Ubuntu: le vent dans les voiles ?

2006042601.jpgOn vient d’attirer mon attention sur le fait qu’Ubuntu, une distribution le Linux qui aurait le vent dans les voiles, est sur le point d’entreprendre sa troisième année d’existence. Ce sera l’occasion pour ses développeurs d’en propulser une troisième version appelée, pour l’instant, Breezy Badger (blaireau dans le vent), une version que l’on promet plus simple à installer, plus conviviale à utiliser et plus compatible avec tout. La date prévue de lancement serait la mi-octobre, en même temps que le prochain MacOS X, soit deux mois avant Windows Vista.


2006042602.jpgUbuntu est un très beau mot d’origine africaine (j’en ignore la langue, désolé) qui signifie « je suis parce que nous sommes », un positionnement social plus qu’une bête marque de commerce, ce qui est tout à l’honneur de ceux qui l’ont choisi dont Mark Shuttleworth, M. Blaireau Dans le Vent lui-même. Qui c’est ? Un petit prodige sud-africain qui, dans la mouvance dot-com, est devenu multimillionnaire dès 1999. Cela lui a permis de devenir un des premiers touristes de l’espace en s’envolant dès avril 2002, dans une mission Soyuz. Mais en début 2004, il entreprenait le financement du projet Ubuntu en lançant une PME de 50 programmeurs et en y injectant 10 M$US via la Ubuntu Fondation, un OSBL lui appartenant.

Ubuntu est une saveur Debian de Linux. Ce qui signifie qu’une bonne partie de ce qui émarge de ce projet peut lui convenir et … vice versa. Il y aura toujours des petits problèmes de compatibilité, mais les amateurs sauront vite compenser. Le problème, c’est qu’il n’y a pas loin de 400 saveurs plus ou moins compatibles avec l’œuvre originale de Linus Thorvald et autres fous du code dont ceux de Berkely.

2006042603.jpgPour en avoir une bonne idée, on peut aller visiter Distrowatch.com, la référence linuxienne sur l’état des distributions. S’il y a énormément de similitudes, les divergences sont nombreuses. Certaines sont gratuites à 100 %, d’autres à 50 %, d’autres pas du tout. Les unes ont de la barbe, les autres n’ont pas encore de duvet. Certaines ont des noms connus, p. ex. Ubuntu, Knoppix ou Red Hat d’autres se nomment TumiX, Holon ou Agnula. On y retrouve parfois des intérêts aussi solides que IBM, Novell ou Sun Microsystem.

Autrement dit, c’est un capharnaüm difficile à suivre et pas toujours bien organisé. On a en commun le fait d’y professer des idées socialement acceptables, d’y honnir les empires à la sauce Microsoft et de vouloir évangéliser les masses. L’idée ? Ne pas dépendre d’un système propriétaire susceptible d’évoluer selon l’humeur de ses actionnaires, mais plutôt, d’une œuvre publique, ouverte, documentée, accessible de partout et en tout temps.

2006042604.jpgSi autant de programmeurs de talents, d’utilisateurs critiques, de professionnels exigeants ou de grandes administrations publiques se servent de Linux, c’est que, quelque part, ça marche de façon satisfaisante. En tout cas, aussi bien que Windows ou le MacOS X. Alors, imaginez, un instant, que toutes ces saveurs deviennent entièrement compatibles et que les ATI, Creative, Matrox, Belkin et autres Epson se mettent à livrer des pilotes en même temps qu’ils le font pour Windows. Si cela était possible, il en serait fait de Microsoft et de sa mouvance. Sauf que, c’est le propre de la gauche, l’union est généralement impensable. On va perpétuer la division au lieu de faire front pour déloger un ennuyeux. Rappelez-vous le comté d’Outremont aux dernières élections fédérales. Dans la gauche, on est fidèle à son groupuscule, on y prend son pied, on s’y fait un nid. En ce sens, les linuxiens que je connais éprouvent beaucoup de satisfaction, voire de plaisir, avec leur distribution préférée et s’en font dès lors les prosélites. Les petites goûtes d’eau demeure côte à côte sans jamais former d’océan.

En terminant, oublions cette improbable unification des forces pour revenir à Ubuntu, un produit qui se porterait bien et qui gagnerait de nouveaux fidèles à chaque jour, même sur le plan commercial. Cette distro a beau être gratuite, l’intérêt semble manifeste. Hewlett-Packard revend des PC en Europe et en Afrique avec ce système d’exploitation, la version 5 beta de VMWare le supporte, IBM le certifie pour DB2, des organisations s’en servent, etc.

Bravo Mark Shuttleworth !


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2 réflexions sur “Ubuntu: le vent dans les voiles ?

  1. Bravo Nelson pour le bel article. Ca fait du bien surtout après avoir lu ton dernier commentaire sur Quake 3 (et à la fois je culpabilise un peu pour ma réponse). J’écris juste pour corriger une petite erreur dans ton texte: Breezy Badger est la version actuelle stable d’Ubuntu. La prochaine version d’Ubuntu dont tu parles, elle, est nommée « Dapper Drake ». Je roule la beta en ce moment sur mon laptop dual core 🙂 Pour une beta, c’est drôlement rapide, solide et stable! Ce que j’aime d’Ubuntu c’est la simplicité de son design. Contrairement aux Xandros, Linspire et cie qui se fendent en 10 pour être hyper-friendly et ressembler à Windows, Ubuntu se veut plutôt un Linux pur et dur, sans excès de gras, mais tout de même avec une interface simple et tous les outils nécessaires pour qu’un débutant se débrouille amplement. Et les utilisateurs plus avancés eux peuvent éditer leurs fichiers textes en toute liberté sans craidre que les outils graphique ne viennent saboter le tout plus tard. Et en cas de pépin, les fichiers d’aide sont d’une qualité exceptionnelle, avec images, et tout.

    Bref je crois que ce qui fait le succès d’Ubuntu c’est qu’ils su en faire exactement ce que la plupart des utilisateurs Linux (débutant à avancé) recherchent. Bref c’est mon cas et je l’ai adopté! (J’ai ma X-Box pour les jeux :P)

    Longue vie Ubuntu!

  2. A la maison, j’ai un vieux iMac (1999). Etant coincé avec OS 9.1, il devenait impossible d’avoir certaines nouveautés logicielles. Etant complètement nouveau au monde Linux, j’ai fait quelques recherches pour choisir une distribution et j’ai choisi Ubuntu. L’installation s’est faite presque sans anicroche et j’ai été agréablement surpris par ce qu’on y offrait. Il y a quand même un peu de bizounnage à faire mais les forums sont nombreux. Et à Québec, il y a même des dépannages Linux gratuits!
    Ubuntu offre une grande quantité de logiciels usuels et moins usuels. Par exemple, Gphoto a reconnu instantanément ma caméra numérique et j’ai pu transférer mes photos en un tournemain.

    Gratuitement, j’ai mis à jour un ordi presque désuet grâce à Ubuntu.

    Denis

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