Quand Sony mange à tous les râteliers

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Tous les medias de la planète en ont parlé, tous les chroniqueurs ont pu casser du sucre sur le dos de la transnationale japonaise Sony, le chat étant sorti du sac le 31 octobre dernier sur le blog de l’informaticien Mark Russinovich. Puis, des Californiens ont intenté un premier recours collectif contre Sony BMG (filiale de Sony et de l’allemande Bertelsmann) et depuis, cinq autres ont suivi.

On accuse la géante d’avoir camouflé un cheval de Troie (alias un «rootkit») dans une vingtaine de CD musicaux qu’elle produit et distribue (la liste apparaît sur les Carnets du collègue Bruno Guglielminetti), un dispositif furtif appelé «Digital Rights Management System – DRM» dans la langue de bois. Cela empêche de copier un CD dûment acheté plus de trois fois. Par la suite, il devient impossible d’en faire des pièces MP3 ou WMA pour les transvaser, par exemple, dans un iPod, une utilisation tout à fait légale qui enrage de plus en plus Sony. Et d’autres.

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Deuxième problème, le foutu rootkit utilisé par Sony, XCP (Extended Copy Protection), est un logiciel britannique (First4Internet) que l’on dit mal écrit et que la multinationale Computer Associate a relégué au rang des produits malicieux (malware). Il est très difficile à désinstaller (la fonction « Ajout/Suppression de programmes » est impuissante à le faire) et, s’indigne-t-on, peut endommager Windows de façon permanente au point qu’il faille réinstaller ce système d’exploitation. Pour le moins, sa simple présence ralentirait le PC. Or, sur les CD ainsi « protégés », on apprend qu’on installera XCP, sans pour autant s’en faire préciser les conséquences.

Pour se justifier, tout en faisant machine arrière, Sony qui a eu l’air assez folle, merci, a soutenu qu’elle devait se prémunir contre le piratage, un fléau ravageant depuis quelques années l’industrie mondiale du disque, bref qu’elle devait protéger sa propriété intellectuelle, ce qui est, j’en conviens, fort légitime.

illustration200511144.jpgTout cela est bien beau, sauf qu’il subsiste un petit problème de cohérence. Si vous cliquez sur ce lien, vous aller vous retrouver sur le site commercial de Sony où vous pourrez vous acheter des graveurs de CD ou de DVD, des CD et DVD vierges en paquet de 25 ou 50. Je veux bien admettre que les disquettes sont disparues et que, désormais, les gens gravent leur curriculum vitae de deux pages sur un CD de 700 Mo, qu’ils s’adonnent aux plaisirs de la photo ou de la vidéo numérique et qu’ils en gavent des tonnes de DVD de 4,7 Go. Mais, faut pas prendre les gens pour des idiots. Dans les faits, de très nombreux cinéphiles copient sur DVD les films qu’ils louent, empruntent ou téléchargent sur eMule, Bits Torrents, etc. De très nombreux mélomanes en font autant pour la musique qu’ils aiment et qu’ils téléchargent gratos à tire-larigot. C’est un phénomène que tout le monde connaît et que Sony ne peut ignorer.

illustration200511141.jpgComme les gouvernements qui prêchent la sobriété, l’anti-tabagisme, Kyoto et la modération face au jeu, tout en collectant âprement des taxes sur le tabac, l’alcool, l’essence, sans oublier leurs loteries et casinos, Sony guerroie contre la piraterie tout en vendant aux pirates, les outils dont ils ont besoin. Cherchez l’erreur !

Doit-on parler d’hypocrisie, de bêtise ou d’absence d’éthique ?

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