Intel entend reprendre sa place

illustration2006062801.jpgFaisant fi d’un certain scepticisme que l’on peut facilement mesurer dans les blogues et les forums, Intel a entrepris de faire feu de tout bois, incluant un grand ménage, des mises à pied, une vente de débarras autour de son processeur de communications PXA9xx et le lancement d’une nouvelle génération de processeurs basée sur la microarchitecture Core 2 Duo. C’est ainsi que lundi dernier, elle dévoilait son très attendu Xeon 5100 (alias Woodcrest), le fer de lance de sa nouvelle fournée.


En brandissant les résultats de 25 différents benchmarks, Intel affirmait alors prendre une longueur d’avance sur sa rivale AMD dont l’Opteron occupait, aux dernières nouvelles, quelque 22 % du marché des serveurs. Le 5100 (Woodcrest), un processeur de 65 nanomètres, fait partie d’une trilogie Core 2 Duo, dont Conroe pour les PC tables, qui sera lancé vraisemblablement cet été, et Merom pour les blocs-notes, qu’on verra apparaître aux alentours de septembre.

illustration2006062802.jpgPuis, quelque part en début 2007, on commencera à voir apparaître les Core 4 dont le nom officiel n’a pas encore été arrêté. Comme me l’a expliqué Doug Cooper (photo ci-contre), le numéro un d’Intel au Canada, ce sera la configuration ultime pour Windows Vista. Cette architecture sera d’au moins 20 % plus rapide que la Core 2 Duo et nécessitera pas plus d’énergie.

illustration2006062815.jpgPuissant les Core 2 Duo ? Mets-en ! Selon Intel, le Xeon 5100 fournirait désormais aux développeurs de Pixar (la grosse boite de production ciné dirigée par Steve Jobs, PDG d’Apple qui fabrique les puissants serveurs XServe à base de CPU Motorola, mais qui migreraient sous peu vers la plate-forme Intel …), la même puissance informatique qu’avant, cela dans le tiers de l’espace et avec la moitié de leur consommation d’énergie. Autre exemple, celui de Dell qui parle d’une augmentation moyenne de 152 % dans la puissance et d’une diminution moyenne de 25 % dans la consommation d’énergie. De quoi réfléchir.

Les mauvaises langues prétendent que Woodcrest aurait été à Intel ce que Vista serait présentement à Microsoft, un tissu d’échéanciers repoussés et de retards qui, dans le cas d’Intel, aurait grandement favorisé AMD. Cette dernière en aurait notamment profité pour rendre HP, Dell et Sun cruellement infidèles à la Goliath californienne. Fort heureusement, tout cela serait derrière Intel qui, si on en croit ses porte-parole, aurait retrouvé son leadership traditionnel, celui d’avant la saga (devenue pitoyable) des Pentium 4.

illustration2006010302.jpgDu temps des P4, on considérait à travers l’industrie que l’important était la vitesse. On se souvient des problèmes de chaleur qu’aurait entraîné cette façon de voir les choses, un problème à l’origine du fait que le P4 ne connut jamais de version à 4 GHz. Pour le malheur d’Intel, c’est AMD qui découvrit la solution en 2003 avec ses Opteron 64 et Athlon 64. Une passe-passe dans la tuyauterie (HyperTransport) permit à AMD d’ajouter 15 % de vitesse sans aucune chaleur supplémentaire. Pire, ces grosses puces se mirent à turluter à 64 bits alors que celles d’Intel ne pouvait embrasser que 32 bits de large (un avantage plus marketing que réel, les applications à 64 bits étant généralement peu utilisées).

illustration2006062803.jpgD’où le lancement fin 2005 des Core Duo, une nouvelle famille qui semble, aujourd’hui, vouloir faire le pont entre les P4 et les Core 2 Duo. Comme l’explique Doug Cooper, la gamme des produits Intel présentement disponible sur le marché peut sembler complexe, mais pas vraiment. Il s’agit essentiellement de Pentium (D, E ou M), de Pentium 4 (vanille, HT ou HT Extreme), de Core (Solo et Duo), de Celeron (D et M), de Xeon et d’Itanium.

illustration2006062804.jpgillustration2006062805.jpgLes deux derniers sont les produits haut de gamme qu’Intel destine aux serveurs, l’Itanium étant plus intéressant pour les grosses bases de sonnées, le Xeon étant considéré comme le meilleur rapport qualité-prix (bien que solidement pris à partie par AMD et ses Opteron). Tous les deux disposent de fault tolerance et de redondancy built-in et peuvent être harnachés jusqu’à concurrence de 32 unités.

illustration2006062806.jpgillustration2006062807.jpgillustration2006062808.jpgillustration2006062814.jpgLes Pentium Extreme sont des Core Duo nantis de la techno Hyperthreading (15 % plus de vitesse) et les Pentium D, des Core Duo sans cette techno. Quant aux Pentium M, ce sont ceux qu’on retrouve dans les configurations Centrino et Centrino Duo. Il existe également une variété de Core appelé Core Solo. Affichant la nouvelle architecture d’Intel, ces processeurs sont les moins énergivores et se retrouvent, par exemple, dans les Origami (Ultra Mobile PC).

