Existe-t-il un ringtone Big-Brother ?

2006020601.jpgSi vous aimez les films d’espionnage ou les thriller policiers, vous savez déjà que la techno dont je vous parle ci-après n’est pas nouvelle. Connue depuis des lustres sous le nom de RFID – Radio Frequency Identification, elle est préconisée par le gotha des grands noms logiciels, les SAP, IBM et autres Sun. Simplement, un cafard (puce émettrice dotée d’un numéro de série unique) est rattaché à ce que l’on veut retracer (véhicule, bien, personne, etc.) et émet sans relâche un beep par ondes radio (ne pas confondre avec les systèmes basés sur le GPS – Global Positioning System). À l’autre bout, un récepteur intelligent reçoit le signal et le transforme en info numérique enrichie de ceci et cela. On peut ainsi suivre à la trace ce que l’on veut.


2006020603.jpgOr, signe des temps, voilà que depuis trois ans, il est possible d’utiliser le réseau cellulaire pour arriver aux mêmes fins. Ainsi, au Royaume Uni, la demande résultante a été pas loin d’exponentielle. Fondée en 2003, la société anglaise Followus, compte aujourd’hui 50 000 abonnés et met sous contrat 5 000 nouveaux clients par mois. Même succès du côté de Verilocation qui s’enorgueillit de ses 60 000 clients. Et il y en a bien d’autres.

2006020604.jpgFacile à comprendre ! S’il a fourni à ses employés des cellulaires équipés de cartes à puce (SIM Cards – Subscriber Identity Module, voir illustration ci-contre), un patron britannique peut désormais les suivre dans leur déplacement et les joindre en cas d’urgence. Tel livreur, a-t-il pris la meilleure route ? Tel représentant, a-t-il arrêté trop longtemps dans un secteur reconnu pour sa grande concentration de pubs ? Tel technicien est-il vraiment pris dans un embouteillage ? Idem pour un parent inquiet de son ado. En lui fournissant un tel téléphone, il peut s’effouèrer en toute quiétude devant la télé. Il saura retrouver son lardon si l’inquiétude se met soudainement à le ronger. Un cellulaire ainsi équipé peut être suivi par le fournisseur de services dans un rayon de 100 mètres en zone urbaine ou de quelques kilomètres en région peu peuplée.

2006020602.jpgLa loi anglaise interdit heureusement d’imposer un tel système. On ne peut assujettir un employé à un tel traitement sans son consentement. Sauf que dans les faits, s’il refuse, il se trouve, du moins officieusement, à contester le mode de gestion préconisé dans l’entreprise ce qui peut l’entraîner sur une voie de garage ou, plus souvent qu’autrement, sur une fin de contrat. Et s’il tente de ruser, il est bêtement déjoué. La techno permet d’envoyer de temps à autres, un message requerrant un NIP auquel l’employé (et non pas copain qui porte le cellulaire pendant que lui s’envoie en l’air) doit répondre.

2006020605.jpgMais il ne faut pas être parano pour autant, rétorque le patronat angliche. Le RFID par cellulaire permet de savoir, à des coûts moindres que les technos axées sur le GPS, quel est notre employé le plus près de tel client au moment où ce dernier place une demande de soutien. Cela permet de mieux rationaliser nos routes, de mieux prévoir les heures de pointe, etc. Au terme, il est résulte d’importants bénéfices pour les entreprises ayant adopté cette techno. Au nom de la productivité, de la collaboration en équipe, de service à la clientèle, on fournit à certains employés des pagettes, des Blackberry, des PocketPC et autres dispositifs électroniques pour pouvoir les joindre en tout temps.

2006020606.jpgLe cellulaire vient maintenant s’ajouter à cette liste d’électro-boulets. 24 heures sur 24, où que l’on soit, quoi que l’on fasse, le chef d’équipe peut savoir où on est et peut nous joindre. Et si on place tous ces dispositifs à off, on devient suspect, une source d’inquiétude, ce qui n’est pas bon pour son plan de carrière (d’où ces téléavertisseurs vibratoires qui permettent d’éteindre son cellulaire au ciné ou au théâtre, tout en restant … en contact). Le pire, j’ai rencontré des cadres (directeurs des ventes, chefs de produits, VP marketing, etc.) pour qui pouvoir et réussite se mesuraient avec le nombre et la sophistication de ces gadgets rattachés à leur ceinture. Je gage que vous en connaissez vous aussi …

Au fait, ont-ils imaginé, dans la folie actuelle des ringtones, une sonnerie typiquement big-brotheresque ?


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