Mise à l'essai d'Antidote RX

illustration2006091201.jpg Hier, j’ai passé une partie de la journée à m’amuser avec Antidote RX. Et je pèse mes mots. J’ai même fait des découvertes dont je vais vous faire part ci-après. Par exemple, j’ai trouvé une façon assez simple pour ne plus faire de fautes quand on écrit dans Technaute, moi le chroniqueur, vous les commentateurs. Mais surtout, je n’ai pas vu le temps filer quand je me suis livré à la vérification de quelques-uns de mes textes déjà publiés ici (ce qu’Antidote a fait à une vitesse surprenante). Le moins que je puisse dire c’est que mon ego en a pris pour son rhume ! Sans compter toutes ces fonctions aussi ludiques qu’utiles avec lesquelles je me suis diverti. Pour tout dire, j’ai pu constater que la marche était haute par rapport à Prisme, la version précédente d’Antidote; l’équipe de Druide a vraiment mis le paquet.


illustration2006091101.jpgEn ce qui a trait à l’installation, tout s’est passé comme dans de la ouate, côté Windows. Clic clic, re-clic et activation. Il s’agit d’une procédure anti-piratage (semblable à celles de Microsoft et d’Adobe) où le numéro de série ne sert qu’à obtenir une clé d’activation. Sans elle, on se fait achaler à chaque début de session et, au bout de 30 jours, Antidote ne fonctionne plus. Bien sûr, c’est un système de protection qui se craque. Mais il faut savoir où aller, savoir comment procéder et, surtout, savoir vivre avec le remords d’avoir volé un fabricant de chez nous lequel, faut-il le rappeler, ne demande pas un prix extravagant pour son logiciel (130 $, ou 70 $ pour une mise à niveau).

illustration2006091215.jpg Côté Mac, j’ai vécu une petite difficulté que je vous mentionne au cas où vous auriez la même configuration que moi. Je n’ai pu installer Antidote sur mon gros Dual G5, ses disques étant un système RAID externe. Pour l’instant, Antidote ne s’installe que sur un disque interne. Mais mon MacBook Pro, lui, s’est goulûment farci le coffret d’outils linguistiques de Druide, avec plus d’appétit que Windows n’en avait démontré. Et ici, le cérémonial de la clé d’activation a été raccourci. J’ai simplement utilisé celle obtenue avec Windows, ce qui, ailleurs et autrement (je suis chroniqueur – testeur), aurait probablement fait de moi un pirate. Mais je n’en suis pas certain.

illustration2006091209.jpg Côté Linux, il m’a été impossible d’installer le produit, ma distribution, Ubuntu, n’étant pas supportée. Pour l’instant, seules Fedora et SuSE le sont. Tant et si bien qu’Ubuntu n’arrive pas à lancer l’utilitaire d’installation d’Antidote. Et si je passe par la procédure normale, les fichiers sous le répertoire Linux du CD-ROM d’Antidote ne sont pas reconnus. Je sais, je sais, si j’étais meilleur en bidouillage informatique, notamment dans las arcanes linuxiennes, je finirais probablement par y arriver. Mais ce n’est pas mon cas. Pourquoi seulement Fedora et SuSE ? Parce que ce seraient les saveurs de Linux les plus répandues dans les commissions scolaires et les ministères québécois. Sauf qu’Ubuntu serait la distro la plus populaire auprès des gens. Voilà pourquoi, bientôt (m’a-t-on affirmé chez Druide), une nouvelle version de l’installateur sera mise en ligne pour les besoins d’Ubuntu.

illustration2006091218.jpg illustration2006091217.jpg

Sous Windows, la petite fiole d’Antidote, celle qui contient l’élixir du druide, comme on le sait tous, vient s’installer à travers les micros icônes, à la droite de la barre de tâches au bas du Bureau. Sous Mac OS X, elle se place dans le dock. Mais dans les deux cas, elle obéit aux sollicitations de l’interrupteur droit de la souris et affiche alors un menu présentant l’essentiel de ses fonctions (hé les MacUsers, courrez vous acheter une souris à deux interrupteurs, si vous n’en avez pas encore une !).

illustration2006091219.jpg illustration2006091220.jpg Les commandes d’utilisation sont généralement intégrées sous forme de barre d’outils dans les logiciels bureautiques les plus populaires, des barres qui s’intègrent toutes seules lorsqu’on installe Antidote la première fois. Trois petits boutons (photos ci-haut) donnent accès à tout ce dont on a besoin : correction, dictionnaires et guides, cela dans un contexte d’opulence du côté fonctions et possibilités. J’ai testé cet aspect dans Word, InDesign et Outlook et je n’ai rien trouvé à redire, bien au contraire.

