L'art subtil du cyber-couch-potato-ingpartie 1

illustration2006082411.jpgIl va sûrement pleuvoir des sauterelles. Voilà deux jours consécutifs que je suis technologiquement heureux et aujourd’hui, c’est plus qu’hier (et peut-être moins que demain, qui sait ?). Je suis en train de vous écrire cette chronique dans le grand luxe cinq étoiles, le grand luxe honteux, bourgeois, celui qui se nourrit de la sueur des honnêtes travailleurs. Si vous êtes disposés à me haïr pour cause de jalousie extrême, lisez ce qui suit. Sinon, retournez taper dans l’ergonomie traditionnelle de vos ordinateurs, celle qui est aussi sexy qu’une salopette de plombier.


J’ai toujours cru que l’expression de la créativité n’était d’aucune façon reliée au confort enrobant le processus. Je me souviens de poèmes écrits dans une boîte brinquebalante de camion, de dissertations terminées sur une table de taverne et d’articles tapés en situation sardinesque (avion bondé, classe écono, dossier du siège en avant abaissé). Mais rien n’empêche de rêver, de s’imaginer riche, de se voir en train de créer dans un contexte d’opulence. Auquel cas, on peut fantasmer sur une installation bureautique parfaitement flyée (en supposant que c’est quelque chose qui nous allume). Et c’est ce que j’ai fait sans perdre de vue, pour autant, que je chroniquais pour Technaute. Voilà pourquoi je m’en suis tenu à des bidules pas si tant chers que cela et relativement faciles à trouver au Québec.

illustration2006060201.jpgCôté ordi, j’ai opté pour une machine aussi puissante, que robuste, portative et abordable. J’ai ainsi fait porter mon choix sur un MacBook Pro d’Apple, le bloc-notes qui pourrait constituer un des meilleurs achats sur le marché, toutes catégories confondues. Rassurez-vous, je ne recommencerai pas à vous le vanter ici, je l’ai fait en temps et lieu. Sauf que l’utilisation ouatée de cette machine supposait quatre compromis auxquels je n’avais vraiment pas envie de consentir : le logiciel de traitement de texte, le clavier, la chaleur et les lunettes de lecture… Quatre compromis que J’ai finalement gommés à mon entière satisfaction.

illustration2006082414.jpgPuisque le MacBook Pro est un Mac, sa version de Word est celle d’Office:mac 2004, un produit que je trouve inférieur à Word 2003 (Microsoft Office 2003). Une bête question de goût. Pour régler ce caprice, j’ai simplement démarré l’appareil sous Windows XP, merci à l’utilitaire Boot Camp. Je me suis peut-être retrouvé loin du MacOS X Tiger, direz-vous à juste titre, mais XP SP2 n’est pas si mal non plus, vous rétorquerai-je.

Quant à l’irritant majeur, celui du foutu clavier Mac qui n’arrive pas à comprendre certaines réalités Windows, dont le célébrissime Ctrl-Alt-Del, les touches Print Screen, Fn, Windows, Delete, etc, j’ai tout simplement branché au MacBook Pro un jeu clavier-souris Bluetooth (portée de 9 mètres) de marque Gyration. Ici, triple Wow à sa fabricante, la multinationale Thomson ! On enfiche un récepteur USB dans l’ordi (ça ressemble à une clé de mémoire) et tout se met automatiquement à fonctionner, tant sur Mac que sur PC, sans nécessairement avoir à installer le logiciel.

illustration2006082406.jpgillustration2006082408.jpgLa souris dite Air Mouse, est vraiment particulière. En plus d’être sans fil, optique, ambidextre et juste assez lourde pour plaire à une main masculine normalement constituée, elle est gyroscopique. Cela signifie qu’elle peut être utilisée complètement dans les airs, loin de son tapis, obéissant fidèlement aux mouvements de la main, en autant qu’elle soit tenue comme s’il s’agissait d’un petit révolver, avec l’index sur la détente, ce qui active le gyroscope intégré. Il est évident que je ne l’utiliserais pas en mode aérien pour écrire toute une chronique; le temps nécessaire à une maitrise productive m’apparaît important. Par contre, pour m’amuser dans PowerPoint, pour jouer aux cartes, pour faire tourner des clips vidéos ou pour faire de la recherche sur le Triple W, je ne dis pas non. Bien au contraire. Facile à paramétrer grâce à un utilitaire appelé Gyrotools, elle propose au départ, une bibliothèque de fonctions très complète. Un mot en passant sur sa pile qui est rechargeable sur socle (photo ci-après), un peu comme certains cellulaires.

