Vous rappelez-vous "I Love New York " ?

illustration2006070401.jpgVous qui chialez contre les hackers, les créateurs de virus, les émetteurs d’espiongiciels et les expéditeurs de pourriels, dites-vous, hélas, que ce n’est pas demain la veille que vous cesserez de le faire. Bien au contraire. Il s’agit d’un mal endémique, un peu comme une thyroïde disjonctée, avec lequel il va vous falloir vivre jusqu’à la fin de vos jours.


illustration2006070412.jpgSi vous êtes déjà allé à New York avant que Rudolf Giuliani ne mette la gomme pour enrayer la criminalité, la saleté et l’anarchie, vous allez bien saisir mon point de vue. Car tout s’y pouvait. Il était possible de s’acheter quelques grammes de pot à deux mètres d’un flic en uniforme, de faire du taxi avec sa voiture privée, de se faire laisser pour mort dans Central Park, de stationner en triple sur Broadway, d’avoir la peur de sa vie dans le Bowery, de se faire mordre par un rat dans le Bronx, d’admirer la concentration la plus forte au monde de graffitis (incluant sur les wagons de métro) ou encore de croire aux alligators géants dans les égouts de Manhattan.

illustration2006070405.jpgNew York était une jungle où la loi du plus fort était toujours la meilleure. Je me souviens de ce T-shirt que j’avais acheté dans les années 70 : I Survived in NYC ( « j’ai survécu dans New York »). Tant et si bien que la Big Apple dégringola tranquillement vers la faillite, ce qui força les autorités à réagir. On ne pouvait quand même pas laisser la capitale financière de la planète devenir une sorte de no man’s land tiers-mondiste.

illustration2006070404.jpgCe fut l’époque des premiers petits cœurs comme dans « I Love New York ». Avec sa machine à saucisse, le bon maire Giuliani s’attaqua à tout ce qui nuisait à l’image et il gagna. Il redevint possible de ne pas se faire attaquer le soir dans les petites rues, de ne pas se faire injurier par un préposé au stationnement ou d’avoir un taxi pour La Guardia. Résultat, New York redevint une ville très agréable à vivre et à visiter (en tout cas moins dangereuse que plusieurs grandes villes américaines).

illustration2006070403.jpgReste que les mafias italienne, russe, asiatique et autres y sont encore actives, que je ne me promènerais pas tout seul dans le Queens passé deux heures du matin et qu’un enragé m’a littéralement arraché mon parapluie des mains lors de mon dernier séjour. Mais dans l’ensemble, la vie y est redevenue infiniment supportable. Même pour les vrais résidants.

Idem pour Internet. Qu’y trouve-t-on présentement ? Des virus variés et abondants, des troyens aussi malicieux que les démons de l’enfer, des vers nous forçant à se mettre des gants Playtex avant de nettoyer notre disque, des rootkits à devenir complètement parano, des espiogiciels à prendre le mal de cœur, du pourriel en tombereaux sans cesse plus nombreux et du matériel vraiment scabreux contre lequel il faut protéger nos enfants.

illustration2006070411.jpgEt que fait-on pour se prémunir contre ces plaies d’Égypte ? Si on a un Mac ou une machine Linux, on balaie sous le tapis et on se croise les doigts. Mais si on a un PC, ce qui est le cas 9 fois sur 10, on travaille très fort. On s’installe des pare-feu, des antivirus, des filtres anti-pop-ups, anti-pourriel, des pourfendeurs d’espiongiciels et des systèmes de contrôle parental. Autant de produits que l’on achète, que l’on télécharge gratos, que l’on bidouille, que l’on comprend mal (ou pas du tout) avec lesquels on endommage parfois Windows, qui nous font souvent perdre notre temps et qui nous obligent à sacrifier notre précieux temps familial ou amoureux.

illustration2006070406.jpgillustration2006070407.jpgillustration2006070408.jpgEt que font les autorités ? Ils bizounent, sachant probablement qu’Internet ne pourra jamais tomber en faillite ; le réseau des réseaux deviendra peut-être infréquentable, mais pas en faillite. Ici, on projette un illusoire système de livraison de courriel éliminant le pourriel, là on parle d’instituer un système de récompense (comme pour Saddam et ses fils) incitant à la délation des programmeurs ou distributeurs de virus, ici on abonne les gens au plus efficace des soi-disant contrôles parentaux, là on saisit cinq dérisoires ordis contenant des jpg pornographique, ici on blâme Microsoft, là on félicite IBM et ainsi de suite.