Je me suis plutôt intéressé à la possibilité de lancer Antidote directement de la barre de tâche (Win XP) ou du dock (Mac OS X). Et devinez ce que j’ai découvert ? Une façon de ne pas faire de fautes dans Technaute. Je vous jure ! Comment ? Deux possibilités, selon que vous êtes sur Mac ou sur PC.

Sous Mac OS X : (cliquez pour une illustration)

  • Vous vous rendez dans la boîte Soumettre un commentaire qui apparaît au bas de mes articles et, comme d’habitude, vous tapez votre intervention.
  • Ensuite, vous sélectionnez votre texte (Cmd-A) et vous le copiez (Cmd-C).
  • De la droite, vous cliquez sur l’icône d’Antidote dans le dock et vous choisissez le menu Correcteur.
  • Antidote entre alors en action et vous propose ses corrections. Faites-le travailler comme vous le feriez directement dans Word; prenez votre temps si vous le pouvez.
  • Il vous présente votre commentaire dans une nouvelle fenêtre qui, de façon fort pratique, est agrémenté d’un bouton copier et fermer.
  • Si vous gratifiez ce dernier d’un clic, votre prose corrigée se retrouve près pour être envoyé à Technaute.

Sous Windows : (cliquez pour une illustration)

  • Antidote vous fait passer par un intermédiaire (pour l’instant). Contrairement au paragraphe précédent, vous ne tapez pas votre intervention dans la boîte Soumettre un commentaire, mais dans Notepad (Bloc-Notes) ou Wordpad, deux éditeurs de texte fournis avec Windows. Ils se trouvent sous « Démarrer / Tous les programmes / Accessoires ».
  • Ensuite, vous sélectionnez votre texte (Ctrl-A) et vous le copiez (Ctrl-C).
  • De la droite, vous cliquez sur l’icône d’Antidote dans la barre de tâche et vous choisissez le menu Correcteur.
  • Antidote entre alors en action et accomplit les miracles. Faites-le travailler comme vous le feriez directement dans Word.
  • Au fur et à mesure que vous acceptez les corrections dans son interface, le texte du Notepad ou de Wordpad se modifie en conséquence.
  • Une fois les corrections terminées, vous sélectionnez votre commentaire (Ctrl-A) et vous le collez (Ctrl-V) dans Technaute pour publication.

illustration2006091212.jpg Dans mon intro, je vous parlais de fonctions aussi ludiques qu’utiles. Voici quelques exemples en commençant par ces désopilants jokers (des points d’interrogation passe-partout) qui personnifient des caractères inconnus. Ainsi, tapez, p. ex., bo??e. Instantanément, Antidote vous affiche les 40 mots possibles : boche, boëte, bogie, boire, bonne, bombe, etc., et, du même souffle, vous propose 140 anagrammes. Vous souhaitez écrire en alexandrins avec des mots qui se terminent en ment ? Vous n’avez qu’à taper autant de points d’interrogation que vous voulez, suivis des lettres ment. Les gens vous croiront érudit.

illustration2006091214.jpg Imaginez-vous maintenant au Scrabble, alors que vous avez un verre dans le nez, la belle-sœur qui ricane en face de vous et que vous êtes aux prises avec les lettres r, e, t, a, i, o, p. Prétextez une pause pipi, glissez-vous subrepticement jusqu’à votre ordi et tapez ces caractères dans la fenêtre du dictionnaire. Antidote vous fournira alors toutes les combinaisons possibles (opérait, opterai, tôperai et toperai) et vous placera en situation de terrasser votre belle-sœur, personnage odieux qui connaît son Larousse par cœur. À moins qu’elle ne vous accuse de tricher (à me relire, on croirait entendre André d’Orsonnens, Grand Druide – cinquième dan, photo de droite).