illustration2006062809.jpgillustration2006062813.jpgQuant aux Pentium 4 HT Extreme, ce sont des puces d’hier, des puces quand même stéroïdées qu’apprécieront les amateurs de jeux (les Pentium 4 HT seront un peu moins fort, idem pour les Pentium 4 de base). Un mot sur les Celeron qu’on retrouve en format D dans les PC bon marché et, en M, dans les blocs-notes les moins chers ou les plus capables d’autonomie énergétique. On s’attend à ce que d’ici un an – un an et demie, ils disparaissent, laissant au Pentium 4, le soin d’occuper le bas de gamme.

illustration2006062810.jpgillustration2006062811.jpgD’expliquer Doug Cooper, il ne faut pas confondre plates-formes et processeurs. C’est le cas, par exemple, de la Centrino et de la Viiv. La premiere est relative aux Media Center PC, l’autre aux blocs-notes. Dans ce dernier cas, explique l’homme d’Intel Canada, on parle d’un ensemble de trois facteurs : mobilité, sans fil et jeu de circuits. Ce qui compte vraiment est le rapport puissance autonomie énergétique. Ainsi, un Core Duo de 2 GHz sera supérieur à un gros P4 de 3 GHz puisqu’il saura faire plus, plus vite et avec moins d’énergie. La vitesse d’horloge n’est plus la norme.


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9 réflexions sur “Intel entend reprendre sa place

  1. Intel cé une gagne de croches qui font pensé a Micro$off ils Disent nimporte quoi ETK ca va pas me faire décroché de AMD

  2. C’est vrai qu’il y a kchose d’agacant dans l’attitude de Intel. Ça nous rappelle Microsoft. Deux empires, deux domination du desktop, deux reccords pas terribles pour les mauvais produits. Mais on n’a pas vraiment le choix. J’ai jamais acheté de PC avec du AMD à l’intérieur. J’ai toujours été Intel. Honnête, je l’ai jamais regretté. Mais je sais que ça fait ch… beaucoup de monde.

  3. Intel et Microsoft, ça fait Wintel un mot qui veut dire, « cochonnerie vendue trop chère ». À quand un papier aussi promo sur AMD, Nelson ?

  4. Quel beau discours appris par coeur du dirigeant canadien d’Intel. Ils sont bons pour ça d’ailleurs, ces cadres. La plupart des gens oublient déjà le discours que tenait Intel quand la compagnie était engagée dans une course effrenée aux GHz.

  5. Mais la meilleure, c’est quand Apple a annoncé que le Mac passait à Intel. Jobs a fait une demo pour prouver la supériorité du Intel Core Duo sur le G5 d’IBM. L’année d’avant, il disait completement le contraire. C’est nous prendre pour des idiots.

  6. Note à Coco:Je ne pensais pas avoir été promotionnel à l’endroit d’Intel. En ce qui a trait à AMD, je vais sûrement faire quelque chose sous peu. Tout dépend de l’actualité.

  7. Y a comme un ton, genre « si on pouvait avoir un CPU OpenSource, gratuit dans des endroits underground pour marcher avec Linux et OpenOffice avec rien dans le PC qui viendrait de Microsoft, d’Adobe, d’Apple » … Tanné de ce discour inutile,dépassé. Intel sont là depuis 35 ans avec des puces qui ont pas souvent été bogués et tres souvent excellente. AMD aussi, motorola et IBM aussi. Faut pas etre sectaire. Il va arriver a tout ces cies de fabriquer de la mer… mais ils vont aussi fabriquer des bons produits. Faut pas s’aveugler.

  8. Lord_marmelade beurre épais sur ma rôtie de ce matin. De telles interventions aussi peu utiles que mal structurées sont-elles nécessaires ? Ce site Web n’est quand même pas un forum de « gamers ». S’il vous plaît, un peu de retenu avant de publier n’importe quoi vite fait. Merci.

