Microsoft Encarta Collection 2007: ouin !

illustration2006080201.jpgJ’ai beau adorer le soleil, être résistant à la chaleur et préférer l’été aux autres saisons, il y a quand même des limites. Ma cour est devenue aussi accueillante qu’un four à pizza. Je me suis donc refugié dans mon bureau climatisé où j’ai entrepris de bidouiller quelques projets qui traînaient dont celui de mettre à l’essai la version française d’Encarta Collection 2007. C’est un produit très connu de Microsoft qui est revendu 50 $ au Canada et qui se destine aux élèves du secondaire et du cégep. Mais avant de courir l’acheter, lisez ce qui suit.


illustration2006080206.jpgOn connaît tous Encarta, cette encyclopédie électronique dont la première version remonte à 1993. Essentiellement anglo-saxonne (refonte des trois encyclopédies papier Funk & Wagnalls, Collier et New Merit Scholar), elle a depuis été proposée en d’autres cultures dont celle de la francophonie européenne depuis 1996. Pour ce faire, Encarta a été refaite par une brochette d’universitaires français soi-disant très spécialisés. Tant et si bien qu’au fil des ans, Encarta est devenu l’ouvrage de référence sur CD ou DVD le plus vendu du monde. La machine à saucisses de l’oncle Billy a en effet rendu ce produit plus complet, plus universel, plus intéressant, mieux documenté (dit-on), mieux présenté et, surtout, moins cher et mieux distribué que ceux de la concurrence.

illustration2006080205.jpgSi au Canada, c’est une version anglaise qui est massivement commercialisée, il faut savoir qu’il existe une version franco-canadienne, cela en raison des lois linguistiques du Québec. Il s’agit toutefois d’une version réduite dont le contenu est deux fois moindre que celui de la version anglaise. On a tous compris que cette passe-passe permettait à Microsoft de vendre en toute légalité au Québec sa version anglaise, ce qui représente 9 ventes d’Encarta sur 10. Ce mini-bitchage étant fait, j’imagine qu’on peut très bien s’accommoder de la version française, celle supervisée par Microsoft France. C’est en tout cas celle que j’ai essayée.

illustration2006080202.jpgOr, d’entrée de jeu, elle m’a fait enrager. Il s’est passé un truc que je n’ai pas vraiment compris. Le logiciel installateur d’Encarta a déterminé que ma version 1.1 du Dot-Net Framework ne lui convenait pas (photo ci-contre). Il m’a fallu la désinstaller (faut préalablement aller désactiver les services non Microsoft et les éléments de démarrage dans msconfig, je vous jure), pour ensuite télécharger la nouvelle version 2.0 et l’installer. Ensuite (photo ci-après), ce foutu installateur à l’âme de jésuite s’est mis a vraiment scruter mes XML Core Services (MSXML). Mais comme il était probablement abruti par la canicule, il a finalement décidé de me foutre la paix et de m’installer Encarta sans autre forme de procès.

illustration2006080204.jpgUne fois installé, le produit s’est montré stable et rapide. Qui plus est, l’ergonomie améliorée de son interface m’a semblé rendre la consultation très agréable. C’est ainsi que je me suis livré à quelques recherches dont une première portant sur notre mini-Bush albertain, Stephen Harper. Il y était. Idem pour Charest, Martin et Lucien, mais Bernard Landry n’y était que sous forme de mention dans un paragraphe expliquant la démission de Lucien Bouchard. J’ai aussi trouvé Céline Dion et, sans photo, Gilles Vigneault, mais pas de Jean-Pierre Ferland. Quand à notre plus récent film (dans la liste des « principaux films canadiens »), ce serait ExistenZ de David Cronenberg (1999).

illustration2006080207.jpgJ’ai ensuite ouvert la première fiche du chapitre traitant de l’histoire du Québec; en voici le copié-collé: « 5. Histoire – 1. Le Québec français : La région du Québec a été d’abord habitée par les Algonquins, les Hurons et les Iroquois. En 1534, l’explorateur français Jacques Cartier accoste sur la presqu’île de la Gaspésie et revendique le territoire au nom de la France. L’année suivante, il remonte le fleuve Saint-Laurent et rencontre d’importantes communautés autochtones à Stadaconé et à Hochelaga.» J’ai donc décroché et ai procédé à la désinstallation d’Encarta.

illustration2006080210.jpgPourquoi ? Parce qu’il y a des inexactitudes. En mai 1534, Cartier a d’abord visité la Côte-Nord québécoise où il s’est notamment arrêté à Brest (près de Blanc-Sablon), une rade bien équipée qui servait depuis une trentaine d’années aux pécheurs bretons (notamment). À la mi-juin, avant de quitter la région, il planta une première croix au nom du roi de France, puis il longea Terre-Neuve, les Îles-de-la-Madeleine, l’île-du-Prince-Édouard, la Baie-des-Chaleurs et, le 14 juillet, aboutit à Gaspé. À cette date, les Indiens rencontrés furent des Innus, des Béothuks, possiblement des Micmacs et, à coup sûr, quelques Iroquois, ceux du chef Donnacona venus à Gaspé en expédition de pêche. Ensuite, Cartier poursuivit franc ouest, remonta l’Île-d’Anticosti, grimpa vers le détroit de Belle-Îles et regagna la Bretagne. On était le 15 août.

