Blu-ray ou HD-DVD ?

illustration2005122701.jpgVous vous rappelez (ou vous avez sûrement entendu parlé) de la guerre Beta VHS ou de celle impliquant les architectures MCA et ISA. En gros, à la suite d’une guerre marketing où on a fait valoir des arguments sonnants et trébuchants telles la facilité de production, la facilité de distribution et la facilité de revente universelle, l’industrie laisse tomber un standard prometteur et entreprend massivement de pousser le concurrent, une techno pourtant réputée moins évoluée. On serait sur le point d’assister à une reprise de ce phénomène. Cette fois, il s’agirait de la mise à la retraite précoce du standard Blu-ray au profit d’un concurrent au potentiel inférieur, le HD-DVD. Pourtant, mardi dernier, Pioneer Electronics présentait quand même le BDR-101A, son premier lecteur Blu-ray, un produit devant être mis en marché d’ici trois mois.

illustration2005122702.jpgEn conformité avec le standard Blu-ray, les utilisateurs pourront stocker sur un disque vierge, alias un BD-ROM, jusqu’à 25 Go de matériel, soit 4 fois plus que sur un DVD-ROM conventionnel. Un modèle à 50 Go (on parle même de 100 Go) serait en chantier et pourrait être offert d’ici deux ans. Dit-on.

Le marché de départ sera plus industriel que consommateur, prévoit-on. C’est qu’en dollars US, ces premiers lecteurs (rétrocompatible avec DVD et CD …) se vendront autour de 1000 $ et les disques vierges, autour de 130 $ chacun. À un tel prix, les amateurs de solutions d’archivage attendront. Ils peuvent présentement se procurer des disques rigides externes de 50 Go et plus pour le prix d’un BD-ROM vierge. Ce seront plutôt les majors du divertissement (films, spectacles, jeux) qui éplucheront ce nouveau gadget pour en arriver, le plus rapidement possible, à mettre des produits en marché obéissant au meilleur rapport prix-profit.

illustration2005122704.jpgSi tout se passait normalement, il faudrait s’attendre à ce qu’au marché des fêtes 2006, on nous propose des BD-ROM contenant des versions HD de films, voir l’œuvre complète de réalisateurs. Imaginez : tous les Lucas accompagnés de tous les suppléments voulus, sur un ou deux petit(s) disque(s). Je vous vois déjà courir vous acheter ce produit, heureux fripon !

Sauf que rien n’est jamais simple en techno. Le consortium Blu-ray est dirigé par Sony, l’entreprise même qui, il y a 25 ans, s’était fait planter avec son format Beta par le gang du VHS. Aujourd’hui, Sony s’est associée à Pioneer, Sharp, LG, Mitsubishi, Panasonic, Philips, Samsung, BenQ et Dell. Sans compter que les Sony Pictures Entertainment, Metro-Goldwyn-Mayer, Walt Disney (Buena Vista Entertainment) , Electronic Arts et Vivendi Universal Games, se sont commises à ses côtés au Consumer Electronics Show (CES) de janvier dernier.

illustration2005122705.jpgLe problème, c’est que le clan HD-DVD qu’elle affronte est constitué de joueurs très redoutables. Je vous parle de Toshiba, NEC, Sanyo, Canon, Fuji, Imation, Lenovo, Intel et … Microsoft (et on n’inclut pas des entreprises comme Hitachi ou Hewlett-Packard qui mangent aux deux râteliers). Côté majors, on croise ici le tout Hollywood avec les Paramount, Universal Studios, Warner Bros et New Line Cinema (Time Warner).

Lui aussi tributaire d’une techno basée sur le laser bleu, le HD-DVD est incompatible avec le Blu-ray, encore pire que ne l’étaient entre eux, dans le temps, les DVD+R ou DVD-R. Par exemple, au lieu d’un format 25 ou 50 Go, il est de 15 ou 30 Go. Qui plus est, il n’impose aucun réoutillage aux entreprises qui, à l’heure actuelle, gravent massivement les DVD que l’on consomme. Celles-ci n’auront qu’à modifier sommairement leurs chaînes et, bingo, elles seront devenues spécialisées en HD-DVD. À l’inverse, la techno Blu-ray oblige l’industrie à tout changer ses équipements de reproduction.

illustration2005122707.jpgEn ce sens, le HD-DVD pourrait être le premier à atteindre les tablettes des Maxi, Future Shop et autres Archambault. Mais encore là, il ne faudrait pas parier sa chemise. C’est que les majors sont de plus en plus frileux sur la question des droits d’auteur. Aux dernières nouvelles, la question du Advanced Access Content System (AACS) pourrait même retarder Pioneer. Hum !

illustration2005122708.jpgC’est quoi le AACS ? C’est un système de gestion des contenus (DRM – digital rights management) en train d’être mis au point par un nombre impressionnant d’intervenants industriels dont Sony. On en a marre de se faire pirater ses beaux films et on essaie de trouver la méthode qui en empêchera la pratique. Pour les tenants du Blu-ray comme du HD-DVD, il va nécessairement de soi qu’un tel mécanisme sera ajouté aux produits. Mais, encore là, Sony a récemment perdu beaucoup de crédibilité dans cette histoire déplorable de rootkit qu’elle avait placé dans certains CD musicaux, puisqu’elle en avait marre de se faire pirater sa belle musique. Bref, ça tataouine !

illustration2005122706.jpgPendant ce temps, un troisième groupe d’intervenants est en train de plancher sur une techno alternative encore plus prometteuse, une techno basée sur l’holographie. Allez lire à ce sujet en cliquant sur ce lien; vous me sauverez ainsi du temps d’écriture.

Et surtout, pendant ce temps, la Chine est aux aguets. AACS ou non, Blu-ray ou HD-DVD, Ying ou Yang, dès qu’une techno lui semblera commercialement viable, vous pouvez être certain qu’elle en inondera le marché avec tout ce que cela bouleversera dans nos habitudes de consommation. C’est écrit dans le ciel.


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