Ma blonde n'est pas un dinosaure

2006060801.jpgQuand nous voyageons, ma blonde et moi, je suis le mâle de l’équipée. Je porte les sacs les plus pesants, je m’impose en guide infaillible dans les aéroports, j’aborde dans les villes les porteurs d’uniforme, les commerçants, les badauds, pour quelque guidance gastronomique ou musicale et, affirmation ultime de ma masculinité, je prends les photos. Enfin la plupart des photos. Car il m’arrive de vouloir être photographié avec derrière moi, le Golden Gates, Washington Square, le Montreal Pool Room ou l’île au Massacre. Auquel cas, je délègue cette responsabilité d’immortalisation à ma blonde, tâche délicate qu’elle assume avec brio.


2006060802.jpgMais, voyez-vous, il arrive que mon appareil photo soit en panne sèche (oublié de recharger ses piles), que sa mémoire soit pleine (oublié de la transvaser dans un bloc-notes) ou qu’il ait été bêtement oublié à l’hôtel (y a toujours un bout de quelque chose que j’oublie). D’où le fait que j’ai un scanneur avec adaptateur pour négatifs. C’est quoi le rapport ? Simple : ma blonde à toujours un appareil photo jetable dans sa sacoche, un bidule lancé par Fuji Photo en 1986 dont il s’est vendu 202 millions d’unités l’an dernier seulement aux Etats-Unis toutes marques confondues (source: Photo Marketing Association). Quand il est plein, elle le fait développer et me confie l’enveloppe qu’on lui remet à la pharmacie. Je passe dès lors les négatifs au scanneur et j’en fais des documents numériques parfois aussi intéressants que ceux générés par mon appareil photo numérique.

2006060802.jpgEn 2004, le nombre de ‘tits Kodaks vendus Aux USA était de 218 millions. On peut donc parler d’une baisse de 16 millions. Mais contrairement au marché du film à photo en général (faillite d’AfgaPhoto, exit de Konica Minolta), celui du jetable demeure florissant et semble loin d’être en péril. Autrement dit, ma blonde n’est pas unique, du moins en ce qui concerne sa solution photographique.

2006060803.jpgUne des raisons permettant au jetable de survivre au bout de 20 ans avec autant de popularité, est le vol, la perte ou le bris des appareils numériques qui seraient devenus quasi incontournables. Ces gadgets sont petits, tentants et très fragiles. Prenez mon cas personnel. L’automne dernier, j’ai remplacé ma vieille Olympus D-580 de 4 megapixels (photo ci-haut) par une PowerShot SD30 de Canon de 5 megapixels (photo ci-contre). Malheureusement, au bout de deux mois, celle-ci est tombée d’une hauteur de 18 pouces et s’est fracassé le moniteur. Je l’ai fait réparer mais elle n’est jamais revenue comme avant. Je ne peux plus m’en servir sur la route; elle ne me sert désormais qu’au bureau pour vous photographier des produits. Pour mes vraies photos, j’ai dû renouer avec mon Olympus.

2006060804.jpgQuant à mon archaïque Nikon F-801s (photo ci-contre), je n’utilise plus jamais cette merveille. En fait je ne la ressortirai de la boule à mite que s’il me faut faire des photos sans flash, en noir et blanc 3200 ASA, dans un décor très peu éclairé. Pour l’instant, cette habileté n’est pas à la porté des petits appareils photos numériques que mon budget peut me permettre.

2006060806.jpgAutre raison en expliquant la popularité, les téléphones ou PDA munis de dispositifs photo (90 % des cellulaires en sont équipés au Japon), n’arrivent pas (encore) à pouvoir concurrencer l’appareil jetable en qualité; autrement dit, personne ne fera ses photos de vacances avec son cellulaire. Plus précisément, en 2006, aucune techno n’arrive à concurrencer le jetable quant au rapport qualité-prix (ces appareils se vendent entre 5 $ et 20 $). De plus, Fuji et Eastman-Kodak ne cessent d’en lancer de nouvelles saveurs : films sensibles la nuit, modèles sous-marins, angle panoramique, films en noir et blanc, etc.

Et, inutile de rappeler que pas tout le monde ne peut (ou a envie de) se permettre tout le techno bataclan nécessaire à l’utilisation harmonieuse d’un appareil photo numérique. Ce qui suppose qu’à défaut de voir apparaître un dispositif numérique beau bon pas cher, ma blonde aura toujours un ‘Tit Kodak dans sa sacoche et moi, un scanneur photo prêt à servir.