illustration2006091213.jpg Autre bel exemple, la fonction Révision (sous Prismes) à laquelle on accède en cliquant sur le crochet vert. Pour le misérable scribe que je suis, cet outil est génial. Antidote surligne ainsi mes répétitions, mes phrases trop longues, mes abus de tournures passives, mes liens conjonctifs, mes abréviations, etc. Je sais ainsi que dans ce texte-ci, j’ai odieusement abusé de certains mots dont installer, taper et texte, j’ai glissé 8 régionalismes, dont achaler et canot, et j’ai laissé passer 55 mots de sens pauvre ou flou. Ouin !

Mais attention, Antidote n’est pas la panacée à tous nos maux … et mots. On tend à le croire implacable, mais il ne l’est pas vraiment. Il n’est qu’un logiciel. En ce sens, il peut en arracher avec les histoires contextuelles. Par exemple, je place quoi sur ma table, un verre, un vert ou un ver ? Si c’est une table près d’un canot, ce sera possiblement un ver, si c’est un présentoir de dépliants, ce pourra être un vert (celui de couleur verte), si c’est une table de cuisine, ce sera vraisemblablement un verre. C’est une zone compliquée où Antidote perd facilement le nord, même s’il y a fait de grands pas.

Un bel exemple est survenu dans mon texte d’hier, exemple que je reprends ici même, sous ce lien. On constate ainsi qu’Antidote me demande de remplacer le verbe fonctionne par fonctionnent. Il a décidé que le sujet du verbe, c’est-à-dire produit, était pluriel puisqu’il se prêtait à trois sauces, soit Mac, Windows et Linux. Autre exemple, prenez la courte phrase Là, tu écris ton texte et tu le fais corriger, une phrase sans contexte référentiel pour Antidote. Comme vous le voyez, il erre avec corriger. Il insiste pour mettre ce verbe au participe passé alors qu’il faut évidemment l’infinitif. C’est que, dans un sens, on pourrait remplacer corrigé par contemporain, coulant, différent, etc., des qualificatifs justifiant le rationnel d’un participe passé.

illustration2006091216.jpg Autrement dit. Si Antidote corrige généralement toutes nos fautes, presque tout le temps, avec parfois beaucoup de savoir-faire, il lui arrive de merder. Je le répète, les logiciels ne seront jamais des humains capables de toutes les nuances et mises en contexte inimaginables, ils ne sont que de glacials échafaudages de 1 et de 0. Le dernier à ne pas l’avoir compris aura été HAL dans Space Odyssey 2001 (Stanley Kubrick, 1968). Il faut donc prendre le temps de questionner et de valider les suggestions qu’il nous fait; il n’a pas toujours raison. Cela s’appelle se servir de son gros bon sens.


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9 réflexions sur “Mise à l'essai d'Antidote RX

