La grimace d'Einstein

illustration2005120502.jpgComme le dirait cet animateur radio du samedi matin, « l’affaire est belle ! » Imaginez qu’IBM vient de mettre au point une puce, un Photonic Silicon Waveguide, capable de ralentir la lumière, une technologie permettant de concevoir des ordinateurs qui nécessiteront infiniment moins d’énergie. La géante donne suite, ici, aux recherches faites dans les universités de Harvard, de Berkeley (UCB), de l’Oregon et de Illinois. Des émules d’Einstein y ont en effet trouvé une façon de réduire 31 000 fois la vitesse de la lumière, la faisant passer de 186 000 miles la seconde à … 6.

L’idée est d’utiliser le photon (plus petite unité de lumière) au lieu de l’électron pour acheminer de l’information. D’où la Photonic Silicon Waveguide, une puce de silicone truffée de trous infiniment petits assujettis à un champ électrique, ce qui a pour effet de freiner la lumière à 1/300ième de sa vitesse normale.

illustration2005120501.jpgSelon les scientifiques, les pulsions photoniques ralenties ainsi à 6 miles/sec pourraient porter autant d’information, mais de façon mieux ordonnées ce qui occasionnerait moins de perte de temps, donc optimiserait grandement la performance d’ensemble. Comme résultat, on pourrait transmettre d’énormes pavés plus rapidement qu’on ne le fait présentement pour de petits fichiers. Par exemple, prétend-on à UCB, on pourrait télécharger (upload) « 600 films de 2 heures simultanément en une seconde ».

Selon IBM, le fait de pouvoir produire une puce de silicone basée sur cette recherche permet tous les espoirs. Il devient en effet très facile de commercialiser cette techno ce qui permettra d’en intégrer tous les avantages dans les ordinateurs de demain.

J’imagine que la première conséquence de ce bouleversement sera d’éliminer les délais d’attente dans nos activités de consommation électronique. On pourra télécharger tous les films, toutes les musiques, toutes les images, tous les textes, on pourra se faire toutes les vidéoconférences, que sais-je, on pourra passer infiniment plus de temps dans le cyberespace que jamais. Rien qu’à penser aux conséquences sociales (vie de société, night life, etc.), sanitaires (obésité, problèmes cardiovasculaires, etc.), culturelles (réglementations, mondialisation hollywoodienne, etc.) et économiques (restructuration industrielles, réorganisation de la consommation, etc.), je frémis et j’ai le goût de prendre le bois !

L’autre conséquence nous renvoie à Einstein lui-même. Je ne suis ni physicien, ni philosophe, ni informaticien, seulement journaliste. Mais il me semble que si on arrive à réduire la lumière à 1/300ième de sa vitesse normale, on arrive à bidouiller dans les paramètres du temps, non ? Auquel cas, n’arrive-t-on pas au seuil critique, celui où la SF rejoint la science ? Ne devient-il pas possible de se mettre à voyager quelque peu dans le temps, du moins à l’intérieur de chacun de ces trois cents 1/300ième ? Encore ici, rien qu’à penser aux conséquences sociales, sanitaires, culturelles et économiques, je frémis et j’ai le goût de prendre le bois !

Ai-je tort ? Suis-je un dinosaure qui craint le progrès ? Ou ai-je plutôt raison de croire que le rapport entre l’intelligence, la compétence et le talent des niveaux académiques mondiaux est inversement proportionnel à l’intelligence, la compétence et le talent des niveaux politiques mondiaux ?


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8 réflexions sur “La grimace d'Einstein

  1. Bonjour Nelson,
    Une petite précision à propos de Einstein et de la théorie restreinte de la relativité.Elle est en partie basée sur la vitesse de la lumière DANS LE VIDE et non dans un quelconque matériel.De toute façon,chaque été tu es aussi témoin d’un ralentissement de la vitesse de la lumière.En effet,lorsque tu va te baigner,dis-toi bien que tout ce que tu vois dans l’eau t’es transmit par des photons ralentis. La vitesse de la lumière dans l’eau est n’en effet que de
    75% de sa vitesse dans le vide,,et c’est encore pire dans le verre…. 66%.Pourtant ,les gens ne se déplacent pas plus lentement quand on les regardent au travers une vitre.Les effets de dilatation du temps ne se font sentir qu’a TRÈS haute vitesse,,99% de la vitesse de la lumière dans le vide.
    Le temps est lié à l’espace-temps alors que les photons de lumière ne sont que des « transporteurs » d’information,,comme le un et le zéro de ton ordi.Donc,en rien lié au temps.