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11 réflexions sur “Ma blonde n'est pas un dinosaure

  1. je crois que je suis encore plus dinosaure que votre blonde. Je suis encore aux vieux films noir et blancs que j’achète en gros rouleau que je transfère dans des cassettes et que je développe moi-même dans ma chambre noire. Je suis totalement incapable de passer au numérique. Je trouve que le numérique n’a pas le charme de l’analogique. Je suis surement vieux jeux à propos de la photo, mais j’aime bien pouvoir toucher au film, voir les photos se développé.

  2. Je me trouvais également dinosaure avec mon Nikon FM2 (tout mécanique car on peut l’utiliser sans piles) quand je suis passé au Canon A95. Après quelques mois, je ne me déplace plus sans ma caméra numérique. Je sais toutefois qu’à moins 25 degré C ce sera mon Nikon qui fera tout le boulot.

    Tout comme madame Dumais, j’apporte également une caméra jetable presqu’en tout temps dans mes longs déplacements. Suggestion M. Dumais, essayez avec un appareil jetable argentique de type panoramique pour les cadrages hors du commun; vous ne pourrez plus vous en passer.

  3. J’ai fait l’acquisition d’un excellent petit appareil analogique 35 mm de Pentax en 2004. 500$ et des poussières plus loin j’aime bien le chic des photos analogique. Le grain, la façon de les développer.

    Le numérique fait perdre ce qu’il y a de beau dans la photo. L’art nest malheureusement pas immortel.

  4. Merci d’être si rassurant avec les «anciennes façons de faire des photos».
    Je ne vois pas encore l’utilité de changer mon PENTAX ESPIO acheté en 1993 pour un voyage en Inde. À cette époque je cherchais un appareil d’allure banale, de petite taille et qui pourrais faire de bonnes photos. À l’époque il avait couté autour de 350$ et cela c’était avéré un bon achat. Je l’utilise toujours. Il me semble qu’il y a une grande part d’images et de souvenirs qui se perdent avec le numérique… Où serons les archives des enfants qui naissent en ce moment?

  5. Nelson vous dites: « aucune techno n’arrive à concurrencer le jetable quant au rapport qualité-prix » Pas sûr! Vous avez dèjà fait agrandir en plus grand que 8″X10″ une photo prise avec un jetable?
    Une caméra numérique de 4mpx va faire beaucoup mieux.
    L’an dernier j’ai pris plus de 3,000 photos avec ma caméra numérique (Canon Rebel Digital), ça m’aurait pris 125 caméras jetables à $20 de la caméra (incluant le développement) pour un total de $2,500.00. Ouf!
    C’est peu-être économique pour certains, mais pas pour les mordus de la photo comme moi, la qualité n’est pas au rendez-vous.

  6. Précision à RobertD:
    Je parle d’un rapport qualité-prix où le prix d’un jetable se situe entre 5$ et 20$ et où la qualité ressemble à un 4 X 6 lustré. Calculez le nombre de photos numériques que vous imprimez et établissez-en le coût: ordi, imprimante, encre et papier. Je sais qu’au bout de quelques milliers de photos développées, il peut en coûter finalement plus cher que d’avoir un bazar numérique complet, mais les gens ne calculent pas si loin. Il voient que pour 15 $, ils peuvent obtenir 24 souvenirs impérissables du 75e anniversaire de la tante Hortance et ça leur convient.

  7. Nelson, je comprends très bien votre point-de-vue. Si je prends 24 ou 48 photos par an, c’est-à-dire, quelques photos à Noël, quelques unes à la Fête des mères, et quelques autres à la fête de ma blonde, bien sûr qu’une caméra jetable peut faire l’affaire.
    Perso, j’ai essayé ça une caméra jetable et les 24 photos se sont ramassés à la poubelle, parce que si les photos ne sont pas prises dans des conditions idéales (temps ensolleillé et sujet pas trop loin du flash à l’intérieur) ça risque d’être + ou – bon. Sans doute que ça ne dérange pas « monsieur et madame tout le monde ».

  8. C’est effectivement là le hic. Les appareils jetables offrent trop peu de contrôles, tant et si bien que les probabilités de merder sont très grandes, mème sur une plage sous un ciel bleu sans nuages. D’où l’intérêt d’avoir un scanneur avec gabarit pour négatifs. Vous numérisez votre film raté et le bidouillez dans PhotoShop. J’ai à mon actif quelques « sauvetages » impressionnants. Ce n’est parfois qu’une question d’être sous-ex ou sur-ex. Évidemment, l’utilisateur normalement constitué d’un appareil photo jetable n’achètera pas de scanneur. Mais les gens comme moi dont la blonde agit comme la mienne, si. J’ai d’ailleurs testé de tels scanneurs en ces pages et les résultats que j’ai obtenus m’ont impressionné.

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