Mais nulle part, on ne voit apparaître un Giuliani, fouet à la main et rictus à la Arnold-le-Governator, prêt à nettoyer les écuries d’Augias. Ni Microsoft, ni IBM, ni Washington, ni l’ONU, ni Jean Charest ne peuvent véritablement régler un problème qui, par définition, a ni frontière, ni véritable adresse civique et dont les protagonistes n’ont pas besoin de personnalité morale ou juridique.

illustration2006070409.jpgLa sécurité, la protection, l’hygiène et la prudence incombent donc à l’utilisateur. À chacun d’être son propre Giuliani. À chacun de bien lire, de se procurer les bons produits anti-ci et anti-ça, de se choisir le bon fournisseur Internet (celui qui, à la base, protège ses clients contre les virus et fournit un début de filtrage anti-pourriel). À chacun d’éviter les sites vraisemblablement criminels, violents, racistes, pervers, etc. Haut les cœurs, pas de pitié pour les nouilles ! Seuls les connaissants, les méthodiques, les forts ont épargnés. Les autres, les naïfs, les croyants, les débutants, les faibles, ils subissent les affres du cyber-bordel. C’est Darwin qui doit rire dans sa tombe.

La bonne nouvelle, les produits pouvant nous aider vous et moi, sont de mieux en mieux. La mauvaise, la pourriture évolue elle aussi, au moins aussi rapidement, ce qui oblige à rechercher constamment des mises à jour. Cet insoluble combat est devenu une préoccupation constante, un peu comme celle des femmes new-yorkaises, des citadines pourtant très heureuses de vivre et profiter de la mégalopole, mais qui aiment bien porter sur elles des articles d’autodéfense (sifflets, poivre de Cayenne, fusils à décharge électrique etc.).

illustration2006070410.jpgIl faut se rappeler que si les pare-feu, les antivirus-pop-ups-pourriel-espiongiciels et les contrôles parentaux permettent de bien flotter en surface et de naviguer sans stresser sur le Net, les eaux n’en demeurent pas moins hautement toxiques et dangereuses. Comme celles des Hudson et East Rivers qui entourent l’île de Manhattan, quoi ait pu dire et faire l’ex-maire Giuliani.


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2 réflexions sur “Vous rappelez-vous "I Love New York " ?

  1. En fait la solution est de ne rien faire.

    Personnellement, je n’ai pas d’anti-virus, je n’en ai jamais utilisé, sauf une ou 2 fois pour vérifier que mon système était bien « clean »… un peu d’intelligence est la seule chose qui peut régler ces problèmes.

    Personnellement le plus grand fléau est le SPAM, j’en reçois environ 300 par jour, si ce n’est pas plus, j’ai eu le malheure de publier une fois une adresse courriel dans un nouveau site que j’ai mis en ligne et une fois qu’il a été indexé par google, je me suis mis à recevoir du spam.

    J’ai beau utiliser Outlook le plus récent avec le filtre, il n’est pas infaillible et parfois bloque du courrier important, c’est assez frustrant, et malheureusement sans solution envisageable vu que les fautits vont utiliser des ordinateurs non-protégés et des adresses courriel existantes de gens ordinaires pour envoyer leur spam.

    Je le sais, il m’arrive frequemment que je reçoive des courriels me disant que l’adresse courriel à laquel j’ai envoyé un courriel n’est pas valide, et le message est pour vendre des médicaments sur internet.. on s’entend que je n’ai pas encore ouvert ma pharmacie sur internet.

    Déplorable! Je commence à croire que personne ne trouvera une solution réelle à ce problème, à moins bien sûr d’avoir une validation d’adresse courriel efficace.

  2. J’ai des serveurs linux sur le net pour du hosting depuis 5 ans et depuis les 2 dernières années, je subie des attaques massives de toutes sortes.

    Rootkit, hacking, spamming, brute-force loggin etc…
    Les attaque venaient avant de l’asie et maintenant , c’est planetaire, avec asiatiques, les francais, les sud americains et les americains…
    Disons que cela rend parano tous bon administrateurs de systeme.

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