  2. Un des plaisirs de pouvoir entretenir un blogue comme celui-ci, est de pouvoir obtenir des réponses ayant la qualité de celle que vient de publier Guy Plante. Merci de me sortir de ma rêverie SF…

  3. SI EINSTEIN AVAIT CHOISI C’=C+V

    Banesh Hoffmann, « La relativite, histoire d’une grande idee », Pour la Science, Paris, 1999, p. 112:

    « De plus, si l’on admet que la lumiere est constituee de particules, comme Einstein l’avait suggere dans son premier article, 13 semaines plus tot, le second principe parait absurde: une pierre jetee d’un train qui roule tres vite fait bien plus de degats que si on la jette d’un train a l’arret. Or, d’apres Einstein, la vitesse d’une certaine particule ne serait pas independante du mouvement du corps qui l’emet! Si nous considerons que la lumiere est composee de particules qui obeissent aux lois de Newton, ces particules se conformeront a la relativite newtonienne. Dans ce cas, il n’est pas necessaire de recourir a la contraction des longueurs, au temps local ou a la transformation de Lorentz pour expliquer l’echec de l’experience de Michelson-Morley. Einstein, comme nous l’avons vu, resista cependant a la tentation d’expliquer ces echecs a l’aide des idees newtoniennes, simples et familieres. Il introduisit son second postulat, plus ou moins evident lorsqu’on pensait en termes d’ondes dans l’ether. »

    Supposons que Einstein n’a pas resiste a la tentation de recourir aux idees newtoniennes (ses propres idees d’avant 13 semaines) et a dit: « La lumiere a des caracteristiques d’une onde mais EN CE QUI CONCERNE LA VITESSE, le photon « jete » d’une source lumineuse se comporte exactement comme la pierre jetee d’un train et donc sa vitesse est c’=c+v, ou c est la vitesse du photon par rapport a la source et v est la vitesse relative de la source et de l’observateur. » Est-ce que la formule c’=c+v aurait ete correcte? Est-ce qu’ensuite elle aurait ete confirmee par l’experience? Par exemple, le facteur du decalage de la frequence, 1+V/c^2, ou V est le potentiel gravitationnel, confirme-t-il la vitesse variable c’=c+v ou la vitesse constante c’=c choisie par Einstein? On peut trouver plus d’information dans le blog de la revue NATURE:

    http://blogs.nature.com/news/blog/2006/02/testing_times_for_einsteins_th.html

    Pentcho Valev
    pvalev@yahoo.com

  4. VERIFICATION LOGIQUE DES THEORIES SCIENTIFIQUES

    L’idee de Popper que les theories ne peuvent etre testees que par une verification experimentale des resultats finals est trompeuse. Une theorie pourrait commencer par une premisse fausse (par exemple, « L’entropie est une fonction d’etat » ou « La vitesse de la lumiere est independante de la vitesse de la source lumineuse »), puis devaster toute rationalite scientifique mais a un certain stade abandonner temporairement la premisse fausse et s’approprier des conclusions qui sont corollaires de premisses vraies. Alors une verification LOGIQUE des chaines deductives devient beaucoup plus importante, et la procedure sanitaire cruciale doit etre REDUCTIO AD ABSURDUM – quelque chose oublie a l’epoque du Postscientisme.

    Considerons le probleme 7 (« Seeing behind the stick »), p. 47 (solution p. 54), dans

    http://www.courses.fas.harvard.edu/~phys16/Textbook/ch10.pdf

    Imaginons que la marque qu’on doit voir possede un cliquet qui, libere par l’arriere du baton, s’eleve et le baton reste bloque entre le cliquet et le mur. Voir la marque signifie voir l’elevation du cliquet et le baton bloque en fin de compte. Quelle est la longueur du baton bloque? Evidemment on a reductio ad absurdum – il y a deux reponses incompatibles. Si la science etait normale, la theorie serait rejetee.

    Pentcho Valev

  5. LA FRUSTRATION DE POINCARE

    Banesh Hoffmann, « La relativite, histoire d’une grande idee », Pour la Science, 1999, p. 129:
    « Et le mutisme de ces savants [FitzGerald et Poincare] sur la dilatation des durees montre que, meme si leurs equations mathematiques etaient les memes que celles d’Einstein, l’idee d’un ralentissement reciproque des horloges leur avait totalement echappe. »

    Poincare a peut-etre vu l’absurdite de ce ralentissement reciproque et s’est senti frustre. En 1905 Einstein va introduire, sans aucune frustration, a la fois un ralentissement reciproque (premiere absurdite) et la notion contradictoire – une precipitation non-reciproque de l’horloge au repos (seconde absurdite superposee).

