Les ados et leur cellulaire

illustration2006071401.jpgQuelle que soit la caricature que l’on fasse d’un ado normalement constitué, mouture 2006, on le décrira presque toujours en train d’utiliser son cellulaire. En plein trottoir, dans l’autobus, en bouffant sa moulée Macdo, sous la douche (il se lave parfois), en faisant ses devoirs, partout, tout le temps, pour tout et rien. Chez nous, la plupart des écoles les ont interdits durant les heures dites académiques, au même titre que les vêtements provocants (sexy ou violents), les casquettes de baseball ou les baladeurs MP3.


illustration2006071402.jpgMais à New-York, on est allé un peu plus loin; on a carrément interdit aux étudiants d’apporter leurs cellulaires à l’école. Dans cette méga cité, c’est la municipalité qui est responsable de l’enseignement public. Tant et si bien qu’entre avril et la fin juin, les flics de la NYPD ont saisi quelque 3000 téléphones au hasard de fouilles inopinées près des écoles. Sans parler des directeurs d’école qui en ont eux-mêmes ramassés encore plus.

On reproche notamment à ces appareils d’aider les paresseux à tricher durant les examens et les voyous, à prendre des photos dans les zones de casiers … De plus, l’abus du cellulaire constituerait une pratique antisociale et habituerait les utilisateurs frénétiques à développer de fort mauvaises manières. Le mot est juste.

illustration2006071403.jpgJe pense à ces imbéciles heureux qui vous coupent un peu serré au volant de leur bagnole dans laquelle, le cellulaire en main, ils ont la bouche crampée d’une oreille à l’autre. Je pense à ces malotrus, alors que vous êtes arrivé au rendez-vous à l’heure convenue, qui vous interrompent pour prendre un appel auquel ils consacrent du temps vous appartenant … en théorie, cela dans un bureau ou au resto. Je pense à ces mal élevés qui, dans une salle d’attente, dans un bus ou même sur la rue, placotent sans aucune discrétion, ce qui vous met en situation de plonger dans leur vie de merde. Je pense à ces zoufs qui semblent vous parler mais qui, en réalité, sont en train de le faire dans un casque d’écoute. Et ainsi de suite.

illustration2006071404.jpgMais comme on est à New-York, un regroupement de parents a poursuivi la Ville en justice. Le règlement constituerait une atteinte aux libertés civiles. Et pour étayer leur thèse, ces gens racontent des histoires horreurs : celles d’enfants ayant raté le bus et ne pouvant téléphoner aux parents pour savoir quoi faire, de deux ados ne pouvant plus se coordonner au téléphone pour aller chercher leur petit frère à l’école primaire, d’une petite filles harcelée par des voyous et qui ne put, cette fois, appeler à la maison pour du secours, ad nauseam ! C’est comme si les boites téléphoniques à 30 sous avaient toutes disparu.

illustration2006071405.jpgJe sais que les cellulaires sont bien pratiques. Sauf que l’industrie leur a ajouté tellement de gadgets (caméra vidéo, appareil photo, navigation Web. IMS, téléchargement de musique, skins, ringtones, couleurs, etc.), que leur utilité première, la communication avec autrui, ne semble plus la priorité. Et plus il y a de fonctions, plus il y a de pitons à mémoriser, plus le bidule peut sembler rébarbatif, plus l’ado va adorer en obtenir la maîtrise, un ado qui, paradoxalement, pourra être nul en math ou en science.

On dit que « trop c’est comme pas assez ». C’est ce qui fait qu’être New-yorkais, j’appuierais probablement le règlement du maire Bloomberg ! Pas vous ?