L’année suivante, il revint et, cette fois, descendit le fleuve jusqu’à Hochelaga (Montréal) en passant par Stadaconé (Québec), cela au cours d’une saga létale qui dura 14 mois. Les Indiens rencontrés furent cette fois des Iroquois, même à Stadaconé, un territoire supposément innu (montagnais). 73 ans plus tard, quand Samuel de Champlain débarquera à son tour à cet endroit, les Iroquois seront disparus et ce seront des Innus qui l’accueilleront. Quant aux Hurons cités dans Encarta, ils constituaient une nation iroquoise établie dans la région de la Baie-Georgienne (nord de Toronto). Pris dans une tourmente politico-guerrière extrême, ils furent presque exterminés par leurs congénères iroquois. Des familles survivantes furent secourues par le clergé catholique du XVIIe siècle qui les installèrent dans la région de Québec (Wendaké).

Je me suis dit que si cette fiche d’histoire pouvait être aussi mal documentée, il en existait sûrement d’autres dans cet ouvrage. D’où mon geste de désinstallation !

Avis aux étudiants et à leurs profs !


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12 réflexions sur “Microsoft Encarta Collection 2007: ouin !

  1. Bah… une encyclopédie papier, c’est plus pour impressionner la visite qui admire le gros meuble où elle est rangée (idéalement en plusieurs volumes) que pour son utilité. Quoi qu’il me faut admettre que la consultation d’articles au hasard, le temps d’un tour au petit coin, me permet de joindre l’obligatoire et l’utile à l’agréable (je vous laisse deviner lequel porte chacun de ces attributs). Mais sinon, je trouve les encyclopédies papier vite dépassées. Mes parents en ont une collection et il est plutôt facile d’y retrouver des choses qui n’ont plus cours. C’est intéressant du point de vue historique mais un enfant de 8 ans pourrait pas mal faire rire de lui en se fiant là-dessus. Et il faut se rappeler que la vérité absolue, même dans les encyclopédies, n’est pas toujours aussi bien définie. Plusieurs articles sont encore teintées de croyances (religieuses ou autres) et peuvent s’avérer inexacts même dans les encyclopédies les plus sérieuses. Ne dit-on pas que l’histoire est écrite par les gagnants?

    Donc, pour ma part, j’aime beaucoup les encyclopédies en ligne comme wikipedia, non pas parce que j’ai une confiance aveugle en leur contenu, mais parce qu’elles sont à jour très rapidement. 2 semaines après une victoire de Roger Federer à Wimbledon, le titre est inscrit à son palmarès sur Wikipédia. J’ai une envie soudaine d’en apprendre plus sur la xbox, il y a un article dans wiki. Et la liste est longue. De plus, elle laisse souvent les perdants ou, à tout le moins, les témoins directs ajouter à son contenu.

    Bien sûr, des choses pas très correctes se sont déroulées dans le passé avec wiki mais la dernière chose à faire serait de penser qu’une encyclopédie papier possède d’office un contenu plus crédible. Une dose de bon jugement de la part de l’utilisateur est toujours requise mais pas toujours au rendez-vous…

  2. La question n’est pas là. Si j’ai bien compris le texte, on aurait une encyclopédie électronique contenant des erreurs de faits. Des étudiants pourrait donc l’utiliser et produire des travaux contenant des faussetés. Leur prof pourrait être en désacord, leur donner de mauvaises notes, un astinage s’ensuivrait avec les élèves convaincus d,avoir écrit les bonnes choses et, au bout de la chaîne, les parents (ceux qui auraient possiblement acheté Encarta) auraient à s’en mêler, etc. Vous voyez l’affaire?

  3. Désolé Michelle mais je comprends que j’aurais dû m’abstenir de faire mon commentaire qui référait non pas à l’article de Nelson mais au premier commentaire… sans doute trop compliqué à suivre…

  4. C’est vrai que Wikipedia est une bonne source d’informations, mais est-elle plus fiable pour autant ? Je crois que la meilleure méthode de recherche est de fouiller dans des documents spécialisés, par exemple un bouquin pour l’histoire du Québec, un autre pour la mécanique automobile, un autre pour l’astronomie, etc. Et pourquoi s’arrêter là ? C’est sûr qu’il ne faut pas acheter tous ces volumes, ça remplirait une maison assez vite. Mais la bibliothèque est là pour ça, avec des ouvrages la plupart du temps récents et à jour. Pour ma part, je me fie aux livres des bibliothèques de l’Université de Montréal (où je suis étudiant), je suis certain que le contenu présenté est régulièrement mis à jour.

