : monologue remarquable de Michel Chartrand que je voudrais faire écouter à des gens avec une version plus potable que la mienne, surtout que je n’ai plus de lecteur cassette portatif…

    – Lasting sadness…

    – La loi des mesures de guerre, avec les échantillonages de l’animateur de Radio-Canada qui avait annoncé que le gouvernement canadien avait décrété la loi des mesures de guerre. Je ne me rappelle plus du nom de ce journaliste…

    J’avais déjà croisé Marie Savard lors d’un enregistrement à Radio Québec auquel j’avais participé il y a de nombreuses années, je lui avais demandé si on pouvait acheter la version CD en quelque part, la réponse fut négative…

    Bref, cher monsieur, je vous serais tellement reconnaissant si vous pouviez prendre un instant pour m’envoyer ces fichiers AAC ou MP3… ou encore, faites-les parvenir à Marie Savard, qui pourra alors les vendre par courriel !

    J’ai 57 ans, cet album est très signifiant pour moi, merci de considérer ma demande.

    Merci, quelle que soit votre réponse !

    Pierre Vaillancourt
    enseignant
    pvaillancourt26@gmail.com
    pvaillancourt@cslaval.qc.ca

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