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6 réflexions sur “Les ados et leur cellulaire

  1. La société a toujours besoin d’être addictée à quelque chose. Maintenant que le tabac est casé nocif pour la santé et que fumer n’est plus la norme ni la mode, le cellulaire devient IN, jusqu’à ce que ça soit prouvé qu’à son tour, il cause le cancer. Pendant ce temps il agit déjà comme un cancer, nocif pour ceux qui n’en ont pas, se multiplie à une vitesse folle jusqu’au jour où l’on se rende compte qu’il est source de nombreux maux. Ce jour là les actionnaires auront trouvé une autre vache à lait déjà toute prête à ramasser notre argent.

  2. Oh la, comme vous y allez! La plupart des problèmes dont il est fait état plus haut relèvent du savoir-vivre, pas de la technologie. C’est sûr que pas mal de gens se comportent comme des Huns avec cette nouvelle prothèse à communiquer, mais ils l’ont fait autrefois avec la radio (rappelez-vous ces accrocs qui faisaient hurler leur poste sur la plage), la TV (honnis soient les parents qui allument la télé en mangeant) et même Internet (d’où la notion de « nétiquette »). Pourquoi en irait-il autrement avec les téléphones portables?

    La question de la nocivité, c’est autre chose. Nous devrions exiger une enquête publique sur la question et subventionner des travaux de recherche à même les profits engendrés par le service. Là-dessus, vous avez raison. Mais pour le reste, ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain. Et tant mieux si ces petites merveilles sont un jour capable de faire le café 🙂

  3. Je suis entièrement d’accord avec Christian; chaque nouveau cossin techno amène son lot de problèmes, qu’ils soient techniques ou qu’ils relèvent du savoir-vivre. Mais qui ne trippe pas à l’idée d’écouter des DVD dans le métro, d’être rejoignable partout, d’avoir le son de ses mp3 dans les oreilles et de se brancher en wi-fi dans le centre-ville ?

    Il faut tout de même rationaliser. J’ai gagné un cellulaire en septembre dernier, et ça ne m’a pas apporté grand-chose… Même chose pour les BlackBerrys, dont je m’occupe de l’activation à mon travail. On a beau être surchargés de bébelles, encore faut-il leur trouver un usage qui n’est pas superficiel (l’objet crée le besoin, mais pas toujours !).

    Et oui, j’aime les bidules, j’aime avoir 500 fonctions sur un gadget, même si je n’en utilise que 10…Vive la techno compliquée, vive les options inutiles, et vive les gizmos, les gadgets, les bidules, et les cossins !

    Une seule règle: sachez les utiliser décemment, et en respectant les autres. Pour le reste, free for all ! 😉

  4. C’est un fait, il n’y a pas que du mauvais dans l’utilisation du cellulaire, au contraire. On pourrait à la limite en dire autant du tabac (pour continuer mon analogie), qui permet du temps de socialisation pendant les pauses au bureau…

    Si on regarde ponctuellement, chacun de nous donnera une situation où l’utilisation du cellullaire a été comme une bouée de sauvetage. Mais si on regarde la situation dans son ensemble, encore hier sur l’autoroute j’ai vu un chauffeur dans la voie du centre se promener lentement en jasant très concentré, le téléphonne vissé à l’oreille. La circulation autour est alors forcée à s’ajuster, causant des sources d’accidents potentiels. Sans nommer les désormais classiques dérangements au resto ou au cinéma…

    Tout ca pour dire que oui, la plupart des problèmes reliés font preuve de manque de jugement ou de savoir-vivre. Encore une fois on peut comparer avec le tabac là-dessus côté dérangement des gens autour, ou en voiture… Tout phénomème de société pose sa part d’avantages et inconvénients. Le débat reste entier et le restera inévitablement.

    Mon point initial par contre est que pour moi, le cellullaire reste une vache à lait du nouveau millénaire. Il n’y a qu’à voir les publicités toujours plus nombreuses ou les gadgets implantés dedans pour attirer toujours plus de gens. Ah, bien du monde en ont sans doute réellement besoin du cellullaire, mais ceux qui prennent des photos avec ou qui se font un café, ben y a d’autres solutions il me semble que d’embarquer de plein pied dans le bateau du paiment mensuel… 😉

    Ca reste un choix que je respecte dans certains cas, mais qui dans d’autres me font réaliser pourquoi la rage au volant existe…

    (sans rancune M. Aubry!!)