illustration2006082407.jpgQuant au clavier Gyration, le modèle qu’on m’a prêté est de type compact (88 touches – sans pavé numérique). Il ne pèse rien (on le sent à peine si on se le place sur les cuisses), il fonctionne avec 4 piles triple A, il dispose de toutes les touches nécessaires à Windows et nous fait quasiment oublier qu’on est au volant d’un Macintosh. Nulle part on ne sent la prime à payer pour pouvoir utiliser Windows XP dans un MacBook Pro. Bref, on ronronne de félicité…

Un autre inconvénient des blocs-notes articulés autour du Core Duo d’Intel, c’est la chaleur qui s’en dégage. Imaginons que vous vouliez vous écraser dans un fauteuil bien confortable pour écrire et que vous vous placiez l’ordi sur les cuisses, vous ressentiriez assez rapidement l’inconfort de la chaleur. Ce n’est pas que vous vous transformeriez en barbecue, mais vous songeriez rapidement à changer de position. Greffez maintenant à cette réalité, celle de votre grand âge qui, o calvaire, vous oblige à porter des saloperies de lunettes de lecture ! Pas jojo, croyez-moi. L’écran a beau faire 17 pouces, vous ne tenez pas longtemps sans vos barniques. Comment alors pouvoir écrire dans le confort de votre salon ?

illustration2006082409.jpgFacile, il suffit de brancher un projecteur au MacBook Pro. C’est ainsi que j’ai odieusement tété Epson Canada qui m’en a fait parvenir un pas piqué des vers, le Powerlite S4. Ce petit projo SVGA de 5,7 livres se veut HDTV-ready, affiche en modes 4:3 ou 16:9, dégage 1800 lumens (ANSI) et peut projeter aussi loin qu’à 40 pieds. De plus, une techno Epson appelée 3LCD rend possible des images et des couleurs encore plus précises. Sa lampe de 170 Watts UHE aurait une espérance de vie variant entre 2 000 et 3 000 heures, selon qu’on l’utilise en modes High ou Low Brightness. Si cet estimé est vrai, cela représente, plus ou moins, une année de travail, 8 heures pas jour, le Powerlite toujours allumé.

illustration2006082402.jpgBranché au MacBook Pro, le S4 a été immédiatement reconnu et pris en charge du côté MacOS X; deux larrons en foire; aucun zigonnage à se taper. On branche, on glisse (par exemple) un film loué dans le lecteur de DVD, on appuie sur la touche F7 et, instantanément, on se retrouve au cinéma, pop-corn en sus. Mais du côté Windows, ça n’a pas été aussi simple. Il m’a fallu aller bizouner dans les propriétés d’affichage, plus particulièrement dans l’interface fort peu ergonomique d’ATI, fabricante à l’origine des ressources vidéos du MacBook Pro. Quelle histoire ! Ce fut en fait le seul épisode ardu de tout ce que je vous raconte aujourd’hui. J’ai fini par y arriver et optant pour un affichage de 1290 x 960. Mais ne me demandez pas de recommencer, je ne suis pas sûr de bien comprendre tout ce que j’
ai fait pour finir par y arriver.

illustration2006082404.jpgJ’ai installé mon bataclan de riche dans une pièce de 12 X 12 fraîchement aménagée (mais dont les murs sont encore vierges) et j’ai orienté le Powerlite S4 vers une de ces surfaces. À dix pieds du mur, le petit appareil m’a ainsi créé un écran de 6,8 pieds X 5,3 où, par exemple, le mot « MacBook Pro » faisait 1,5 pouce de large par 12 de long. Autrement dit, j’ai pu travailler sans lunettes, honteusement effouèré dans un fauteuil bien moelleux. Quant au magnifique ordi de Monsieur Jobs, il se trouvait sur le même chariot que le projo, presque deux pieds derrière moi. J’ai pu le faire travailler directement de mon mur grâce à la panoplie Bluetooth de Thompson.

illustration2006082415.jpgLe coût de mon phantasme ? Mettez 2,800 $ pour l’ordi, 700 $ pour les logiciels Microsoft, 160 $ pour le kit Gyration et 800 $ pour le projecteur Epson, ce qui nous donne un prix total frisant les 4 500 $, s’il vous faut tout acheter. Moi qui ait déjà payé plus de 6 000 $ pour un Mac 128 tout garni (en 1984), près de 4 000 $ pour un gros 386DX (en 1989) et 3 500 $ pour une mirifique LaserJet (également en 89), j’estime que 4 500 $ ce n’est pas la mer à boire, compte tenu du confort et de la polyvalence que tout cet équipement représente.

Hélas, 4 500 $ ce n’est pas une somme dont je peux disposer, comme cela, pour m’embourgeoiser davantage. Mes priorités sont toutes autres. Mais rien ne m’empêche de rêver, non ? En attendant, je suis devenu probablement le seul cyber-couch-potatoe de Montréal et le resterai tant que je n’aurai pas retourné les équipements qui m’ont été prêtés !

On ne se refait pas !