    Mais pour les recherches rapides le soir chez soi ? Wikipedia semble effectivement la meilleure solution.

  5. Hugoprev à raison de dire que rien ne vaut un livre spécifique sur le sujet. Par contre, il faut comparer des oranges avec des oranges, des encyclopédies avec des encyclopédies. Si on veut parler de standard au niveau d’encyclopédie, il faut se référer à la célèbre Encyclopedie Britannica. Il s’agit probablement de l’encyclopédie la plus renommé.

    Je suis tombé récemment sur cet article qui compare Britannica avec Wikipedia, et semblerait-il que le nombre d’erreurs chez wikipedia n’est que légèrement supérieur à celui de Britannica. Bon, il faut dire que ce sont des statistiques à prendre à la légère, mais tout de même, entre m’acheté une encyclopédie complète qui contient tout de même des erreurs, et qui n’évoluent pas à moins que j’achète une nouvelle version, et en choisir une à laquelle j’ai accès gratuitement, dont la recherche est facile et qui évolue, je préfère de loin wikipédia.

    « On peut tout modifier » direz-vous. C’est vrai, mais il est bien rare que le vandalisme reste très longtemps. Je suis tombé une fois sur un article vandalisé. En trois clics de souris, j’ai rétabli l’ancienne version (par ailleurs, c’était la première fois que j’essayais les fonctions de modifications, faut pas être un génie en informatique pour le faire). Le temps écoulé entre le vandalisme et la restauration: 3 minutes.

    Microsoft et Encarta dans tout ça? Pourquoi faire? Des problèmes d’installations, pour des ébauches d’articles bourrés d’erreurs. Une facture avec ça? Non merci.

  6. je ne comprends tout simplement pas pourquoi j’irais payer 50$ à Bill Gates pour une encyclopédie comme Encarta. Désolé mais le contenu d’Encarta fait dur en maudit comparé à Britannica ou Universalis et ces 2 dernières sont en fait complètement démodées depuis que Wikipedia a pris le plancher. Quant à la comparaison entre Britannica et Wikipedia qui a été faite : il faut comprendre que même si le nombre d’erreurs rapportées étaient comparables on a pas pris en compte que la taille de wikipedia est 10 fois celle de Britannica, en fait Wikipedia est plus volumineuse que toutes les encyclopédies jamais publiées combinées.
    Moi je m’en sers pour donner des cours de math et physique et la qualité des informations dépasse de loin celle d’Encarta, de plus les étudiants peuvent consulter gratuitement.

    De toute façon, à mon avis, je donne la palme à Microsoft pour les 2 produits qui ont toujours été les meilleurs que microsoft a fait c’Est à dire Word et Excel, pour le reste comme toujours ce sont des produits qui sont souvent assez médiocres. Tsé veut-dire, c’est pas parce qu’on en vend beaucoup que c’est bon… Y’a beaucoup de gens qui mangent du PFK et pourtant c’est vraiment des poubelles
    cette bouffe.

  7. Merci de ce conseil et de ces comparaisons historiques, j’éviterai d’acheter.

    Un peu déçu que vous sacrifiez aux dernières modes du correctivisme lexical : montagnais est français (ilnou est le mot en montagnais, comme Deutsch est le mot allemand pour dire Allemand, de plus innou est écrit à l’anglaise, et se confond trop facilement avec innuit, esquimaud qui ne signifie d’ailleurs sans doute pas mangeur de viandes froides mais simplement étranger, voir étude de ce mot et un mot similaire appliqué aux Micmacs qui mangeaient leur viande cuite).

  8. Réponse à Steebe French:Désolé de vous contredire, mais les Innus (du moins ceux que je connais) ne se veulent plus Montagnais, une appellation héritée des « explorateurs » français. Ceux de Masteuiash (Pointe-Bleue) diffèrent cependant des autres Innus en ayant une consonne de plus dans leur alphabet, la lettre « L ». Ainsi, ils se disent des Innus, mais ils écrivent « Ilnus ». À ma connaissance, ce sont les seuls à le faire, à moins qu’il ne s’en trouve quelque-uns à Essipit (Escoumin), voire Pessamit (Bersémis), les deux communautés les plus proches de Masteuiash. Quant au fait que « Innu » ressemble à « Inuit », c’est normal, les deux signifient « être humain ».

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