  5. Rancune, moi? Impossible, ou alors je ne m’appelle plus Ami Calmant 😉 Ce qui me déçoit un peu, à la limite, c’est que tu me donnes du « M. Aubry ». J’ai beau friser la cinquantaine, ça donne un sacré coup de vieux!Pour revenir au sujet du débat, je trouverais moi aussi assez stupide de contracter un abonnement mensuel à un service cellulaire dans le seul but de disposer d’un appareil photo ou d’un lecteur MP3 de poche. Cependant, quand on utilise de toute façon un téléphone portable, avoir toutes ces fonctions et plus encore dans un seul appareil est vraiment appréciable et j’en sais quelque chose.Autre point : L’administration newyorkaise a-t-elle raison d’interdire les téléphones portables à l’école ? Là encore, je trouve que c’est jeter le bébé avec l’eau du bain. En interdire l’usage dans l’enceinte des salles de cours et des couloirs, d’accord. Mais quand ma fille, à l’âge de neuf ans et demi, a commencé à rentrer à pied de l’école, avec deux copines mais aucun adulte pour l’accompagner, j’ai trouvé très rassurant de lui prêter un cellulaire jusqu’à ce qu’elle acquière totalement les habitudes et l’assurance requise. Cela nous permettait de rester en contact permanent et j’aurais détesté que la CSDM nous enlève cet outil d’émancipation contrôlée.Après trois mois, ma fille n’avait plus besoin de cette béquille et c’est elle-même qui a décidé de ne plus prendre le cellulaire. Comme quoi on peut utiliser un gadget technique au mérite, sans nécessairement devenir « accro ».Là encore, on retombe dans les questions de savoir-vivre, de culture et d’éducation. Ce n’est pas la technologie qui est à blâmer. Ce sont les usages inconséquents que l’homme en fait et les systèmes d’aliénation à tendance totalitaire auxquels il les intègre pour mieux s’asservir lui-même.

  6. Encore une fois Nelson, c’est toujours la faute des ados pour toi. As-tu négligé que la majorité de ton discours s’applique aussi aux adultes? Je pense particulièrement à la section où tu parles d’imbéciles heureux aux volants.

    Ton article aurait très bien pu être:

    « Quelle que soit la caricature que l’on fasse d’un baby-boomer normalement constitué, mouture 2006, on le décrira presque toujours en train d’utiliser son cellulaire. » Ensuite on remplace McDo par votre restaurant préféré, et on enlève les insultes du genre « il se lave parfois » parce que ça n’a tout simplement pas sa place.

    Évidemment, c’est toujours plus facile de blamer les ados que de s’auto-critiquer.

    Je trouve personnellement que le téléphone cellulaire prend une place de plus en plus déplaisantes dans la société. Rien de plus frustrants que de se faire invité par un ami au restorant et que celui répondre à son cellulaire au beau milieu d’une conversation. En passant, ça m’est arrivé aussi souvent, sinon plus, avec des baby-boomers qu’avec de ados. Par contre, le baby-boomer, sure de lui, dira, « je m’excuse, c’est important. » Comme toujours, ça concerne de l’argent, c’est tellement plus important que les amitiés.

    Mais il y aura toujours des adultes bornés pour voir la fin de la société dans les adolescents. Quand j’étais jeune, c’était le Nintendo, mes parents eux c’étaient la télévisions. Pour mes grands-parents, ça devaient être le cinéma. L’année dernière c’était les g-string, il y a 30 ans, c’étais l’amour libre sous une dose de LSD, l’avez-vous oubliez?

    Laches donc les ados. Ils ne sont pas la sources de tous les maux de la société. L’éducation au cellulaire doit s’appliquer à tous.

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