    Pentcho Valev
    pvalev@yahoo.com

  6. COMMENT EINSTEIN AURAIT DU RESOUDRE LE PARADOXE DES JUMEAUX

    A. Einstein, « La Relativite », Chapitre 23:
    « L’observateur commence par placer une des deux horloges de meme construction au centre du disque [en rotation] et l’autre sur la peripherie…..cette derniere horloge marche donc d’une facon permanente plus lentement…que celle placee au centre du disque. »

    Einstein aurait du placer la premiere horloge (qui n’est pas en rotation) non pas au centre mais hors du disque, tout pres de la peripherie en rotation, pour pouvoir comparer ses indications avec les indications de plusieurs horloges en rotation fixees sur la peripherie. Les horloges en rotation subissent un champ gravitationnel mais on peut reduire ce champ a zero en augmentant le diametre du disque et en meme temps maintenant la vitesse lineaire de la peripherie constante. Cela donne un modele standard:

    Banesh Hoffmann, collaborateur d’Einstein (« La relativite, histoire d’une grande idee », Pour la Science, Paris, 1999, p. 126):
    « Dans un cas, je compare votre horloge a deux des miennes; dans l’autre, vous comparez la mienne a deux des votres; ceci permet a chacun de nous d’observer, sans absurdite, que l’horloge de l’autre est plus lente que la sienne. »

    Dans cette citation l’expression « sans absurdite » doit etre remplacee par « paralyse par l’absurdite ». L’horloge qui n’est pas en rotation est a la fois plus lente et plus vite que les horloges en rotation. Einstein ne savait pas ce que REDUCTIO AD ABSURDUM voulait dire.

    Pentcho Valev
    pvalev@yahoo.com

  7. EINSTEIN, NEWTON ET 2+2=5

    En un sens, la theorie d’Einstein n’est que la theorie de Newton ou une premisse vraie – la vitesse de la lumiere depend de la vitesse de la source lumineuse – a temporairement ete remplacee par sa negation – la vitesse de la lumiere est INDEPENDANTE de la vitesse de la source – qui est fausse. C’est comme si je m’etais approprie un systeme mathematique d’autrui ou ma seule contribution serait de remplacer 2+2=4 par 2+2=5, en tirant profit des miracles qui s’ensuivent (par exemple, ma premisse 2+2=5 me permettrait de « prouver » que, dans certains cas, a(b+b)>(ab+ab)). En ce qui concerne la situation ideologique, George Orwell l’a decrite tres bien:

    « In the end the Party would announce that two and two made five, and you would have to believe it. It was inevitable that they should make that claim sooner or later: the logic of their position demanded it. Not merely the validity of experience, but the very existence of external reality, was tacitly denied by their philosophy. The heresy of heresies was common sense. And what was terrifying was not that they would kill you for thinking otherwise, but that they might be right. For, after all, how do we know that two and two make four? Or that the force of gravity works? Or that the past is unchangeable? If both the past and the external world exist only in the mind, and if the mind itself is controllable what then? »

    Pentcho Valev
    pvalev@yahoo.com

  8. HONNETETE DANS LE CULTE CRIMINNEL D’EINSTEIN

    Les hypnotiseurs du culte d’Einstein ne camouflent plus le fait que la vitesse de la lumiere est variable, pas constante:

    http://www.physlink.com/Education/AskExperts/ae13.cfm
    « So, it is absolutely true that the speed of light is _not_ constant in a gravitational field [which, by the equivalence principle, applies as well to accelerating (non-inertial) frames of reference]. If this were not so, there would be no bending of light by the gravitational field of stars. One can do a simple Huyghens reconstruction of a wave front, taking into account the different speed of advance of the wavefront at different distances from the star (variation of speed of light), to derive the deflection of the light by the star.
    Indeed, this is exactly how Einstein did the calculation in:
    « On the Influence of Gravitation on the Propagation of Light, » Annalen der Physik, 35, 1911.
    which predated the full formal development of general relativity by about four years. This paper is widely available in English. You can find a copy beginning on page 99 of the Dover book « The Principle of Relativity. » You will find in section 3 of that paper, Einstein’s derivation of the (variable) speed of light in a gravitational potential, eqn (3). The result is,
    c’ = c0 ( 1 + V / c2 )
    where V is the gravitational potential relative to the point where the speed of light c0 is measured. »

    http://math.ucr.edu/home/baez/physics/Relativity/SpeedOfLight/speed_of_light.html
    « Einstein went on to discover a more general theory of relativity which explained gravity in terms of curved spacetime, and he talked about the speed of light changing in this new theory. In the 1920 book « Relativity: the special and general theory » he wrote: . . . according to the general theory of relativity, the law of the constancy of the velocity of light in vacuo, which constitutes one of the two fundamental assumptions in the special theory of relativity [. . .] cannot claim any unlimited validity. A curvature of rays of light can only take place when the velocity of propagation of light varies with position. Since Einstein talks of velocity (a vector quantity: speed with direction) rather than speed alone, it is not clear that he meant the speed will change, but the reference to special relativity suggests that he did mean so. »

    L’honnetete dans le culte augmente parce que les hypnotiseurs ont reduit la voix des zombies du culte d’Einstein a un simple echo. Par exemple:

    L’hypnotiseur: CONSTANTE! L’echo des zombies: CONSTANTE, CONStante, constante….

    L’hypnotiseur: VARIABLE! L’echo des zombies: VARIABLE, VARIable, variable…..

    Pentcho Valev
    pvalev@yahoo.com

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