  1. Un complément à mon texteJ’ai voulu vérifier comment Antidote se comportait face à un texte typique de forum francophone. Je suis donc allé sur Bestofmicro.com et, en moins de 5 secondes, ai repéré cette intervention :bonjour je m’appelle maëlle é j’ai un p’tit souci!! enfaite voilà je vis actuellement seule é je souhaite acheter un pc portable pour mes cours, et principalement pour faire de la naviguation sur le net. Mais je n’y connais pas grd chose en ce ki conserne les caractéristiques pour acquérir un bon pc pour mon utilisation, sachant k j’ai bcp de photo é kelk music a stocker. J’aimerais acheter un Dell é prendre la freebox, pour avoir à la fois l’adsl é le téléphone, é dc une carte wifi sur mon pc. Enfaite j’aimerais que vous me conseillez sur l’ordi en lui méme, mais aussi sur les fourniseur d’internet (j’habite a st jean de muzols près de tournon ardèche -> dc l’adsl passe pas encore avec tt les fourniseurs!!), kel capacité fo t’il pour parler de « haut débit ». voilà merci d’avance je compte l’cheter d’ici le wk prochain…. J’ai copié – collé ce texte dans Word, puis ai demandé à Antidote de le vérifier et de le corriger. Après un premier résultat vraiment pas concluant, je lui ai demandé de recommencer. Voici le résultat:
    Bonjour je m’appelle mal é j’ai un p’tit souci!! Enfaîte voilà je vis actuellement seul é je souhaite acheter un PC portable pour mes cours, et principalement pour faire de la navigation sur le net. Mais je n’y connais pas GRD chose en ce ki concerne les caractéristiques pour acquérir un bon PC pour mon utilisation, sachant k j’ai bcp de photo é kelk musique a stocké. J’aimerais acheter un Dell é prendre la freebox, pour avoir à la fois l’RNA é le téléphone, é dc une carte wifi sur mon PC. Enfaîte j’aimerais que vous me conseillez sur l’ordi en lui mémé, mais aussi sur les fournisseurs d’internet (j’habite a st jean de muzols près de Tournon Ardèche -> dc l’RNA passe pas encore avec TT les fournisseurs!!), kel capacité fo t’il pour parler de « haut débit  » . voilà merci d’avance je compte l’quêter d’ici le wk prochain.Conclusion: Antidote n’est pas un logiciel de traduction, ça saute aux yeux. Antidote est plutôt un outil linguistique, un outil destiné à ceux pour qui le respect de la langue est important.

  2. Méchant beau papier, Nelson ! Mais il n’a pas d’impact sur moi. J’utilise encore ma vieille version d’Antidote, celle d’avant Prisme, et j’en suis 100 % satisfaite !

  3. Pas cher, 130 $, pour un utilitaire de correction ?

    Mazette! Le métier de chroniqueur doit être bien plus payant que je ne l’imaginais.

    Peut-être, à force d’arguments et de contre-arguments, pourrais-je éventuellement me laisser convaincre, mais pas avant que le logiciel n’ait démontré qu’il reconnaît à quel point le chroniqueur a effectivement besoin de se faire corriger. Ou qu’il sache reconnaître le sujet logique d’une phrase plutôt simple.

    En attendant, m’a me corrigé moi-meme pi m’a gardé ma belle argent pour m’acheté des choze vraiment utile, comme un beau char neuf, tien don. À 60 000 $, une vraie BMW qui flashe pi qui va vite, ça cé pa chère.

    Ne nous méprenons pas. Je susi reconnaissant au chroniqueur d’avoir testé la chose pour nous (il faut bien que ça serve à quelque chose, un chroniqueur!) et de m’avoir empêché de lancer mes maigres sous par là, Windows. Je suis bien content que le chroniqueur se soit bien amusé, mais 130$ pour du bon temps et des bons mots, c’est abusif. Même quand la somme est dépensée dans ma cour.

  4. Bonjour

    Pour répondre à Guy LeBleu, il ne faut oublier qu’a ce prix, il vous servira pendant plusieurs années, donc si vous l’utiliser pendant 4 ans , comme ma version Prisme, mises à jour gratuites en plus, ça ne fait pas très cher et ça nous permettra de vous lire comme il faut, plus ça va plus le français est laissé allé sur plusieurs forums, il y a quand même un minimum, quand on est rendu à écrire le mot CHOZE avec un Z, on voit bien que vous en avait de besoin.

    Même si Antidote n’est pas parfait, il nous fait réfléchir…..

    Le langage  »style chat » massacre notre langue et j’ai bien hâte de voir ce qu’aura l’air nos générations futures.

    À bon entendeur

    Luc

  5. Bonjour j ai presentement le logiciel antidote mais je ne peux pas l’installer je n’ai plus le numero de serie comment faire pour en avoir un autre ou svp m en donner un autre merci

  6. Réponse (plutôt tardive) à Luc : c’est délibérément que Guy a écrit le mot « chose » avec un Z. Le passage qui contient des fautes se veut ironique, tout simplement. Le reste de son texte indique clairement que l’auteur manie bien la langue et écrit dans un français correct.

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