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11 réflexions sur “L'art subtil du cyber-couch-potato-ingpartie 1

  1. WOW moi qui est tout content avec mon 20 pouces panoramique. Cela me donne le goût de m’acheter un projecteur. Je m’attendais à plus que 800$ pour ce projecteur, c’est pas chers. En plus de travailler sur grand écran, on peut se faire un cinéma maison. ou même jouer à des jeux, grand comme ça les jeux doivent prendre une autre dimension.

    Considérant que j’ai déjà un macbook il ne me manque que le projecteur, une souris et un clavier sans fils et WOW la bourgeoisie.

    Question Nelson, l’image est belle avec ce projecteur? Ca vaut la peine?

  2. À Gilles Savard: Si je dis à Windows d’afficher en 800 x 600, tout est impeccable: sites Web, textes, chiffriers, etc. À plus de résolution, on commence à perdre des éléments de menu. P. ex., les photos du texte ci-haut, je les ai arrangées dans Photoshop CS2 en 1290 x 960. Quand je tapais les chiffres pour indiquer la largeur d’une photo (i.e. 250 pixels) dans l’interface « Save for Web », j’avais toutes les difficultés du monde à bien lire. Y a comme une sorte de balance à découvrir entre l’affichage parfait et la résolution d’écran souhaitée (et c’est un peu la même chose du côté Mac). Dans Word, quelle que soit la résolution, je fais afficher mon texte à la largeur de l’écran, ou presque, ce qui donne des lettres d’au moins un pouce de haut. Pour les films, il n’y a aucun problème, c’est assez saisissant.

  3. J’avais vu le kit Gyration en USB (pas Bluetooth), il m’avait intéressé car j’aimais la grandeur du clavier et sa minceur, j’en avais ras-le-pompon des gros claviers bruyants.

    J’ai découvert que Logitech fabrique quelque chose de très semblable, le kit di Novo. C’est un achat que je compte faire d’ici peu.

  4. @ NElson

    J’aurais cru qu’avec le support du HD sur le projecteur les textes aurait été beaucoup mieux que tu semble le dire. Mais bon à part travailler avec du texte le reste doit être génial.

  5. Hé Patate… 🙂

    Ton système, si je comprends bien, c’est le « summum » de l’accessibilité, pour ne pas dire de la facilité.

    Imaginez, tout ce que pourraient faire des centaines de personnes handicapées s’ils avaient, un jour, accès à un tel outil.

    Vous avez dit psychédélique…

    P.S. Ce message à été écrit par une autre patate assise, elle, sur une chaise en chêne massif, dure mais confortable, devant un vulgaire écran de 17 pouces d’un modèle ancien qui, je vous l’accorde, prend trop de place sur mon « Desktop »…

  6. Vraiment impressionant ! N’empêche, pour l’avoir déjà essayé (avec fil, par contre), le clavier sur les genoux n’est pas vraiment mon truc. Je suis peut-être trop conventionnel, mais j’aime bien avoir une table de travail. Par contre, la souris a vraiment l’ai écourante ! Et que dire du projecteur !

    Mais bon, l’inconvénient reste toujours le prix. Parlant de tous ces joujous, est-ce que la résolution de 1280 par 1024 est possible ? Il me semble que pour un écran de cette taille (et un portable censé être à la fine pointe), ça devrait être possible…

    Il faudrait aussi tester le tout avec un desktop (pourquoi pas le mac pro ?), ça devrait torcher 😉

  7. Question: mon laptop est un « vieux » Dell de 2 ans 1/2. Ca peut-tu marcher avec tous tes cossins que tu parle dans l’article ?

  8. bobTR: Oui ça marche même avec mon vieux portable IBM de 10 ans. Un projecteur c’est uniquement un écran… Ce te prend juste une sortie vidéo. Prend pas le SVIDEO, mais plutot la sortie d’écran d’ordi pour avoir une meilleure qualité.

    hugoprev: Ben les graphiques seront pas meilleurs sur un desktop, car c’est le résolution max du projecteur qui amène le manque de qualité. Il y a des projecteur qui affichent en 1600 * 1200 (pour le 4×3) Ceux là sont ouf !!! Peux importe l’ordi. Le prix est ouf aussi…

  9. À ÉricB: je pensais surtout aux difficultés de Nelson avec la carte ATI… La configuration est normallement plus simple avec une nVidia.

  10. Ca m’est arrivé à quelques reprises de brancher mon Infocus X1 sur ma carte vidéo pour montrer des photos de voyage à des amis, ou pour jouer au xbox, c’est très impressionnant. Mais en effet, on rencontre la problématique de tous les écrans LCD; si on veut y voir clair, il faut s’en tenir à la résolution pour lequel le LCD a été conçu.
    J’ai vraiment hate d’avoir un projecteur qui ferait du 1200X1600 ou plus, j’irais plus souvent m’écraser sur mon sofa pour y travailler.

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