  9. Cher PedroR, j’ai naguère baptisé ce genre d’intervention « rapide », maleclic. Voici, ci-après, le texte que je publiais à cet effet en mars 2000. C’était dans Le Guide Internet.Le règne du maleclic !La langue française est riche en mots comme malebête, malemort, malepeur, malfamé, mal-jugé, malotru, malvenu et bien d’autres. Si tous ont une relation avec le mal, aucun n’arrive à désigner l’objet de mon propos, cet acte irréfléchi que nous commettons tous de temps à autre quand nous cliquons sur le bouton ENVOYER avant d’avoir relu et soupesé notre courriel.D’où le néologisme maleclic que je vous invente séance tenante : Maleclic : n. m. qui désigne le geste irréfléchi et intempestif consistant à cliquer de la souris sur un bouton virtuel dont la conséquence est de mettre son auteur dans l’embarras ou de le couvrir de ridicule. Par extension, le terme désigne certains discours improvisés que des politiciens arrivent à prononcer en chambre.Pour bien comprendre le sens profond d’un maleclic, imaginons que vous soyez en total désaccord avec le texte d’un collègue, un texte qui vous couvre d’urticaire. Tellement que vous activez votre logiciel de courriel, que vous tapez l’adresse dudit collègue et que vous entreprenez de lui signifier ses quatre vérités, sans oublier de lui assener des épithètes comme « crétin » et « trouduc ». Quant aux fautes, vous ne les voyez même pas tellement votre bordée d’injures est précipitée. Sans mettre en doute une seule seconde le bien fondé de votre réaction, vous cliquez sur ENVOYER.Mais au même moment, vous réalisez que vous devez 100 $ au récipiendaire de votre courroux et que l’été dernier, il vous a aidé à peinturer votre appartement. Zut ! Trop tard ! Le courriel est parti et est disponible dans sa boîte aux lettres. C’est cela un maleclic. Heureusement, il ne s’agit pas d’un grand maleclic. Pour cela il aurait fallu que vous placiez cinq collègues et deux patrons en copie conforme.Autre cas triste à boire. Vous êtes secrètement an amour avec votre voisine de palier et vous brûlez d’envie de le lui dire. Sauf que vos contacts se limitent à des « va encore falloir aller pelleter, sti » ou à des « pas trop fait d’ordi hier soir, ma voisine ? ». Vous lui écrivez donc une lettre torride mentionnant au passage ses courbes voluptueuses et l’appétit sans fond que ces dernières vous creusent. Puis, tel un point G que vous actionnez, vous cliquez sur ENVOYER. Au même moment, vous l’entendez arriver chez elle en … galante compagnie. Vous venez de faire un fou de vous-même. Désormais, elle vous évitera comme si vous étiez un lépreux. C’est cela aussi un maleclic. Heureusement, il ne s’agit pas d’un grand maleclic. Pour cela il aurait fallu qu’elle lise votre courriel à haute voix devant un groupe de ses amis, la plupart vous connaissant de vue.Imaginons les mêmes scénarios avant l’invention du courrier électronique. Il vous aurait fallu imprimer votre lettre, la signer, la plier, la glisser dans une enveloppe, adresser et affranchir cette dernière, enfin trouver une boîte aux lettres pour la poster. Rendu au dernier stade, il est à parier que votre colère aurait été dissipée ou votre amour refroidi et, qu’en haussant les épaules, vous auriez jeté votre lettre à la corbeille, vous évitant une situation embarrassante. Pour le moins, vous auriez enlevé les phrases trop directes, trop crues, trop imbéciles et, surtout, auriez corrigé vos fautes.Dans sa forme de piège pour colérique ou amoureux solitaire, le maleclic ne doit pas être confondu avec le clic vulgaire, celui du pleutre qui du fond de son sous-sol, se prend pour Dieu aux commandes de son PC. Est-il en désaccord avec un journaliste ? Paf ! Il saisit l’adresse électronique apparaissant en fin d’article et, à grands coups de souris, lui signifie une bordée d’injures comme jamais il n’aurait osé le faire au téléphone, à plus forte raison en personne.Tout cela pour réfléchir sur le fait que de par son instantanéité et son extrême facilité, le courriel n’offre aucun filet contre la bêtise intempestive. En cela, il ressemble au cyber-bavardage (chat). Se tirer dans les pieds y est un jeu d’enfant.Il faudrait quasiment que les logiciels de courriel disposent de fonctions AFDS (anti fou de soi) sachant déjouer les maleclics. Par exemple, en se faisant cliquer sur son bouton ENVOYER, un logiciel muni de la technologie AFDS vous ouvrirait un panneau vous demandant si VRAIMENT sous comptez expédier ce courriel.Advenant que vous répondiez OUI, il vous demanderait alors si vous avez passé le texte au correcteur orthographique. Et advenant que vous répondiez encore OUI, il vous annoncerait avoir mis la missive sur la glace pendant 30 minutes. Au terme, il ferait apparaître un nouveau panneau vous demandant si vous comptez TOUJOURS TOUJOURS envoyer votre courriel. Dans l’affirmative, il le transmettrait sans plus vous embêter. Vous auriez alors eu trois occasions de ne pas vous couvrir de ridicule.Mais il faut être réaliste. De par ses abus, sa méconnaissance, son insouciance, son impulsivité ou son manque de discernement, l’être humain arrive à agir en informatique comme il le fait dans la vraie vie. Les meilleurs logiciels, même ceux munis d’une éventuelle techno AFDS, n’y changeront rien. Il y aura toujours des maleclics. Et même des grands. C’est peut-être ce qui rend la cyber-société encore fréquentable. C’est Rabelais qui l’a dit, là où il y a des hommes, il y a de l’hommerie ! Et c’est tant mieux !

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